mardi 3 août 2021


(Biotech Finances n° 950 lundi 5 juillet 2021) « Durant la crise j’ai moi-même découvert la folie de certains de nos dispositifs… » a reconnu Emmanuel Macron faisant allusion à la difficulté d’utiliser notre foisonnant vivier d’innovations médicales pour contrer la COVID-19 D’où cet ambitieux programme de 7 Mds€ dévoilé mardi pour tenter de rattraper le retard pris en matière de recherche publique, d’essais cliniques, d’autorisations administratives mais aussi de financements L’objectif est de faciliter l’émergence de traitements innovants pour les patients et de faire de la France, un leader européen de la santé en 2030 Revue de détails sur cette réforme et les budgets alloués

Le rapport du CSIS (Conseil Stratégique des Industries de Santé) remis cette semaine au Gouvernement a mis les pieds dans le plat Rappelant que le budget de recherche publique ne cesse de baisser depuis 10 ans, quand l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les États-Unis n’ont eux cessés d’augmenter l’enveloppe Conséquence : une fuite des talents et une obsolescence des infrastructures

Décloisonnnement

À cela s’ajoute une lourdeur administrative qui incite les laboratoires français et internationaux « à choisir d’autres pays pour réaliser leurs essais cliniques et implanter leurs centres de production » Le bât blesse aussi du côté du financement des healthtechs : « des tickets supérieurs à 25 M€ manquent en particulier pour les entreprises cotées » Les clusters, ces méga campus anglo-saxons où collaborent les universités, les start-up, les industriels, les hôpitaux et instituts et la finance, sont également inexistants en France La fragmentation de l’écosystème anéantit tous les efforts « Nous avons fait un voyage assez triste dans la non coopération voire parfois même la défiance », a reconnu Agnès Audier, l’une des auteures du rapport(1) Enfin, la santé numérique rencontre encore trop de « difficultés culturelles, financières et administratives »

Alors heureusement, le rapport rappelle aussi que « la formation de nos chercheurs, médecins et ingénieurs est mondialement reconnue, de même que la qualité de notre système de santé universel, sans oublier le CIR » que l’Europe nous envie Mais cela reste insuffisant dans un contexte de « concurrence violente » Emmanuel Macron qui a reçu les auteurs à l’Élysées