mercredi 14 avril 2021


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N°924-14-12-2020

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(BIOTECHFINANCES n°924 Lundi 14 décembre 2020)

NANOBIOTIX LÈVE PRÈS DE 100 M$ AU NASDAQ

Cotée sur Euronext depuis huit ans, Nanobiotix s’introduit cette semaine au Nasdaq. Profitant d’une fenêtre 2020 exceptionnelle pour les life sciences aux Etats-Unis, l’entreprise lève 81,3 M€ (98,6 M$). Un montant qui s’ajoutera aux 20 M€ collectés cet été sur le marché parisien. À l’occasion de cette IPO américaine, 7,3 millions d’actions nouvelles étaient proposées aux investisseurs internationaux à un prix de 11,14€. Un dual listing qui va certes diluer le capital de presque 30 % mais cette entrée de cash devrait surtout permette à l’entreprise de créer de la valeur.

Seconde chance

L’an dernier, Nanobiotix avait déjà tenté sa chance au Nasdaq et espérait lever à l’époque 65 M$. Le projet n’avait pu aboutir en raison de conditions défavorables et sans doute aussi d’une stature de l’entreprise moins robuste que celle d’aujourd’hui.

Spin-off de l’Université d’État de New York, Buffalo, Nanobiotix a été fondée en 2003 autour d’une approche innovante dans le traitement du cancer : amplifier l’efficacité de la radiothérapie grâce à la nanophysique. Aujourd’hui encore plus de de 60 % des patients atteints d’un cancer reçoivent une radiothérapie. Composé de nanoparticules d’oxyde d’hafnium cristallin en solution aqueuse, le produit phare de Nanobiotix, NBTXR3 est injecté directement dans la tumeur maligne avant le début des séances de radiothérapie. Lorsqu’il est exposé à des rayonnements ionisants, le NBTXR3 amplifie l’effet destructeur localisé et intratumoral et peut également déclencher une réponse immunitaire du corps pour lutter contre le cancer. NBTXR3 est conçu pour améliorer l’efficacité globale de la radiothérapie sans entraîner d’effets secondaires supplémentaires sur les tissus sains environnants. Àce jour, plus de 230 patients ont été traité avec NBTXR3 et Nanobiotix mène actuellement 8 essais cliniques dans plusieurs tumeurs solides.

Phase 3 dans le cancer de la tête et du cou

Les fonds levés, une fois payés les coûts made in USA de l’opération « 5,7 M€ de commissions pour les intermédiaires financiers et 4,1 M€ de frais liés à l’offre » serviront prioritairement au développement clinique. Nanobiotix prévoit en effet d’allouer environ 40 M€ à la réalisation d’un essai pivot phase 3, jusqu’au résultat intermédiaire. Cette étude conduira à l’enregistrement de NBTXR3 aux Etats-Unis dans le traitement de cancer épidermoïde de la tête et du cou localement avancé. En février, la FDA a accordé au produit la désignation Fast Track dans cette indication. Le protocole de l’essai prévoit le recrutement de 500 patients âgés atteints d’un cancer localement avancé de la tête et du cou, inéligibles à une chimiothérapie à base de platine (cisplatine).

La société réserve aussi une enveloppe globale de 15 M€ au reste de ses programmes cliniques et précliniques. Elle envisage ainsi d’accélérer l’évaluation de NBTXR3 activé par radiothérapie en combinaison avec des immunothérapies. Les premiers résultats de phase 1 encourageants ont été publiés le mois dernier. Le produit était testé en combinaison avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires anti-PD-1 (pembrolizumab ou nivolumab) auprès des patients atteints de cancers avancés. Les fonds vont donc permettre de poursuivre cette phase 1.

En revanche, on ignore encore ce que la société va décider pour le reste du pipeline. Le développement du produit dans le cancer du foie devra sans doute attendre un peu. Même si les données d’efficacité de l’essai de phase 1/2 évaluant le NBTXR3 activé par radiothérapie chez les patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC) ou de métastases hépatiques incitent à poursuivre dans cette indication. Quant au cancer de la prostate, cinq patients avaient été inclus dans un essai de phase 1 mais le développement a été interrompu « pour concentrer les ressources sur le cancer de la tête et les combinaisons ».

In fine, une fois ses programmes prioritaires financés, il restera à Nanobiotix 16 M€ pour faire face à ses besoins généraux. La société qui disposait d’une trésorerie de 42,4 M€ fin juin, estime ainsi que les fonds levés au Nasdaq « seront suffisants pour financer ses opérations jusqu’au premier trimestre 2023 ».

MONDE

Sanofi (SAN) et GSK annoncent un retard dans leur programme de vaccin adjuvanté à protéine recombinante contre la COVID-19. Les résultats intermédiaires de phase ½ ont montré cez des adultes âgés de 18 à 49 ans une réponse immunitaire comparable à celle des patients qui se sont rétablis d’une infection COVID-19. Mais la réponse insuffisante observée chez les adultes plus âgés nécessite d’affiner la concentration d’antigènes de manière à obtenir une réponse immunitaire élevée dans toutes les tranches d’âge. Les deux pharmas prévoient donc une phase 2b avec une formulation d’antigène améliorée. Cette étude clinique démarrera en février, comprenant une proposition de comparaison avec un vaccin COVID-19 autorisé La disponibilité du vaccin de Sanofi et GSK est désormais attendue au quatrième trimestre 2021.

