mardi 26 janvier 2021


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N°926-11-01-2021

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Description

COMMERCIALISATION : LE DÉFI 2021 POUR LA HEALTHTECH FRANÇAISE

Aux premières heures de 2020 nombreux pariaient sur une année un peu terne pour la healthtech française dans la continuité des deux exercices précédents. Mais la crise de la COVID-19 est venue renverser la table et la redistribution des cartes a été profitable, à quelques exceptions près, à tout le secteur. Le choc pandémique a ouvert des opportunités et fait tomber les barrières. Que faut-il espérer pour 2021 ? François d’Andigné, Directeur Risk Advisory chez PwC en charge du secteur healthtech nous dévoile les enjeux.

BiotechFinances – Que retenir de 2020 pour la healthtech française ?

François d’Andigné : Ce millésime 2020, bien que violent pour les économies et malheureusement mortifère pour les populations, s’avère être finalement une bonne année pour la biotech et un assez bon cru pour la pharma. En France, après les mauvaises nouvelles de 2018 et 2019, les choses semblaient s’engager passablement. Deux de nos locomotives Genfit et DBV se sont trouvées en posture délicate. Mais au final, le news-flow a quand même été plutôt positif. Genfit semble désormais en bonne position au prix d’une restructuration de sa gouvernance et de sa dette et avec un focus clair dans le diagnostic de la NASH. Deux biotechs françaises se sont cotées au NASDAQ, Inventiva et Nanobiotix, ce qui ne s’était pas vu depuis Cellectis et DBV en 2015. Valneva a d’ores et déjà annoncé son projet d’introduction et plusieurs autres y réfléchissent sérieusement. Rien d’étonnant à cela puisque le marché américain très dynamique a enregistré l’an dernier plus de 90 IPO !

BF – Quelles perspectives cela ouvre-t-il pour 2021 ?

François d’Andigné : Parmi les bonnes nouvelles, il y a malgré les retards pris dans certains essais cliniques cette transition évidente qui se concrétise avec l’annonce de commercialisations potentielles en 2021. Jusqu’à présent le news-flow restait plus ou moins stationnaire, si l’on peut dire, avec des annonces de phase 2 ou 3. Mais ce cap est passé. Il sera intéressant de suivre à ce sujet Poxel avec l’Imeglimin, Carmat qui a obtenu son marquage CE et aussi Gensight aux Etats-Unis. Si l’on regarde cela de près, ce sont des avancées de 2020 qui échappent à la sphère COVID. La crise pandémique en soi a également apporté une dynamique forte pour le secteur favorable à ceux qui ont également testé leurs candidats sur ce sujet comme notamment AB science, Abivax et aussi OSE Immunotherapeutics.

BF – L’année de la NASH prévu en 2020 lors de la JP Morgan healthcare… finalement ce pourrait être en 2021 ?

François d’Andigné : Quelques bonnes nouvelles pourraient tomber effectivement concernant la NASH et la COVID.  Avec Genfit, Inventiva et Poxel, encore une fois, nous avons vraiment plusieurs champions potentiels dans le diagnostic et dans le domaine thérapeutique sur la NASH. 2021, pourrait être effectivement l’année de la NASH en décalé par rapport aux prédictions de l’année dernière ! Et ce, avec des niveaux de valorisation et de capitalisation qui pourraient permettre d’aller chercher de l’argent frais sur le Nasdaq. Voilà 6 ans que nous attendons de bonnes nouvelles, nous espérons nous en approcher même si cette pathologie reste très difficile à traiter.
Propos recueillis par Jacques- Bernard Taste

JP MORGAN HEALTHCARE ET APRÈS

L’événement phare, qui est censé donner le « la » des investissements pour les 12 mois à venir se déroule cette année du 11 au 16 janvier à San Francisco.

Les entreprises healthtechs les plus dynamiques de la planète s’y pressent pour multiplier les rendez-vous avec les financiers internationaux les plus aguerris.

BiotechFinances suivra bien entendu tous les signaux faibles et les tendances profondes qui apparaîtront au cours de cette grand-messe ou l’enthousiasme américain s’exprime souvent avec exubérance et booste les troupes de la healthtech au moins pour les 6 mois suivants…

Nous vous donnons également rendez-vous sur le sujet mardi 19 janvier dans le Zoom19H avec Antoine Papiernik. Le président de Sofinnova partners lancera le cycle de nos visio-conférences 2021 en nous livrant une analyse des temps forts et informations essentielles recueillies au cours de la 39e édition de la JP Morgan Healthcare.

PAGE 2 – janvier

Novadiscovery lève 5 M€ auprès de Debiopharm dans le cadre d’une série A, qu’elle souhaite compléter avec 2 M€ supplémentaires. Ce financement servira à industrialiser sa plateforme d’essais cliniques in silico, utilisés pour prédire l’efficacité des médicaments et optimiser leur développement. Cette plateforme adopte un modèle de « logiciel en tant que service » (SaaS). Les fonds levés serviront également à développer la présence de Novadiscovery sur le marché américain.

Mutabilis reçoit un financement de 7 M€ de la part de Novo Holdings Repair Impact Fund. La biotech parisienne développe de nouveaux antibactériens contre les infections à Gram négatif. Avec ces fonds, Mutabilis va accélérer son programme 2G-Dabocins, qui se penche sur le développement d’un agent anti-infectieux à large spectre actuellement en cours d’optimisation

Alderaan réalise une série A de 18,5 M€ menée auprès d’Advent France Biotechnologie (AFB), investisseur et co-fondateur, et de Medicxi, co-lead sur le tour. L’entreprise développe deux programmes en immuno-oncologie dont un anticorps qui cible le récepteur CD25. Son originalité : éliminer, par déplétion, les lymphocytes T régulateurs (T-reg) sans bloquer la voie IL2 dans les cellules T effectrices.

Eyevensys réalise un tour de table de 30 M$ en série B, dirigé par Boehringer Ingelheim Venture Fund et avec la participation de Pontifax, Bpifrance, CapDecisif et Inserm Transfert. La société utilisera les fonds pour poursuivre le développement d’EYS606 dans le traitement de l’uvéite chronique non infectieuse (NIU).

Jeito annonce une première levée de 200 M€ pour son fonds Jeito I. Rafaele Tordjman a trouvé, le soutien de Bpifrance, d’investisseurs institutionnels (BNParibas Fortis, CNP, Aviva, Axa), mais également de family offices, issus aussi bien du private equity que du secteur santé, et d’un fonds d’investissement chinois. Elle espère signer le closing final du fonds à 500 M€, d’ici fin 2020.

TScan Therapeutics (Waltham, Ma) a levé 35 M$ auprès de l’institut Novartis pour la recherche biomédicale (NIBR), Pitango Venture Capital et Astellas Venture Management qui rejoignent 6 Dimensions Capital, Longwood Fund, Bessemer, GV, Novartis Venture Fund et Google Ventures. TScan Therapeutics a collecté 60 M$ depuis sa création et sa recherche porte sur de nouvelles cibles de récepteurs des cellules T réactives aux tumeurs (TCR).

Genkyotex (GKTX) lance une augmentation de capital de 6,13 M€, au prix de 2,02 € , soit une décote de 7,1 %, à raison de une action nouvelle pour trois actions existantes. L’opération est garantie à hauteur de 4,6 M€ par des engagements de souscription. La biotech disposait de 2,4 M€ de trésorerie nette à fin décembre.

Urania Therapeutics annonce avoir reçu un financement de 1,7 M€ de la part de Bpifrance dans le cadre du plan deeptech. Cette biotech strasbourgeoise développe, à partir d’une plateforme dite de translecture, de petites molécules ciblant des maladies monogénique.

Heparegenix lève 11 M€ auprès de ses investisseurs historiques, Boehringer Ingelheim Venture Fund GmbH (BIVF), Novo Holdings A/S, le « High- Tech Gruenderfonds », Coparion et Ascenion. Biotech allemande, basée à Tubingen, Heparegenix développe des thérapies regeneratives ciblant les pathologies du foie.

Seekyo a bouclé une première levée de fonds de 800 000 € auprès de business-angels, ainsi que du Fonds Européen d’Investissement (prêt amorçage) et de Bpifrance, via le frenchtech seed. Seekyo déploie des chimiothérapies de nouvelle génération et un candidat-médicament ciblant les tumeurs solides.

Luxia Scientific annonce une levée de fonds de 700 K€ collectée en partie sur la plateforme Wiseed et auprès d’investisseurs privés dont Matmut Innovation. La biotech commercialise un test de perte de diversité du microbiote intestinal.

C4Diagnostics, spécialiste du diagnostic in vitro pour les maladies infectieuses, lève 2,3 M€. L’un des principaux investisseurs privés sur cette série A est l’Américain Andreï Polukhtin, pdg de Click Chemistry Tools, fournisseur historique de C4Diagnostics. À ses côtés, figurent le Crédit Agricole via CAAP Création et les actionnaires historiques dont Région Sud Investissement géré par Turenne et R2V géré par ACG Management. Les fonds serviront à accélérer le développement commercial de son produit phare, C4Legio, qui permet de diagnostiquer la légionellose.

Le groupe anglo-suédois AstraZeneca annonce un investissement pluriannuel de plus de 500 M$ en France. Cet investissement comprendra cinq volets : le développement industriel avec son site de Dunkerque, le renforcement de sa stratégie de R&D en France, l’implantation d’un Hub Européen de l’Innovation à Paris, la mise en place d’un partenariat stratégique avec L’Ascenseur pour l’accès à l’emploi des jeunes, ainsi que la limitation de son empreinte environnementale. Cet investissement s’étendra sur 5 ans et pourrait amener la création de près de 150 emplois.

