mercredi 12 août 2020


Quelques semaines après une IPO record, la biotech américaine, basée à Boston et spécialisée dans les thérapies à base d’ARN messagers, a publié pour la première fois ses résultats annuels L’occasion de lever le voile sur un pipeline pléthorique et donner aux investisseurs un aperçu du potentiel de cette classe de médicaments, sur laquelle d’autres grosses biotechs, en Europe notamment, travaillent aussi

Habituée, jusqu’à présent, à la discrétion qu’assure le private equity, Moderna Therapeutics a changé de mode de communication depuis son introduction en bourse, en décembre dernier, sur le Nasdaq La biotech de Boston, spécialisée dans les thérapies à base d’ARN messagers et dirigée par le Français Stéphane Bancel, a publié pour la première fois ses résultats annuels Au-delà des chiffres – 1,7 Md$ de trésorerie et 454 M$ de dépenses R&D – cette publication a été l’occasion pour la communauté financière de faire un arrêt sur images sur un portefeuille de produits pléthorique – 20 programmes dont 11 en phase clinique – et d’identifier les nombreux catalyseurs Car si Moderna a mené une IPO de star – la plus importante jamais réalisée par une biotech 100 % R&D avec 600 M$ levés sur la base d’une valorisation de 7,5 Md$ – l’opération a néanmoins laissé un goût amer aux investisseurs Le cours, fixé à 23 $ à l’IPO, a perdu jusqu’à 40 % dans les premières semaines de cotation (avant de se redresser vers 20 $) La conjoncture explique sans doute ce trou d’air Mais l’équation n’en restera pas moins durablement compliquée pour Moderna, dont la valorisation gigantesque dépend d’un pipeline très précoce : ses produits les plus avancés entrent en phase IIa et les premières mises sur le marché ne sont pas attendues avant le milieu de la prochaine décennie Un travail d’équilibristes pour les dirigeants, qui requiert beaucoup de « catalyseurs », un « newsflow » intensif et une communication soutenue autour des promesses des ARN messagers

L’ARNm : un messager plénipotent

L’acide ribonucléique messager (ARNm) est une copie transitoire d’une portion d’ADN produite lors de la phase de transcription Synthétisé dans le noyau, il va s’en extraire pour atteindre ensuite les ribosomes, des complexes chargés de produire différentes protéines en décodant l’information contenue dans l’ARNm Chaque protéine fonctionnelle de notre organisme est donc codée par