Le vaccin COVID-19 de Pfizer et BioNTech franchit un pas de plus vers la mise sur le marché. Le Comité consultatif sur les vaccins et les produits biologiques connexes réuni par la FDA a voté à 17 voix contre 4, que les avantages du vaccin l’emportaient sur ses risques chez les personnes de 16 ans et plus. Ce résultat était attendu compte tenu du taux d’efficacité de 95% du vaccin et du soutien de la FDA.

En Belgique, TheraVet annonce qu’elle aura levé d’ici à fin 2020 4 M€ supplémentaires pour le développement de ses gammes de produits vétérinaires innovants. Ce financement est constitué d’une augmentation de capital à hauteur de 1,9 M€ réalisée auprès de ses actionnaires historiques : le fonds Theodorus III, le fonds Innovation Fund, les fonds d’investissement régionaux Financière Spin-Off Luxembourgeoise et Luxembourg Développement Europe 2 et des Business Angels. Il est complété par des prêts accordés par la Région Wallonne à hauteur de 2,1 M€. La société spécialisée dans le traitement des maladies ostéoarticulaires utilisera ces financements pour le développement de deux produits : BIOCERA-VET, dont le lancement commercial dans les chirurgies osseuses est attendu pour le deuxième trimestre 2021 et VISCO-VET, actuellement en cours de préparation pour une étude clinique confirmatoire dans l’arthrose canine en Europe.

En Suisse, RetinAI Medical noue une collaboration pluriannuelle avec Novartis en ophtalmologie et en santé numérique. Les solutions informatiques et les outils d’intelligence artificielle de RetinAI seront utilisés dans plusieurs essais cliniques Le premier porte sur la dégénérescence maculaire néovasculaire liée à l’âge (nAMD). L’étude est conçue pour étudier l’influence des solutions d’images de tomographie par cohérence optique (OCT) utilisant l’IA sur l’évaluation de l’activité de la maladie. Elle sera menée dans plusieurs centres cliniques européens et au Canada, impliquant plus de 500 patients.

En Allemagne, Boehringer Ingelheim paiera 1,18 Md€ pour aquérir la biotech suisse NBE-Therapeutics et accéder à sa technologie de traitement du cancer qui associe un anticorps ciblant les tumeurs à un produit chimique toxique. Le principal candidat de NBE se concentre sur une protéine de surface cellulaire appelée ROR1 se trouvant sur les tumeurs. La société qui a fait progresser le médicament dans des études cliniques sur le cancer du sein triple négatif et d’autres types de tumeurs solides, attend les premiers résultats d’une étude de dosage précoce en 2021.

Aux Etats-Unis, Gilead rachète le fabricant de médicaments allemand Myr Pharmaceuticals 1,15 Md€. A ce montant s’ajoute un futur paiement d’étape pouvant atteindre 300 M€ si la société obtient l’approbation de la FDA pour son médicament contre le virus de l’hépatite D., Hepcludex (bulevirtide). Le médicament a déjà obtenu une approbation conditionnelle en Europe, et la biotech déposera une demande accélérée auprès de la FDA l’année prochaine. L’hépatite D ne peut survenir que chez les personnes qui ont contracté l’hépatite B. Moins fréquente que les autres virus de l’hépatite, cette infection affecte tau moins 12 millions de personnes dans le monde et 230 000 en Europe et aux États-Unis.

A Séoul, QuantaMatrix s’introduit au KOSDAQ et lève 33,2 M€. Fondé en 2010, ce spin-off de la Seoul National University  (Biophotonics & Nano Engineering Lab (BiNEL) s’est introduit sur le marché en haut de fourchette, sa capitalisation boursière s’élève à 281 M€. La société développe une solution d’antibiogramme rapide (dRASTTM) pour une prescription optimale d’antibiotiques, deux jours plus tôt que les méthodes conventionnelles. Après avoir débuté la commercialisation de son produit en Corée du Sud et dans l’Union Européenne, QuantaMatrix vise désormais le marché américain.

COTE

Advicenne (ADVIC) obtient l’approbation de l’EMA pour son produit phare, ADV7103 (Sibnayal) dans le traitement des acidoses tubulaires rénales distales (ATRd). La décision finale d’autorisation de mise sur le marché dans l’Union Européenne est attendue dans les semaines et mois qui viennent. Le traitement de référence (TR) dans cette indication nécessite trois à six prises journalières y compris la nuit contre deux prises journalières avec ADV7103. La biotech spécialisée en néphrologie va mettre en place des partenariats en Europe avec des distributeurs spécialisés. Cette approche lui permettra d’allouer ses ressources au programme clinique aux États-Unis et de développer le médicament dans sa deuxième indication, la cystinurie.

Abivax (ABVX), fait un point sur le programme de développement de son candidat médicament phare ABX464. Au cours de l’année 2021, la biotech spécialisée en immunothérapie disposera des résultats de l’étude d’induction de phase 2b dans la rectocolite hémorragique modérée à sévère (RCH) et de l’étude de phase 2b/3 chez les patients atteints de la Covid-19. Abivax va également initier une étude pivotale de phase 2b/3 dans la maladie de Crohn. En parallèle, son programme pivotal de phase 3 dans la RCH débutera au cours du deuxième semestre.

Theradiag (ALTER) obtient un prêt Garanti par l’État (PGE) de 1,9 M€. La société spécialisée dans le diagnostic in vitro a la possibilité de reporter durant 5 ans le remboursement de ce crédit.

