vendredi 10 juillet 2020


Une série A, cinq ans après un très discret tour d’amorçage, deux produits encore en préclinique et 67 M€ à la clé Les Lyonnais d’Alizé Pharma ont convaincu des investisseurs du monde entier de servir ce tour de table (très) grand format et de donner des moyens exceptionnels à leur troisième entreprise Après deux belles sorties, avec Alizé 1 et 2, Thierry Abribat peut espérer viser encore plus haut

BIOTECH FINANCES : Alizé Pharma 3 est sortie de l’ombre cet été avec une série A spectaculaire Pouvez-vous nous rappeler la genèse de votre société ?

Thierry Abribat : Alizé Pharma 3 a été créée en 2014 pour valoriser certains travaux et brevets de David Clemmens, chercheur en endocrinologie à l’université de Caroline du Nord Ce dernier a mis en évidence qu’un fragment de l’IGFBP2 (Insulin-like Growth Factor Binding-Protein 2) reproduisait certains des effets métaboliques de la leptine (une hormone digestive, Ndlr), sur la sensibilité à l’insuline et le métabolisme de la graisse notamment Nous avons mis au point un analogue de ce fragment peptidique, AZP-3404, et entamé un développement très précoce, dans le champ de la résistance sévère à l’insuline, avec le soutien de quelques investisseurs Fin 2017, après le rachat d’Alizé 1 par Milendo, nous avons décidé de mettre plus d’ambition dans cette troisième aventure Alizé Nous sommes donc partis en quête d’un second produit, pour doter la société d’un portefeuille en endocrinologie Nous l’avons déniché à Boston, avec l’aide de notre Chief scientific officer, Michael Culler (ex-Ipsen et cofondateur de Rythm Pharma et Radius Health, Ndlr), dans les laboratoires du Massachusetts General Hospital, que nous avons convaincu de travailler avec nous

BF : Quelles indications allez-vous viser avec ce second produit ?

Thierry Abribat  : Il s’agit d’un analogue de la PTH (parathormone ou hormone parathyroïdienne) avec lequel nous ciblons l’hypoparathyroïdie, une affection provoquée par une production insuffisante de parathormone, consécutive à une ablation chirurgicale de la thyroïde ou d’origine génétique Cette pathologie provoque une hypocalcémie très invalidante Elle est aujourd’hui traitée avec des thérapies de remplacement qui ne donnent guère satisfaction, soit parce que leur demi-vie est