dimanche 26 janvier 2020


Créées en 2012 pour faciliter le transfert des innovations issues de la recherche académique vers l’industrie et le monde de l’entreprise, les Sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) affichent de belles performances, mais essuient aussi certaines critiques

« Une SATT évalue ce qui prend la poussière sur les étagères du labo et décide ou non de monter un projet et de faire des propositions aux industriels » Jeune docteur en chimie de l’Université de Strasbourg, Vincent Marichez parle en connaissance de cause, lui qui a cofondé Qfluidics à partir des recherches en microfluidique de l’Institut des sciences et d’ingénierie supramoléculaire Avec son directeur, Thomas Hemans, ils utilisent des « tubes liquides » en ferrofluides, qui réagissent à l’application d’un champ magnétique À la clef, un projet de maturation avec la SATT Conectus Alsace pour mettre au point une pompe médicale liquide, sans paroi, inusable et qui ne se bouche jamais, afin de remplacer les dispositifs extra-corporels servant aux patients atteints d’insuffisance cardiaque Un exemple parmi d’autres des initiatives que prennent ces sociétés de transfert à vocation fédératrice « 320 start-up créées, 2500 brevets prioritaires déposés, 757 licences d’exploitation signées avec des entreprises » : lors de la troisième convention nationale des SATT, le 16 novembre dernier, Catherine Guillemin, présidente de la SATT Sayens, s’est efforcée de convaincre de la qualité du bilan de ce dispositif « Six ans après leur création, elles sont bien ancrées dans l’écosystème », admet Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui en appelle cependant à plus de collaboration avec les acteurs locaux

Modes d’actions protéiformes

Les SATT ne se contentent pas de détecter les inventions susceptibles de déboucher vers une phase de maturation, elles recensent aussi les besoins des entreprises, gèrent les portefeuilles de propriété intellectuelle, appuient à la négociation de contrats avec des entreprises Elles représentent un outil puissant selon Alain Rousseau, président d’Arteion (rachetée par Stago), spécialisée dans les diagnostics in vitro, qui utilise désormais une IA dans sa technologie : « Nous cherchions un support de développement d’algorithme ; Philippe Nérin, président du réseau SATT, m’a parlé des compétences du laboratoire de l’Université de mathématiques de Montpellier : nous avons signé un accord de collaboration pour adapter leurs travaux à nos enjeux spécifiques », illustre celui qui recherche la différenciation face à de gros concurrents comme Siemens ou Roche… Nextbiotix,