Guerbet (GBT) annonce l’approbation d’une extension d’indication au Royaume-Uni, pour Lipiodol Ultra-Fluid son produit de contraste liposoluble indiqué pour l’hystérosalpingographie (HSG) chez les femmes effectuant un bilan d’infertilité. De récentes études cliniques démontrant que l’HSG réalisée avec Lipiodol Ultra-Fluid améliore les taux de grossesse sont désormais reconnues par l’Autorité Réglementaire des Produits de Santé britannique (MHRA, Medicines and Healthcare products Regulatory Authority).

En vue de l’assainissement de son bilan, Genfit (GNFT) a racheté 47,6% de ses titres OCEANEs en circulation pour 47,48 M€. Ceci représente 85,7 M€ de dette convertible ainsi potentiellement effacée, laissant une dette résiduelle de 94,3 M€. Sur la base de nouveaux ratios de conversion établis par la société, les actions qui pourraient être souscrites en cas de conversion des OCEANEs résiduelles, représenteraient 45% du capital actuel. D’où la nécessaire convocation d’une assemblée générale d’actionnaires pour avaliser le process.

Genkyotex (GKTX), obtient pour son principal candidat médicament, le setanaxib, la désignation de médicament orphelin (Orphan Drug Designation – ODD) de la Commission Européenne pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP). La biotech discute actuellement de sa stratégie d’enregistrement pour le setanaxib dans la CBP avec la FDA et l’EMA. Pour rappel, Genkyotex fait l’objet d’une OPA amicale de la pharma suédoise Calliditas Therapeutics.

NON COTE 

Domain Therapeutics débute les études précliniques réglementaires nécessaires à l’entrée en phase 1 de son programme en immunothérapie du cancer. La biotech franco-canadienne a sélectionné le candidat-médicament DT-9081 et lancé la production pour les études réglementaires. Le DT-9081 sera combiné en clinique avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire afin d’accroître la réponse des patients au traitement.

Ysopia Bioscience, annonce le recrutement et le traitement des premiers patients de son étude de phase 1, pour l’évaluation de Xla1 dans le traitement de l’obésité et des troubles métaboliques. Le candidat médicament phare de la biotech bordelaise spécialiste du microbiome intestinal, est une biothérapie orale utilisant les propriétés thérapeutiques d’une souche bactérienne vivante de Christensenella, pierre angulaire du microbiome intestinal.  L’étude, menée sur le territoire américain, prévoit le recrutement de 38 volontaires, sains ou souffrant d’obésité et présentant des troubles métaboliques.

Ciloa crée une unité de production aux normes GMP (Good Manufacturing Practices) afin de développer une nouvelle génération de vaccins et vecteurs thérapeutiques basée sur les exosomes. La technologie développée par Ciloa utilise les exosomes, des nanovésicules capables de transporter des protéines thérapeutiques, pour le développement d’une nouvelle génération de traitements et de vaccins, notamment dans la COVID-19. Cette nouvelle unité permettra à la biotech montpelliéraine d’avoir un contrôle sur sa production, afin de préparer son entrée en phase clinique. Ses futurs biomédicaments et ses vaccins exosomes seront ainsi conformes aux exigences de l’ANSM.

Genopole obtient la certification EU|BIC délivrée par l’EBN (European business and Innovation Centre Network) de la Commission européenne. Ce Biocluster français dédié à la recherche en génomique et aux biotechnologies rejoint ainsi le réseau des 130 centres d’affaires et d’innovations (EU|BIC), sélectionnés pour leur capacité à stimuler le développement économique des régions européennes.

Les chiffres

3,8 Mds€

Le marché mondial du microbiome humain devrait passer de 2,17 Mds€ en 2019 à 3,8 Mds€ en 2027 (Source : research&market)

919,4 M€

La capacité de financement accordée par la Société de financement du développement international (DFC) (l’institution de financement du développement du gouvernement fédéral des États-Unis) à la société Ginkgo afin d’étendre ses efforts de biosécurité en cours dont l’optimisation de la fabrication des vaccins COVID-19, la réalisation de tests généralisés et la construction de l’infrastructure nécessaire pour aider à identifier, prévenir et répondre aux futures pandémies.

15,2 Mds€

La hausse de la demande de textiles médicaux antimicrobiens dans le secteur de la santé et la montée en puissance de la sensibilisation à la santé et à l’hygiène stimulent la croissance du marché mondial des textiles antimicrobiens. Ce dernier devait atteindre 15,2 Mds€ en 2027 (Source : Allied Market Research)

Le francophone de la semaine Laurent Meijer, co-fondateur, président et directeur scientifique de Perha Pharmaceuticals

638 K€ d’aides, 50 % sous forme de subvention et le solde en prêt. Ce coup de pouce financier de Bpifrance dans le cadre de son programme Deep Tech vient d’être attribué à Perha Pharmaceuticals. Une jeune biotech bretonne née en 2019 dans le périmètre de Manros Therapeutics, sa maison mère. Notre francophone de la semaine Laurent Meijer est aux commandes de l’entité dont il est co-fondateur, président et directeur scientifique. Cette aide contribuera à l’optimisation des molécules capables de protéger les cellules ciliées, en culture, de la mort induite par le cisplatine. Elle favorisera la sélection, parmi les plus prometteuses d’entre elles, d’un candidat médicament permettant de prévenir les pertes auditives liées à des substances ototoxiques (en particulier certains produits anticancéreux et antibiotiques). Perha Pharma s’attachera ensuite à démontrer l’efficacité préventive de ce candidat-médicament chez l’homme, en menant son développement jusqu’en étude clinique de phase 2a. Dans un second temps, il est envisagé d’étudier la prévention des pertes auditives induites par les traumatismes acoustiques. « Notre candidat médicament doit être utilisé en prévention, puisque les cellules ciliées de l’oreille interne chargées de capter les vibrations sonores ne peuvent pas se régénérer. Nous intervenons donc sur une indication avec un vrai besoin et peu de concurrence » nous a confié Laurent Meijer. Un message qui a été entendu et compris par Bpifrance.