Le francophone du mois – Michael Krel, Partner chez Sofinnova

Il était Senior Associate chez Sofinnova depuis 2013 puis Principal à compter de 2017, le voici promu Partner au sein de l’équipe biotechnologies industrielles dans l’une des certainement plus belles équipes européennes du Capital-Risque. Dès les premières minutes d’échange, Michael Krel, 43 ans, ancien élève de l’École polytechnique et titulaire d’un doctorat en chimie organique de l’université Paris-X donne le ton. Comme tous les co-équipiers de Sofinnova, c’est un passionné : une fois lancé sur son sujet de prédilection, il est intarissable mais vous conserve cette écoute bienveillante qui est aussi une marque de fabrique maison. Né dans et pour les biotechs industrielles, Michael Krel est passé par le business développement chez Metabolics Explorer (2007-2010) et chez Deinove (2010-2013). Depuis son arrivée chez Sofinnova, il a notamment participé aux dossiers d’Enobraq, d’Afyren et de Comet Bio. Il est aujourd’hui membre du board des 3 sociétés et a même occupé, un temps, la fonction de CEO d’Enobraq. « En biologie industrielle nous n’en sommes encore qu’au début de la courbe d’apprentissage mais le deal flow est intense, nous a-t-il confié. Nous recevons environ de 150 à 200 dossiers par an et 80 % d’entre eux sont des affaires que nous n’avions jamais vues. » La dynamique biotech industrielle existe donc bel et bien même si, en France, elle est quelque peu masquée par l’effervescence quotidienne des biotechs rouges. Sofinnova est en pointe sur tous les fronts. Pour l’industrie, il intervient avec son fonds Sofinnova IB 1 lancé en 2018 avec 125 M€ qui a pris la suite de Sofinnova Greenseed fund créé dès 2012. « Denis Lucquin possède un track record de plus de dix ans dans le domaine. Le fait d’être précurseurs nous donne un avantage certain mais il faut toujours et encore évangeliser », souligne Michael Krel qui ajoute : « Les laboratoires qui signent des licences c’est bien, mais il faut aussi savoir créer son propre destin. » Cette année 2020 qui devrait être jalonnée par des refinancements, des lancements d’usines et de nouveaux fonds pour la biotech industrielle leur en offrira peut-être l’occasion.

PAGE 3 – février

DBV Technologies (DBV) annonce une augmentation de capital de 140 M€ par le biais d’une offre publique aux États-Unis, au prix de 10,25 $ par ADS (une action équivaut à deux ADS), et d’un placement privé en Europe, au prix de 18,63 €. La biotech française compte, avec cette opération, repousser d’environ six mois son autonomie financière, jusqu’au 1er trimestre 2021.

GeNeuro (GNRO) lève 17,5 M€ via un placement privé réalisé auprès d’investisseurs institutionnels, dont l’Institut Mérieux. La biotech suisse, dont la position de trésorerie s’élevait à 5,9 M€ au 31 décembre 2019, prolonge sa capacité financière jusqu’à mi-2022. Cette nouvelle visibilité va lui permettre de mener à terme l’essai clinique avec temelimab, son produit phare, mené avec le Karolinska Institutet (Stockholm), chez des patients atteints de sclérose en plaques (SEP) et dont le handicap progresse sans crises inflammatoires.

Sequana Medical (SEQUA) lève 19 M€ pour financer la poursuite de l’essai pivot américain mené avec son Alfapump dans le traitement de l’ascite due à la cirrhose du foie, et d’un essai européen chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque qui ont cessé de répondre aux diurétiques.

Cynbiose obtient un financement de 1,9 M€ dans le cadre du programme d’Investissement d’Avenir (PIA) destiné au lancement de la « filière d’excellence » Cynbiome. CRO spécialisé dans les modèles animaux pour la recherche préclinique se consacrera, dans le cadre de Cynbiome, à la mise au point d’un modèle de primate non-humain dédié à l’étude du microbiome et des maladies infectieuses humaines.

Genoway lève 6,2 M€ dont 1,7 M€ auprès de ses actionnaires historiques (Eximium, Dassault Développement, les dirigeants de la société et un groupe d’investisseurs, complété par des emprunts bancaires pour 4,5 M€, dont 1,5 M€ émane de Bpifrance.

Catalent s’offre Masthercell pour 315 M$. La CDMO américaine prend ainsi une belle position sur le marché belge et européen en rachetant un des acteurs de pointe dans les thérapies cellulaires.

Après Moderna et GSK, Gilead se lance dans la lutte contre le coronavirus 2019-nCoV. Le groupe pharmaceutique va travailler avec les autorités sanitaires chinoises pour mettre en place un essai clinique randomisé dans le pays avec son médicament expérimental remdesivir.

Aimmune Therapeutics (AIMT), concurrent direct de DBV Technologies, obtient l’approbation de la FDA pour PALFORZIA, son immunothérapie orale phare dédiée aux patients allergiques aux arachides.

Valneva (VLA) a annoncé un accord de financement avec deux fonds US, Deerfield Management Company et OrbiMed, qui inclut un emprunt de 60 M$, avec la possibilité de procéder à des tirages supplémentaires jusqu’à 25 M$ au cours des douze prochains mois. La biotech prévoit notamment d’utiliser les fonds pour poursuivre l’avancée de ses deux principaux programmes cliniques contre la maladie de Lyme et le chikungunya.

Genkyotex (GKTX) boucle une augmentation de capital de 4,9 M€. L’entreprise dégage ainsi les moyens de soutenir setanaxib son candidat le plus avancé dans des indications fibrotiques.

La medtech suisse Lunaphore Technologies lève 21,2 M€ auprès de l’investisseur japonais PHC Holdings Corporation, suivi des investisseurs historiques Redalpine Venture Partners, Occident et Alpana Ventures. Lunaphore déploie des équipements de nouvelle génération pour la recherche contre le cancer et le diagnostic tissulaire.

MaaT Pharma, lève 18 M€ en série B auprès de ses investisseurs historiques : Seventure Partners, Crédit Mutuel Innovation et Biocodex. Une occasion de faire également entrer un fonds américain à son capital : SymBiosis LLC. Il s’agit de poursuivre les développements cliniques en cours, sur des patients atteints de cancer liquide (leucémie principalement).

Valbiotis boucle un partenariat stratégique de 4,7 M€ avec Nestlé Health Science. Un accord qui pourrait même atteindre 60 M€ via des paiements d’étapes.  Ce partenariat assure à la société le développement et la commercialisation de Totum-63 (ex Valedia) destiné aux personnes prédiabétiques.

OncoDNA finalise une série B de 19 M€, menée par Vesalius Biocapital III et Swisscanto Invest, avec le soutien de la SFPI. Les actionnaires historiques (CPH Banque, Inventures, Sambrinvest, Sofinim et la SRIW) ont également participé. La plateforme web OncoKDM permet d’agréger les données rentrées par les oncologues, de les analyser, puis de fournir un rapport destiné à les aider dans le choix du traitement adéquat.

Stilla boucle un nouveau tour de table de 20 M€, dirigé par le groupe chinois TUS-
Holdings dirigé par Shugui Wang, via sa filiale luxembourgeoise Tuspark Europe, et suivi par ses investisseurs historiques : Illumina Ventures, Kurma Partners, LBO France, Paris Saclay Seed Funds, BNP Paribas et Idinvest Partners.

Sanofi (SAN) s’associe au ministère américain de la Santé via la Biomedical Advanced Research and Development Authority pour développer un vaccin contre la COVID-19. Le laboratoire français utilisera sa technologie de recombinaison de l’ADN pour « accélérer la mise au point d’un vaccin potentiel contre le Covid-19 ».

Le francophone du mois – Tuan Nguyen, président de GoLiver

Un étudiant modèle qui a toujours voulu être chercheur (« C’était mon Graal ! » dit-il), et qui trouvait extraordinaire la possibilité de pouvoir transformer des virus dangereux en virus thérapeutiques. Tuan Nguyen le président de GoLiver est habité par l’idée « d’apporter des médicaments chez le patient ». Avec GoLiver Therapeutics* qu’il a créée en 2017 à Nantes, il espère mettre sur le marché d’ici 7 ans sa solution injectable de cellules hépatiques congelées fabriquées à partir de cellules souches pluripotentes, et capable de guérir les insuffisances hépatiques sévères. « À ce jour, il n’y a pour les maladies hépatiques au stade terminal pas d’autres alternatives que la greffe de foie, note Tuan Nguyen. Or le nombre de greffons transplantables est ridiculement faible : moins de 3 foies pour 10 demandes. » Autre aspect du problème, une greffe et le traitement immunosuppresseur associé génèrent un coût d’environ 600 K€ par malade. « C’est très lourd pour les systèmes de santé et pour le patient qui n’est pas à l’abri d’effets secondaires importants », indique le patron de GoLiver qui ajoute : « Nous espérons faire tomber la thérapie entre 100 K et 200 K avec un traitement sans autre effet que la seule régénération du foie par simple injection de cellules hépatiques. » Pour l’heure les signaux sont au vert. En décembre dernier, l’entreprise a signé un protocole d’accord avec l’hôpital Paul Brousse, premier centre de greffe du foie en France, pour définir le design et la mise en place des essais cliniques de phase I/IIa pour le traitement des insuffisances hépatiques. « Nous pourrions démarrer d’ici 3 ans avec 10 patients » précise Tuan Nguyen. Une échéance clef pour l’entreprise qui a levé 3 M€ depuis l’origine et souhaite mobiliser 10 M€ lors d’un prochain tour en vue d’accélérer son développement.

* GoLiver Therapeutics est une spin-off de l’Inserm et de l’Université de Nantes (CRTI UMR1064, ITUN, CHU de Nantes).

PAGE 4 – mars

EOS imaging (EOSI) annonce son rachat par Alphatec (ATEC), une société américaine de dispositifs médicaux pour la chirurgie du rachis. L’offre publique d’achat se réalisera au prix de 2,8 € par action, soit une prime de 64 % par rapport aux derniers cours de l’action EOS à Paris.

Scipio lève 6 M€ via une série A menée par M Ventures, filiale capital-risque de Merck KGaA. L’opération a été suivie par les investisseurs historiques, Seventure Partners et High-Tech Gründerfonds, mais également par Arbevel et Investiere. Basée à Paris, la jeune biotech développe un kit de différents réactifs, destiné à la préparation d’échantillons pour le séquençage d’ARN.

Advanced Biodesign lève 9 M€ auprès de Xerys. Ces fonds doivent permettre d’engager la phase 1 d’un essai clinique sur la leucémie myéloïde aiguë.

DBV Technologies (DBV) annonce l’exercice partiel de l’option de surallocation pour son augmentation de capital, composée d’une offre d’ADS aux États-Unis et d’une offre d’actions en Europe. Le montant de l’offre globale s’élève à environ 146 M€.

