lundi 10 mai 2021


Monde

(Biotech Finances n°931 15 O2 2021) Au Royaume-Uni, SpyBiotech qui développe des vaccins ciblant les maladies infectieuses, le cancer et les maladies chroniques, lève une série A de 26,8 M€. Le tour a été mené par de nouveaux : investisseurs Braavos Investment Advisers et Oxford Investment Consultants. Les actionnaires fondateurs, Oxford Sciences Innovation et GV, y ont également participé au côté de Future Fund du Gouvernement britannique, via la conversion d’un prêt convertible antérieur en actions. Le montant levé permettra à la biotech issue d’un spin-out en 2017 de l’Université d’Oxford, de lancer une étude de phase 1 avec son candidat principal ciblant le cytomégalovirus humain (HCMV) début 2022. En septembre 2020 SpyBiotech a signé un accord de licence mondial exclusif avec le Serum Institute of India (SII) pour le développement d’un nouveau vaccin à particules de type virus (VLP) ciblant la COVID-19. Depuis SII, a lancé les essais cliniques du candidat fournissant une validation clinique initiale de la technologie de SpyBiotech.

Aux États-Unis, Sana Biotechnology, un développeur dirigé par d’anciens dirigeants de Juno Therapeutics, a levé 588 M$ dans le cadre d’une IPO au Nasdaq. Une valorisation record pour cette biotech spécialisée en thérapie cellulaire et génique dont le premier essai clinique ne devrait pas débuter avant au moins un an. Neuf autres biotechs devraient faire leur entrée à la bourse américaine cette semaine – notamment Landos Biopharma et Sensei Biotherapeutics – et collecter ainsi globalement plus d’1 Md$.

Pharvaris réussit son IPO au Nasdaq en levant 165,4 M$. Kurma Partners et Life Sciences Partners (LSP) furent les investisseurs-fondateurs en 2016 de cette biotech basée aux Pays-Bas et spécialisée dans les maladies rares. Sa première molécule, PHA121 est un nouvel antagoniste des récepteurs B2 de la bradykinine pour le traitement de l’angioœdème héréditaire (HAE). Dans les essais de phase 1 achevés, le PHA121 a été bien toléré et biodisponible par voie orale.

 Seventure Partners réalise, via son fonds Health for Life Capital II™, deux nouveaux investissements en France dans le domaine du microbiome et du cancer (OncoBiome). Un premier tour de financement de 10 M$ aux côtés d’investisseurs nord-américains et asiatiques pour une nouvelle société fondée en France, développant une plateforme de découverte en immuno-oncologie issue de la recherche académique américaine. Le deuxième investissement est un tour d’amorçage de 3 M$ au sein de la biotech layonnaise ErVaccine, pour le développement de vaccins anticancéreux de nouvelle génération, ciblant les rétrovirus endogènes et les nouvelles familles de néoantigènes. Par ailleurs la souscription à Health for Life Capital II™, lancée en mars 2019 est prolongée jusqu’au printemps 2021. Le montant initial visé de 200 M€ est déjà dépassé et huit investissements dans le secteur du microbiome ont déjà été réalisés.

Coté

(Biotech Finances n°931 15 O2 2021)   Lysogene (LYS), obtient un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 5M€. Ce financement permet d’étendre la visibilité financière de la Société jusqu’au 2e trimestre 2022, contre la fin du 4e trimestre 2021 précédemment. Par ailleurs, la biotech spécialisée dans les thérapies géniques ciblant les maladies du système nerveux central (SNC) reçoit l’autorisation de la FDA pour démarrer un essai clinique aux Etats-Unis avec son candidat LYS-GM101 dans le traitement de la gangliosidose à GM1, une maladie pédiatrique potentiellement mortelle. Le premier patient de l’étude (sur 16 au total) sera traité au cours du premier semestre 2021.