Onno van de Stolpe

Président fondateur de Galapagos, il participera au 4e Sommet International Choose France le 21 janvier à Versailles. La biotech néerlandaise a fait le choix depuis 2007 de concentrer une grande part de ses investissements en France, contribuant ainsi significativement à l’économie du pays. Elle y a notamment implanter son centre d’excellence en R&D.

Julie Hutin et Danièle Bensoussan

Co-fondatrices de StemInov il y a deux ans. La startup nancéienne vient de lever 980 K€ auprès de Finovam Gestion et de Bpifrance pour accélérer le développement de son biomédicament contre le choc septique. Centralienne, Julie Hutin s’est associée à Danièle Bensoussan, professeur d’université, praticien hospitalier et cheffe de service de l’unité de thérapie cellulaire et banque de tissus, banque de sang placentaire du CHRU de Nancy pour créer StemInov.

Audrey Brussel 

est nommée responsable de la sécurité virale chez PathoQuest. Le Dr Brussel bénéficie de vingt ans d’expérience au sein de l’industrie pharmaceutique, notamment chez SANOFI et au LFB. Elle a également été membre du comité de pilotage du Consortium on Adventitious Agent Contamination in Biomanufacturing (CAACB).

Clara Ducord 

La directrice du Canceropôle Provence-Alpes-Côte d’Azur, a signé cette semaine un accord avec Inserm Transfert en vue de renforcer les collaborations des deux organismes dans le domaine de la cancérologie. L’objectif est destructurer et d’accentuer le soutien à la valorisation.

Jean-Luc Vandebroek 

Directeur Financier de Bone Therapeutics vient de finaliser un placement privé de 10 M€ avec une première à la clef : l’arrivée d’investisseurs américains qui rejoignent, aux côtés de nouveaux actionnaires européens les actionnaires historiques de l’entreprise.

CANCER DU SEIN : LES TESTS PRéDICTIFS EN SUSPENS

Les tests du risque de récidive du cancer du sein permettent d’orienter le choix thérapeutique et d’éviter de la chimiothérapie inutile, sans perte de chances. Leur remboursement pourrait s’arrêter au premier trimestre en France. Les oncologues sont vent debout pour l’éviter.

À partir de l’ARN de la tumeur, les cancers sont de mieux en mieux ciblés pour ne traiter que les cas les plus graves et en s’assurant de la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie. Quatre tests transcriptomiques ont vu le jour au cours des dernières années. Les signatures génomiques telles MammaPrint d’Agendia et Oncotype DX d’Exact Sciences (fusionné avec Genomic Health en 2019) ont été validées par des essais de grande ampleur pour prouver leur utilité clinique. Elles étaient jusqu’à présent financées en France dans le cadre de l’enveloppe budgétaire du Référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN), à certaines conditions : à la suite d’une décision prise en réunion de concertation pluridisciplaire (RCP), pour les cancers dits hormono-dépendants, dans l’objectif de mieux définir l’intérêt des traitements complémentaires (surtout la chimiothérapie) et devant s’inscrire dans une démarche d’évaluation. Or, ce remboursement temporaire devrait être remis en cause au premier trimestre.

Le prix unitaire de ces tests s’élève à environ 3000 € selon les établissements, dont 1850 € sont pris en charge dans le cadre de l’enveloppe budgétaire du RIHN et non par la Sécurité Sociale. La balle est désormais dans le camp de la Haute Autorité de Santé françaises (HAS).

Eviter les chimiothérapies inutiles

De son côté, l’Allemagne vient d’autoriser le remboursement de MammaPrint début décembre. « Nous espérons vivement que la HAS s’inspire de la décision du Comité Fédéral Conjoint (GBA) allemand, comme de nombreuses autres agences internationales, et donne un avis favorable au remboursement de ces tests prédictifs pour les patientes françaises », espère le Professeur Pascal Pujol, président de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée. Selon lui, « Il est temps aujourd’hui d’offrir cette avancée importante de la médecine personnalisée à nos patientes. »

Le véritable enjeu se situe sur la prédiction d’intérêt de la chimiothérapie. Selon Professeur Christophe Le Tourneau, de l’Institut Curie, MammaPrint, le seul test de niveau 1A qui étudie une combinaison de 70 gènes, est recommandé pour les patientes présentant des ganglions lymphatiques négatifs et positifs par le congrès d’oncologie américain de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) et autres instances directrices internationales. Il permet d’identifier les femmes chez lesquelles il n’est pas nécessaire d’ajouter une chimiothérapie en plus de la chirurgie, la radiothérapie et/ou l’hormonothérapie. Une étude européenne vient de confirmer ces bons résultats avec huit ans de recul.

