dimanche 7 juin 2020


Philippe Genne le patron d’Oncodesign (ALONC), par ailleurs vice-président du collège PME, TPE de Medicen a accepté de croiser ses opinions avec celles de Jean-Pierre Loza, analyste chez Genesta  Un échange passionnant qui renvoie sur les erreurs parfois historiques, les espoirs réels ou les craintes d’un big one dans une industrie qui n’a pas forcément trouvé sa maturité, manque d’assurance(s) et qui risque gros sur ses projets bien qu’ayant par ailleurs des acteurs solides en manque d’accompagnement

BiotechFinances – Quel est votre point de vue respectif sur l’écosystème de l’innovation en France ?  Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes? 

Philippe Genne

Philippe Genne :  De mon point de vue d’industriel, j’ai l’impression qu’il n’y a pas tellement de lignes directrices et de vision Je ne vois pas le cap choisi Entre financer des projets collaboratifs, des grosses entreprises, des start-up, quelle est la priorité ? Je crois que nous sommes parvenus à un stade où il faut relayer la croissance des PMI/PME et créer des ETI en grand nombre Mais je n’ai pas le sentiment que, pour l’instant, cela fasse partie des préoccupations premières par exemple de Bpifrance qui est absorbée par la “start-up Nation” Attention, je ne dis pas que c’est un mauvais choix En créant des petites entreprises, peut-être parviendrons-nous à en créer des grandes Mais, en attendant, celles qui nécessiteraient éventuellement de se développer et qui ont déjà atteint une taille intermédiaire ne progressent plus par manque de soutien Petit à petit du fait de cette dissémination, on se dirige sans doute vers un assèchement des moyens À terme cela affectera les biotechs les plus matures mais aussi la dynamique des start-up

Jean-Pierre Loza : Je partage cet avis Le focus est mis sur un grand nombre de start-up ce qui peut laisser imaginer que certaines d’entre-elles deviendront des PME PMI et probablement des ETI Encore faut-il que le capital-risque soit en mesure de les accompagner notamment en changeant de schéma et de taille et éviter l’assèchement L’émergence d’un fonds comme JEITO capital est un signe probant tout comme les fonds de type crossover Lorsque Rafaèle Tordjman qui dirige ce fonds dit : « Je suis prête à accompagner les entreprises du début jusqu’à la fin », elle envoie un signal fort sur le changement de schéma et de taille que je viens d’évoquer Partout dans le monde, le capital-risque est en train de se transformer Bpifrance va devoir elle aussi s’adapter à ce changement, on l’a vu avec Large Venture, on le verra avec