Inventiva (IVA), dispose au 31 décembre 2020 d’une trésorerie de 113 M€ contre 36 M€ un an plus tôt. Pour rappel, la biotech spécialisée dans le développement clinique de petites molécules administrées par voie orale pour le traitement de la NASH, des mucopolysaccharidoses (MPS) et d’autres maladies a levé l’an dernier au Nasdaq 95 M€ prolongeant sa visibilité financière jusqu’à fin 2022. Inventiva lancera une étude de phase 3 dans la NASH avec son candidat lanifibranor au cours du 1er semestre 2021

À l’occasion de la publication de ses comptes annuels, Carmat (ALCAR) annonce pouvoir financer ses activités jusqu’en novembre 2021 et étudie différentes options au-delà de cette échéance. Sa trésorerie disponible se montait à 36 M€ au 31 décembre 2020 et la medtech qui développe un cœur artificiel, dispose encore de tranches d’emprunt de 26 M€. Le lancement commercial de sa prothèse en Europe, prévu au 2e trimestre devrait générer en 2021 des revenus. En parallèle, Carmat démarrera deux études cliniques : l’une aux États-Unis au 1er trimestre, et l’autre en France au 2e trimestre. La (FDA) lui a accordé cette semaine l’autorisation d’utiliser la nouvelle version de son cœur artificiel dans l’EFS qui comporte des améliorations de la prothèse et du système portable, issues de l’expérience clinique acquise.

Medesis Pharma (ALMDP) réussit son entrée à la Bourse de Paris. La biotech a levé 7,35 M€ sur Euronext Growth en proposant des actions au plus haut de la fourchette de prix indicative, 6,76 €. Les fonds levés permettront la réalisation d’au moins 3 études cliniques de phase 2 cette année e le recrutement de talents pour renforcer l’organisation.

Median Technologies (ALMDT) noue une collaboration de recherche avec l’Université de Californie San Diego (UC San Diego), portant sur une étude clinique de sa plateforme d’imagerie iBiopsy dans la NASH. L’étude sera conduite à l’UC San Diego sur une cohorte de plus de 300 patients. Les premiers résultats sont attendus au cours du 1er trimestre 2022. Median s’attend à confirmer les résultats prometteurs obtenus l’an dernier pour son plan de développement clinique dans la NASH.

Néovacs (ALNEV) lève 1 M€ via l’émission d’OCEANE-BSA souscrite par European High Growth Opportunities Securitization Fund1. Les fonds serviront à financer le programme de recherche dans les vaccins thérapeutiques pour traiter des allergies mais aussi à renforcer les capacités d’investissement de la société dans des projets biotech et medetch afin de diversifier le risque. Après cette opération, la trésorerie disponible de Néovacs s’élève à 15,5 M€.

Erytech Pharma (ERYP) va poursuivre son étude clinique de phase 3 dans le traitement en seconde ligne du cancer du pancréas sans modification. Une analyse intermédiaire d’efficacité conduite par un Comité Indépendant de Surveillance des Données (IDMC) vient d’être effectuée comme prévu après la survenance des deux-tiers des événements et prévoyait la possibilité d’une conclusion anticipée si le critère primaire d’efficacité était atteint avec suffisamment de valeur statistique. La biotech qui développe des thérapies innovantes en encapsulant des médicaments dans les globules rouges, confirme que l’analyse finale des données de l’étude se fera au quatrième trimestre 2021.

Innate Pharma (IPH) annonce que l’étude de phase 2 avec son candidat lacutamab, un anticorps anti-KIR3DL2 dans les lymphomes à cellules T, a démontré un signal positif auprès de la cohorte 2 permettant à la biotech de recruter des patients supplémentaires. Le recrutement est donc en cours dans la cohorte 3, qui évalue lacutamab en monothérapie chez les patients présentant un mycosis fongoïde n’exprimant pas KIR3DL2. En parallèle, Innate Pharma prévoit de lancer deux autres essais cliniques : une phase 1b évaluant lacutamab en monothérapie chez les patients présentant un lymphome T périphérique en rechute et exprimant KIR3DL2 et une phase 2 sponsorisée par The Lymphoma Study Association (LYSA) évaluant lacutamab en combinaison avec une chimiothérapie GEMOX (gemcitabine en combinaison avec oxaliplatin) chez les patients en rechute ou réfractaires et exprimant KIR3DL2.

Non coté

(Biotech Finances n°931 15 O2 2021) Theravectys boucle une levée de fond de 16,5 M€. Ce financement a pour but de conduire une série d’essais cliniques sur l’homme de plusieurs de ses candidats vaccins, notamment contre les cancers oropharyngés (HPV), du col de l’utérus et de la prostate, ainsi qu’un candidat-vaccin contre le SARS-CoV2 (Covid-19) administrable par voie nasale.