Pharnext (ALPHA) réalise une augmentation de capital de 7,7 M€ via l’émission de 1 799 061 actions nouvelles. À l’été 2019, la FDA avait recommandé à la biotech parisienne de conduire une nouvelle phase 3 pour son produit phare PXT3003. Avec cette nouvelle levée de fonds, elle va pouvoir financer ses activités au cours des douze prochains mois.

Biotalys lève 10 M€ auprès de ses actionnaires actuels et avec la participation d’un nouvel investisseur américain, Novalis LifeSciences. Le tour de table servira notamment à l’homologation et à la production à l’échelle commerciale du produit biofongicide le plus avancé de la biotech belge.

Le montant de l’OPA de Gilead sur Forty Seven atteint 4,9 Mds$. La pharma paye au prix fort la pathérapie d’immuno-oncologie déployée par Forty Seven dans des maladies telles que le syndrome myélodysplasique, la LMA et le lymphome diffus à grandes cellules B.

Experte dans la recherche de médicaments ciblant les Récepteurs Couplés aux Protéines G (RCPG) en neurologie, immuno-oncologie et maladies rares, Domain Therapeutics acquiert Prestwick Chemical et Neurofit deux filiales de l’Australien Bionomics et valorise ainsi son potentiel aux yeux de futurs investisseurs.

La société de capital-risque néerlandaise Life Science Partners atteint 600 M$ pour LSP 6, le plus grand fonds jamais levé en Europe axé sur les sciences de la vie.

Lysogene (LYS) réalise une augmentation de capital de 7,7 M€. Cette opération assure à la biotech, spécialisée dans la thérapie génique ciblant les maladies du système nerveux central, une visibilité financière jusqu’au 3e trimestre 2021.

Calixar souhaite réaliser une nouvelle levée de fonds de 2,5 M€, qui sera destinée à construire un pipeline d’une centaine de cibles thérapeutiques, prioritaires pour l’industrie pharmaceutique. L’objectif de ce tour de table est de devenir un leader dans le segment early discovery du développement de médicaments à partir de cibles complexes, un marché qui atteindra 71 Mds€ en 2025.

La commission européenne débloque 37,5 M€ pour soutenir des travaux de recherche urgents pour l’élaboration de vaccins et tests de diagnostic du Covid-19.

Eurobio Scientific (ALERS), active dans le domaine du diagnostic in vitro, sécurise 11 M€ auprès d’un pool bancaire réunissant LCL, BNP Paribas, CIC et Crédit Agricole Ile de France.

Xenothera a besoin de 3 M€ pour produire les premiers lots de XAV-19, qui pourrait constituer une solution aussi bien pour la pandémie actuelle de Covid-19, que pour les futures infections.

Dans le cadre du prochain tour de table du Conseil européen de l’innovation, la Commission a débloqué une ligne de financement de 164 M€ afin de soutenir les startups qui pourraient aider au traitement, aux tests, à la surveillance ou à d’autres aspects de l’épidémie du Covid-19.

Ose immunotherapeutics, spécialisée en immunothérapie dans le traitement du cancer et des maladies auto-immunes, signe avec Servier un avenant au contrat qui les lie depuis 2016. La biotech nantaise pourrait percevoir dès cette année un quart du paiement d’étape de 20 M€ prévu initialement l’an prochain.

MedinCell obtient 6,4 M$ sur trois ans de la part d’Unitaid, une organisation internationale qui lutte contre les pandémies touchant les pays en développement.

IntegraGen (ALINT) a noué un accord avec le Dana Farber Cancer Institute. Ce dernier utilisera MERCURY, le logiciel propriétaire d’IntegraGen, dans leur processus d’analyse et de reporting de données de séquençage de tumeurs chez des patients atteints de cancer. Basé sur le cloud, cet outil minimise le temps d’analyse et le coût associé à l’interprétation et l’identification de variants qui peuvent avoir une implication dans la gestion thérapeutique des patients. IntegraGen a réalisé un chiffre d’affaires de 8,3 M€ en 2019.

La francophone du mois – Christine Placet, directrice générale d’Horama

Un accord de licence, et d’autres pourraient bien suivre ! Christine Placet, directrice générale d’Horama depuis 2016, vient de signer une première collaboration avec l’Université de Leiden. Spin-off de l’Inserm fondée en 2014, la biotech parisienne a acquis les droits sur un programme de thérapie génique qui cible la dystrophie rétinienne, induite par des mutations du gène CRB1. Une occasion pour Horama d’élargir son portefeuille dans sa spécialité : les maladies ophtalmiques. Dans l’absolu, le pipeline pourrait même être très large puisque les dystrophies rétiniennes recoupent des pathologies impliquant plus de 260 gènes, et donc, possiblement de thérapies géniques pour y remédier. « En pratique, ce n’est pas le cas. Pour certains gènes, les mutations sont très rares, et nous restons focalisés sur les pathologies monogéniques les plus courantes. Surtout, notre technologie repose sur les vecteurs AAV, qui ne peuvent pas embarquer des gènes trop longs », détaille Christine Placet. Si la CEO a découvert le monde de la pharma un peu par hasard en rejoignant la biotech marseillaise Trophos en 2004 comme directrice financière, elle y est bien restée par choix. Devenue CEO et après avoir opéré le rachat de Trophos par Roche, Christine Placet s’est lancée dans l’aventure de la thérapie génique. « Le secteur est en pleine émergence et les technologies associées sont dorénavant assez matures pour valider cette approche thérapeutique. » En dehors du programme avec l’Université de Leiden dont le lancement en clinique est prévu d’ici 2023, le produit le plus avancé d’Horama repose sur HORA-PDE6B, actuellement en phase 1/2, et dont les premiers résultats sont attendus au second semestre 2021. D’ici là, la biotech reste « ouverte à d’autres opportunités de collaboration qui pourraient se présenter ».

PAGE 5 – avril

La société d’origine belge iTeos Therapeutics (immuno-oncologie) dont le siège se situe désormais à Cambridge aux États-Unis rend publique sa série B de 125 M$ (bouclée avant le début de la crise) principalement grâce à de nouveaux investisseurs américains. RA Capital Management et Boxer Capital ont piloté le tour et ont été rejoint par Janus Henderson Investors, RTW Investments et Invus. Les historiques ont emboité le pas. Il s’agit de MPM Capital, HBM Partners, 6 Dimensions Capital, Curative Ventures, Fund +, VIVES Louvain Fonds technologique, SRIW et SFPI.

SpineGuard (ALSGD) reprend sa cotation au Nasdaq et à la Bourse de Paris. Son cours était suspendu depuis le 13 février. La société, qui conçoit des dispositifs destinés à simplifier le placement d’implants osseux, est sous le coup d’une procédure de sauvegarde en France et d’un chapter 11 aux États-Unis.

Gilde Healthcare boucle son 5e fonds, Gilde Healthcare V, pour un montant de 416 M€. Avec un ticket moyen de 10 à 40 M€, ce nouveau fonds a vocation à investir dans une quinzaine de compagnies, à un rythme annuel de 3 à 4 participations, et uniquement en equity sans avoir recours à l’effet de levier de l’endettement.

Dynacure lève 50 M€ en pleine crise. L’opération est menée par Perceptive Advisors, avec la participation du fonds Large Venture de Bpifrance et de Tekla Capital Management LLC, ainsi que des investisseurs existants (voir ci-dessous : Andera Partners). Spin-off de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), la biotech strasbourgeoise va faire avancer son produit phare, DYN101, un oligonucléotide antisens développé pour le traitement des myopathies centronucléaires (CNM), et issu de la plateforme de l’Américaine Ionis Pharmaceuticals.

Sanofi (SAN) va donner 100 millions de doses d’hydroxychloroquine à 50 pays et a commencé à distribuer ce médicament aux autorités qui en ont fait la demande. Face à l’urgence sanitaire mondiale, Sanofi se tient prêt à venir en aide au plus grand nombre de pays possible, à commencer par ceux où son médicament est approuvé, de même que ceux où il n’existe pas de fournisseurs d’hydroxychloroquine ou ayant des situations précaires.

Pfizer et la biotech allemande BioNTech dévoilent les détails de leur alliance nouée le mois dernier sur un vaccin ARNm contre la pandémie de COVID-19. Leur accord inclut un premier paiement up-front du géant pharmaceutique amé-ricain de 185 M$, accompagné de 563 M$ de milestones.

En pleine pandémie mondiale, Onxeo parvient à vendre son médicament Belinostat au groupe américain Arcotech Biopharma pour 6,6 M$. « Jusqu’au bout le closing a été tendu, le partenaire ou sa maison mère auraient pu renoncer dans le contexte à faire des accords de ce type », souligne Judith Greciet, directrice générale d’Onxeo.

Le LFB et la biotech nantaise Xenothera annoncent un accord en vue de la production par le LFB du premier lot clinique d’un candidat médicament, XAV-19, de Xenothera pour le traitement des infections à coronavirus dont celle du COVID-19.

Aux États-Unis, Blackstone est prêt à investir 2 Mds$ dans Alnylam Pharmaceuticals. Selon les termes de l’accord, le géant du capital investissement paiera 1 Md$ en échange de la moitié des redevances et royalties liées à un médicament cardiaque expérimental de la biotech.  En parallèle, le fonds achètera pour 100 M$ d’actions Alnylam et financera jusqu’à 150 M$ le développement de deux de ses autres médicaments cardiométaboliques.

Le VC américain Venrock met sur pied Venrock Healthcare Capital Partners (VHCP) EG, un nouveau véhicule d’investissement souscrit à hauteur de 447 M$ qui a été levé uniquement auprès des LP existants de Venrock. Le fonds se destine aux investissements dans des biotechs privées qui ont atteint un stade de maturité avancé.

Noxxon (ALNOX) conclut un financement de 14,2 M€ en obligations convertibles auprès du fonds britannique Atlas Special Opportunities. La biotech spécialisée dans le cancer ciblant le micro-environnement tumoral, pourra ainsi financer ses activités jusqu’en 2022, incluant la finalisation de son essai clinique dans le cancer du cerveau.