Ces tests permettent donc de guider le choix thérapeutique pour des patientes métastatiques, qui faute de remboursement de ce test, seraient confrontées à une inéquité et inégalité dans l’accès sur notre territoire. Cette perte de chances se traduirait, soit en traitant trop (SG) soit pas assez (BRCA/PARP), avec un risque de récidive du cancer du sein.

Chiffres

58 000

Nombre de cancers du sein en 2018 en France, le plus fréquent chez les femmes, selon les données de Santé Publique France.

46 % 

Pourcentage des chimiothérapies pourraient être évitées, dans le cancer du sein, avec l’utilisation des signatures génomiques (Etude Mindact).

300

c’est environ le nombre des patientes qui ont reçu le test MammoRisk de Predilife en  France et en Europe.

Une étude clinique avec Mammorisk

Le Pr Mahasti Saghatchian qui dirige le Breast Center à l’Hôpital Américain de Paris et le Women’s Risk Institute (WRI), une structure dédiée à la prévention et à la détection précoce et personnalisée des cancers du sein, a présenté cette semaine au San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS) 2020, une étude menée à l’hôpital américain sur 175 patientes.  Outre l’historique clinique (âge, antécédents familiaux…) et la densité mammaire, les profils génomiques (score de risque polygénique ou PRS) sont analysés dans cette étude avec le test MammoRisk de Predilife. A l’aide d’algorithmes de machine learning, ce dernier évalue la probabilité de développer un cancer du sein invasif dans les cinq ans à venir. Et ce, en établissant une comparaison avec les données du dépistage organisé (1,3 million de femmes). Ainsi, 25 % des femmes suivies au WRI et testées avec MammoRisk ont un risque plus élevé que la moyenne d’avoir un cancer du sein. Dans cette proportion, 27 % d’entre elles, sont âgées de 40 à 49 ans, tranche d’âge non prise en compte par le dépistage organisé.

L’INSTITUT CURIE, INCUBATEUR DE BIOTECHS

Plus connu pour sa recherche héritée de son illustre fondatrice et pour les soins dispensés aux personnes atteintes de cancer dans son centre hospitalier d’ile de France, l’Institut Curie joue aussi un rôle crucial d’incubateur pour les biotechs, medtechs, pharmas et autres entreprises de la e-santé françaises. « Depuis 2002, 24 start-up ont été créées et 8 sont en constitution », indique Amaury Martin, directeur de la valorisation, des partenariats industriels de l’Institut Curie et du Carnot Curie Cancer. Concrètement « 50 produits et services issus des spin off de Curie sont déjà commercialisés et 7 essais cliniques sont en cours », ajoute-t-il. Parmi eux, figurent des sociétés reconnues comme Onxeo, Fluigent ou Xentech.

Adossé à l’ensemble hospitalier, l’Institut Curie compte aujourd’hui douze unités de recherche réparties sur 3 sites (Paris, Saint-Cloud et Orsay) et regroupant1300 personnes (chercheurs, ingénieurs, techniciens, étudiants…). La moitié d’entre eux est salarié et les autres sont des agents de l’inserm, du CNRS ou des universités hébergés. Ensemble ces scientifiques de pointes offrent un fauteuil d’orchestre à l’Institut pour détecter très en amont, les innovations prometteuses et les futurs candidats médicaments. « Il faut ensuite aider les chercheurs à passer le relais », explique Amaury Martin. Plusieurs solutions sont alors envisageables. La plus simple consiste à licencier l’innovation auprès d’un laboratoire pharmaceutique, « ce qui n’est guère dans l’air du temps » reconnaît-il puisque les pharmas préfèrent sous-traiter la R&D et acquérir le produit late stage. La seconde option plus courante repose sur un accord de collaboration avec des sociétés intéressées par ce que cette innovation pourrait apporter à leur propre produit. « Nous concluons entre 90 et 100 contrats de ce type par an, soutenu par notre label Carnot », souligne le directeur des partenariats industriels. Enfin dernière option : « l’incubation au sens propre du terme c’est-à-dire de l’œuf au poussin », précise-t-il.

Soutenir et héberger

L’exercice revient à créer de toute pièce une entreprise en structurant le projet, en constituant une équipe de management et en trouvant des financements. L’Institut Curie entre au capital sur une valeur nominale. Ensuite pour mener à bien ses spin off, la fondation collabore avec des fonds d’’amorçage comme Sofinnova, Elaia ou Kurma. « Jusqu’ici 200 M€ ont été levés par nos start-up incubées, et ce montant pourrait atteindre 300 M€ fin 2021 », note Amaury Martin.

Cette casquette d’actionnaire qui est assez nouvelle pour l’Institut Curie pose certaines questions. « Devons-nous participer aux levées suivantes pour éviter la dilution et combien de temps rester au capital ? », s’interroge le directeur. « L’objectif n’est pas de maintenir sous perfusion ces projets, mais notre présence au tour de table est un gage de qualité et ouvre pas mal de portes », reconnaît-il.

Au-delà de son soutien financier, l’Institut Curie héberge les projets des start-up dans ses laboratoires et met à leur disposition le matériel et les équipes de chercheurs via des contrats de partenariats. « Evidemment, cela fonctionnait au début, mais nous arrivons à saturation en termes de place. D’un autre côté nous ne souhaitons pas que ces start-up s’éloignent trop, le principe de l’hôtel d’entreprises qui va être construit au Val de Grâce (cf encadré ci-dessous) nous semble une bonne solution. Elle est calquée sur le modèle américain, Moderna par exemple a ses locaux devant l’entrée du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge », indique Amaury Martin. Reste à trouver des investisseurs prêts à se lancer dans ce nouveau mode d’accompagnement des biotechs.

