jeudi 19 mai 2022


Monde

L’américaine Cyclica et la britannique Arctoris renforcent leur partenariat de recherche médicamenteuse pour de nouvelles cibles neurodégénératives, avec en priorité la maladie d’Alzheimer. « Notre programme conjoint se concentre sur les doubles inhibiteurs spécifiques. Cyclica s’appuie sur une conception moléculaire structurée et optimisée par l’IA en polypharmacologie, alors que chez Arctoris nous avons construit une expertise particulière en enzymologie mécanique complexe et des modèles cellulaires avancés contre les maladies neurodégénératives. Il s’agit donc d’un partenariat aux fortes synergies », a déclaré Martin-Immanuel Bittner, PDG d’Arctoris.

En Allemagne, le Gouvernement a choisi Celonic et quatre autres partenaires pour sécuriser l’approvisionnement à long terme de vaccins contre la COVID-19 et d’autres pandémies. La CDMO assurera la production locale de vaccins à base de protéines sur son site de Heidelberg au moins jusqu’en 2029. Si nécessaire, la production de 80 millions de doses par an peut commencer immédiatement. En parallèle, Celonic poursuit la construction en Suisse de l’un des plus grands centres de thérapie cellulaire et génique d’Europe. L’installation de 8 500 m² abritera des capacités de production de thérapies avancées telles que l’ARNm, les vecteurs viraux, les cellules humaines et les vésicules extracellulaires. La production débutera en 2023.

Coté

A Berlin, Noxxon Pharma (ALNOX) publie les résultats finaux positifs de l’étude d’escalade de dose de phase 1/2 évaluant son candidat NOX-A12 en association avec la radiothérapie chez 10 patients atteints de cancer du cerveau (glioblastome). Le profil de sécurité du produit est confirmé même dans la dose la plus élevée. Le pourcentage de patients traités par NOX-A12 qui présentent une réduction de la taille de la tumeur « a dépassé les 89 % divulgués dans l’analyse des données intermédiaires » en novembre 2021. Et le pourcentage de patients ayant obtenu une réduction de la taille de la tumeur de plus de 50 % « a considérablement dépassé » les 22,2 %.

Medesis Pharma (ALMDP), enregistre aux États-Unis un brevet déposé en copropriété avec le CNRS et l’Université de Montpellier protégeant le futur médicament développé avec sa technologie Aonys pour la décorporation du Césium après un accident nucléaire civil ou militaire. Ce brevet, déjà délivré au Japon, est en cours d’obtention en Europe, en Chine, au Canada, en Eurasie et en Israël. La biotech montpellieraine dispose également de protection industrielle sur deux autres candidats destinés au traitement de larges populations exposées à un accident nucléaire : NU01 : Décorporation du Plutonium et de l’Américium et NP02 : NanoManganese : Radioprotection. Le développement de ces futurs médicaments nécessite des fonds additionnels. Des demandes de financements pour ces 3 programmes ont été déposées par Medesis Pharma auprès de l’Agence Innovation Défense française.

Pherecydes Pharma (ALPHE), annonce la délivrance d’un nouveau brevet européen pour ses phages anti-Pseudomonas aeruginosa. Ce qui confère à la biotech nantaise spécialisée dans la phagothérapie destinée à traiter les infections bactériennes résistantes, une protection jusqu’à 2034.

A Genève, GeNeuro (GNRO), publie les premiers résultats positifs de l’étude de phase 2 évaluant son candidat Temelimab, en combinaison avec l’anti neuro-inflammatoire Rituximab dans le traitement de la sclérose en plaques. Le critère d’évaluation principal a été atteint, puisque chez les patients traités depuis au moins 1 an contre l’inflammation, le Temelimab a eu un impact favorable sur les principaux paramètres IRM mesurant la neurodégénérescence. Au total, l’étude réalisée à Stockholm portait sur 41 patients atteints de sclérose en plaques. « GeNeuro va maintenant reprendre les discussions avec les autorités réglementaires et avec des partenaires potentiels pour définir la meilleure voie de développement combinant le temelimab et les traitements anti-neuro-inflammatoires afin de faire bénéficier les patients des avantages synergiques du temelimab », a déclaré Jesús Martin-Garcia, son PDG.

