dimanche 31 mai 2020


UNE

Monde

Aux États-Unis, Blackstone est prêt à investir 2 Mds$ dans Alnylam Pharmaceuticals. Selon les termes de l’accord, le géant du capital investissement paiera 1 Md$ en échange de la moitié des redevances et royalties liées à un médicament cardiaque expérimental de la biotech.  En parallèle, le fonds achètera pour 100 M$ d’actions Alnylam et financera jusqu’à 150 M$ le développement de deux de ses autres médicaments cardiométaboliques. Enfin il lui accordera un prêt d’une valeur maximale de 750 M$. Basée à Cambridge, dans le Massachusetts, Alnylam  est spécialisée dans les RNA et les médicaments qui interrompent la production de protéines pathogènes.

Galapagos (GLPG) vient de s’engager dans une collaboration de recherche avec la biotech polonaise Ryvu Therapeutics (RVU) pour la découverte de petites molécules thérapeutiques dans le champ de l’inflammation. L’accord est basé sur une nouvelle cible médicamenteuse identifiée par Ryvu, qui sera responsable des premières étapes de développement, tandis que Galapagos bénéficiera d’une option de licence exclusive.

Gilead (GILD) est actuellement en discussion, selon Bloomberg, pour une entrée au capital d’Arcus Biosciences (RCUS), une biotech spécialisée en immuno-oncologie. L’accord pourrait voir Gilead rejoindre des sociétés telles que Merck et Roche dans la course à la commercialisation d’un anticorps anti-TIGIT. Arcus possède actuellement un candidat ciblant ce point de contrôle immunitaire, AB154, dans un essai de phase 2 chez des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules. Il pourrait s’agir du 2e accord de Gilead dans le domaine de l’oncologie, après l’acquisition de Forty Seven pour 5 Mds$ le mois dernier.

Coté

Eurobio Scientific (ALERS) a dégagé ses premiers profits en 2019. La medtech spécialisée dans le diagnostic in vitro affiche un chiffre d’affaires annuel de 59,1 M€, en hausse de 17 %. Ses dépenses en R&D se maintiennent à 1,6 M€ et son résultat net ressort, bénéficiaire de 3,2 M€ contre une perte 2018 de 2,8 M€ en 2018. Malgré le ralentissement économique lié au contexte sanitaire, la société  prévoit une augmentation sensible de ses revenus en 2020, grâce au surcroît d’activité lié au COVID-19.

Median Technologies (PALMDT) a vu l’an dernier croître son activité de fournitures de solutions et services pour les essais cliniques en oncologie de 41% à 9 M€. Au 31 décembre, sa trésorerie s’élevait à 7,6 M€, contre 12,7 M€ un an plus tôt. Au 1er trimestre 2020 le chiffre d’affaires devrait afficher une progression par rapport au 4e trimestre 2019, et sur l’année, la biotech s’attend à un impact modéré de la crise du COVID-19 sur son activité.

BioMerieux (BIM) affiche une croissance de 21 % de son chiffre d’affaires au 1er trimestre à 769 M€ en raison de la forte hausse des ventes des gammes de biologie moléculaire. Le laboratoire spécialiste du diagnostic in vitro suspend ses prévisions de croissance annuelle en raison du manque de visibilité liée à la crise sanitaire. Si l’épidémie de COVID-19 induit une utilisation bien supérieure à la normale des tests moléculaires respiratoires, cela entraîne aussi une forte diminution du flux de patients pour d’autres motifs de consultations, qui va peser sur les gammes d’immunoessais et de microbiologie.

GenSight Biologics (SIGHT) a échangé avec l’EMA dans le cadre de la réunion de pré-soumission de son principal produit LUMEVOQ, une thérapie génique développée pour le traitement de la neuropathie optique héréditaire de Leber. Sur la base de cette rencontre, la biotech parisienne confirme son intention de soumettre la demande d’autorisation de mise sur le marché de LUMEVOQ en septembre 2020. Les études pivotales du produit avaient pris fin en 2019.

