mardi 26 janvier 2021


L’essentiel de la semaine du 30 novembre au 4 décembre 2020

Par Rédaction , dans Essentiel , le 4 décembre 2020

Monde

Aux Etats-Unis, la technologie de Helmet Based Ventilation (HBV) basée sur les casques à oxygène a été nominée parmi les startups les plus prometteuses par le réseau WomenTech – la plus grande communauté mondiale de femmes dans la technologie, représentant 161 pays et plus de 4 300 ambassadeurs dans le monde. Cherchant à atténuer la pénurie de ventilateurs et à fournir aux professionnels un meilleur moyen de traiter les patients atteints d’insuffisance respiratoire aiguë – HBV a développé à l’initiative d’Aurika Savickaite, infirmière, une thérapie de ventilation basée sur le casque qui dans certains cas évitent l’intubation. Le produit a obtenu l’approbation de la FDA.

En Suisse, Tillotts Pharma, filiale du groupe japonais Zeria, a acheté les droits de Dificlirtm au groupe américain Astellas Pharma. Le montant de la transaction s’élève à 109 M€ en échange des droits sur le produit pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et certains pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI). Dificlirtm est un antibiotique de type lactone macrocyclique à spectre étroit, disponible sous forme de comprimés et indiqué pour le traitement des infections à Clostridium difficile (ICD), inflammation grave du colon potentiellement mortelle. Il avait été concédé sous licence à Astellas par MSD (Merck) en 2011.      

Les ventes de vaccins contre la COVID-19 pourraient atteindre 38,5 Mds$ l’an prochain selon les estimations de Bernstein. Les cinq laboratoires dont les candidats se trouvent aux portes du marché devraient se partager la moitié du pactole. D’après les projections du bureau d’analystes les ventes de Pfizer, qui vient d’obtenir l’approbation du Royaume-Uni pourraient s’élever l’an prochain à 14,3 Mds$, celles de Moderna à 10,9 Mds$, celles d’AstraZeneca à 6,4 Md$, celles de Novavax à 3,9 Mds$ et celles de Johnson & Johnson à 3 Mds$. Par la suite et en supposant que les vaccinés ont besoin d’un rappel tous les trois ans, Bernstein table sur 23,1 Md$ de ventes totales de vaccins COVID-19 en 2022, 12,6 Md$ en 2023, 8,5 Mds$ en 2024 et 6 Md$ en 2025. Toutefois ce modèle ne représente que les principaux acteurs actuels. Voir aussi BBio page 8.

Coté

Predilife (ALPRE) prolonge son augmentation de capital jusqu’au 18 décembre 2020. Les actions nouvelles sont proposées au prix de 7 €, représentant une décote d’environ 20% par rapport au cours du 17 novembre. Le spécialiste de la médecine préventive espère ainsi lever en bourse près de 2 M€.

Quantum Genomics (ALQGC), signe un accord de licence avec DongWha Pharm pour développer son produit Firibastat. DongWha Pharm recevra les droits exclusifs de commercialisation du Firibastat pour le traitement de l’hypertension résistante en Corée du Sud et apportera son soutien à une étude clinique dans cette indication. De son côté, Quantum Genomics recevra des paiements initiaux et d’étapes qui pourront atteindre 18,5 M$ ainsi que des royalties à deux chiffres sur les ventes futures du médicament. En parallèle, la biotech vient de lever 20 M€ en bourse. Les actions nouvelles ont été proposées cette semaine à des investisseurs institutionnels au prix de 4,5 €, soit une décote d’environ 16 % par rapport aux derniers cours de bourse. L’émission représente 20 % du capital de l’entreprise et lui permet de disposer des moyens financiers nécessaires à son activité jusqu’à fin 2022.

AB Science (AB) obtient de la BEI un prêt COVID-19 de 15 M€. Il permettra à la biotech de financer le programme de développement clinique évaluant son candidat masitinib dans le traitement de la maladie. Ce partenariat avec la BEI pourrait se poursuivre puisque des discussions ont été engagées pour un financement complémentaire relatif aux autres indications dans lesquelles le masitinib est ou pourrait être évalué, pour une enveloppe maximale de 30 M€.

Ipsen (IPSEY) revoit ses priorités stratégiques autour de ses principaux domaines thérapeutiques : Oncologie, Maladies Rares et Neurosciences. La société veut renforcer ses efforts d’innovation externe en ciblant des médicaments différenciés dans ces trois aires thérapeutiques, sur un périmètre élargi en termes de pathologies et de modalités de traitement, et ce, à tous les stades du développement clinique. D’un point de vue financier, Ipsen table d’ici à 2024 sur un taux de croissance annuel du chiffre d’affaires compris entre 2 et 5 %. La biotech prévoit également de porter à 3 Mds€ sa capacité d’investissement dans la croissance de son portefeuille de R&D.

 

Non coté

MaaT Pharma rallonge sa série B de 7,35 M€. Au final, le tour de financement qui a été annoncé en février se boucle sur un montant de 25,35 M€. Nouvel entrant au capital, le fonds PSIM, géré par Bpifrance dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir (PIA), est le principal investisseur de cette levée complémentaire. Les fonds additionnels seront utilisés par la biotech lyonnaise pour accélérer le développement d’un processus de fermentation propriétaire, permettant de développer à façon et à grande échelle des biothérapies issues du microbiome. Pour rappel, en février, le tour de 18 M€ a été réalisé auprès de l’investisseur américain SymBiosis, aux côtés de Seventure Partners, Crédit Mutuel Innovation, et Biocodex.

