samedi 29 février 2020


C’est une révolution, une mutation instrumentale digne de l’invention de Gutenberg à l’époque Nul n’en mesure encore totalement les multiples applications potentielles, même si l’impression 3D bouleverse déjà les modèles traditionnels et génère par là-même ses propres freins « Le milieu hospitalier reste frileux à l’application de nouvelles technologies qui modifient en profondeur les pratiques », reconnaîtra l’un de nos témoins Nous vous proposons un voyage au coeur de ces sociétés, de leurs stratégies et de leurs modes de financement Elles impriment des tumeurs, des peaux, voire des thérapies cellulaires, et pourraient même à l’avenir se projeter sur les théâtres de guerre pour soigner les soldats grands brûlés

Réaliser des pièces uniques et sur mesure Voilà la promesse phare de l’impression 3D Et depuis plusieurs années, le monde médical s’intéresse de plus en plus à ce nouveau mode d’impression, et les applications potentielles ne cessent de se multiplier L’impression 3D permet notamment de développer des substituts osseux, ou des prothèses qui sont adaptées à la morphologie du patient Une technologie déjà très mature lorsqu’il s’agit de manipuler ces matériaux amorphes Mais l’encre de certaines imprimantes peut également incorporer des cellules et ainsi créer, de toutes pièces, des tissus biologiques, qu’ils soient cutanés, cartilagineux, ou hépatiques Pour autant, cette bio-impression nécessite d’adapter les imprimantes et les logiciels qui y sont rattachés, mais aussi de mettre au point une encre biologique, un milieu où les cellules se sentent bien et puissent prospérer pour se multiplier

Fondée en 2009, CTI Biotech relève ce défi et produit des tissus humains destinés à la recherche pharmaceutique « Tous nos modèles ne sont pas faits par impression 3D, même si nous l’utilisons de plus en plus Son avantage principal repose sur le gain de reproductibilité, et de précision, avec des cellules déposées de manière spécifique au sein du tissu », explique Nico Forraz, CEO de CTI Biotech, qui partage la ville de Lyon avec son homologue Labskin Creations, une autre start-up qui a pris le même virage
« Au départ, nous ne développions pas nos peaux avec une imprimante 3D Aujourd’hui, ce processus représente 50% de nos revenus, une tendance qui est en augmentation Nous gagnons du temps et cela nous permet de mettre au point des modèles de peau plus complexes, avec des systèmes vascularisés, des glandes sébacées, des poils, ou d’autres substances présentes dans une peau naturelle », explique Amélie Thépot, CEO de Labskin

Des activités de services

Pour chaque type de cellules (fibroblastes, kératinocytes, cellules cancéreuses etc) que ces start-up cultivent, une nouvelle formulation de bio-encre doit être conçue, pour obtenir un milieu propice aux développements cellulaires « Sa composition va varier suivant la spécificité de la cellule étudiée », précise Nico Forraz, qui a organisé CTI Biotech sous la forme de trois business