mardi 4 août 2020


PAUL HUDSON, POIL À GRATTER OU FIN STRATÈGE ?

Paul Hudson, le nouveau CEO de Sanofi, qui mène tambour battant le groupe pharmaceutique français, crée la polémique à chacune de ses interventions. La dernière en date a été concoctée pour  nos confrères de Bloomberg à propos des premiers servis si jamais le vaccin covid-19 provenait de l’un des laboratoires du géant français. Notre CEO passé maître dans l’art du buzz a assuré que les consommateurs américains en seraient les grands bénéficiaires en raison de la contribution financière étatsunienne. Il n’en fallait pas plus pour lancer sur le sentier de la guerre ministres, politiques et journalistes qui, à l’unisson, se sont offusqués, indignés ou encore émus de ce parti-pris alors que Sanofi recevrait près de 150 M€ de CIR. Ah la méchante entreprise mondialo-libérale menée à sa perte par un Anglo-saxon antiprotectionniste ! Agnès Pannier-Runacher s’indigne, Olivier Bogillot rassure, Emmanuel Macron convoque et Paul Hudson de se frotter les mains en fin stratège. En effet, le nouveau CEO de Sanofi, remarqué pour l’agilité de son management, en s’emparant de certains points de blocage de l’industrie pharmaceutique comme le rapatriement de la production, la différence d’accès au marché entre l’Europe et les États-Unis, le prix des médicaments, suscite l’affrontement de manière détournée en attisant interrogations et remises à plat. Cette question de « qui aura le vaccin le premier » nous semble sans fondement, car la France pour ne parler que d’elle est systématiquement en retard lorsque les innovations émergent des fourches caudines de la FDA (cf. oncologie, maladie de Parkinson ou SEP). On ne compte plus les médecins qui se lamentaient il y a encore quelques mois sur leur incapacité à faire réaliser des séquençages des tumeurs de leurs patients, obligés qu’ils étaient d’envoyer tout cela aux US. Alors quand aujourd’hui le gouvernement vitupère, il a beau jeu de dénoncer une situation, dont il n’est peut-être pas à l’origine, mais pour laquelle il n’apporte pas encore de solution. Il suffit de considérer le millefeuille administratif (ANSM, HAS, UNICAM, CEPS, sans oublier CT et CEESP) qui ralentit, quand il ne la stoppe pas, l’émergence des innovations. La déclaration de Paul Hudson nous semble aller bien au-delà de la gaffe, ou du off record. Il s’agit bien à notre sens d’une sorte de mise en perspective du monde d’après-déconfinement où certains gouvernements et administrations devront eux aussi se déconfiner pour pouvoir accompagner de manière plus manifeste les avancées de la science et de la médecine. Nous pensons que Paul Hudson avec une manière très anglo-saxonne d’aborder frontalement les problèmes, nous prépare encore des mois de remise à plat. Apprêtons-nous, ça va rock’n’ roller chez Sanofi !

Agenda


Du 18/05/2020 au 18/05/2020
ZOOM

Construire une vraie filière en santé numérique en France, consolider notre souveraineté. La crise COVID-19 a fait tomber tous les freins qui limitaient le déploiement de nos pépites numériques en France. Tous les acteurs ont intégré l’immense capacité de support de ces outils qui peuvent soulager à la fois le système hospitalier et les patients. Chahra Louafi, interviendra mardi 5 mai à 19H pour présenter son fonds et ses modalités d’action.