samedi 28 novembre 2020


Monde

(BiotechFinances n°920 – lundi 9 novembre 2020)  Minoryx Therapeutics, obtient 25 M€ de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) par le biais d’une opération de prêt d’amorçage-investissement. La biotech dont le siège se situe en Espagne est spécialisée dans les traitements des maladies orphelines du système nerveux central (SNC). Ce financement va lui permettre de poursuivre le développement du leriglitazone, un agoniste sélectif du PPAR-γ actuellement évalué dans trois études cliniques. Il s’agit d’un essai pivot de phase 2/3 pour le traitement de l’adrénomyéloneuropathie (AMN) dont les premières données sont attendues avant la fin de cette année. Les deux autres essais sont des phases 2 respectivement pour le traitement de l’adrénoleucodystrophie cérébrale (cALD) et celui de patients atteints d’ataxie de Friedreich (AF), une maladie neurodégénérative potentiellement mortelle.

En Allemagne, CureVac publie des données intermédiaires positives de sa phase 1 évaluant CVnCoV, son candidat vaccin ARNm contre le SARS-CoV-2. L’étude a ciblé plus de 250 personnes en bonne santé âgées de 18 à 60 ans et inclus 10 participants testés positifs à la COVID-19. Le produit a été bien toléré pour toutes les doses (2 à 12 μg) et induit une forte réponse anticorps neutralisant en plus de la première indication d’activation des lymphocytes T. CVnCoV fait actuellement l’objet d’une phase 2a chez des personnes âgées au Pérou et au Panama. À la suite de ces résultats, la biotech allemande reste déterminée à lancer un essai pivot de phase 2b / 3 avant la fin de l’année sans doute avec la dose de 12 μg.

Aux États-Unis, la FDA semble plus favorable que prévu au médicament controversé contre la maladie d’Alzheimer de Biogen. En attestent des documents rendus publics hier et qui ont fait flamber le cours de biotech, en une séance sa capitalisation a grossi de 17 Md$. Son médicament, aducanumab, est en cours d’examen par la FDA et a été soumis à un groupe d’experts scientifiques cette semaine. L’aducanumab a initialement échoué dans les deux grandes études destinées à tester son efficacité pour ralentir la progression de la maladie chez des patients à un stade précoce. Un revers que Biogen réfute, affirmant que ces résultats divergents de l’étude sont en grande partie dus à des niveaux d’exposition différents à une dose élevée d’aducanumab. La réunion demain sera donc un test crucial pour la biotech qui pourrait être contrainte de réaliser un nouvel essai clinique.

La medtech américaine Hologic signe un contrat de 119 M$ avec le gouvernement américain pour augmenter sa fabrication de tests et de fournitures de diagnostic pour COVID-19. Attribué par le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de la Défense, cet argent contribuera à agrandir ses installations pour fournir 13 millions de tests par mois d’ici janvier 2022. De son côté, la FDA a étendu son autorisation du test d’Hologic pour non seulement dépister les personnes ne présentant aucun symptôme de la maladie mais également pour réaliser des tests groupés, permettant d’analyser plusieurs échantillons à la fois et de ne retester individuellement que si un résultat de groupe est positif.

AstraZeneca noue un partenariat avec Fusion Pharmaceuticals dans le domaine de la radiopharmacie. La collaboration associera la technologie de la start-up canadienne à des médicaments à base d’anticorps du laboratoire pharmaceutique britannique. Ce dernier versera 5 M$ d’avance tout en promettant 40 M$ supplémentaires en jalons. AstraZeneca et Fusion conserveront les droits sur leurs thérapies respectives, tout en partageant à parts égales les coûts de développement de produit en oncologie résultant du partenariat. La biotech qui a levé 213 M$ lors d’un premier appel public à l’épargne le 25 juin, disposait à la fin du 1er semestre de 318 M$ de trésorerie, suffisamment pour financer ses opérations jusqu’en 2024.

Au Pays-Bas, Saillant Therapeutics obtient la preuve de concept pour son principal composé (ST02) indiqué pour le traitement du cœur. Le produit a été testé dans un modèle d’insuffisance cardiaque préclinique dans lequel il induisait une nette inversion à la normale des déficiences fonctionnelles de l’insuffisance cardiaque, telles que le débit cardiaque et la fraction d’éjection. De plus, l’inversion histologique a démontré un rajeunissement du tissu myocardique. Ces résultats permettront à la biotech qui développe des thérapies à base de petites molécules de démarrer des essais cliniques d’ici un à deux ans.

Coté

(BiotechFinances n°920 – lundi 9 novembre 2020)  Oncodesign (ALONC) noue un partenariat de Drug Discovery avec ViraTherapeutics, filiale de Boehringer Ingelheim basée à Innsbruck, en Autriche et spécialisée dans les immunothérapies virales oncolytiques2. L’accord porte sur l’évaluation préclinique de nouvelles immunothérapies virales pour le traitement de cancers. Cette collaboration entre le laboratoire et la biotech dijonnaise devrait durer 2 ans.

Sanofi (SAN) va racheter Kiadis, une entreprise néerlandaise spécialisée en immunothérapie. Selon les termes de l’accord conclu entre les dirigeants, Sanofi lancera une OPA sur Kiadis à 5,45 € par action, ce qui valorise la biotech  à environ 308 M€. Sur le plan opérationnel, le laboratoire français s’est engagé à fournir les ressources et capacités nécessaires pour accélérer le développement des programmes en cours de Kiadis dans le domaine des cancers du sang, des tumeurs solides et des maladies infectieuses. Par ailleurs, le groupe pharmacteutique investit 15 M€ sur son site de bioproduction de Lyon Gerland pour fabriquer à horizon 2021 des lots cliniques de produits de thérapie génique actuellement en développement à Boston. Cf Billet Bio p.8.