Median Technologies (ALMDT) reçoit 15 M€ au titre de la 1ère tranche du prêt accordé par la Banque européenne d’investissement (BEI) en décembre 2019. La medtech qui développe des tests d’imageries d’IA peut emprunter jusqu’à 35 M€. Les 2e et 3e tranches, chacune d’un montant de 10 M€, pourront être tirées à la discrétion de Median Technologies, sous réserve de l’atteinte d’un ensemble de critères de performance opérationnels et financiers convenus.

Phost’in lève 10,3 M€ pour faire émerger la glyco-immuno-oncologie. Les investisseurs sont Remiges Ventures, un fonds américano-japonais, le japonais ANRI et un acteur régional, Irdi Soridec Gestion.

Le francophone du mois – Georges Rawadi,
directeur général de LNC Therapeutics

Notre francophone de la semaine, Georges Rawadi, directeur général de LNC Therapeutics vient de signer en pleine crise COVID-19 l’acquisition d’une licence exclusive mondiale sur le premier brevet portant sur les applications thérapeutiques de Christensenella dans les troubles de l’humeur. Pour cette pépite bordelaise, désormais entièrement orientée sur le potentiel du microbiome intestinal, la nouvelle résonne fort. Créée il y a dix ans, elle a levé 22 M€ depuis l’origine, emploie 17 salariés et parvient à maintenir le cap au-delà des contraintes du confinement et des ralentissements opérationnels qu’il impose. « Nous avons la chance d’être encore dans l’étape de planification de notre futur essai de phase 1 sur LNC01 donc l’impact de COVID-19 n’est pas aussi rude qu’il pourrait l’être si nous l’avions lancé », indique Georges Rawadi qui ajoute : « Et au-delà, les discussions avec de potentiels investisseurs qui pourraient venir soutenir nos développements futurs se poursuivent. » Le business développement est-il une des clefs de la dynamique pour mettre tout le monde en ligne sur les objectifs en faisant oublier les péripéties virales ? Georges Rawadi estime surtout qu’il s’agit là d’un témoignage très fort des équipes de LNC Therapeutiques à identifier de nouvelles indications à forts besoins médicaux et à consolider la position de leader de l’entreprise dans le développement de LBPOs à souche unique. Un leader qui ne cache d’ailleurs pas ses ambitions plus globales dans le microbiome. « Nous souhaitons nous hisser au rang de société intégrée incontournable dans notre domaine, note Georges Rawadi. Pour cela nous utiliserons tous les leviers depuis les partenariats industriels, le licensing et d’autres possibilités pour continuer la structuration de l’entreprise. » Un player avec lequel il faudra donc compter dans la durée.

PAGE 6 – mai

Lever 160 M€ en pleine crise, un exploit pour Kurma Partners. Avec son 4e fonds, Kurma Biofund III, la société de gestion change de dimension et voit sa capacité d’investissement multipliée par 3 par rapport à ses levées précédentes. Les fonds ont été collectés principalement auprès de Bpifrance, du Fonds Européen d’Investissement, d’Idinvest Partners, de l’Institut Pasteur, de la banque publique de développement allemande NRW. BANK, et du laboratoire Servier.

Vaxxel, dirigée par Denis Cavert, mise sur les cellules de Transgene qui lui cède la lignée cellulaire DuckCelt-T17, en échange d’une part de son capital. En parallèle, la biotech lyonnaise se penche sur un second développement, un candidat vaccin bivalent qui ciblera le virus respiratoire syncytial (RSV), en plus du MPV.

OSE Immunotherapeutics (OSE) se lance dans la course au vaccin contre la COVID-19. La biotech s’appuie sur sa technologie brevetée Memopi pour explorer une réponse lymphocytaire T avec une mémoire immunitaire. Les premiers résultats précliniques sont attendus au début du 2e semestre 2020 et le démarrage d’un essai clinique est envisagé d’ici la fin de l’année.

BioMérieux (BIM) reçoit l’autorisation d’utilisation en urgence (EUA – Emergency Use Authorization) de la FDA pour BIOFIRE RP2.1, un test de dépistage qui inclut 22 pathogènes responsables d’infections respiratoires, dont la COVID-19. Le test détecte le SARS-CoV-2 en environ 45 minutes à partir d’un prélèvement nasopharyngé réalisé avec un écouvillon.

Abbvie (ABBV) obtient le feu vert des autorités américaines du commerce (Federal Trade Commission) pour le rachat d’Allergan, pour un montant d’environ 63 Mds$. Annoncée l’été dernier, cette acquisition permet au géant américain d’enrichir son pipeline avec notamment des traitements dans la dermatologie et l’ophtalmologie.

Bone Therapeutics (BOTHE) renforce sa visibilité financière jusqu’au 2e trimestre 2021 en levant 4 M€ via l’émission d’obligations subordonnées avec option de conversion, auprès d’actionnaires de la société. Ce nouveau financement s’ajoute aux 11 M€ levés par la société la semaine précédente.

Owkin décroche une extension de série A de 25 M$ de la part du fonds Large Venture de Bpifrance. Créée en 2016, la start-up propose des solutions à base d’intelligence artificielle aux laboratoires pharmaceutiques avec pour objectif d’augmenter la performance de leurs activités de R&D. Ces fonds vont permettre à Owkin d’enrichir son catalogue de modèles et d’augmenter le nombre de partenariats avec les grands hôpitaux et institutions académiques.

Hyloris lève 15 M€ pour développer ses médicaments reformulés. La biotech liégeoise réalise ce tour de table auprès d’un mix d’investisseurs nouveaux et existants, dont Scorpiaux (le holding financier de l’entrepreneur immobilier Bart Versluys), l’investisseur liégeois Noshaq, Saffelberg Investments et Nomainvest (le holding de la famille Noël).

Domain Therapeutics reçoit un premier paiement d’étape de Merck KGaA dans le cadre de leur collaboration sur les antagonistes des récepteurs de l’adénosine, suite à la décision du géant allemand de faire entrer un candidat médicament en développement réglementaire. Domain Therapeutics pourrait obtenir via cet accord initié en 2017 plus de 240 M€.

ElsaLys Biotech est racheté par Mediolanum Farmaceutici, un groupe pharmaceutique italien qui renforce son engagement en immuno-oncologie, et consolide ainsi son processus d’expansion internationale. La biotech française est spécialisée dans le développement d’une nouvelle génération d’anticorps thérapeutiques ciblant les tumeurs et leur micro-environnement immunitaire et vasculaire.

Mérieux Equity Partners et Korys annoncent le lancement du fonds d’investissement OMX Europe, dédié au capital innovation dans les secteurs de la santé et de la nutrition, et qui ciblera des sociétés en Europe et en Amérique du Nord. OMX Europe devrait atteindre au final 90 M€.

Truffle Capital veut lever 800 M€ pour soigner le “late stage”.

Sofinnova Partners a mené un tour d’amorçage de 4,5 M$ pour la medtech américaine CorVent Medical. Ont participé au tour de table : Redmile Group, Exor Seeds, Genesis Medtech Group, The Deerfield Foundation, et The Pagliuca Family Office. La medetch développe un ventilateur à usage unique, conçu en partenariat avec Design Catapult, une société de design industriel.

Owkin lève 25 M$ dans le cadre d’une extension de série A, auprès notamment de Bpifrance Large Venture (lire le regard de Laurent Higueret), Cathay Innovation, et MACSF. Ces fonds viennent compléter un premier tour de table de 11 M$ mené en janvier 2018, moins de deux ans après la création de la start-up.

Le francophone du mois – Philippe Bencteux, président de Robocath

Robocath lève 40 M€ auprès d’investisseurs chinois.

Onze ans après avoir fondé Robocath, Philippe Bencteux peut avoir le sentiment du pari réussi. La medtech vient de clôturer cette semaine un tour de table record de 40 M€ pour accélérer la commercialisation de R-One, une plateforme robotique destinée à la cardiologie interventionnelle (angioplastie coronarienne). Menée par l’acteur industriel chinois MicroPort Scientific, cette opération inclut l’arrivée au capital de Zhejiang Silk Road Fund (Chine), Luxembourg CLIIF géré par TUS-Holdings (Chine), CS Group (US), et Anaxago.

Lors de l’obtention du marquage CE l’année dernière, Philippe Bencteux confiait alors à Biotech Finances vouloir débuter le lancement commercial de R-One en Europe, avant de se diriger vers le marché américain en 2022 (lire « Robocath : trouver le bon rythme » dans Biotech Finances n°846). Mais l’origine des investisseurs de ce tour de table XXL change la donne pour Robocath. « La Chine représente le premier marché mondial du stent, et MicroPort en est le principal acteur. Un partenaire idéal pour s’installer sur le territoire », explique le président. Robocath va consolider ce nouveau pont vers l’Asie via la création d’une joint-venture avec l’industriel chinois, dont un tiers du chiffre d’affaires de 793 M$ provient des activités cardiovasculaires. Ce revirement de stratégie commerciale a aussi été motivé par la nationalité du seul concurrent direct de Robocath, l’Américain Corindus Vascular Robotics, déjà installé aux États-Unis et racheté par Siemens pour 1,1 Md$ l’été dernier. « Le marché mondial des angioplasties coronariennes se situe aux alentours des 5 Mds$. Avant de débuter les ventes en Asie, nous allons devoir lancer un essai clinique sur le sol chinois pour obtenir l’aval de l’autorité réglementaire locale (NMPA) », ajoute Philippe Bencteux. Une autre étude clinique a été lancée l’année dernière en Europe dont les résultats devraient être publiés d’ici la fin de l’année. En parallèle, la medtech va profiter de cette nouvelle manne financière pour élaborer une seconde version de son robot chirurgical. « Ce développement va nous permettre d’élargir l’utilisation de R-One à des interventions neuro-vasculaires, comme la prise en charge des AVC ou de la sténose carotidienne. Le marché potentiel serait alors de 5 Mds$ », projette le fondateur qui, avec les investisseurs historiques de la société, détient encore plus des deux tiers du capital.

PAGE 7 – juin

Poxel (POXEL) lève 17,7 M€ en bourse pour poursuivre ses essais de phase 2 dans la NASH avec son candidat médicament PXL 770. Cette augmentation de capital se réalise auprès notamment d’investisseurs américains et de Bpifrance et porte la visibilité financière de la biotech lyonnaise jusqu’à 2022. Dans le détail elle se présente sous la forme d’une émission d’actions de 17,7 M€, assorties de bons de souscriptions d’un même montant exerçables durant 5 ans.

