vendredi 21 février 2020


Royaume-Uni : les investisseurs restent flegmatiques

Secoué par les incertitudes politiques, l’écosystème britannique des sciences de la vie plie mais ne rompt pas, avec un flux de financements ne s’est pas tari ces six derniers mois Plusieurs grosses opérations ont défrayé la chronique, à commencer par la série B bouclée en septembre dernier par Achilles Therapeutics Basée à Stevenage, près de Londres, cette biotech a levé 100 M£, dans le cadre d’un tour de table mené par l’Américain RA Capital et soutenu par Forbion et Invus, entre autres Achilles développe une technologie de thérapie cellulaire, consistant à prélever, à cultiver puis à cloner pour les patientsles lymphocytes T les plus à même d’infiltrer les tumeurs Une approche qui suscite un immense intérêt – Achilles est encore en phase préclinique – notamment parce qu’elle permet de cibler les tumeurs solides Avec beaucoup d’ambition aussi, Azeria Therapeutics a levé 32M£ en série B, fin novembre, auprès de Syncona et de CRT Pionneer, pour faire entrer en phase I son programme phare, un inhibiteur de FOXA1, en oncologie, dans les cancers du sein résistant aux traitements hormonaux Plus précoce (encore) et non moins spectaculaire, MiroBio, spin-off de l’université d’Oxford a signé une série A de 27M£, souscrite par Oxford Sciences Innovation, Samsara Biocapital, Advent Life Sciences et SR One (GSK), pour développer une nouvelle génération d’anticorps, dans les champs des maladies auto-immunes Là encore, une opération de refinancement à deux chiffres est destinée à une société encore en phase préclinique La scène britannique des sciences de la vie a pu aussi compter ce semestre sur plusieurs “deals” industriels dans des aires thérapeutiques stratégiques Championne des ARN interférents, Silence Therapeutics a ainsi noué, en juillet, un accord de licence de 553 M€ (dont 18 M€ d’upfront) avec Mallinckrodt pour le développement de candidats-médicament dans des indications auto-immunes Tandis que dans le microbiome, 4D Pharma a annoncé un accord avec MSD, pour un montant potentiel de 316 M€, donnant à la big pharma américaine accès à sa plateforme de recherche sur les fonctions et interactions des bactéries du microbiome Notons également la levée de fonds, plus modeste, menée par AstranauTx qui a reçu 6,5 M£ du Dementia Discovery Fund, véhicule d’investissement public-privé, doté depuis 2018 de près de 350 M£ La société développe des candidats-médicaments destinés à restaurer le comportement des astrocytes chez les patients souffrant notamment de la maladie d’Alzheimer Dans un segment, l’intelligence artificielle appliquée aux sciences de la vie, en plein boom au Royaume-Uni, LabGenius a réuni pour sa part 8,9 M£ pour le développement de son “robot-scientifique”, baptisé EVA, capable de cartographier les liens entre séquences d’ADN et protéines générés et destinés à la “drug-discovery” Le rythme de création de start-up de biotechnologies reste très dynamique au Royaume-Uni et atteint même des niveaux historiques, selon un rapport publié en novembre par Biocity Group, un réseau britannique d’incubateurs et accélérateurs Ainsi, les investissements dédiés aux start-up auraient été multipliés par plus de 4 entre 2014-2018, par rapport à la première moitié de la décennie, tandis que le nombre de sociétés créées a quasiment doublé par rapport à 2010-14, pour atteindre presque 600 Coté investisseurs, 4Bio Ventures a annoncé un premier closing à 50 M$ pour son fonds dédié à l’early-stage (amorçage et série A), et confirmé un objectif total de 150 M$ Il renforce l’arsenal  dont dispose l’écosystème, après la levée de 175 M£ annoncée en mai par le Cambridge Innovation Capital, adossé à l’université éponyme Point noir persistant, outre-Manche comme ailleurs en Europe, un marché boursier bouché pour les biotechs Une déprime accentuée par la fermeture du Woodford Equity Income Fund, fondée par Neil Woodford L’encours de ce véhicule dépassa un temps 10 MDs£, largement investi dans la biotech Mais la dégringolade du marché et quelques coups durs, dont l’effondrement de Circassia, ont fini par provoquer la défiance des investisseurs, un mouvement de décollecte massif et, in fine, son arrêt en octobre


Espagne – Italie : Deux belles opérations pour sauver la saison

Deux opérations d’envergure ont perturbé le calme qui a globalement régné sur les écosystèmes biotech du Sud de l’Europe En Espagne, Anaconda BioMed a levé 20 M€ à l’occasion d’une série A menée par l’investisseur espagnol Asabys, suivi par son compatriote Ysios, ainsi que deux acteurs étrangers, les Américains d’Omega Funds et les Italiens d’Innogest Asabys Partners signe ici la deuxième prise de participation avec son fonds Sabadell Asabys Health Innovation, dirigé par Sylvain Sachot (ex-Ysios), après Caro Care, en juin dernier Cette jeune medtech fondée en 2018 est basée à Barcelone Elle développe un dispositif de thrombectomie – cathéter et stent – de nouvelle génération destiné à la prise en charge des AVC ischémiques Vedette du 1er semestre, avec une levée de fonds de 72 M€ en juin dernier, l’espagnol Sanifit a pu en cette fin d’année, contenté ses investisseurs (dont Alta Life