Adocia (ADOC) publie un chiffre d’affaires de 453 K€ au 1er trimestre 2020 (contre 1,07 M€ un an plus tôt) qui résulte des accords de licence signés en avril 2018 avec la société Tonghua Dongbao Pharmaceuticals. Fin mars, la biotech spécialisée dans le traitement du diabète affiche une trésorerie de 35,7 M€. La consommation de trésorerie sur le 1er trimestre 2020 s’élève à 8 millions d’euros et se situe à un niveau comparable à celle de l’an dernier.

Valbiotis (ALVAL) accélère le développement clinique de son pipeline avec trois nouvelles substances : TOTUM-070 contre l’hypercholestérolémie avec une phase 2 planifiée au 3e trimestre, TOTUM-854 contre l’hypertension artérielle avec une entrée en clinique en fin d’année, et TOTUM-448, pour la réduction de la stéatose hépatique avec un essai au second semestre 2021. Pour rappel, Valbiotis a conclu en février un partenariat avec Nestlé Health Science autour de son produit principal, TOTUM-63 qui s’adresse aux personnes prédiabétiques (lire « L’approche de Valbiotis validée par Nestlé » dans Biotech Finances n°886).

SuperSonic Imagine (SSI) voit son chiffre d’affaires baisser de 19% au 1er trimestre à 4,9 M€, sous l’impact de la crise sanitaire. La société enregistre en effet une réduction de son activité en Chine (-44%) et en France (-45%). Néanmoins, la dynamique reste porteuse aux États-Unis (+47%), touchés plus tardivement par l’épidémie.

Non coté

Vésale Bioscience engage une collaboration de R&D avec l’armée belge, pour développer la phagothérapie contre les infections multi-résistantes. La biotech belge développe des traitements personnalisés à base de phages dans le cadre entre autre d’un projet labellisé Biowin. Cet accord s’articule autour de plusieurs axes, notamment la mise au point de techniques de production de phages à usage thérapeutique.

Le réseau SATT signe un partenariat d’une durée d’un an avec Servier visant à identifier des opportunités thérapeutiques à un stade précoce en lien avec les spécialités de la big pharma : cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies immuno-inflammatoires, maladies neuropsychiatriques. La SATT Paris-Saclay est l’opérateur du partenariat, un choix dicté par l’implantation du futur Institut de Recherche Servier Paris- Saclay à l’horizon 2022 dans le cluster d’innovations de la région. La moitié des investissements du Réseau SATT sont réalisés dans le domaine de la Santé, ce qui représente, depuis 2012, un montant de 200 M€ investis dans 900 projets.

 

En vue

Carrie Brownstein

Docteur spécialisée en hématologie et oncologie pédiatriques, elle quitte Celgene où elle occupait la fonction de vice-présidente en charge pour rejoindre Cellectis en tant que directrice médicale. Basée sur le site de Cellectis à New York, elle rejoint son comité exécutif.


Bob Duggan

Cinq ans après avoir cédé à AbbVie sa société, Pharmacyclics, pour 21 Mds$, il prend le poste de directeur général de Summit Therapeutics, une biotech spécialisée dans le développement d’antibiotiques.


David Horn Solomon

est nommé directeur général de Pharnext. Il remplace le Pr Daniel Cohen, cofondateur de la biotech, qui occupera le poste de président du conseil scientifique.


Les chiffres

900 millions

Johnson & Johnson se donne la capacité de générer jusqu’à 900 millions de doses dès début 2021 de son vaccin contre le Covid-19, qui doit entrer en clinique en septembre prochain.

2 ans

AstraZeneca stoppe son essai pivot évaluant Tagrisso chez des patients atteints de cancer du poumon et ayant subi une résection tumorale, deux ans avant la date initialement prévue. Le DSMB a estimé que le produit présentait d’ores et déjà un avantage significatif. Le Tagrisso a généré des ventes de plus de 3 Mds$ en 2019.

5

Le nombre de vaccins actuellement en phase clinique contre le COVID-19 : 2 essais sont menés par des biotechs américaines (Moderna, Inovio), et 3 par des organismes chinois (CanSino Biologicals, et 2 pour le Shenzhen Geno-Immune Medical Institute).