Invus arrive chez Onxeo (ALONX) via une augmentation de capital réservée de 7,3 M€. Le fonds américain devient ainsi le second actionnaire de la biotech derrière Financière de la Montagne dont la participation passe de 11,9 % à 13,4 %.

Pixium Vision (ALPIX) lève 7,8 M€. sur Euronext. L’opération a reçu le soutien de son actionnaire majoritaire, Sofinnova, qui détient 15 % du capital et de Bpifrance. Ces fonds vont permettre à l’entreprise de débuter à la fin de l’année l’étape clinique finale dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

MedinCell (MEDCL) réalise une augmentation de capital de 15,6 M€ dans le cadre d’un placement privé. Ce soutien financier offre à la biotech montpelliéraine une couverture de ses besoins en fonds de roulement jusqu’au 2nd semestre 2022, date à laquelle elle devrait recevoir des royalties de la vente des premiers produits basés sur sa technologie BEPO.

Affluent Medical collecte 15,8 M€ L’essentiel de cette somme, soit 10,3 M€, provient d’un placement privé auprès de Truffle Capital, d’un fonds chinois Head Leader Limited, et de deux family office, Ginko Invest et Fate. La medtech aixoise développe des implants innovants non invasifs dans le domaine du cardio-vasculaire et de l’incontinence urinaire.

DiogenX réunit pour son premier tour de table Advent France Biotechnology (AFB), l’Allemand Boehringer Ingelheim Venture Fund et l’Américain JDRF T1D Fund. Des investisseurs de renom qui ont déboursé 4,5 M€ pour la recherche d’un traitement innovant contre le diabète de type 1.

Référence dans le microbiome, Enterome collecte 46,3 M€ issus d’une série E et d’une partie du prêt de 40 M€ que lui a accordé la BEI en 2018. De nouveaux investisseurs entrent au capital comme l’américain SymBiosis et le japonais Takeda.

Takeda Venture, le bras armé financier du groupe Nippon éponyme, investit pour la première fois en France, sur Egle Therapeutics créée en février à Paris et spécialisée en immuno-oncologie. Il le fait de manière totalement originale au regard de la précocité du dossier avec une partie en dette convertible pour 4,6 M€ et l’autre en financement non dilutif de collaboration de recherche sous option.

Novo Nordisk rachète Corvidia pour 2,1 Mds$ Le laboratoire danois acquiert la biotech américaine spécialisée dans les maladies cardio-rénales pour un montant initial de 725 M$, auxquels s’ajouteront des paiements d’étapes réglementaires et commerciales.

En Espagne, Accure Therapeutics inaugure ses premiers pas avec une série A de 7,6 M€ menée par Alta Life Sciences et le Centre de développement technologique et industriel espagnol. La biotech qui se focalise sur: les pathologies du système nerveux central va tester son produit ATC01 en phase 2 dans la névrite optique aiguë.

Ona Therapeutics lève 30 M€ auprès de 5 investisseurs : les Espagnols Asabys Partners, Alta Life Sciences, et Ysios Capital, le Français Bpifrance via son fonds Innobio 2 et le Belge Fund +. L’entreprise basée à Barcelone a tout juste un an et explore le développement d’anticorps capables de bloquer CD36 une protéine qui serait un facteur déterminant dans la propagation de certaines tumeurs cancéreuses (mélanome, ovaires, vessie, poumons, seins…).

La biotech américaine Novavax débourse plus de 167 M$ pour racheter le fabricant tchèque Praha Vaccines.

Cotée à la Bourse de Bruxelles et au Nasdaq, la biotech gantoise Argenx (ARGX) lève 750 M$ sur le marché. Elle vient d’annoncer le succès d’une phase 3 chez des patients atteints de myasthénie grave (gMG).

En Suisse, Spineart lève 46 M€ auprès d’un nouvel investisseur, le fonds suisse EGS Beteiligungen. La medtech spécialisée dans les chirurgies de la colonne vertébrale, s’apprête à lancer une étude clinique aux États-Unis pour faire enregistrer sa prothèse innovante de disque cervical, Baguera. Ce qui sous-entend un process de 4 à 5 ans avant d’obtenir une mise sur le marché.

GliaPharm lève 1,4 M€ auprès de l’Américain Gliaven. Cette somme s’ajoute à un financement privé, ce qui porte à 1,9 M€ le montant total collecté par la biotech genevoise spécialisée dans le trouble métabolique génétique rare.

La francophone du mois – Morgane Rousselot, Co-fondatrice d’Hemarina

Co-fondatrice avec Franck Zal de la biotech marine Hemarina en 2007, entreprise qu’elle a quittée en 2015, Morgane Rousselot, notre francophone de la semaine, est à la tête d’un nouveau défi avec SeaBelife. Cette petite pépite, créée en mars 2019 par 4 co-fondateurs qui ont misé ensemble 120 K€ en fonds propres sur projet, cible en priorité les insuffisances rénales et hépatiques aigües et elle vient de faire l’actualité en levant 635 K€ auprès de 46 business angels. Un montant qui sera porté au final à 1,5 M€ grâce à un financement de BpiFrance et à l’entrée prochaine au capital de la SATT Ouest Valorisation et de la Région Bretagne.

SeaBelife va exploiter une technologie issue de la recherche académique entre deux laboratoires bretons, l’Irset- Inserm UMR1085/Université de Rennes 1 du campus santé de Rennes et le CNRS UMR8227/Sorbonne Université à la station biologique de Roscoff. L’innovation de cette jeune biotech repose sur des molécules brevetées, plus d’une trentaine, capables de déprogrammer la mort cellulaire en bloquant son déclenchement. « Elles sont très intéressantes parce que de façon unique et originale, elles inhibent deux formes de nécroses régulées dont la nécroptose, ce qui permet de potentialiser leur efficacité, souligne Morgane Rousselot qui ajoute : nous ciblerons d’abord des pathologies aiguës touchant nos organes vitaux comme le foie et les reins, tout en priorisant les maladies orphelines puis nous élargirons, une fois des jalons de succès atteints, aux domaines de maladies chroniques dans le SNC et à la DMLA. » Dans environ 12 mois, l’entreprise espère avoir validé son savoir-faire, ses preuves de concept, son candidat-médicament sur les indications aigües et aussi préparé sa préclinique règlementaire. Une to-do list pour le moins fournie qui, si la réussite est au rendez-vous, permettra de passer à l’étape suivante, une levée de fonds d’environ 3 M€ pour financer la préclinique règlementaire prévue mi-2021.

PAGE 8 – juillet-août

Le géant américain Medtronic rachète Medicrea (ALMED) pour environ 140 M€, via une OPA amicale. Créée il y a dix-huit ans, la medtech lyonnaise fabrique des implants de pointe pour les chirurgies de la colonne vertébrale.

Dans la génomique, l’entreprise belge OncoDNA s’offre la biotech française
IntegraGen (ALINT) pour 14,5 M€ via une OPA amicale.

Nicox (COX) cède sa participation dans VISUfarma pour 5 M€. Le fruit de cette cession financera le développement de ses deux principaux candidats médicaments dont NCX 470, en phase 3 chez des patients atteints de glaucome.

Inventiva (IVA) s’est introduite au Nasdaq le 10 juillet et est parvenue ainsi à lever 107,7 M$. Cette somme doit servir au lancement d’un essai clinique de phase 3 avec Lanifibranor, son traitement dédié à la stéatohépatite non alcoolique (NASH).

Le groupe pharmaceutique suédois Calliditas Therapeutics lance une OPA de 88 M€ sur Genkyotex (GKTX). Une partie du prix est conditionné aux autorisations de mise sur le marché du candidat médicament le plus avancé de la biotech, Setanaxib.

Nanobiotix (NANO) réalise une augmentation de capital de 20 M€. Ce financement devrait permettre d’initier l’étude de phase 3 dans les cancers de la tête et du cou.

Sanofi (SAN) rachète la biotech américaine Principia Biopharma cotée au Nasdaq et spécialisée dans le traitement des maladies auto- immunes pour un montant global de 3,7 Mds$.

Biose Industrie ouvre son capital et lève 30 M€ auprès du fonds de private equty sino-français Cathay Capital. L’entreprise familiale spécialisée dans le microbiote humain, a réorienté son cœur de métier sur la CDMO pharmaceutique.

En parallèle, La R&D de Biose devient totalement indépendante et donne naissance à Nexbiome. Le premier incubateur privé de biotechs dans le microbiote thérapeutique en santé humaine.

CellProthera lève 6,8 M€, dont 3,36 M€auprès d’investisseurs privés historiques, et le solde en dette. Ce tour offre à la biotech alsacienne pionnière de la thérapie régénératrice cardiaque une visibilité financière jusqu’en 2022.

DNA Script a augmenté de 46 M€ le montant de sa Série B, portant son total à 80 M€. Le tour était mené par Casdin Capital. Danaher Life Sciences, Agilent Technologies et MerckKGaA, trois des leaders du marché de la synthèse d’ADN y participent aussi.

InHeart lève 3,7 M€ auprès d’Elaia et de la SATT Aquitaine. Issue d’une collaboration entre l’IHU de Liryc et l’Inria, cette start-up bordelaise reconstitue en imagerie 3D le coeur d’un patient à partir de scanners et IRM.

Honing réalise une première levée de fonds de 2 M€ auprès d’Elaia, d’un investisseur privé, et de Bpifrance via son fonds French Tech Seed. Ce financement va permettre au spin-off de l’Institut Curie de mettre en place des études in vivo dans son projet le plus abouti, mené sur les CAR-T.

Un mois à peine après avoir levé 7 M€ Xenothera obtient un PSPC COVID de 8 M€ auprès du Gouvernement. Cette aide va financer la phase 2 du traitement.

Dans le cadre du même dispositif PSPC-COVID, Inotrem reçoit du Gouvernement 5,4 M€ pour tester en phase 2 son candidat-médicament, Nangibotide, contre le virus.

Aux États-Unis, le géant du private equity Blackstone boucle à hauteur de 4,6 Md$ le plus grand fonds privé dédié aux sciences de la vie. Baptisé BXLS V, il cible des sociétés de sciences de la vie matures, des financements de produits en phase avancée et des investissements de croissance dans des entreprises émergentes.