La MedTech grenobloise Grapheal lève 1,9 M€. Elle va pouvoir lancer les premiers essais cliniques avec ses deux innovations dans le domaine de la bio-détection. Le TestNPass, un test salivaire COVID-19 numérique associé à un smartphone a été mis au point en novembre dernier et fera l’objet d’un essai au CHU de Grenoble à la fin du mois. WoundLAB, un pansement connecté pour le suivi des plaies difficiles à traiter, va aussi bénéficier d’un essai clinique sur les pieds de patients diabétiques d’ici la fin de l’année au CHU de Grenoble.

RDS réalise un premier tour de financement de 4 M€. La medtech a levé 3 M€ en réunissant un tour de table international. À ce tour d’amorçage s’ajoute près de 1M€ de prêts/subventions de Bpifrance et de la Région Grand Est, accélérés par la sélection de RDS en juillet 2020 comme lauréat du prestigieux concours national i-Lab. La medtech bénéficie aussi du soutien du ministère des Armées, dans le cadre de l’appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre la COVID-19. Créée il y a un an, RDS développe un mini-patch connecté et équipé de 5 capteurs (respiratoire, température cutanée, électrocardiogramme, photopléthysmographie et accéléromètre) pour le suivi des patients à risque de complications post-opératoires. En partenariat avec l’IHU de Strasbourg, RDS a déjà obtenu l’autorisation de l’ANSM pour la réalisation de premiers essais cliniques en vue d’une mise sur le marché.

Le Généthon (thérapie génique des maladies rares) utilisera Catalyst, la plateforme d’intelligence artificielle développée par WhiteLab Genomics. Cette startup francilienne créée en 2019 utilise l’IA pour accélérer les phases de recherche pré-clinique et prendre moins de risque lors de la phase de R&D. Cette phase de recherche in silico (calculs complexes informatiques) se traduit par une réduction des temps de développement des médicaments (15 ans en moyenne) et donc du montant de thérapies géniques extrêmement coûteuses (supérieur à 1 Md€). Selon une étude du cabinet Deloitte, le marché de l’intelligence artificielle appliquée au développement des médicaments devrait atteindre 20 Mds$ dans les cinq prochaines années.

En vue

Karine Clauwaert

prend en main la direction direction générale d’Abscint en Belgique. Cette spin-off de la VUB vient de lever 1,7 M€ en amorçage.


Elena Gabriela Chiorean

professeure de Médecine à l’Université de Washington à Seattle et Vice-Présidente du Groupe de Travail sur le Cancer du Pancréas de l’Institut National du Cancer américain. Entre au conseil consultatif scientifique pour le cancer du pancréas de Noxxon. .


Eileen M. O’Reillyn

co-directrice des initiatives médicales du Centre David M. Rubenstein pour le Cancer du Pancréas de New-York, Etats-Unis. Entre au conseil consultatif scientifique pour le cancer du pancréas de Noxxon.


Thomas T. W. Seufferlein

professeur de gastroentérologie à l’université d’Ulm en Allemagne, il est un spécialiste de l’oncologie gastro-intestinale (GI) et des bases moléculaires des cancers GI, et plus spécifiquement du cancer du pancréas. Entre au conseil consultatif scientifique pour le cancer du pancréas de Noxxon.


Daniel D. Von Hoff

médecin en chef et directeur de l’Institut de Recherche Génomique Translationnelle (TGEN). Entre au conseil consultatif scientifique pour le cancer du pancréas de Noxxon.


Les chiffres

32,8 Mds$

Le marché mondial des services de test et d’analyse devrait atteindre 32,8 Mds$ d’ici 2027. (Source ResearchAndMarkets).

100 Mds$

32,8 Mds$
Le marché mondial des services de test et d’analyse devrait atteindre 32,8 Mds$ d’ici 2027. (Source ResearchAndMarkets).
En 2019, sept des dix principaux médicaments étaient des produits biologiques. Aujourd’hui, plus de 200 produits biologiques sont utilisés, générant plus de 100 Mds$ de revenus annuels pour les sociétés pharmaceutiques développant des traitements pour des indications allant de l’oncologie à l’auto-immunité en passant par les maladies infectieuses.

91,4 Mds$

La taille du marché mondial de l’externalisation des services biotechnologiques et pharmaceutiques d’ici 2028. Des opportunités lucratives pour la croissance des CMO et des CRO.
(source : Grand View Research).