dimanche 31 mai 2020


Monde

Abbvie (ABBV) obtient le feu vert des autorités américaines du commerce (Federal Trade Commission) pour le rachat d’Allergan, pour un montant d’environ 63 Mds$. Annoncée l’été dernier, cette acquisition permet au géant américain d’enrichir son pipeline avec notamment des traitements dans la dermatologie et l’ophtalmologie. Allergan est également le fabricant du Botox. La commission européenne avait donné son accord en janvier.

Aux États-Unis, Sherlock Biosciences a reçu l’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour son kit Sherlock CRISPR SARS-CoV-2 à destination des laboratoires et capable de fournir des résultats en 1h pour la détection de COVID-19.

En Californie, GRAIL a levé 390M$ en tour D. De nouveaux investisseurs, dont l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (Investissements PSP) et l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada (Investissements du RPC), ainsi que deux investisseurs non divulgués, se sont joints aux historiques dont Illumina dans ce nouveau tour. Les fonds vont permettre le développement et la commercialisation du test sanguin de dépistage précoce multi-cancer de GRAIL. Depuis le début de 2016, GRAIL a levé plus de 1,9 Md$.

Coté

Eurobio Scientific (ALERS) et NG Biotech signent un accord pour la distribution en France de NG-Test IgG-IgM COVID-19. Ce test sérologique permet, en 15 minutes, de détecter et de différencier simultanément la présence des anticorps d’isotypes IgM et IgG produits par l’organisme lors de l’infection par le SARS-CoV-2. Sa commercialisation est dédiée à la surveillance du personnel médical et aux patients potentiellement à risque dans les EPHAD. Cette offre complète ainsi les autres tests de sérologie commercialisés par Eurobio Scientific, qui sont destinés aux laboratoires de biologie et nécessitent des équipements adaptés.

OSE Immunotherapeutics (OSE) se lance dans la course au vaccin contre le COVID-19. La biotech s’appuie sur sa technologie brevetée Memopi pour explorer une réponse lymphocytaire T avec une mémoire immunitaire. Les algorithmes d’intelligence artificielle de MAbSilico seront également mis à profit pour accélérer l’optimisation d’épitopes capables d’induire une immunité robuste. Les premiers résultats précliniques sont attendus au début du 2ème semestre 2020 et le démarrage d’un essai clinique est envisagé d’ici la fin de l’année.

BioMérieux (BIM) vient de recevoir l’autorisation d’utilisation en urgence (EUA – Emergency Use Authorization) de la FDA pour BIOFIRE RP2.1, un test de dépistage qui inclut 22 pathogènes responsables d’infections respiratoires, dont le COVID-19. Le test détecte le SARS-CoV-2 en environ 45 minutes à partir d’un prélèvement nasopharyngé  réalisé avec un écouvillon. BIOFIRE RP2.1 est le troisième test moléculaire développé par BioMérieux en réponse à la pandémie, après avoir lancé ARGENE SARS-CoV-2 R-GENE et BIOFIRE COVID-19 en mars 2020.

BioNTech (BNTX), en collaboration avec Pfizer, a commencé à doser les premiers participants dans l’essai clinique mené aux Etats-unis avec ses candidats vaccins contre le COVID-19. La phase d’augmentation de la dose de l’essai inclura jusqu’à 360 sujets. L’étude du candidat-vaccin BNT162 réalisée en Allemagne, a achevé le dosage de sa première cohorte à la fin du mois dernier. L’essai américain étudie pour sa part quatre variantes du vaccin (a1, b1, b2 et c2) pour déterminer la meilleure combinaison de format d’ARNm et d’antigène cible.

Moderna (MRNA) et Lonza (LONN) vont collaborer pour permettre la fabrication à plus grande échelle du vaccin ARNm-1273 de la biotech américaine contre le SARS-CoV-2. Ce partenariat porte sur une durée de 10 ans, et pourrait concerner à l’avenir d’autres produits de Moderna. Des lignes de fabrication seront établies dans les installations de Lonza aux États-Unis et en Suisse. Une partie d’entre elles sera couverte par l’accord entre Moderna et le Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA), portant sur un montant de 483 M$. Les premiers lots sont prévus pour juillet. À terme, l’objectif est d’atteindre une production d’un 1 milliard de doses d’ARNm-1273 par an.

Ipsen (IPN) a conclu un accord de collaboration avec l’Université de Montréal et IRICoR, un centre pancanadien de commercialisation de la recherche en découverte de médicaments. Ce partenariat confère à Ipsen l’option d’acquérir les droits mondiaux exclusifs d’un programme en oncologie. L’Université de Montréal et IRICoR restent responsables de son financement jusqu’à l’exercice de l’option de licence.

