lundi 6 juillet 2020


FRANCE

Le non coté a la cote, la bourse est délaissée

L’écosystème hexagonal continue d’offrir un panorama très contrasté Sur le front boursier, le compartiment biotech-medtech d’Euronext Paris, de loin le plus étoffé d’Europe continentale, reste sinistré Les 38 biotechs cotées à Paris ont reculé en moyenne de 5 % depuis le début de l’année, d’après le baromètre Euronext-BiotechBourse, tandis que la dizaine de medtechs survivantes (après les mises en liquidation de Cellnovo et Stentys et le rachat bradé de Supersonic Imagine par l’Américain Hologic, ce semestre) ont subi, à quelques exceptions près, des reculs alarmants depuis janvier Seule quatre biotechs tricolores affichent à présent des capitalisations supérieures à 200 M€ (DBV, Genfit, Cellectis et Innate Pharma) et une dizaine seulement pointent à plus de 100 M€ Mince consolation : la hausse des volumes échangés, qui passent de 19 à 21,3 M€ en moyenne par jour, entre le second semestre 2018 et le premier semestre 2019 et la réussite de l’introduction de Genfit sur le Nasdaq, en mars Cette opération a permis à la biotech lilloise de lever 120 M€, une somme encore impossible à réunir aujourd’hui sur Euronext

Dans le non coté, en revanche, la France tient son rang, à l’heure de décompter les plus beaux deals européens En haut de tableau, l’acquisition de Therachon par Pfizer pour 340 M€ en mai dernier, suivie des levées de fonds d’Alizé Pharma 3 en juillet (67 M€, lire p 3) et de Bioserenity en juin (65 M€), puis de l’entrée de Pfizer au capital de Vivet Therapeutics en mars (15 % des parts pour 45 M€) Cette dernière opération est particulièrement remarquable, compte tenu du stade très précoce des développements conduits par cette biotech spécialisée en thérapie génique

Du côté du capital-risque, la France confirme son statut de leader, en Europe continentale, en termes de capacités d’investissement disponibles Les fonds Biodiscovery V d’Andera Partners (345 M€) et Crossover I de Sofinnova (275 M€), tous deux lancés en 2018, sont entrés en action, tandis qu’Innobio II a réalisé un premier closing à 135 M€ début février À côté des poids lourds, les fonds thématiques ne sont pas moins actifs Seventure a réalisé un premier closing à près de 100 M€ avec Health for Life Capital, véhicule dédié au microbiome, tandis que Sofinnova Industrial Biotech a investi ce semestre, en France, chez Microphyt et Afyren D’autres investisseurs, plus petits mais dédiés à l’early-stage, ont également répondu présents Ainsi, Advent France Biotechnologies, dédié à la thérapeutique, a mené trois participations ce semestre, dont deux dans l’Hexagone MD Start, spécialisée dans le dispositif médical et rattachée à Sofinnova, a levé 48 M€ pour son deuxième fonds et pris un ticket chez Ablacare Enfin Elaia Partners, qui a renforcé son équipe sciences de la vie avec Franck Lescure (ex-Auriga) et Sacha Loiseau, a multiplié les investissements, aux frontières du digital et de la thérapeutique (Pili, Sim&Cure et SeqOne)


BELGIQUE

Le plat pays reste le paradis de la biotech

Autant en bourse que dans le non coté, la Belgique continue d’impressionner Et le dernier « deal » dont a bénéficié Galapagos confirme l’attraction que le plat pays exerce sur les investisseurs du secteur biotech La société, basée à Malines, a convaincu le géant américain Gilead d’y investir 5 Md$, via un milestone de 3,95 Md$ et une augmentation de la part du groupe au capital de Galapagos, qui passe de 12,3 % à 22 % (plus d’informations dans l’Essentiel p 3) « Nous n’avions jamais connu une opération d’une telle ampleur ; elle surpasse même le rachat d’Ablynx par Sanofi l’année dernière (3,9 Md€) Ces opérations montrent la maturité du secteur en Belgique, et pourraient inspirer d’autres sociétés », témoigne Chris Buyse, managing partner du fonds Fund

Dans l’ombre de Galapagos, les autres sociétés belges ne sont pas en reste, notamment dans le non coté Ces six derniers mois, Confo Therapeutics a levé 30 M€ (lire Biotech Finances no 855) pour son premier tour de table, Promethera a obtenu 39,7 M€, dans le cadre d’une série D, Imcyse a réuni 35 M€ pour sa série B (lire Biotech Finances no 861), et Agrosavfe 35 M€ fin juillet Le dynamisme de l’écosystème belge attire même des biotechs d’autres pays européens, qui s’y installent pour profiter de cette vitalité financière En témoigne l’introduction en bourse de Sequana Medical sur Euronext Bruxelles fin janvier En octobre dernier, la medtech suisse, qui développe une pompe sous-cutanée transportant les ascites réfractaires dues à une cirrhose du foie vers la vessie, a déplacé son siège social de Zoug, à Gand, en Flandres, pour être au plus près des investisseurs belges qui la suivent (Newton Biocapital, PMV et la SFPI) « Avoir une présence dans l’Union européenne nous apporte aussi une facilité de mouvement et de recrutement », détaillait Ian Crosbie, CEO de Sequana, à l’occasion de son IPO (lire biotech finances no 842) D’autres avaient déjà tenté le grand saut auparavant, comme la Belgo-espagnole Tigenix, mais aussi PDC*Line Arrivée à Liège en 2016, cette société de thérapie cellulaire, créée à Grenoble, cherche à clôturer une levée de fonds de 9 à 11 M€ avant la fin de cette année, notamment grâce