mercredi 23 septembre 2020


THAC FAIT DE LA RÉSISTANCE À L’INSULINE

(BIOTECHFINANCES n° 909 Lundi 27 juillet 2020) « Nous sommes une compagnie qui lutte contre la résistance à l’insuline et non pas une société qui lutte contre le diabète.» D’emblée Christian Bréchot, le président de THAC, acronyme de The Healthy Aging Company, entend poser les jalons de son champ d’investigation. La protéine humaine recombinante ALF-5755 déployée par cette biotech basée à Paris et Tampa (Floride), fruit de 25 ans de recherches qu’il a lui-même initiés, est protégée par 3 brevets d’indication et bientôt 4. Elle possède des vertus anti-oxydantes et antiinflammatoires qui lui ouvrent des perspectives thérapeutiques dans l’ensemble des pathologies du vieillissement et, au-delà du seul diabète de type 2 qui reste tout de même sa première cible prioritaire, dans celui des maladies neurodégénératives, hépatiques et en oncologie.

900 K€ pour arriver au clinique en sous cutané

THAC créée en juillet 2018, s’est lancée voici peu dans une opération de crowdfunding sur la plateforme Happy Capital. Son objectif est de collecter 300 K€ qui viendront s’ajouter à un prix de la BPI de 300 K€ dont THAC est lauréat et à 300 K€ supplémentaires apportés par la société.  Les 900 K€ rassemblés de cette manière permettront de financer une étude de toxicité règlementaire qui viendra finaliser la pré-clinique dans le diabète de type 2. « Jusqu’à présent, nous avons pu avancer grâce à la délivrance d’un brevet sur la résistance à l’insuline sur le territoire chinois pour 2 M€ à une biotech chinoise partenaire, » note Christian Bréchot. « À ce stade, nous sommes parvenus, grâce à nos études antérieures sur les maladies du foie à démontrer l’innocuité de ALF5755 et son efficacité chez des patients atteints d’hépatites graves dues au virus de l’hépatite B. »

Une compétition soutenue

Le périmètre très challengé du diabète de type 2, recensait quelque 213 biotech et groupes pharma il y a moins de trois ans et, parmi ces derniers, THAC se reconnait aujourd’hui 4 compétiteurs potentiels : Genentech, NGM Biopharmaceuticals, Caelus Health et Poxel. Cette dernière, une biotech lyonnaise, est la plus avancée avec Imeglimine dont le développement de phase III s’est achevé avec succès au Japon, et est prêt à démarrer aux États-Unis et en Europe. « Il existe de multiples solutions thérapeutiques qui permettent d’alléger les symptômes du diabète de type 2 (DT2) mais malgré tout aucune ne présente les qualités anti.inflammatoires d’ALF-5755 qui est un point essentiel pour les diabétologues », souligne Christian Bréchot. « Par ailleurs, les traitements pour lutter contre les conséquences de cette maladie sont nombreux mais perdent de leur efficacité avec le temps et ne ciblent pas la cause de la maladie. Nous sommes donc en bonne position pour apporter une solution « add-on » et aussi répondre à un besoin médical non pourvu. » Reste désormais à tenir un calendrier plutôt dense. En 2021 THAC entend avoir lancé la phase 2 d’ALF 5755 avec administration en intraveineuse et avoir terminé la pré-clinique en sous cutanée. À fin 2024, la biotech entend avoir terminé ses études de phase II dans le DT2 sur 12 semaines. De quoi offrir à cette échéance une option de sortie potentielle aux actionnaires qui auront choisi de l’accompagner dans sa levée de fonds avec Happy Capital.

Les chiffres

7eme

Le diabète de type 2 est la septième cause de mortalité dans le monde et représente
quelque 684 Mds$ de dépense de santé annuelle.

416 millions

Le nombre de personnes touchées par le diabète de type 2 chaque année contre 374 millions en ce qui concerne le prédiabète.

1991

Année de découverte de ALF-5755 HIP/PAP, par Christian Bréchot et son équipe.


Auteur


Jacques-Bernard Taste