Quantum Genomics (ALQGC) annonce les résultats intermédiaires de l’étude du firibastat chez les patients insuffisants rénaux. Les résultats démontrent que firibastat pourrait être utilisé dans l’hypertension artérielle et dans l’insuffisance cardiaque même en cas d’insuffisance rénale associée, sous réserve d’adapter la dose. En effet, du fait d’une élimination plus lente du composé, l’exposition au firibastat et à ses principaux métabolites était plus importante chez les patients avec une insuffisance rénale terminale que chez les volontaires sains.

Nanobiotix (NANO) a reçu l’autorisation de la FDA pour démarrer un essai de phase 1 avec NBTXR3 dans le cancer du pancréas. Cet essai recrutera un maximum de 24 patients sur une période d’inclusion estimée à 18 mois. Cet essai a été développé conjointement par Nanobiotix et MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas qui en est le promoteur.

Bone Therapeutics (BOTHE) renforce sa visibilité financière jusqu’au 2e trimestre 2021 en levant 4 M€ via l’émission d’obligations subordonnées avec option de conversion, auprès d’actionnaires de la société. Ce nouveau financement s’ajoute aux 11 M€ levés par la société la semaine précédente. Pour rappel la biotech belge avait changé de CEO en janvier dernier, avec la nomination du spécialiste des thérapies cellulaires Miguel Forte (lire « Bone Therapeutics : un nouveau CEO et deux cartes à jouer » dans Biotech Finances n°885).

Noxxon (ALNOX) annonce l’émission d’une deuxième tranche d’obligations convertibles  d’une valeur nominale de 475 k€ dans le cadre de son accord de financement auprès du fonds britannique Atlas Special Opportunities. La première tranche était de 1,3 M€. Au total, l’accord porte sur un financement de 14,2 M€ en obligations convertibles. La biotech spécialisée dans le cancer ciblant le microenvironnement tumoral, pourra ainsi financer ses activités jusqu’en 2022, incluant la finalisation de son essai clinique dans le cancer du cerveau.

Non coté

SeqOne met en place une solution qui exploite les capacités de la dernière génération d’appareils d’analyse génomique à très haut débit (Next-Generation Sequencing ou NGS) pour le dépistage du COVID-19. Le dispositif est combiné à une technique de multiplexage qui permet d’accroître significativement les capacités par machine. La solution a passé avec succès la phase de validation technique, tant en quantité (efficacité du multiplexage) qu’en qualité (détection précise de charge virale). SeqOne travaille désormais sur l’industrialisation des tests afin de les rendre disponibles au niveau national en partenariat avec les principaux laboratoires de test médicaux et avec le soutien de la SATT AxLR. Pour rappel, le gouvernement français s’est fixé l’objectif de réaliser 100 000 tests par jour d’ici la mi-mai afin d’enclencher et d’accompagner le processus de déconfinement.

Les 6 pôles français de compétitivité santé – Atlanpole Biotherapies, BioValley France, Eurobiomed, Lyonbiopôle, Medicen et Clubster NSL – dévoilent une cartographie nationale des initiatives COVID-19. Plus de 280 initiatives tels que les tests de diagnostics, projets collaboratifs, essais cliniques, vaccin/traitements, rééducation post-COVID-19 etc. ont ainsi été recensés. Car si les structures de soins ont été concernées en premier lieu par une réorganisation de leur fonctionnement pour accueillir les patients, les entreprises ont également fait preuve de grandes capacités d’adaptation pour répondre aux enjeux actuels. Dans le détail, on dénombre environ 80 appels aux dons et volontariat ; une quarantaine d’actions de télémédecine (suivi à distance des patients) ; 35 études cliniques et académiques en cours, une trentaine d’actions liées à l’Organisation des soins, production de matériel, dispositifs médicaux et formation des soignants ; plus de 20 tests de diagnostic élaborés pour dépister le virus et 15 programmes antiviraux pour aboutir à des vaccins ou traitements.

EIT Health vient d’annoncer un financement de près de 6 M€ dans la lutte contre le COVID-19 à destination de 14 projets d’innovations sélectionnés à travers l’Europe. Tous ces programmes visent à accélérer le développement d’outils susceptibles d’avoir un impact immédiat sur la gestion de la pandémie. Ils seront tous achevés d’ici la fin 2020.

Owkin une extension de Série A de 25 M$ de la part du fonds Large Venture de Bpifrance. Créée en 2016, la start-up propose des solutions à base d’intelligence artificielle aux laboratoires pharmaceutiques avec pour objectif d’augmenter la performance de leurs activités de R&D. Ces fonds vont permettre à Owkin d’enrichir son catalogue de modèles et d’augmenter le nombre de partenariats avec les grands hôpitaux et institutions académiques. Des collaborations cruciales pour la start-up puisqu’elles sont la source des données médi- cales nécessaires à l’entraînement des algorithmes développés. En octobre dernier, Owkin avait noué un partenariat avec l’AP-HP pour faciliter le développement de nouveaux médicaments dans trois domaines principaux : l’oncologie, l’immunologie, et la cardiologie.