NucleAI réalise une série A de 3,5 M$ auprès du fonds helvète Debiopharm Innovation Fund et d’investisseurs historiques Vertex Ventures et Grove Venture. La start-up créée en 2017 est issue du renseignement d’élite israélien. Elle se déploie dans la biologie computationnelle avec une plateforme d’oncologie basée sur l’IA.

En Allemagne T-knife, lève 66 M€ en série A auprès de Versant Ventures et RA Capital Management, avec une participation significative des historiques Andera Partners et Boehringer Ingelheim Venture Fund. Créée en 2018, la biotech issue du Max-Delbruck Center for Molecular Medicine a pour objectif de faire progresser ses thérapies anti-cancéreuses à base de cellules TCR-T vers la clinique.

À Milan, Enthera Pharmaceuticals a bouclé une série A de 28 M€ auprès de Sofinnova Partners qui avait financé l’amorçage, d’AbbVie, de JDRF T1D. Les fonds levés serviront à obtenir une preuve de concept clinique chez l’homme de Ent001 une molécule ayant le potentiel de restaurer le compartiment de la cellule beta pancréatique dans le diabète de type 1.

Le francophone – Guillaume Brion, Fondateur de FindImmune

Troisième création pour Guillaume Brion ! Ce médecin de formation vient de fonder aux côtés de trois chercheurs de Gustave Roussy une biotech spécialisée en immunothérapie, FindImmune. Fondateur de Medday en 2011 et engagé dans cette biotech jusqu’en 2019, le serial entrepreneur était en recherche de nouveaux horizons. “Je suis parti car l’essentiel de ma valeur ajoutée se situait sur le développement du produit chez l’homme, or nous étions parvenus jusqu’à la phase 3 et elle touchait à sa fin” explique Guillaume Brion. Son expertise clinique, s’est forgée dès 1986 avec la création de Versus, une CRO d’une trentaine de collaborateurs qu’il a dirigée durant 15 ans avec plus de 200 essais thérapeutiques à la clé. Cette expérience va pouvoir être mise dorénavant au profit de Findimmune, qui possède trois molécules toutes issues d’un repositionnement. “Chacune d’elles peut potentiellement entrer en clinique dans les six prochains mois. L’immuno-oncologie présente l’avantage de donner lieu à des études rapides nécessitant peu de patients. Elles sont donc moins onéreuses” se réjouit Guillaume Brion, qui ajoute : “les fonds restent peu attentifs à cette approche de positionnement, car si les coûts de développement sont réduits, les prix des médicaments qui en découlent aussi. Lorsque nous aurons atteint la preuve de concept clinique, leur intérêt pourrait néanmoins s’éveiller”. En attendant, l’entrepreneur espère avancer avec des subventions notamment celles de Bpifrance. “Il faudrait environ 5 M€ par produit, soit 15 M€, pour pouvoir tous les emmener en phase 1/2 sur une vingtaine de patients” poursuit-il. Un partenariat avec une big pharma pourrait constituer un autre levier. “Le repositionnement donne une seconde vie à des molécules qu’elles ont pu auparavant développées et qu’elles connaissent bien. Nous avons aujourd’hui deux laboratoires dans le viseur pour un éventuel partenariat”.

PAGE 9 – septembre

Transgene (TNG) a encaissé 19 M€ en vendant un peu plus d’un tiers de sa participation minoritaire dans Tasly BioPharmaceuticals à un fonds d’investissement chinois. À l’issue de l’opération, elle détient encore 1,58 % du capital valorisé à environ 31 M€.

Sanofi (SAN) acquiert la biotech américaine Principia Biopharma cotée au Nasdaq et spécialisée dans le traitement des maladies auto-immunes, au prix de 100 dollars l’action, soit un montant global d’environ 3,7 Mds$.

Pour son 4e tour de financement, VitaDX lève 3 M€. La medtech qui développe un logiciel d’IA pour diagnostiquer le cancer de la vessie a obtenu un prêt bancaire de 2 M€. De leur côté ses actionnaires Go Capital, Odyssée Venture lui ont apporté 1 M€.

Gleamer réalise une série A de 7,5 M€ auprès de XAnge. L’occasion à MACSF, Majycc eSanté Invest et Crista Galli Ventures d’entrer au capital et aux actionnaires historiques Elaia et le fonds Ambition Amorçage Angels (F3A), géré par Bpifrance de se renforcer. Son produit BoneView détecte sur les radiographies les lésions traumatiques.

CarThera obtient 12,5 M€ de Bruxelles. Sélectionnée par l’EIC Accelerator Pilot la medtech parisienne recevra 2 M€ de subventions auxquels s’ajouteront 10,5 M€ versés en échange d’obligations convertibles. Les fonds serviront à démarrer une phase pivot pour son produit phare, SonoCloud, dans le traitement de glioblastome. Ce dispositif émet des ultrasons pour augmenter temporairement la perméabilité des vaisseaux sanguins dans le cerveau.

THAC (The Healthy Aging Company) récolte 300 K€ auprès du grand public via Happy Capital. La jeune start-up française qui lutte contre la résistance à l’insuline, a fait appel au financement participatif pour soutenir le développement de sa molécule thérapeutique, l’ALF-5755, avec comme première indication le diabète de type II.

Biodol Therapeutics a bouclé une levée de fonds de 4,5 M€ dont une partie en capital. Ce tour de table était mené par le VC belge V-Bio Ventures. Créée en 2015, la biotech héraultaise est spécialisée dans le traitement contre la douleur chronique neuropathique et ambitionne d’entrer en phase clinique d’ici 2023.

Aux Pays-Bas, Intravacc a obtenu un contrat d’un montant global pouvant atteindre 9,4 M$ de la part de la US National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID). L’accord porte sur le développement d’un vaccin prophylactique contre l’entérovirus D68 (EV D68), un virus respiratoire qui peut provoquer la paralysie infantile, la myélite flasque aiguë (AFM).

Salvia BioElectronics, une medtech néerlandaise créée en 2017 et développant une plateforme de neurostimulation ciblant la migraine chronique lève 26 M€. Une série A pilotée par le VC italien Panakès Partners.

En Suisse, Polyphor conclut avec Shanghai Fosun Pharmaceutical un accord de licence exclusif en Chine pour son candidat médicament balixafortide. La biotech helvétique recevra un paiement initial de 15 M$ assortis de paiements d’étape potentiels de développement pour 19 M$ et de vente pour 148 M$.

Nestlé lance une OPA sur Aimmune Therapeutics à 2,1 Mds€. Nestlé Health Science était entrée au capital de l’entreprise californienne en 2016 afin de se renforcer dans le traitement des allergies alimentaires.

En Belgique, la medtech Miracor qui produit PiCSO, une console et surtout un cathéter à impulsion destiné au traitement des patients victimes d’un infarctus du myocarde avec élévation persistante du segment ST, réalise une série E de 24 M€.

Le groupe japonais Takeda vend son activité de santé grand public à Blackstone. Takeda Consumer Healthcare Company (TCHC) a été évaluée à environ 2,28 Mds$ et l’accord devrait être finalisé d’ici fin mars 2021.

En Californie, Kronos Bio, boucle un financement privé d’environ 155 M$ en billets à ordre convertibles. L’opération a été dirigée par Perceptive Advisors aux côtés de BlackRock, Casdin Partners, Commodore Capital, EcoR1 Capital, Fidelity, Surveyor Capital.

La biotech néerlandaise Neogene Therapeutics fondée en 2018 pour s’attaquer au marché des tumeurs solides vient de lever 93 M€ auprès de Jeito Capital qui signe son premier deal et de deux autres investisseurs : EcoR1 Capital et Syncona.

À Shanghai, I-Mab, a noué un partenariat de 2 Mds$ avec AbbVie dont un paiement initial de 180 M$. Cet accord porte sur le lemzoparlimab, l’anticorps monoclonal anti-CD47 d’I-Mab, qu’AbbVie envisage également comme une combinaison potentielle avec son médicament contre le cancer du sang Venclexta.

Le francophone du mois – Yann Fleureau, co-fondateur et président
de Cardiologs

Brillant polytechnicien et diplômé de l’Université californienne de Berkeley, Yann Fleureau a eu l’idée de mettre l’intelligence artificielle au service de la cardiologie à la suite d’une rencontre avec un fabricant d’électrocardiogrammes. « J’ai trouvé surprenant et intriguant de voir un tel contraste entre la simplicité de réalisation d’un examen ECG et la complexité d’analyse des données collectée », indique-t-il.

Cardiologs, l’entreprise qu’il a co-fondée en 2014, franchit justement une étape cette semaine avec le lancement commercial en France de sa solution cloud qui détecte les troubles du rythme cardiaque par intelligence artificielle. Pour ce lancement, la medtech s’appuie sur un partenaire de renom : MicroPort CRM.

Aujourd’hui en France, seuls les médecins sont habilités à lire les ECG et établir un diagnostic. Mais pris entre leurs consultations et/ou les chirurgies, les praticiens manquent de disponibilité pour cet exercice long et chronophage. Cardiologs, leur propose un expert intelligent qui les assiste en analysant instantanément les données récoltées lors des électrocardiogrammes et en détectant les arythmies grâce à de puissants algorithmes. « Notre objectif est de réduire les délais d’attente pour les patients et de multiplier ainsi les examens voire de prolonger leur durée, jusqu’à 7 ou même 14 jours par exemple comme aux Etats-Unis ». Car avant de se lancer sur le marché français, Cardiologs a fait ses preuves outre Atlantique et outre Manche.  « Il existe dans les pays anglo-saxons un statut de technicien spécialisé pour lire les données des EGC. Conséquence : les hôpitaux sous-traitent à des laboratoires un grand nombre de leurs analyses. Le système y est donc plus industrialisé, pourtant Cardiologs l’améliore encore de 3 à 5 fois en termes de rapidité », affirme son président. C’est dire le potentiel de débouchés pour l’entreprise qui emploie aujourd’hui plus de 60 personnes en France et aux Etats-Unis. Ce futur champion mondial a déjà levé 25 M€ depuis sa création et son fondateur réfléchit déjà au tour d’après pour financer l’expansion internationale. D’ailleurs dès 2021 Cardiologs élargira sa présence à d’autres pays d’Europe.

