lundi 14 juin 2021


Monde

(BIOTECHFINANCES N°946 Lundi 7 juin 2021)L’allemande MorphoSys rachète Constellation pour 1,7 Mds$. Dans la corbeille de la biotech américaine deux médicaments phares contre le cancer : le pélabresib (CPI-0610), est présenté comme un potentiel inhibiteur de BET, le meilleur de sa catégorie, et CPI-0209, un inhibiteur de deuxième génération Inhibiteur EZH2. Le pélabresib est actuellement testé dans une phase 3 pour la myélofibrose du cancer de la moelle osseuse. Pour financer ses développements à venir, MorphoSysa a noué en parallèle un partenariat avec Royalty Pharma, dont le métier consiste à conclure des accords de redevances biopharmaceutiques. Le contrat avec ce bailleur américain comprend un paiement initial de 1,425 Md$ plus un fonds de tirage disponible de 350 M$, auxquels s’ajoutent 150 M$ en paiements étapes et un investissement en capital de 100 M$.

  Centessa Pharmaceuticals, a levé 330 M$ dans le cadre de son IPO au Nasdaq après avoir réalisé une série A de 250 M€ au moment de son lancement il y a 3 mois. Créée par la société d’investissement britannique Medixci, elle est née de la fusion de 10 biotechs dont une française Pega-One (lire Biotech Finances N° 932 du 22 février 2021 : « Centessa Pharmaceuticals dix biotechs en une ! »). Son IPO est l’une des plus importantes de 2021 aux États-Unis dans le secteur de la biotechnologie et arrive en 3e place derrière celles de Sana Biotechnology (588 M$) et Recursion Pharmaceuticals (436 M$). Au total 36 biotechs sont venues se faire coter au Nasdaq depuis le début de l’année mais 23 se négocient désormais en dessous de leur prix d’offre.

Aux États-Unis, Verve Therapeutics, en marche vers la clinique avec un médicament cardiaque de nouvelle génération, tente une IPO au Nasdaq à 100 M$. La biotech s’est lancée il y a un peu plus de deux ans avec 58 M$ et un objectif : apporter des traitements d’édition de gènes uniques aux maladies cardiaques. Puis, en janvier de cette année, Verve Therapeutics a commencé sa marche vers la clinique avec un traitement contre une forme génétique d’hypercholestérolémie, recueillant 94 M$ dans le cadre d’une série B.

Le ministère américain de la Santé lance un partenariat public-privé avec l’organisation à but non lucratif Global Health Investment Corporation (GHIC) pour développer des technologies et des produits médicaux qui aident les États-Unis à répondre efficacement aux futures menaces de sécurité sanitaire. BARDA Ventures, la branche de capital-risque de la Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA), est le fer de lance de l’initiative et prévoit de fournir au GHIC un minimum de 50 M$ sur cinq ans et jusqu’à 500 M$ sur 10 ans.

Jeudi était le 1er jour de cotation sur le NYSE pour Organon. Ce spin-off de Merck est entré directement dans l’indice de référence de Wall Street, le S&P Dow Jones. Du laboratoire américain, Organon récupère un portefeuille d’une cinquantaine de médicaments et une activité biosimilaire en immunologie, oncologie et dermatologie. La société est surtout spécialisée dans la santé des femmes notamment la contraception et la fertilité et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 6,5 Mds$. Elle recherche aussi des opportunités de collaboration avec des biotechs en vue de la commercialisation de leurs produits.

Alzheimer. D’ici le 7 juin, la FDA décidera d’approuver ou non l’aducanumab, candidat médicament de Biogen dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Une décision qui pourrait avoir des conséquences importantes pour les patients et la recherche dans ce domaine. L’aducanumab est le dernier d’une longue lignée de traitements potentiels qui se lient à un type de plaque trouvée dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Au cours des deux dernières décennies, plus de 20 médicaments visant, de différentes manières, ces plaques « amyloïdes » ont été développés et tous ont échoué lors des essais cliniques. Lire Biotech Finances N°945 du 31 mai 2021 : « Alzheimer un combat de longue haleine pour la recherche ».

Coté

(BIOTECHFINANCES N°946 Lundi 7 juin 2021)Noxxon Pharma (ALNOX), publie des résultats positifs de la deuxième cohorte de son étude de phase 1/2 évaluant son candidat NOX-A12 en association avec une radiothérapie chez des patients atteints de cancer du cerveau (Glioblastome Multiforme). Les données montrent que le NOX-A12, à la dose de 400 mg/semaine, continue d’être sûr et bien toléré, avec des signes apparents de réduction de la taille des tumeurs. « Le recrutement des patients de la 3e cohorte est terminé et nous attendons les résultats de la dernière cohorte au quatrième trimestre 2021 », commente Aram Mangasarian, PDG de la biotech basée à Berlin et spécialisée dans les traitements du cancer ciblant le microenvironnement tumoral.

Spineway (ALSPW) rachète la start-up Distimp basée à Nîmes et spécialisée dans les implants et instruments pour la chirurgie de la colonne vertébrale. Cette acquisition permet à la medtech qui développe des implants innovants pour le traitement des pathologies sévères de la colonne vertébrale (rachis), de consolider son offre et de renforcer ses positions en Europe, notamment en France. La transaction dont le prix reste confidentiel sera intégralement financée en cash. Pour rappel, la société disposait d’une trésorerie de 15,6 M€. Le fondateur de Distimp, Fabrice Paccagnella, intègrera la direction de Spineway dès la signature définitive de l’accord, d’ici fin juin.