Hyloris vient de lever 15 M€ pour développer ses médicaments reformulés. La biotech liégeoise réalise ce tour de table auprès d’un mix d’investisseurs nouveaux et existants, dont Scorpiaux (le holding financier de l’entrepreneur immobilier Bart Versluys), l’investisseur liégeois Noshaq, Saffelberg Investments et Nomainvest (le holding de la famille Noël).  Hyloris espère ainsi mettre sur le marché le plus rapidement possible des médicaments reformulés à haute valeur ajoutée. Son pipeline compte actuellement 12 produits-candidats, ainsi que 2 médicaments commercialisés aux États-Unis:  pour le traitement de la fibrillation auriculaire développé en partenariat avec AltaThera et un analgésique non opioïde pour le traitement de la douleur, en copropriété avec AFT Pharmaceuticals.

Domain Therapeutics reçoit un premier paiement d’étape de Merck KGaA dans le cadre de leur collaboration sur les antagonistes des récepteurs de l’adénosine, suite à la décision du géant allemand de faire entrer un candidat médicament en développement réglementaire. Le composé est une petite molécule antagoniste des récepteurs de l’adénosine, qui sera associée à des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (IPCI) pour le traitement de multiples cancers. Domain Therapeutics pourrait obtenir via cet accord initié en 2017 plus de 240 M€.

FineHeart a bouclé avec succès l’étude préclinique in vivo de sept jours évaluant ICOMS, un dispositif implantable qui module le débit intra-ventriculaire pour restaurer la capacité naturelle de pompage du système cardiaque. La medtech bordelaise espère débuter une étude sur l’homme d’ici 18 mois. L’insuffisance cardiaque est la deuxième cause de décès aux États-Unis et en Europe, entraînant de fréquentes hospitalisations coûteuses et une mortalité précoce.

ElsaLys Biotech est rachetée par Mediolanum Farmaceutici Spa, un groupe pharmaceutique italien qui renforce son engagement en immuno-oncologie, et consolide ainsi son processus d’expansion internationale. La biotech française est spécialisé dans le développement d’une nouvelle génération d’anticorps thérapeutiques ciblant les tumeurs et leur micro-environnement immunitaire et vasculaire.

Mérieux Equity Partners et Korys annoncent le lancement du fonds d’investissement OMX Europe, dédié au capital innovation dans les secteurs de la santé et de la nutrition, et qui ciblera des sociétés en Europe et en Amérique du Nord. OMX Europe est lancé et a déjà réuni plu des deux tiers du montant cible du fonds, qui devrait atteindre au final 90 M€. Quatre prises de participations ont déjà été réalisées : Mimetas (Pays-Bas), MRM Technologies (Belgique), Inscripta (US), et Tara Biosystems (US).

En vue

Ian Catchpole

rejoint Horama en tant que directeur scientifique. Il était préalablement directeur de la recherche chez TC Biopharm, et a travaillé pendant plus de 25 ans chez GlaxoSmithKline (GSK). Il est membre de la Royal Society of Biology (FRSB).


Bertrand Le Bourgeois

a été élu Président de l’Association des Métiers Médicaux des Industries de Santé (AMMIS) qui fédère autour d’un objectif de connaissance et de bonnes pratiques des membres issus de la biotech, la medtech et la e-santé. Président-fondateur de PharMarketing, Bertrand Le Bourgeois succède à François-Xavier Frapaise.


Marc Lemonnier

Le PDG d’Antabio a obtenu le label QIDP auprès de la FDA pour MEM-ANT3310, sa nouvelle thérapie à large spectre ciblant les pathogènes multirésistants prioritaires de l’OMS. MEM-ANT3310, répond potentiellement au besoin majeur et non satisfait des infections mixtes couramment rencontrées dans les infections respiratoires acquises à l’hôpital.


Emily Leproust

La DG de Twist Bioscience (Nasdaq : TWST) a annoncé avoir identifié des anticorps compétitifs contre le SRAS-CoV-2 qui se lie au récepteur RBD de la protéine S et pourraient poten- tiellement être utilisés pour des tests de diagnostic ou des traitements thérapeutiques.


Les chiffres

8,4 M€

TWB affiche un chiffre d’affaires de 8,4 M€ en 2019, avec 53 projets de R&D conduits sur l’année.

10 M€

La structure TWB a signé cette année près de 10 M€ de contrats R&D industriels (+ 20% par rapport à 2018).

3

C’est le nombre de nouveaux partenaires qui ont rejoint le consortium de TWB durant l’année : Sensient (US), Néomerys (Montpellier), et le fonds de capital-risque parisien Elaia.

39

TWB a conduit sur l’ensemble de l’année 53 projets de recherche et développement. 39 d’entre eux sont des nouveaux projets.