OSE Immunotherapeutics (OSE) annonce la délivrance d’un brevet aux Etats-Unis pour OSE-279, un anticorps monoclonal anti-PD1, et sur son utilisation dans le traitement du cancer. Le produit développé par la biotech nantaise en préclinique est ainsi protégé jusqu’en 2039.

Abionyx Pharma (ABNX) délivre des résultats cliniques positifs pour son candidat CER-001 dans le traitement de la COVID-19.  Les premières données montrent notamment que le traitement limite les effets de l’inflammation dans le cas de conditions inflammatoires aiguës de la maladie. CER-001 est un mimétique des HDL préalablement testé dans différentes pathologies, et qui fait l’objet d’un accès compassionnel dans le traitement de la COVID-19 depuis janvier 2022. La biotech toulousaine reste dans l’attente de nouveaux résultats d’études cliniques en cours portant sur les maladies inflammatoires.

SpineGuard (ALSGD) annonce l’obtention d’un brevet aux États-Unis pour son application de guidage chirurgical en temps réel dans le placement d’implants osseux.

Non coté

Vaxxel a levé 1,2 M€ auprès de family offices, de Business Angels notamment Angels Santé et Femmes Business Angels, de Bpifrance et de particuliers. La start-up utilisera les fonds pour développer en préclinique son premier candidat vaccin intranasal contre le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) et contre le metapneumovirus humain (HMPV), sources principales de bronchiolite et de pneumonies virales. Ce candidat est basé sur la technologie Metavac, un virus recombinant HMPV atténué par génétique inverse. Vaxxel est une spin-off de VirPath, le laboratoire de virologie et de pathologie humaine de l’Université Claude Bernard de Lyon (UCBL), et Transgene en est actionnaire.

Le test Deeplex MycTB développé par GenoScreen contre la tuberculose fait l’objet d’une évaluation clinique dans des pays à revenu faible : Inde, Afrique du Sud et Géorgie. Ce programme s’inscrit dans l’étude Seq&Treat, menée par FIND pour mesurer l’efficacité des tests basés sur le séquençage ciblé de nouvelle génération (tNGS) dans le diagnostic rapide de la tuberculose résistante aux antibiotiques. Elle est financée dans le cadre d’une subvention de 14,9 Mds$ de l’organisation internationale Unitaid. Les données générées permettront à l’OMS d’élaborer les futures directives dans le diagnostic de la tuberculose.

Invivox, plateforme de formations pour les professionnels de santé, lève 7 M€ auprès d’Educapital, fonds spécialisé dans le financement de l’éducation et de la formation, de MACSF ainsi que de ses investisseurs historiques ISAI et Bpifrance. Créée en 2016, la start-up a développé une plateforme de formation pour les soignants qui compte aujourd’hui 250 000 utilisateurs. Les fonds levés vont lui permettre de renforcer le contenu pour les médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes, mais également sur des thématiques oncologie, imagerie ou santé numérique.

Amolyt Pharma obtient le feu vert de la FDA pour l’essai clinique de preuve de concept testant AZP-3601 chez des patients atteints d’hypoparathyroïdie. Cette étude est déjà en cours dans plusieurs pays européens et les premiers résultats de sécurité et d’efficacité devraient être annoncés en milieu d’année. La biotech rappelle qu’en octobre, les résultats positifs de la phase 1 réalisée chez des volontaires sains avaient « fourni de solides arguments scientifiques en faveur de la poursuite du développement ».

Kayentis lance une plateforme intégrée pour favoriser la décentralisation des essais cliniques. L’entreprise grenobloise de santé numérique indique que les acteurs des essais cliniques à distance (patients, centres, CROs, ou sponsors) vont ainsi « bénéficier d’un large éventail de fonctionnalités, notamment  divers modes de collecte des données, tels que le BYOD (Bring your own device / application installée sur le mobile du patient), la saisie via une interface Web (WebCOA), la saisie sur téléphones ou tablettes fournies au patient, ou la collecte de données par entretien téléphonique ».