Safe Orthopaedics (ALSAF), a obtenu le marquage CE pour Hickory, un nouveau dispositif pour la prise en charge des patients ostéoporotiques. Hickory est une nouvelle vis pédiculaire qui permet d’améliorer l’ancrage osseux chez les patients ostéoporotiques. La medtech spécialisée dans la chirurgie du dos, lance dans la foulée de ce marquage CE une étude clinique pour évaluer cette technologie en Allemagne, et en prévoit une commercialisation mondiale dès 2022.

Theradiag (ALTER), lance Humabdiag, un projet de recherche mené en collaboration avec le CHU et l’université de Tours ainsi qu’avec la société MAbSilico. Cofinancé par la région Centre-Val de Loire à hauteur de 450 K€, ce projet a pour objectif la bioproduction d’anticorps monoclonaux. Par ailleurs, la société HalioDx, basée à Marseille et partenaire commercial de Theradiag sur le marché américain est rachetée par la biotech américaine Veracyte, spécialisée dans le diagnostic in vitro. Veracyte, qui déboursera environ 260 M€ pour cette transaction, entend intégrer l’expertise d’HalioDx dans le diagnostic in vitro notamment en oncologie et en faire sa base d’opérations en Europe. Pour rappel, le précédent partenaire commercial de Theradiag, InformDx, avait été racheté par un fonds de private equity il y a quelques années.

Theraclion (ALTHE) noue une collaboration pour une étude de phase 2 dans le cancer du sein avec le Centre anticancéreux de l’Université de Virginie. La technologie de Theraclion, le système Echopulse sera utilisée pendant trois ans pour soutenir toutes les investigations et recherches cliniques.

  Medesis Pharma (ALMDP) a reçu un avis favorable du comité scientifique de l’EMA pour le développement de son candidat médicament NanosiRNA HD dans le traitement génétique de la maladie de Huntington. Il s’agit d’une indication orpheline neurodégénérative du système nerveux central. Le plan de développement du NanosiRNA HD prévoit une phase préclinique de 9 à 12 mois suivi d’un programme clinique dans plusieurs pays européens durant environ 1 an. Les résultats pourraient être connus mi-2023, en vue d’obtenir un accord de commercialisation auprès des malades dans des délais rapides.

  SpineGuard (ALSGD) attribue gratuitement à l’ensemble de ses actionnaires des Bons de Souscription d’Actions Remboursables (BSAR). Dans le détail 9 BSAR permettent de souscrire 1 action nouvelle à un prix d’exercice de 1,80 €, soit une prime de 23,29% par rapport au cours de clôture du 1er juin 2021.

Non coté

(BIOTECHFINANCES N°946 Lundi 7 juin 2021) La HAS met en place un nouveau système de prise en charge transitoire accordant le remboursement pendant un an des dispositifs médicaux thérapeutiques ou de compensation du handicap présumés innovants. Cette nouvelle disposition est aujourd’hui opérationnelle et les industriels peuvent déposer leur dossier auprès de la HAS qui rendra un avis dans un délai de 45 jours maximum. L’organisme se basera pour cela sur 5 critères : Prendre en charge une maladie grave ou rare ou compenser un handicap / ne pas avoir de comparateur pertinent / apporter une amélioration significative à l’état de santé du patient ; être innovant avec un caractère de nouveauté autre qu’une simple évolution technique au regard des technologies de santé utilisées dans l’indication revendiquée / présenter une efficacité cliniquement pertinente au regard desquels ses effets indésirables potentiels sont acceptables.

En vue

Bart Van Rhijn

devient directeur financier et membre du directoire de Nanobiotix. Il a occupé cette même fonction près de 3 ans au sein de Servier Pharmaceuticals et est titulaire d’une maîtrise en droit et d’un MBA.


Thibault Jonckheere

arrive comme directeur général (CEO) chez Exothera une CDMO (Contract Development and Manufacturing Organization) filiale de la biotech belge Univercells (lire Biotech Finances N° 925 du 21 décembre 2020 « Univercells : 120 M€ en 2020 et l’IPO en vue ») . Il a travaillé avant cela chez MaSTherCell et ImmunXperts.


Marc Massiot

est nommé administrateur de Guerbet. Agé de 60 ans, il est membre de la famille Guerbet et secrétaire général de son Pacte d’actionnaires. Il est aussi le dirigeant fondateur d’Enaxante, une société de conseil aux entreprises et formation dans la santé.


Les chiffres

550 M$

Sommes collectée par VenBio, une société de capital-risque basée
à San Francisco pour investir dans les sciences de la vie. Ce 4e
fonds, VenBio Fund IV investira principalement dans des sociétés
thérapeutiques qui développent des produits biopharmaceutiques.

10 Mds$

Montant global inv esti par les VC dans des sociétés biopharmaceutiques américaines entre janvier et mars, soit 38 % du total de l’an dernier (KPMG).

53,2 Mds$

Taille du marché mondial des médicaments contre le psoriasis
d’ici 2030, contre 14,5 Mds$ en 2020. En 2020, 125 millions
de personnes dans le monde souffraient de psoriasis selon la National Psoriasis Foundation. (Source Research & Market).