Chiffre

400 M€

L’Institut Curie est une fondation privée dont le budget annuel avoisine 400 M€. Environ 300 M€ sont alloués au centre hospitalier et 100 M€ à la recherche.

Partenariat avec Google

L’Institut Curie et Google lancent un programme de recherche conjoint sur l’intelligence artificielle (IA). À long terme, ce partenariat pourrait aider à caractériser l’hétérogénéité des tumeurs et à prédire la résistance au traitement.

Un campus de santé numérique à l’américaine

Paris Santé Campus, lancé officiellement début décembre par Emmanuel Macron, est un vaste projet à horizon 2026 autour de la santé numérique qui sera installé dans l’ex-hôpital du Val-de-Grâce. La réhabilitation du site pour en faire un campus performant, doté de bureaux, de laboratoires de recherche, d’espaces d’enseignement, d’un centre de conférence, a été évaluée à environ 360 M€. Son financement sera partagé entre l’État et un opérateur privé, chargé de l’exploitation de certains espaces. Le campus regroupera des structures publiques et privées : Inserm, CNRS, AP-HP, Agence du Numérique du ministère de la Santé, Paris Sciences et Lettres, INRIA, Health Data Hub, Sanofi, Dassault System, France Biotech et des start-up de la healthtech. Les premiers travaux devraient porter notamment sur les bio-productions, comme les thérapies géniques et les vaccins à ARN. Pour attirer les entreprises et les investisseurs, une partie des locaux sera occupée par un hôtel d’entreprises qui proposera des bureaux et des laboratoires partagés aux start-up.

 

Amolyt Pharma, ex-Alizé Pharma 3, garde le rythme

Après avoir levé 67 M€ en tour A en juillet 2019, l’entreprise spécialisée dans le développement de peptides thérapeutiques pour le traitement de maladies endocriniennes et métaboliques rares suit méthodiquement son programme avec l’entrée en phase 1 de son produit phare l’AZP-3601 dans le traitement de l’hypoparathyroidie. Elle vient par ailleurs de renforcer son pipeline par un deal conclu cette semaine avec le groupe japonais Peptidream qui devrait lui permettre de se positionner dans le traitement de l’acromégalie. Nous avons souhaité faire le point avec Thierry Abribat, PDG d’Amolyt Pharma, sur l’ensemble de ses développements et sa vision stratégique de l’avenir.

 

BiotechFinances – L’essentiel c’est de garder le cap ! Au cœur de la crise beaucoup d’entrepreneurs prenaient à cœur ce mot d’ordre. Comment sortez-vous de ces 12 mois de fébrilité planétaire ?

Thierry Abribat : Malgré la crise COVID-19, nous sommes en ligne avec notre plan. Nous voulions démarrer notre premier programme en clinique, cet automne. Cela a été annoncé mi-octobre avec l’administration d’AZP-3601 à un premier volontaire sain. Nous avions aussi prévu d’étoffer notre portefeuille avec un troisième programme. C’est fait, grâce à l’opération tout récemment signée avec Peptidream pour le développement d’un traitement potentiel de l’acromégalie. Nous gardons donc le cap.  Notre objectif est d’avoir jusqu’à trois programmes en clinique d’ici 2022.

BiotechFinances – Comment doit-on lire cet objectif de consolidation rapide du portefeuille produits et d’arrivée en clinique ?

Thierry Abribat : L’intérêt est multiple mais somme toute assez commun dans le contexte de la mise en place d’une entreprise de biotechnologie. L’importante levée de fonds de 67 M€ réalisée en 2019 auprès d’investisseurs conséquents(1) permet de me projeter plus loin que les sociétés que j’ai créées jusqu’à présent. Il s’agit de construire un ensemble à même de devenir une franchise en endocrinologie et qui pourrait aller jusqu’à l’approbation de produits voire leur commercialisation. Pour y parvenir, il faut un portefeuille solide et bien « focusé » sur des médicaments prescrits par l’endocrinologue. Au-delà, cette « solidité » du portefeuille permet de disposer d’un newsflow conséquent et aussi d’envisager d’autres types de consolidations comme un listing ou d’autres levées de fonds.

BiotechFinances – A l’instar de nombreuses entreprises françaises vous pensez au Nasdaq ?

Thierry Abribat : Depuis cet automne, nous avons accentué nos échanges avec les investisseurs internationaux. Nous commençons à nous exposer au marché américain. Pour l’heure, Amolyt s’adosse à de très beaux leaders au niveau européen, la prochaine étape pourrait être d’aller chercher quelques fonds américains de référence, d’une façon ou d’une autre.

BiotechFinances – Avec un tour A de 67 M€, la barre est assez haute pour la suite, à quoi serviront ces fonds ? 

Thierry Abribat : Nous aurons des besoins assez conséquents au fur et à mesure de l’avancée de nos programmes en développement et nous serons aussi vigilants sur de potentielles acquisitions comme celle que nous venons de faire pour cibler l’acromégalie. Cette collaboration de recherche ne devrait pas être très longue parce que PeptiDream dispose de produits qui sont déjà avancés en termes d’optimisation. C’est une étape. Notre candidat dans ce domaine ne sera pas en clinique avant 2022. En se développent Amolyt disposera de moyens financiers conséquents ce qui nous poussera éventuellement à faire des acquisitions de produits plus avancés.

