vendredi 22 octobre 2021


Monde

(BiotechFinances n°960 lundi 11 oct 2021) Tout juste retiré du Nasdaq ou elle s’était introduite en 2014, la biotech chinoise Cellular Biomedicine Group boucle une série A de 120 M$. Le tour est dirigé par le fonds AstraZeneca-CICC, Sequoia Capital China et Yunfeng Capital. De nouveaux investisseurs et certains actionnaires existants, y compris GIC et TF Capital, y ont également participé. Basée à Hong-Kong et spécialisée dans les CAR-T et la thérapie cellulaire, Cellular Biomedicine cherche à déployer ses programmes dans les cancers du sang, les tumeurs solides et l’arthrose du genou.

Aux Etats-Unis, les startups de la e-santé axées sur le segment des femmes ont collecté 1,3 Md$ de financement depuis le début de l’année, le double par rapport à 2020. Les solutions proposées vont du soutien à la grossesse et à la fertilité vers des offres plus complètes, des soins primaires à la gestion des maladies chroniques et à la ménopause. Selon un rapport de la société d’investissement Rock Health, le financement du secteur de la santé des femmes représente 7 % du total de la e-santé. Et 31 % des opérations réalisée en 2021 sur ce segment étaient des série C ou supérieure. Parmi les plus emblématiques figurent : Carrot Fertility (75 M$), Tia (100 M$) et le deal de 110 M$ de Maven qui lui a valu le titre de première licorne de santé numérique exclusivement axée sur la santé des femmes.

Pfizer versera jusqu’à 630 M$ pour les thérapies géniques neurologique et cardiovasculaire de la biotech américaine Voyager. Le laboratoire qui a récemment dû modifier le protocole de son essai sur la thérapie génique de la dystrophie musculaire de Duchenne après l’apparition d’une série de problèmes de sécurité, paiera d’abord 50 M$ pour deux options, le solde dépendant des premiers résultats. Les capsides développées par Voyager ciblent les cellules et les tissus souhaités avec une plus grande spécificité, à des doses plus faibles et avec moins de risques hors cible que l’AAV conventionnel, et avec une pénétration améliorée de la barrière hémato-encéphalique.

Vers des essais décentralisés. Les fonds de capital-risque viennent d’injecter 60 M$ dans deux start-up américaines oeuvrant pour des essais cliniques à domicile plutôt qu’à l’hôpital :  40 M$ dans Lightship et 20 M$ dans Slope. Lightship utilisera les fonds pour se développer au Royaume-Uni tandis que Slope renforcera sa présence dans les essais directs avec les patients. Son logiciel est déjà utilisé dans 660 sites de recherche clinique.

La FDA a suspendu les essais cliniques d’Allogene Therapeutics après qu’un patient dans l’une de ses études préliminaires pour la thérapie cellulaire ALLO-501A ait développé une « anomalie chromosomique » dans ses cellules CAR-T. La start-up californienne est le principal partenaire de Cellectis. La biotech française avait conclu initialement des accords de licence avec Pfizer et Servier mais les droits ont été repris ensuite par Allogene.

Coté

(BiotechFinances n°960 lundi 11 oct 2021) Quantum Genomics (ALQGC), lance son étude pivotale en Asie. Il s’agit d’un essai de phase 3 dans l’hypertension artérielle difficile à traiter et résistante, évaluant l’efficacité à 3 mois de son candidat firibastat. Au total, 750 patients seront recrutés dans une centaine de centres répartis dans 14 pays en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Corée du Sud et à Taïwan. Le recrutement du 1er patient est intervenu en juillet et les résultats intermédiaires, qui permettront le dépôt du dossier d’AMM, seront disponibles mi-2023. L’objectif est une mise sur le marché du firibastat fin 2023.

Le programme clinique du Masitinib, principal candidat médicament développé par AB Science (AB), chez les patients adultes atteints du syndrome d’activation des mastocytes (MCAS) a été approuvé par la FDA. L’agence américaine autorise le lancement de l’étude de phase 2. Pour rappel, le Masitinib, un inhibiteur de kinase ciblant le système immunitaire, est actuellement évalué dans 8 indications.

Dans le cadre de leur partenariat, Eurobio Scientific (ALERS) a reçu d‘AbbVie un paiement d’étape de 430 000 $. Ce jalon est lié à la soumission d’un dossier IND (« Investigational New Drug ») auprès de la FDA pour le passage en phase clinique de la molécule AGN-231868 développée par le laboratoire dans le traitement de la sécheresse oculaire. La technologie de profilage génomique d’Eurobio Scientific avait été utilisée pour identifier des cibles potentielles pour des traitements thérapeutiques dans le domaine de l’ophtalmologie. La société de diagnostic reste éligible à d’autres paiements d’étapes cliniques.

