mercredi 21 avril 2021


Les ressources humaines : un actif à revaloriser

Biotech Finances a réuni autour d’une table quatre professionnelles de l’accompagnement des biotechs Objectif : débattre et ouvrir des pistes vers une approche plus structurée et fructueuse de la pratique RH Pauline Rambaud, consultante en recrutement, Corinne Durant, coach, Rafaèle Tordjman, capital-risqueur et Marion Cassiau, responsable au sein de Bpifrance le Hub, confrontent leurs points de vue

Biotech Finances : Au départ de cette table ronde, il y a l’idée que les ressources humaines sont un sujet oublié dans les entreprises de biotechnologie, faute de temps et de moyens Est-ce le constat que vous faites ?

Marion Cassiau : Gestion des équipes ou enjeux de gouvernance, les dirigeants de biotech se posent beaucoup de questions « RH », parfois élémentaires : qui décide d’un recrutement stratégique ? Quelle rémunération proposer ? Comment animer un conseil d’administration ? Et ils se sentent souvent assez seuls face à elles Au sein du programme HealthTech de Bpifrance Le Hub, c’est la thématique de coaching la plus demandée par les dirigeants

Corinne Durant : Lorsqu’il s’agit de recrutement, les dirigeants de biotechs sont souvent obnubilés par la compétence technique, la stratégie de mise sur le marché, le besoin précis et temporaire à combler Ceci à juste titre Mais ils oublient souvent, ne sachant comment s’y prendre, la question fondamentale qu’il faut se poser dès la constitution de la première équipe : de qui je veux et je peux m’entourer, compte tenu de ma propre personnalité et de mon propre tempérament C’est la première pierre de la stratégie RH

Pauline Rambaud : C’est vrai que, sur la question du choix des hommes et des équipes, il y a un problème de méthodologie Les CEO et les DAF, qui sont décisionnaires, ont souvent des idées fixes : la compétence technique prime, l’expérience à des postes similaires, notamment dans la grande industrie, rassure, etc Mais ils excluent souvent les notions de flexibilité, d’agilité, les capacités entrepreneuriales – des qualités de « jeu d’équipe » – pas toujours faciles à identifier Aujourd’hui, l’offre de cadres dirigeants expérimentés de biotechs est inférieure à la demande, on va donc logiquement chercher chez les big pharmas des gens souvent très compétents… sans toujours se demander s’ils sauront se débrouiller dans un « environnement start-up » et s’adapter à un mode de fonctionnement plus artisanal Quand un CEO issu d’un grand groupe est plongé dans une petite structure, il y a une courbe d’apprentissage qu’il ne faut pas négliger

Rafaèle Tordjman : J’ajouterais que beaucoup de dirigeants adhèrent encore à une philosophie du succès individuel et tendent à voir dans le coaching une forme de psychothérapie et