BiotechFinances – Comment avez-vous monté cet accord avec PeptiDream ?

Thierry Abribat : Comme pour tous les produits d’Alizé Pharma 3 qui est devenue Amolyt, cela passe par nos réseaux. J’ai eu quelques aventures dans l’hématologie à travers OPi, mais l’essentiel de ma carrière est liée à l’endocrinologie. Le carnet d’adresses de notre CSO Michael Culler,une pointure internationale, est encore plus impressionnant. Nous connaissions tous les deux Peptidream depuis longtemps, une vraie réussite dans le domaine du peptide. La plateforme technologique de cette compagnie japonaise est exceptionnelle et elle a signé de très beaux deals avec de grosses pharmas. Notre approche s’est faite selon une méthododogie éprouvée. Nous avons d’abord identifié la maladie et le fait qu’il y avait un besoin non comblé grâce à nos échanges avec nos réseaux puis toujours par le biais de cette interaction, nous avons détecté l’acteur avec la meilleure approche. Cela aurait pu être un laboratoire académique ou un autre acteur industriel, il se trouve que c’était Peptidream.

BiotechFinances – Pouvons-nous en savoir un peu plus sur le deal lui-même ?

Thierry Abribat : Comme le groupe est coté, il n’est pas envisageable de dévoiler précisément les termes de l’accord financier. Je peux simplement dire qu’il s’agit d’une collaboration de recherche avec une option de licence. Tous les termes de la licence, quand nous l’exercerons, sont établis. Les termes sont en ligne avec ceux d’un produit  early stage. Ce sont des termes très classiques pour un produit en fin de lead optimisation.

BiotechFinances : Concernant le pipe d’Amolyt, où en êtes-vous à l’heure actuelle avec AZP-3601 ?

Thierry Abribat : L’AZP-3601 est un analogue de la parathormone (PTH) qu’on développe pour le traitement de l’hypoparathyroïdie. Le marché est important de l’ordre de 2 Mds$ rien que pour les États-Unis. Un premier produit PTH a été commercialisé il y a quelques années. Bien qu’il ait amélioré la situation pour les patients, son efficacité n’est pas suffisante car il a une durée d’action trop courte. L’AZP-3601 est la prochaine évolution que nous développons sous licence du Massachussets General Hospital à Boston. C’est un best in class qui a un mode d’action beaucoup plus prolongé sur la normalisation des taux de calcium et la prévention de la maladie rénale sans affecter l’os. C’est très important car la plupart des patients sont des femmes, les deux tiers sont au stade de la ménopause et il ne faut pas aggraver leur perte osseuse physiologique. Les données chez l’animal sont extrêmement parlantes. La phase 1 en cours incluera des volontaires sains et des patients. D’ici l’automne 2021, nous devrions avoir toutes les données sur les volontaires sains. Début 2022, nous aurons celles de plusieurs cohortes de patients. Notez que ce que nous allons mesurer chez le patient, ce sont les paramètres d’efficacité, c’est-à-dire la diminution du besoin de supplémentation en calcium et en vitamine D, le calcium urinaire et le calcium sanguin.  Au début de l’année 2022, nous aurons donc pour l’AZP-3601 une très bonne preuve de concept et même de différenciation par rapport à la PTH naturelle. Le marché est considérable, les attentes aussi, c’est le produit qui va tirer notre valorisation vers le haut à court terme.

BiotechFinances – Pour l’AZP-3404 et l’acromégalie, quelles sont les prévisions ?

Thierry Abribat : Concernant l’AZP-3404, nous sommes en préclinique et en cours de définition du positionnement. Le lead est défini et nous sommes en train de compléter un programme de pharmacologie pour sélectionner une indication. C’est un produit très efficace sur le métabolisme du glucose, l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, et le métabolisme des graisses. Nous pourrions aller sur des maladies rares comme la lipodystrophie ou aussi des maladies génétiques, certaines obésités génétiques. Courant 2021, nous devrions prendre la décision finale pour avoir un produit en 2022 en clinique. Pour ce qui est de l’acromégalie, notre troisième programme, nous espérons également être en clinique en 2022. Nous considérons que ces deux programmes sont des relais de croissance.

BiotechFinances – La priorité reste à l’AZP-3601

Thierry Abribat : Oui, car fin 2022 ce programme devrait être prêt à rentrer en phase pivot avec une grosse étude qui pourrait servir pour l’enregistrement aux États-Unis et en Europe. A cette échéance, nous aurons donc un portefeuille avec plusieurs programmes en clinique à des stades différents et variés de développement clinique. En termes de création de valeur, nous serons dans un momentum idéal.

BiotechFinances – Est-ce à dire qu’il y aura d’autres levées pour d’autres acquisitions ?

Thierry Abribat : Dans périmètre de la série A, nous avons atteint nos objectifs en termes d’acquisitions. Les prochaines opérations vont être un peu dépendantes de nos activités financières. Grâce à notre série A, nous disposons de trésorerie jusqu’à fin 2022. Cela nous laisse 2021-2022 pour penser aux prochaines opérations.

BiotechFinances – Compte tenu de la progression d’Amolyt, de ses ambitions, peut-elle rester européenne ?