Litige entre la belge TheraVet (ALVET) et la medtech française Graftys. La première, spécialiste estime sans fondements les demandes de la seconde concernant la propriété intellectuelle de sa technologie Visco-Vet. Pour rappel, il s’agit d’un gel visco-régénérant articulaire injectable (lire Biotech Finances n°945 du 31 mai 2021, « THERAVET, LA SANTE ANIMALE AU MIEUX DE SA FORME »). Graftys qui conçoit des biomatériaux osseux synthétiques revendique une copropriété des brevets et un savoir-faire sur la technologie. Theravet assure que cette « technologie a été acquise sous licence en 2017, soit bien avant que les deux sociétés n’entrent en relation ». Par ailleurs, elle confirme « avoir constitué suffisamment de stocks pour couvrir les projections de ventes les plus agressives quand bien même le contrat de fourniture de certaines matières premières serait résilié comme le prétend Graftys ». Theravet affirme enfin « être en discussions avancées avec plusieurs partenaires ».

Non coté

(BiotechFinances n°960 lundi 11 oct 2021) Plant Advanced Technologies (ALPAT) participe au projet de recherche collaborative InnCoCells, subventionné par la Commission Européenne. Le budget total s’élève à 7,9 M€ et la participation de la biotech verte basée en Lorraine est financée à hauteur 750 k€ pour toute la durée, soit 4 ans. Coordonné par le VTT (VTT Technical Research Centre of Finland Ltd), ce projet ambitionne de révolutionner la façon de découvrir, développer et produire des ingrédients cosmétiques validés scientifiquement. Il rassemble 17 partenaires répartis dans 11 pays en Europe, des instituts académiques, PME, industriels, ONG et organisations sectorielles telle que la Cosmetic Valley.

PEP-Therapy et l’Institut Curie annoncent le traitement des premiers patients atteints de tumeurs solides avancées de l’essai clinique de Phase 1a/b évaluant PEP-010. Le candidat développé par la biotech, une peptide de nouvelle classe thérapeutique, est administré en monothérapie et en association avec le paclitaxel, une chimiothérapie, chez des patients atteints de tumeurs solides en récidive et/ou métastatiques, et en particulier dans le cancer du sein triple-négatif (TNBC) et le cancer de l’ovaire (OC). L’essai a démarré à l’Institut Curie et sera conduite également à Gustave Roussy et au centre François Baclesse. Au total, 56 patients seront recrutés.

SEngine Precision Medicine, start-up basée à Seattle, et Gustave Roussy créent une joint- venture en France. Cette co-entreprise proposera un test diagnostic de nouvelle génération, permettant de prédire les réponses de la tumeur à différents traitements. Cette collaboration va accélérer le développement de la médecine personnalisée en Europe basée sur des nouvelles technologies développées par SEngine en matière d’évaluation de médicaments à haut débit ainsi que sur l’expertise de Gustave Roussy en culture de cellules tumorales en 3D (organoïdes).

Servier noue avec Guangdong Maijinjia Biotechnologies, un partenariat avec une option de licence exclusive pour développer une nouvelle thérapie dans le traitement des maladies neurodégénératives rares. Selon l’accord, la technologie des Blockmirs de la biotech chinoise sera utilisée pour créer des oligonucléotides antisens (OAS). Après la sélection de candidats, Servier aura la possibilité de développer et commercialiser de nouvelles solutions thérapeutiques basées sur cette technologie. MJJ Biotech recevra jusqu’à 35 M€ pour le droit d’option et des paiements d’étapes.

En vue

Gisèle Deblandre

rejoint en tant que directeur scientifique (CSO) la medtech allemande Cellbox Solutions. Docteur en biologie cellulaire moléculaire de l’Université de Bruxelles, elle a auparavant occupé cette même fonction chez Catalent Cell Therapy et MaSTherCell.


Ibon Garitaonandia

devient directeur scientifique, Olivier Friedrich directeur Financier, et Hendrik Streefkerk directeur médical translationnel de Cellprothera. Fort de 15 ans d’expérience dans la recherche sur les cellules souches et la médecine régénératrice Ibon Garitaonandia est passé par le Richmond Research Institute à Londres, l’Histocell en Espagne et International StemCell en Californie.


Les chiffres

11,92 Mds$

la taille du marché mondial des anticorps monoclonaux biosimilaires (mAbs) en 2028 contre 3,52 Mds$ 2020.
(source Verified Market Research)

1,7 Md$

Le marché mondial de la production de cellules souches pluripotentes induites devrait atteindre 1,76 Md$ d’ici 2028 (source Grand View Research).

44,7 Mds$

le marché mondial des biosimilaires devrait atteindre 44,7 milliards de dollars d’ici 2026, contre 15,6 Mds$ en 2021.
(source MarketsandResearch)