PAGE 10 – octobre

Après l’échec de sa phase 3 cet été, Genfit (GNFT) arrête son programme clinique d’Elafibranor dans la NASH et réduit ses effectifs en France et aux Etats-Unis de 40 %. La biotech rationnalise aussi sa R&D et se recentre sur la phase 3 évaluant Elafibranor dans la PBC dont les résultats sont attendus début 2023.

Aptorum (APM)) a levé 9 M$ sur Euronext et au Nasdaq. La biotech développe des traitements ciblant les maladies infectieuses et les cancers.

Novacyt (ALNOV), acquiert IT-IS International (IT-IS), une entreprise britannique d’instruments de diagnostic pour 11,1 M€€.

GenSight (SIGHT) réalise une augmentation de capital de 25 M€. La biotech qui développe des thérapies géniques pour le traitement des maladies neurodégénératives de la rétine et du système nerveux central, a l’intention d’utiliser les fonds pour la commercialisation de son produit Lumevoq en Europe

Quantum Genomics (ALQGC) conclut un partenariat avec le groupe chinois Qilu Pharmaceutical de 42,3 M€ pour la licence en Chine de son produit Firibastat dans le traitement de l’hypertension difficile et résistante.

Sparing Vision, spécialisée en thérapie génique dans la rétinite pigmentaire complète sa série A qui avait atteint 15,5 M€ en 2017 par 44,5 M€ supplémentaires. Dirigé par le fonds britannique 4BIO et par UPMC Enterprises, ce tour bénéficie du soutien de Jeito Capital et de l’espagnol Ysios.

Datexim boucle un second tour de financement de 1 M€ auprès d’Odyssée Venture. La medtech a développé un logiciel d’analyse d’images contre le cancer du col de l’utérus.

La série C d’Ynsect démarrée à 110 M€ en février 2019 se boucle autour de 180 M€. Ce tour a été mené par le belge Astanor Ventures aux côtés de deux américains Upfront Ventures et FootPrint Coalition, du hong-kongais Happiness Capital, du français Supernova Invest et du luxembourgeois Armat Group.

Qynapse rachète la pépite canadienne True Positive Medical Devices (TPMD), une spin-off des universités McGill et Laval. Le montant resté confidentiel se chiffre à plusieurs millions de dollars.

En Belgique, Univercells complète sa récente levée de 50 M€ par 23 M€ supplémentaires. Ce financement additionnel lui sera apporté par un fonds de crossover américain. Spécialisée dans le développement de vaccins, la biotech vise une cotation à Wall Street et éventuellement sur Euronext Bruxelles.

À Dublin, Priothera clôture une série A de 30 M€ pour développer des thérapies contre la leucémie myéloïde aiguë (LMA). Le tour est dirigé par Fountain Healthcare Partenaires au côté de HealthCap.

Jellagen cherche à lever 17 M€ au cours des six prochains mois. Fondée il y a 5 ans et basée à Cardiff, elle utilise les méduses qui envahissent nos océans pour créer du collagène 100 % organique et pur, de type 0 à haute valeur ajoutée.

En Belgique, Bone Therapeutics (BOTHE) signe avec les groupes pharmaceutiques chinois Link Health et Pregene, un accord exclusif de licence en Chine et en Asie du sud-est pour le développement d’ALLOB, sa plateforme de thérapie cellulaire osseuse allogénique. Selon les termes de l’accord, Bone Therapeutics pourra recevoir jusqu’à 55 M€ dont 10 M€ de paiements initiaux.

Aux Etats-Unis, la biotech de thérapies géniques Orgenesis acquiert Koligo Therapeutics spécialisée dans la médecine régénérative pour 15 M$.

Bristol Myers Squibb (BMS) rachète pour 13,1 Mds$ la biotech américaine MyoKardia, spécialisée dans les traitements pour les maladies cardio-vasculaires.

InnoBio2 lancé en décembre 2018 par Bpifrance et abondé majoritairement par Sanofi accueille un nouveau souscripteur de poids : l’américain Bristol Myers Squibb. Ce fonds est aujourd’hui doté de 143 M€.

Kurma Partners annonce le closing de Kurma Diagnostics 2 (KDx2) à 50 M€. Ce fonds financera une quinzaine de sociétés de Deeptech spécialisées dans le développement d’outils de diagnostic moléculaire de pointe, de dispositifs diagnostiques intelligents et connectés ou d’innovations utilisant l’IA

Le VC américain Canaan Partners lève 800 M$ pour son 12e fonds. Environ 40 % de cette somme sera investi auprès de biotechs en amorçage et spécialisées en oncologie, immunologie et ophtalmologie.

20 M€. La prochaine série B de Fine-Heart est en cours pour permettre à la medtech bordelaise d’entrer en clinique chez l’homme à l’horizon 2022 avec son dispositif cardiaque.

La francophone du mois – Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de Chimie

Souriante, détendue, sûre d’elle et bien sûr brillantissime ! C’est l’image qui tourne en boucle dans les médias, celle d’une France que l’on aimerait voir au quotidien et qui est portée cette semaine par Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de Chimie avec l’américaine Jennifer Doudna. Ce binôme féminin hors normes, une première pour la prestigieuse académie suédoise, a révolutionné le potentiel de la thérapie génique avec ses travaux « pour le développement d’une méthode d’édition du génome. » Toute deux ont une technique d’édition du génome baptisée CRISPR-Cas9, apte à éliminer et à ajouter des fractions de matériel génétique avec une extrême précision. Ce procédé « permet de faire de la chirurgie haute couture du gène », expliquait il y a quelques années notre francophone de la semaine ajoutant que le but ultime était de « corriger des maladies génétiques humaines ». Emmanuelle Charpentier a cofondé une société de biotechnologie, CRISPR Therapeutics, alliée au groupe Bayer, qui a permis des avancées notamment dans la lutte contre certaines maladies du sang ou certains cancers. En 2019, sa technique a été expérimentée sur une patiente américaine souffrant d’une maladie génétique du sang, la drépanocytose. Des cellules-souches de sa moelle osseuse ont été prélevées, modifiées et réimplantées. Avec la même méthode, une allemande de 19 ans a été soignée pour une autre maladie du sang, la bêta-thalassémie. À 51 ans, la chercheuse a accumulé plus d’une trentaine de prix et honneurs. Déjà distinguée par le Prix pour les femmes et les sciences, c’est aux jeunes filles qu’elle a tout de suite pensé en recevant le Nobel. « Un message très fort » selon elle qui leur est adressé. Après des études de biochimie et de microbiologie à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, elle a obtenu son doctorat à l’Institut Pasteur et quitté la France à 27 ans pour les États-Unis. Elle a poursuivi sa carrière en Autriche puis en Suède avant de rejoindre l’Allemagne où elle a pris la direction de l’Institut Max Planck de biologie des infections à Berlin. Le président Emmanuel Macron a salué dans un tweet la lauréate, en ajoutant que la France devait savoir retenir tous les talents en recherche fondamentale. La chercheuse a expliqué que ce n’était pas volontaire de faire de la recherche ailleurs qu’en France, juste lié à son goût des voyages. Elle a néanmoins ajouté « les moyens que j’ai actuellement à Berlin, je pense que j’aurais du mal à les obtenir en France ».

PAGE 11 – novembre

Predilife (ALPRE) réalise une augmentation de capital de 2 M€ afin d’accélérer la commercialisation en Europe de son produit phare Mammorisk, un test de dépistage du risque de cancer du sein associant de l’IA à des analyses médicales et génétiques.

Oncodesign (ALONC) noue un partenariat de Drug Discovery de 2 ans avec ViraTherapeutics, filiale de Boehringer Ingelheim spécialisée dans les immunothérapies virales oncolytiques2.

Sanofi (SAN) va racheter Kiadis, une entreprise néerlandaise spécialisée en immunothérapie. Le laboratoire français lancera une OPA sur Kiadis à environ 308 M€.

Calliditas Therapeutics détient à l’issue de son OPA, 86 % du capital et des droits de vote de Genkyotex (GKTX).

AlgoTherapeutix réalise une série A de 12 M€ auprès des fonds Innobio 2 (Bpifrance) et Omnes Capital accompagnés par les business angels du tour précédent. Cette somme servira à financer les essais sur l’homme de son produit cutané ATX01, destiné à soulager les patients souffrants de neuropathies induites par les chimiothérapies.

Corlieve Therapeutics boucle un tour d’amorçage mené par Kurma Partners et IDinvest Partners, en collaboration avec Pureos Bioventures. Le programme principal de Corlieve utilise une nouvelle approche de thérapie génique AAV pour le traitement de l’épilepsie réfractaire du lobe temporal (TLE).

200 M$. La série A record de D3 Bio, une société chinoise axée sur le développement de médicaments de précision en oncologie et en immunologie. Les investisseurs sont Boyu Capital, Matrix Partners China, Sequoia Capital China, Temasek et le Corporate Venture Fund de WuXi AppTec.

Minoryx Therapeutics, obtient 25 M€ de la BEI par le biais d’une opération de prêt d’amorçage-investissement. La biotech dont le siège se situe en Espagne est spécialisée dans les traitements des maladies orphelines du système nerveux central.

L’allemand Bayer se renforce dans les thérapies géniques en acquérant la biotech américaine Asklepios BioPharmaceutical pour 2 Mds$. Basée en Caroline du Nord, « AskBio » développe des thérapies géniques pour des pathologies telles que la maladie de Parkinson et l’insuffisance cardiaque congestive.

En Suisse, la biotech Polyphor recevra jusqu’à 2,8 M€ de la Cystic Fibrosis Foundation pour soutenir le développement clinique de l’antibiotique inhalé murepavadin. Selon les termes de l’accord, les fonds aideront à financer l’étude de phase 1b / 2a de la murepavadin inhalée dans la mucoviscidose.

À Londres, AstraZeneca noue un partenariat avec Fusion Pharmaceuticals dans le domaine de la radiopharmacie. La collaboration associera la technologie de la start-up canadienne à des médicaments à base d’anticorps du laboratoire pharmaceutique britannique. Ce dernier versera 5 M$ d’avance tout en promettant 40 M$ supplémentaires en jalons.

Aux Etats-Unis, Catamaran Bio lève une série A de 42 M$ pour financer sa plateforme de thérapies cellulaires qui s’appuient sur les cellules CAR-NK (cellules tueuses naturelles) contre les tumeurs solides. Ce tour de financement est mené par Sofinnova Partners et Lightstone Ventures, avec la participation des actionnaires fondateurs SV Health Investors ainsi que Takeda Ventures et Astellas Venture Management.