Thierry Abribat : Nous voulons devenir une vraie société transatlantique mais continuer à tirer avantage de notre origine européenne. Nous avons de très bons centres pour mener notre phase 1 en Europe. La dimension transatlantique va prendre tout son sens quand nous parviendrons au stade des études pivots et des études internationales pour les maladies rares essentiellement États-Unis-Europe. L’Europe est souvent négligée par les sociétés américaines dans le domaine des études cliniques en raison de sa complexité règlementaire. Mais c’est un vivier de patients et d’investigateurs très performants. La France est l’un des pays les mieux organisés au monde dans le domaine des maladies rares : nous avons des réseaux, des centres de référence, etc. dans l’hypoparathyroïdie comme dans d’autres maladies rares, les réseaux sont de grande qualité. On peut se permettre de collaborer avec ce qui se fait de mieux dans le monde même en étant basé en Europe.

BiotechFinances – les étapes clefs de 2021 et puis peut-être la bourse ?

Thierry Abribat : Nous aurons les premiers résultats cliniques sur notre programme lead. Je suis persuadé que cela va vraiment créer de la valeur chez nous, quelles que soient les conditions des marchés. C’est de la croissance organique et dans la mesure où nous obtenons les résultats attendus, nous pourrons poursuivre rapidement et efficacement la construction de la société. Et après suivront les financements. Nous disposons de deux années à venir pour cela. La bourse ?  Ce n’est pas impossible, c’est une des options que nous regardons.

BiotechFinances – et une nouvelle acquisition de produit ?

Thierry Abribat : Clairement, nous n’allons pas nous gêner si nous trouvons quelque chose de bien, voilà. Nous avons plusieurs options : si c’est une acquisition conséquente, il faudra la mener en parallèle avec une opération financière à la clé.

(1) Le tour de financement de série A de 67 M€ était piloté par LSP et suivi par Novo Ventures, Kurma Partners, Orbimed, Pontifax, Partners Innovation Fund et Innobio2 (géré par Bpifrance). Certains actionnaires existants, Sham Innovation Santé/Turenne Capital,Crédit Agricole CréationetTAB Consulting participaient également à l’opération.

Repères Acromégalie

40 à 45 ans

L’âge moyen des personnes au moment
où elles sont diagnostiquées comme souffrant d’acromégalie (souvent 4 à 10 ans après son démarrage).

26 000

Le nombre de patients atteints d’acromégalie aux Etats-Unis.

35 000

Le nombre de patients atteints d’acromégalie en Europe.

Repères Hypopathyroïdie

80 000

Le nombre de patients souffrant d’hypoparathyroïdie aux Etats-Unis.

110 000

Le nombre de patients souffrant d’hypoparathyroïdie en Europe.

80%

Parmi les personnes souffrant d’hypoparathyroïdie 80% sont des femmes.

25%

Des patients atteints d’hypoparathyroïdie souffrent de maladies rénales chroniques ou d’insuffisance rénale.

Le Sénat : adversaire ou partenaire du Gouvernement

Le projet de loi sur la programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) n’en finit pas de faire des remous La fronde anti-LPPR, (Opération « Ecrans Noirs », mobilisations), est tenace (manifestions, actions diverses) à cause des deux amendements concoctés par les Sénateurs. Le premier portant sur le recrutement des enseignants chercheurs qui pourrait s’exonérer de l’étape d’inscription sur la liste de qualification du Conseil National des Universités (CNU), ce qui l’éliminerait de fait du processus. L’autre point est celui de la pénalisation des intrusions dans les universités, qui apparaît comme une atteinte à la liberté des étudiants à manifester en occupant leurs facultés lors des épreuves de force avec le gouvernement. Ce n’est pas la première fois que le Sénat, tout à sa fonction de poil à gratter institutionnel, s’invite comme souvent de manière abrupte dans le débat national. Mais cette fois tout cela pourrait bien satisfaire le Président. En effet, Emmanuel Macron, lors de son discours de mars 2017 à l’université de Lille, avait en soulignant le besoin accru de proximité esquissé un monde universitaire sans CNU. Les membres du Gouvernement ont eu beau jeu d’égrener la loi et ses mesures d’attractivité (rémunérations doctorants : + 30 %, 25 Mds€ de programmation budgétaire sur les 10 prochaines années…). Le milieu universitaire échaudé, rejoint par les chercheurs ne s’est pas senti rassuré. Tout cela ne va donc pas restaurer le dialogue et encore moins la confiance. Il est peut-être des domaines où l’apport du Sénat pourrait s’avérer plus pertinent comme celui de la recherche partenariale et/ou industrielle. En effet, plusieurs rapports se sont interrogés du décalage existant entre les mesures incitatives comme le CIR, les résultats observés sur certains indicateurs comme les dépôts de brevets ou encore le nombre de bourses CIFRE (recherche industrielle), qui sont des éléments que l’on ne retrouve pas dans le LPPR. Les Assemblées devraient plutôt se saisir de cette problématique et inciter le Gouvernement à mettre plus de moyens dans la recherche partenariale afin d’accroître la fertilisation croisée existant entre les applications et les aspects fondamentaux. Car la prééminence scientifique ne se décrète pas, mais se construit. Et ce de manière constante par des apports budgétaires et par des décisions éclairées dictées par une vision à moyen terme, non pas par des ajustements rapides motivés par des inquiétudes.