Carmat (ALCAR) obtient un Prêt Garanti par l’État (PGE) de 10 M€. « Dans le contexte d’incertitude provoqué par la crise COVID-19, ce dispositif financier contribue à sécuriser notre trésorerie et à étendre notre visibilité financière au troisième trimestre de 2021 » a indiqué la medtech qui développe un cœur artificiel.

Implanet (ALIMP), société de technologies médicales spécialisée dans les implants vertébraux et ceux de chirurgies du genou, annonce l’homologation au Mexique de ses produits et la signature dans la foulée d’un contrat de distribution avec la société Novovascular Technologies. Le marché mexicain de la chirurgie du rachis, le plus important d’Amérique centrale, est supérieur à 60 M$. Pour rappel les produits d’Implanet sont actuellement distribués dans une quinzaine de pays.

Erytech (ERYP) obtient un Prêt Garanti par l’État (PGE) de 10 M€ auprès de Bpifrance et de la Société Générale. Ce financement devrait prolonger l’horizon de trésorerie de la biotech lyonnaise jusqu’à fin 2021.

Non coté

(BiotechFinances n°920 – lundi 9 novembre 2020)  Corlieve Therapeutics boucle un tour d’amorçage pour développer des thérapies pour les maladies neurologiques graves. L’opération de financement est menée par Kurma Partners et IDinvest Partners, en collaboration avec Pureos Bioventures. Le programme principal de Corlieve utilise une nouvelle approche de thérapie génique AAV pour le traitement de l’épilepsie réfractaire du lobe temporal (TLE).

Tilak Healthcare obtient la certification ISO 13485, attestant de sa bonne conformité aux réglementations de l’industrie des dispositifs médicaux. Créée en 2016, la société de e-santé développe des jeux mobiles médicaux ludiques destinés au suivi de patients atteints de maladies chroniques. Depuis Mai 2019, Tilak Healthcare s’est allié à Novartis France pour promouvoir sa plate-forme OdySight et permettre ainsi le suivi à distance d’un plus grand nombre de patients souffrants de maculopathies.

Robocath crée une joint-venture avec le groupe chinois MicroPort par le biais de sa filiale MedBot à Shanghai. Cette nouvelle structure sera détenue à 51 % par MedBot. La medtech rouennaise qui conçoit des solutions robotiques innovantes pour le traitement des maladies cardiovasculaires pourra ainsi lancer la commercialisation de sa plateforme robotique R-One en Chine, premier marché dans le domaine de la cardiologie interventionnelle. L’assemblage de la plateforme robotique et la fabrication des consommables seront réalisés localement. L’ensemble des actions visant à obtenir l’homologation NMPA (National Medical Products Administration) de R-One sur ce territoire ont d’ores et déjà été initiées.

En vue

Michel Kazatchkine

arrive en tant qu’administrateur indépendant. Il a été directeur de l’Agence publique française de recherches sur le SIDA et les hépatites virales, président du Comité consultatif stratégique et technique sur le VIH/SIDA de l’OMS, ambassadeur chargé de la lutte contre le VIH/SIDA et les maladies transmissibles, puis directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.


Stef Heylen

représentera la SFPI au sein du conseil. Outre ses postes de directeur général de Janssen Pharmaceutica en Belgique et de directeur opérationnel du développement de Janssen R&D à l’échelle mondiale, il a siégé au conseil d’administration du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson.


Claire Skentelbery

prend en main la direction générale d’Europabio structure européenne fédérant notamment les associations nationales des biotechnologies. Le Dr Claire Skentelbery dirigeait auparavant l’association de l’industrie des nanotechnologies.


Michael Cooreman

rejoint Inventiva en tant que directeur médical et entre au comité exécutif. Il supervisera notamment les activités cliniques en vue de l’initiation de l’étude pivot de Phase 3 évaluant lanifibranor pour le traitement de la NASH. Le Dr Cooreman a travaillé chez Ferring Pharmaceuticals, où il occupait depuis 2017 le poste de vice-président, science et médecine, en charge de la R&D en gastro-entérologie et en hépatologie.


Markwin Velders

siège au conseil de surveillance d’Amarna Therapeutics après avoir occupé la fonction de pdg par intérim de la biotech néerlandaise jusqu’à récemment. Le Dr Markwin Velders préside par ailleurs HollandBIO - l’association des entreprises de biotechnologie néerlandaises. Il est aussi l’ancien directeur général de Kite Pharma EU.


Les chiffres

41 Mds€

Le marché mondial de la thérapie cellulaire devrait atteindre 41 Mds€ d’ici 2027. Il était de 6,6 Mds€ en 2019 (source Allied Market Research)

2,4 Mds€

Le marché mondial de l’imagerie cellulaire à l’horizon 2025 contre 1,5 Mds€ aujourd’hui. (source Allied Market Research)

1,6 Md€

La taille du marché mondial des bioréacteurs devrait s’établir à 1,6 Md€ en 2025 contre 1,1 Md€ en 2020.

3,3 Mds€

Le marché de l’adénocarcinome gastrique et gastro-œsophagien devrait passer de 1,4 Md€ l’an dernier à 3,3 Mds€ en 2029 (source GlobalData)