L’américain Catalent Pharma Solutions acquiert la filiale de production de thérapie cellulaire de Bone Therapeutics (BOTHE) pour 12 M€. Cette transaction n’incluant pas les droits sur la propriété intellectuelle, la biotech belge conservera le savoir-faire et la possibilité de transférer la technologie de production d’Allob. Par ailleurs le fruit de cette cession lui permettra de recentrer sa stratégie sur le développement de produits de thérapie cellulaire et génique, en orthopédie et dans d’autres indications.

Jeito Capital, fonds d’investissement dédié aux secteurs des biotechs et des biopharmas reçoit 50 M€ de la part de Sanofi.

En Belgique, Novalis Biotech annonce la première clôture de son deuxième fonds de santé, Novalis Biotech Acceleration. Le VC qui intervient en early stage boucle une levée de 8 M€. Avec des engagements d’un montant similaire déjà en place, Novalis prévoit une clôture définitive de la souscription début 2021.

Après les Etats-Unis en août, l’Europe accorde le statut de médicament orphelin au candidat médicament BBDF-101 développé par Theranexus (ALTHX) dans la maladie de Batten, une maladie génétique rare pour laquelle il n’existe aucun traitement. Le lancement du programme clinique est prévu au second semestre 2021.

La francophone du mois – Jeanne Volatron, co-fondatrice et Présidente d’EVerZom

« Mon équipe préférée c’est la France ! ». Directe et spontanée, Jeanne Volatron est passée de la compétition de volley-ball qu’elle suit toujours avec intérêt à celle tout aussi enthousiasmante de la bioproduction reconnue aujourd’hui comme l’un des enjeux stratégiques de la réindustrialisation et de la souveraineté française. Notre francophone de la semaine est présidente et co-fondatrice d’EVerZom. Cette jeune société francilienne créée en 2019 entend transformer la médecine régénérative et le domaine des biothérapies grâce aux vésicules extracellulaires, les exosomes, qui se positionnent comme une alternative à la thérapie cellulaire. Le marché sur lequel est se trouve est promis à une très forte expansion dans les 10 ans à venir. EVerZom, vient de lever 1,1 M€ en amorçage dont 500 K€ auprès de Bpifrance via le fonds French Tech Seed, 300 K€ en provenance de la Région Ile-de-France via le dispositif Innov’up Leader Pia et 323 k€ venant d’un groupement de business angels. « Notre objectif est de nous positionner comme fabricant d’exosomes à grande échelle et avec une qualité qui répond aux exigences de la recherche clinique » souligne Jeanne Volatron. Elle ajoute que « dans ce cadre, notre avantage réside dans notre technologie propriétaire qui consiste à stimuler les cellules de manière mécanique pour qu’elles libèrent massivement des vésicules ce qui permet de multiplier les rendements par 10 en 10 fois moins de temps ».

Les fonds alloués serviront au développement et à la production du premier lot clinique d’EVerZom prévu fin 2021 – début 2022. « Nous allons optimiser la montée en échelle sur des systèmes de 6 litres et 10 litres et aussi transférer notre procédé dans un environnement GMP » explique Jeanne Volatron. « Au départ il s’agira de produire un lot clinique à partir d’un type cellulaire et les étapes prochaines consisteront à travailler avec différents types cellulaires », précise-t-elle. L’ambition future est de passer sur des systèmes de 50 litres. Pour cela une nouvelle levée de fonds de 3 à 5 M€ sera nécessaire. Elle devrait être lancée en janvier prochain.

PAGE 12 – décembre

Nanobiotix (NANO) lève 113,1 M$ lors de son IPO au Nasdaq. Spin-off de l’Université d’État de New York, Buffalo, Nanobiotix a été fondée en 2003 autour d’une approche innovante dans le traitement du cancer : amplifier l’efficacité de la radiothérapie grâce à la nanophysique.

Carmat (ALCAR) reçoit le marquage CE pour son cœur artificiel total en tant que pont à la transplantation chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque biventriculaire terminale.

Dix mois après sa première offre Alphatec Holdings revient avec un nouvelle OPA de 65 M€ sur EOS Imaging (EOSI). La medtech américaine cotée au Nasdaq propose 2,45 € par action contre un prix de 2,8 € lors de son projet initial.

AB Science (AB) obtient de la BEI un prêt COVID-19 de 15 M€ et des discussions sont engagées pour un financement complémentaire de 30 M€. La biotech réalise en parallèle une augmentation de capital de 10,5 M€. Ces fonds serviront à financer en 2021 plusieurs phases 3 confirmatoires pour son candidat Masitinib, notamment dans la SEP et la maladie d’Alzheimer.

Quantum Genomics (ALQGC), signe un accord de licence avec DongWha Pharm  qui recevra les droits exclusifs du Firibastat pour le traitement de l’hypertension résistante en Corée du Sud en échange de paiements pouvant atteindre 18,5 M$. En parallèle, la biotech vient de lever 20 M€ en bourse.

Kayentis, spécialisée dans la numérisation des essais clinique (electronic Clinical Outcome Assessment), réalise un 3e tour de financement de 7 M€ auprès de ses actionnaires LBO France et Extens, rejoints à cette occasion par Bpifrance.

Innoksel, spin-off issu de l’Inserm, réalise un 1er tour de financement de 20 M€ auprès de Jeito Capital, du fonds américain Vida Ventures et avec le soutien du groupe Turenne. Créée cette année, la start-up développe des des thérapies géniques pour traiter des maladies du squelette.

MaaT Pharma rallonge sa série B de 7,35 M€ et boucle le tour annoncé en février à 25,35 M€. Le fonds PSIM, géré par Bpifrance est le principal investisseur de cette levée complémentaire qui sera utilisée pour le développement à grande échelle de biothérapies issues du microbiome.

NovAliX, boucle un financement de 5,3 M€ pour sa plateforme de chimiothèques codées par ADN (DNA-Encoded Library – DEL). Parmi les investisseurs, Bpifrance et la région Grand Est apportent 2 M€.

EVerZom lève 1,1 M€ auprès de plusieurs investisseurs dont Bpifrance et la Région Ile-de-France pour accélérer le développement de sa plateforme de bioproduction de vésicules extracellulaires et réaliser la première production de grade clinique d’ici fin 2022.

Servier reprend la division oncologie de la biotech américaine Agios Pharmaceuticals pour un montant total pouvant atteindre jusqu’à 2 Mds$, dont un paiement initial de 1,8 Md$. L’acquisition devrait être finalisée au deuxième trimestre 2021.

Le vaccin anti-COVID à base d’ARNm développé par Pfizer-BioNTech reçoit l’autorisation de la FDA et de l’EMA de mise sur le marché en urgence après une phase 3 démontrant son efficacité à 95 %. Celui développé par la biotech américaine Moderna, tout aussi efficace lors des tests cliniques, obtient également le feu vert de la FDA pour son utilisation en urgence.

La start-up suisse Noema Pharma, boucle une série A de 50 M€. Le tour a été mené conjointement par Sofinnova, qui avait déjà financé l’amorçage en 2019, et l’américain Polaris. A leurs côtés, le consortium d’investisseurs comprend Gilde Healthcare, Invus et BioMed Partners. Pour sa part, Roche, prend en échange des droits sur quatre de ses candidats-médicaments une participation minoritaire.

En Allemagne, Boehringer Ingelheim paie 1,18 Md€ pour aquérir la biotech privée suisse NBE-Therapeutics et accéder à sa technologie de traitement ciblé du cancer.

Aux Etats-Unis, Gilead rachète le fabricant de médicaments allemand Myr Pharmaceuticals 1,15 Md€. A ce montant s’ajoute un futur paiement d’étape pouvant atteindre 300 M€ si la société obtient l’approbation de la FDA pour son médicament contre le virus de l’hépatite D.

Chan Zuckerberg Initiative (CZI), la fondation créée en 2015 par le Dr Priscilla Chan et Mark Zuckerberg (Facebook), investit 32 M$ pour faire progresser l’imagerie biomédicale et permettre la visualisation des protéines dans les cellules à une résolution quasi atomique.

« En raison des conditions de marché », Cellectis (ALCLS) renonce à son émission de titres nouveaux en vue de lever 100 M$ au Nasdaq. La biotech spécialisée en immunothérapies fondées sur des cellules CAR-T allogéniques ingéniérées (UCART) dispose d’une trésorerie suffisante pour « financer ses programmes clés jusqu’en 2022 ».

Le francophone du mois – Julien Lelandais, président co-fondateur Samdoc Medical Technologies

Participer à la digitalisation de l’Hôpital, monitorer et analyser, de manière continue et automatisée, la douleur des patients en coma artificiel. Être à même d’offrir une analyse de haut niveau aux équipes médicales pour suivre toute personne dans l’incapacité de s’exprimer du plus jeune au plus grand âge. C’est l’idée brillante de Samdoc Medical Technologies pilotée par deux étudiants en médecine, notre francophone de la semaine Julien Lelandais, président co-fondateur de l’entreprise en 2019 avec Thomas Gourmelon. Samdoc, basée à Caen et vraisemblablement promise à un bel avenir, s’est déjà entourée des meilleurs professionnels dans la douleur. Son objectif est d’entrer en priorité dans les points de réanimation et tous les lieux où chaque minute compte. Julien Lelandais a fait le calcul : 2 millions de lits dans le monde pourraient être concernés par l’innovation portée par Samdoc. Le système répond à un véritable besoin médical car il peut soulager avec efficacité les équipes médicales – “très ouvertes à cette innovation” – en réduisant le séjour des patients en réanimation et en sécurisant in fine le retour à la normale. Dès le départ, l’entreprise a été portée par 3 business angels qui sont venus rejoindre les deux fondateurs eux-mêmes engagés financièrement dans le développement de la société. Demain, une levée de fonds devrait propulser la solution de Samdoc, qui passe par un smartphone et beaucoup d’intelligence artificielle ajoutée à celles bien réelles des deux créateurs. Avec l’enthousiasme et l’humanité si communicatives, l’avenir est devant eux pour le meilleur de la santé. On reparlera de Samdoc.