mardi 3 août 2021


Une vague de start-up émergentes s’appuie sur l’intelligence artificielle pour répondre à de nombreux besoins médicaux Elles ont réalisé leurs premières levées de fonds mais devront se distinguer de la concurrence pour prétendre à un second tour plus conséquent, et, pour surmonter les challenges propres à leur secteur

Depuis début 2019, pas une semaine ne passe sans qu’une start-up ne lève de fonds pour développer un algorithme d’intelligence artificielle (IA) dans une application santé « Les premiers écrits sur l’IA remontent aux années 60 Mais si le secteur n’émerge que maintenant, c’est parce que nous avons dorénavant accès à d’importantes bases de données », explique Sébastien Woynar, investment director chez LBO France C’est grâce à ces jeux de données massifs, en effet, que les algorithmes peuvent apprendre, pour ensuite prédire une réaction, diagnostiquer une pathologie, optimiser un système d’imagerie, découvrir de nouvelles molécules, sélectionner les patients pour un essai clinique, accélérer une prise de décision médicale De nombreuses start-up ont d’ores et déjà réalisé un tour d’amorçage (voir tableau en page 7), pour obtenir une preuve de concept suffisante ou débuter leur phase de commercialisation

Une plus-value difficile à évaluer

« Le machine learning représente un atout surtout lorsqu’il y a de gros volumes de données, et que l’homme ne peut faire de corrélation lui-même rapidement », précise Sébastien Woynar Si les tâches réalisées sont simples, et que le gain de temps est minime, l’utilité de l’IA reste réduite « Nous estimons que le gain de temps doit se situer au-delà de 20 à 30 %, autrement les pathologistes n’y auront pas recours » Néanmoins, la plus-value peut être difficile à évaluer pour ces technologies à l’interface du digital et de la santé Les fonds qui maîtrisent ces deux secteurs avec une réelle expertise sont rares Franck Lescure, spécialisé dans les investissements en sciences de la vie depuis plusieurs années, a intégré Elaia, un fonds de capital-risque centré historiquement sur le digital en 2018 « J’ai rejoint ce VC pour que nous possédions, ensemble, cette double compétence digitale et biologique », confie-t-il Néanmoins, même avec une forte expertise dans les deux domaines, évaluer la plus-value liée à l’IA reste un défi « Il n’existe pas encore de protocole propre à ce type de technologie C’est la manière de mener ces études qui pourra faire la différence par la suite?», explique Sébastien Woynar En effet, les études cliniques actuelles menées