jeudi 2 décembre 2021


Monde

A Copenhague Novo Nordisk rachète l’une des pionnières de l’ARN aux Etats-Unis, Dicerna Pharmaceuticals pour 3,3 Mds$. Une OPA qui représente une prime de 80 % par rapport à la valorisation de la biotech au Nasdaq. Introduite au Nasdaq en 2014, Dicerna développe des thérapies « réduisant au silence les gènes qui causent ou contribuent à la maladie ». Sa plate-forme technologique permet d’accéder à des cibles de maladies intracellulaires à travers les types de cellules et de tissus hépatiques et extrahépatiques. Depuis 2019, Novo Nordisk collabore avec Dicerna, et a dans ce cadre « exploré plus de 30 cibles de cellules hépatiques avec le potentiel de fournir de multiples candidats cliniques pour des troubles tels que la stéatohépatite non alcoolique (NASH), le diabète de type 2, l’obésité et les maladies rares ». La pharma prévoit de lancer les premiers développements cliniques en 2022.

La medetch américaine, Geneoscopy boucle une série B de 105 M$ pour faire progresser ses tests intestinaux basés sur l’ARN en vue du dépistage précoce du cancer colorectal. Lightchain Capital et NT Investments ont codirigé ce financement combiné par emprunt et capitaux propres, aux côtés de Labcorp, Morningside Ventures, Cultivation Capital, BioGenerator Ventures et Innovatus Capital Partners. Les fonds collectés vont permettre d’accélérer l’essai clinique en cours pour un test diagnostic qui détecte environ 95 % des cas de cancer repérés par coloscopies.

Le fonds britannique GHO Capital Partners acquiert Genesis Research. Basée dans le New Jersey, ce pionnier des données de santé optimise via l’intelligence humaine et artificielle, le développement de médicaments et met en évidence la valeur clinique et commerciale des produits. GHO Capital Partners entend développer d’avantage en Europe le portefeuille de clients, pharma et biotechs de Genesis et créer ainsi un leader mondial.

Sofinnova Partners lève 150 M€ pour son 3e fonds à impact environnemental dédié aux biotechs industrielles. Sofinnova Industrial Biotech II investira dans les jeunes start-up européennes présentes dans quatre secteurs : l’alimentation, l’agriculture, la chimie et les matériaux. Le portefeuille actuel comprend des entreprises développant des alternatives naturelles aux intrants agricoles chimiques (Biotalys, Micropep Technologies), transformant des déchets agricoles en ingrédients alimentaires ou intermédiaires chimiques (Afyren, Comet Bio), utilisant la fermentation pour créer des ingrédients alimentaires (DMC Biotechnologies, Protera, Biosyntia, Microphyt) ou produisant de façon biologique de nouveaux matériaux chimiques (DNA Script, EnginZyme).

Coté

(BIOTECHFINANCES n°965 22/11/2021) Celltrion reçoit un avis positif de l’EMA pour Regdanvimab, son anticorps monoclonal traitant la COVID-19. L’Agence européenne des médicaments recommande l’octroi d’une autorisation de commercialisation à ce traitement destiné aux adultes atteints de COVID-19 qui ne nécessitent pas d’oxygénothérapie supplémentaire et qui sont à risque élevé de voir la maladie évoluer vers une forme sévère. Cet avis s’appuie sur l’essai de phase 3 réalisé auprès de 1 315 personnes et qui a montré que le produit « réduisait de 72 %, le risque d’hospitalisation ou de décès ».

Biophytis (ALBPS) reprend le recrutement de patients aux États-Unis dans une étude de phase 2-3 évaluant son principal candidat Sarconeos pour le traitement des manifestations respiratoires graves de la COVID-19. L’essai avait été interrompu en mai dans l’attente des résultats de la 2e évaluation intermédiaire. À ce jour, 216 patients hospitalisés atteints de pneumonie sévère due à une infection par la COVID-19 ont été recrutés. L’objectif final étant compris entre 310 et 465 patients. Les résultats de l’étude sont attendus au 1er trimestre 2022. Pour rappel, Sarconeos est une petite molécule administrée par voie orale, en cours de développement en phase 2 comme traitement de la sarcopénie.

Roche met fin à son partenariat de recherche avec la biotech américaine Atea Pharmaceuticals sur un antiviral contre la COVID-19. Mi-octobre le tandem avait publié des résultats cliniques de phase 2 peu concluants. Les droits et licences accordés par Atea Pharmaceuticals à Roche dans le cadre de cette collaboration lui seront retournés.

Les Etats-Unis signent 2 contrats d’un montant d’environ 1 Md$ pour une commande du traitement COVID-19 Sotrovimab, développé par GSK et la biotech américaine Vir Biotechnology. Ce traitement monodose injectable, à base de copies d’anticorps dirigés contre le virus SARS-CoV-2 obtenues par génétique, peut être utilisé chez les patients souffrant d’une forme légère à modérée de COVID-19 ne nécessitant pas de supplémentation en oxygène et susceptibles de développer une forme grave. Il bénéficie pour l’instant d’une autorisation d’urgence de la FDA et de L’EMA. Au total, 750 000 doses de Sotrovimab (Xevudy) sont déjà préemptées par l’administration Biden et 220.000 doses par l’Union européenne.

Coté

Cellectis (ALCLS) montera à 20 M$ au capital de Cytovia Therapeutics lors de sa très prochaine levée de fonds, c’était prévisible ! L’accord initial entre les deux compagnies dirigées respectivement par Andre Choulika et Daniel Teper portait sur 15 M$ et 760 M$ de paiements d’étapes. Et puis Cytovia s’est ouverte un boulevard sur le marché Chinois. Ça n’a pas manqué : la participation prochaine de Cellectis au capital de Cytovia a été réajustée avec 5 M$ supplémentaires et les paiements d’étapes sont montés à 805 M$.