Les patients atteints d’un cancer différencié de la thyroïde à faible risque de rechute ne devraient plus recevoir un traitement à base d’iode radioactif après une chirurgie thyroïdienne. Ceci a été démontré par un essai clinique prospectif randomisé de phase 3 promu par Gustave Roussy. Les résultats indiquent que 95,6 % des patients n’ayant pas reçu d’iode radioactif n’ont eu aucun évènement carcinologique, versus 95,9 % dans le groupe de ceux qui en ont reçu. Deux autres essais sont en cours dans cette indication : le 1er évalue le bénéfice de l’absence d’un curage ganglionnaire lors de la thyroïdectomie dans ces cancers à faible risque et le 2e l’intérêt d’un traitement à l’iode radioactif basé sur les résultats post-opératoires chez les patients à risque intermédiaire de rechute.

A l’occasion de la journée mondiale de la maladie de Parkinson le 4 avril, le réseau de recherche NS-PARK présente une étude prédictive promue par le CHU de Lille évaluant la stimulation cérébrale profonde sur 617 patients répartis dans 17 centres français. Cette étude a pour objectif de prédire les résultats de la stimulation cérébrale profonde du noyau subthalamique pour sélectionner in fine les meilleurs candidats à cette chirurgie particulièrement efficace sur les formes sévères de la maladie. A côté de critères cliniques, les chercheurs observent l’imagerie cérébrale, les marqueurs biologiques et génétiques des patients afin de mieux prédire leur devenir après l’intervention. Les premiers résultats montrent que les profils de personnalité influencent la satisfaction des personnes opérées et que l’existence de troubles du comportement au cours du sommeil ne constituent pas un facteur de mauvais pronostic.

En vue

Miriam Merad

directrice de l'Institut d'immunologie de précision du mont Sinaï (PrIISM), prend la présidence du nouveau conseil consultatif scientifique d’Owkin. Ce conseil accueille à cette occasion 10 nouveaux membres, notamment des professeurs des principaux hôpitaux de recherche internationaux : Fabrice André, Jean-Yves Blay, Olivier Elemento, Nicolas Girard, Jakob Nikolas Kather, Raphaël Rousseau, Roger Stupp, Gilles Salles et Shahrokh Shariat.


Lars Hufnagel

devient directeur des technologies (CTO) de Veraxa Biotech en Allemagne. Docteur en physique, il occupait auparavant le même poste chez Bruker, a dirigé l'unité de biologie cellulaire et de biophysique au laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) à Heidelberg et fondé 3 start-up. La technologie développée par Veraxa permet un dépistage rapide des anticorps fonctionnels, des anticorps spécifiques à la tumeur et des anticorps antibactériens et antiviraux.


Lucile Blaise

devient présidente par intérim du Snitem (Syndicat national de l’industrie des technologies médicales) jusqu’à la prochaine Assemblée générale du 22 juin, au cours de laquelle il sera procédé à l’élection d’un nouveau ou d’une nouvelle président(e). Elle occupait jusqu’ici la fonction de vice-présidente.


Les chiffres

6,4 Md$

Le marché mondial des technologies d'amplification génique, estimé à 4,6 Mds$ en 2022, devrait atteindre une taille révisée de 6,4 Mds$ d'ici 2026 (Source Global Industry Analysts)

2,7 Md$

Le marché mondial de la thérapie génique atteindra 2,7 Mds$ en 2026. Il est actuellement de 1,2 Md$. (Source Global Industry Analysts)

454,81 Mds$

Le marché mondial de la santé en ligne (ePrescription, télémédecine, aide à la décision clinique…) était évalué à 84,24 Mds$ en 2021 et devrait croître de 20,6 % par an d’ici à 2030 pour atteindre 454,81 Mds$. (source Precedence Research)

17,63 Mds$

Le marché mondial du remboursement des soins de santé était évalué à 4,75 milliards de dollars en 2021 et devrait croître de 15,7 % par an d’ici à 2030 pour s’établir à 17,63 milliards de dollars. (source Precedence Research)