Abionyx (ABNX) rachète Iris Pharma pour 5 M€. Pour financer cette acquisition, Abionyx lance une augmentation de capital du même montant. Fondée en 1989, Iris Pharma est spécialisée en ophtalmologie. Son activité CRO sera logée dans une filiale indépendante tandis que ses programmes de recherche seront intégrés au pipeline d’Abionyx dans l’objectif de créer un portefeuille de biomédicaments en ophtalmologie.

Carmat (ALCAR) annonce la première implantation de son cœur artificiel Aeson aux Pays-Bas. Il s’agit de la 16e intervention réalisée dans le cadre d’une étude clinique européenne portant au total sur 20 candidats.

Non coté

(BIOTECHFINANCES n°965 22/11/2021) EVerZom obtient 2,5 M€ en tant que lauréate du concours européen EIC Accelerator (Horizon Europe). Ce financement non dilutif lui permettra de transférer sa technologie de bioproduction de vésicules extracellulaires (ou exosomes) pour une première production de grade clinique et d’accélérer la montée en puissance de ses capacités de production en proposant à l’industrie pharmaceutique des lots pour des phases 2 et 3.

Advanced Biodesign, l’une des entreprises lauréates du concours d’innovation i-Nov 2021 opéré par Bpifrance, reçoit un financement de 425 604€ pour soutenir le développement de son projet Aldescreen au cours des trois prochaines années. Il vise à développer un test de diagnostic précoce dans le cancer du poumon permettant un ciblage plus précis des patients et des thérapies anti-cancéreuses.

AlgoTherapeutix démarrera en 2022 une phase 2 pivotale avec ATX01, son traitement topique des douleurs neuropathiques périphériques induites par la chimiothérapie (NPIC). L’étude de phase 1 a en effet atteint ses objectifs de sécurité et de pharmacocinétique. La moitié des patients sous chimiothérapie – plus de 2 millions de personnes en Europe et aux US développent une NPIC et endurent des symptômes sensoriels et des douleurs dans les pieds et les mains.

Les entreprises healthtech qui souhaitent candidater pour la French Tech 2022, ont jusqu‘au 19 décembre pour le faire. Lancé par Emmanuel Macron en septembre 2019, ce programme offre aux 120 start-up les plus performantes un accompagnement quotidien et sur-mesure. Il s’adresse aux “licornes” ainsi qu’aux start-up qui, au cours des 3 dernières années, ont réalisé les plus importantes levées de fonds et/ou affichent une croissance très soutenue du chiffre d’affaires. L’instruction des dossiers est réalisée avec Bpifrance. Détails et candidatures sur https://lafrenchtech.com/fr/la-france-aide-les-startups/french-tech-120-2/

En vue

Al Sandrock

Recherche leader scientifique désespérément. En pleine incertitude sur l’avenir de son médicament controversé contre la maladie d’Alzheimer, Aduhelm, dont les ventes ne décollent pas, Biogen perd son emblématique directeur de la R&D. Après 23 ans passés au sein du laboratoire, le Pr Al Sandrock partira en effet d’ici la fin de l’année.
Il laisse derrière lui un héritage de grands succès notamment 4 produits phares dans le domaine du SNC : Tysabri, Tecfidera, Spinraza et Plegridy, qui représentent encore aujourd’hui 70 % des ventes de Biogen. Le groupe peine néanmoins depuis quelques années à mettre sur le marché de nouveaux blockbuster et a essuyé dernièrement plusieurs échecs en phase 2 et 3 dans la choroïdérémie et la rétinite pigmentaire liée à l’X ainsi que dans Alzheimer et Parkinson. Charge donc au futur directeur scientifique de remettre à flot le pipeline.


Ibon Garitaomandia

À Mulhouse, Cellprothera renforce son comité de direction afin de se déployer dans de nouvelles indications de médecine régénératrice.
Fort de 15 ans d’expérience dans la recherche sur les cellules souches et la médecine régénératrice Ibon Garitaonandia est nommé directeur scientifique (CSO). Il est notamment passé par le Richmond Research Institute à Londres, l’Histocell en Espagne et International StemCell Corporation en Californie.


Olivier Friedrich

Maître de conférences à l’EM Strasbourg, Olivier Friedrich devient directeur financier (CFO). Dans son parcours professionnel, il a officié dans la finance, le contrôle de gestion et la fiscalité au sein d’EY, et de plusieurs entreprises.


Hendrik Streeferk

Hendrik Streefkerk arrive en tant que directeur médical translationnel (CMO). Il a été responsable de recherche en pharmacologie clinique pour Organon/Schering-Plough, Actelion, avant de rejoindre Novartis.


Les chiffres

-17%

La consommation d’antibiotiques a chuté de 17% l’an dernier en France. Cette baisse sans précédent est liée aux gestes barrières et aux confinements qui ont réduit la propagation des maladies.

1,3 Milliard

C’est le nombre de fumeurs dans le monde en 2020, soit 20 millions de moins qu’en 2018. L’OMS table sur une poursuite du recul jusqu’en 2025 et prévoit alors 1,27 milliard de consommateurs ou environ 20% de la population mondiale âgée de plus de 15 ans. (source OMS)

8 millions

Le tabac tue plus de 8 millions d’usagers tous les ans et 1,2 million de personnes supplémentaires décèdent en raison du tabagisme passif. (source OMS)