Abivax achève le recrutement de l’étude d’induction de phase 2b de son candidat ABX464 dans la rectocolite hemorragique (RCH). Au final, 232 patients ont été recrutés dans l’essai et les premiers résultats sont attendus au deuxième trimestre 2021. En parallèle, l’étude de maintenance de phase 2b en ouvert dans la RCH progresse avec 130 patients inclus et une durée de traitement par ABX464 portée à deux ans. Par ailleurs, une étude pivotale de phase 2b/3 dans la maladie de Crohn est en préparation.

Provepharm Life Solutions acquiert l’américain Apollo Pharmaceuticals. La société qui est aussi spécialisée dans les produits injectables stériles fusionnera avec la filiale américaine de Provepharm en Pennsylvanie. Le marché mondial des produits injectables stériles hospitaliers devrait croître de 7 % par an d’ici 2024. La medtech marseillaise prévoit plusieurs embauches pour renforcer ses équipes sur les sites français et américains dès le premier trimestre 2021.

Vidal Group acquiert MonEcho. Avec cette opération, la société qui développe des solutions technologiques d’aide à la décision thérapeutique et à la gestion de dossiers patients, renforce son offre auprès des gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, cardiologues et à tout professionnel de santé utilisant l’échographie. MonEcho, édite des logiciels permettant la génération assistée de comptes-rendus échographiques en quelques clics.

 EVerZom lève 1,1 M€ auprès de plusieurs investisseurs dont Bpifrance à hauteur de 500 K€ via le fonds French Tech Seed, la Région Ile-de-France avec 300 K€ via le dispositif Innov’up Leader Pia et 323k€ auprès d’un groupement de business angels. Ces financements permettront d’accélérer le développement de sa plateforme de bioproduction de vésicules extracellulaires et réaliser la première production de grade clinique d’ici fin 2022.

Vygon investit près de 2 M€ dans son usine d’Ecouen afin de moderniser sa chaîne de production. Grâce à une subvention de 800 K€ octroyée par la Région Ile-de-France, la medtech spécialisée dans les dispositifs médicaux à usage unique pourra sécuriser et développer la production de son cathéter artériel. Le nouvel équipement devrait être opérationnel fin 2022.

Généthon obtient le feu vert de l’ANSM pour démarrer un essai clinique dans le traitement de la myopathie de Duchenne. Cet essai a pour objectif d’évaluer la tolérance et l’efficacité de GNT 0004, une thérapie génique conçue à Généthon associant un vecteur viral de type AAV et une version raccourcie du gène de la dystrophine, une « microdystrophine ». L’essai qui sera coordonné par le Pr Francesco Muntoni (Hôpital du Great Ormond Street Hospital, Londres), inclura au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Israël, de jeunes garçons atteints de myopathie de Duchenne. En France, il se déroulera dans plusieurs centres investigateurs : l’Hôpital Hautepierre à Strasbourg (Pr Vincent Laugel), le centre « I-motion », Hôpital Trousseau, à Paris (Pr Odile Boespflug-Tanguy), et les hôpitaux à Brest, Bordeaux, Lyon, Marseille et Lille.

Bioaster noue un partenariat dans le domaine du diagnostic microbiologique basé sur le séquençage, avec l’Université de Technologie de Compiègne (UTC), bioMérieux, et les Hospices Civils de Lyon. L’objectif de cette collaboration est d’évaluer la capacité de la technologie de séquençage de troisième génération à devenir un nouvel outil de diagnostic des bactériémies, afin d’identifier rapidement les bactéries et prédire les résistances génétiques. Le projet débouchera également sur le développement et la validation d’un micro-dispositif innovant pour trier, purifier et enrichir les bactéries provenant d’hémocultures humaines en amont de l’analyse du séquençage.

Chan Zuckerberg Initiative (CZI), la fondation créée en 2015 par le Dr Priscilla Chan et Mark Zuckerberg (Facebook), investit 32 M$ pour faire progresser l’imagerie biomédicale. Les subventions soutiennent des collaborations et des innovations dans la technologie d’imagerie ainsi que les applications permettant la visualisation des protéines dans les cellules à une résolution quasi atomique. Le financement se répartira comme suit : 17,5 M$ seront alloués à 22 scientifiques de centres de recherche et d’imagerie médicale de 11 pays ; 1,3 M$ iront à BioImaging North America, un réseau international de scientifiques en imagerie couvrant les États-Unis, le Canada et le Mexique ; enfin une enveloppe de 13 M$ sera réservée au programme Frontiers of Imaging pour financer 13 projets d’imagerie des tissus profonds. Les premiers projets pilotes d’une durée de 2 ans et demi comprennent, par exemple, des applications technologiques en microscopie optique, photoacoustique, imagerie quantique, imagerie par résonance magnétique (IRM), ultrasons et rayons X.

Ibex Medical Analytics, pionnier du diagnostic du cancer basé sur l’intelligence artificielle et l’Institut Curie nouent un partenariat de recherche visant à améliorer le diagnostic du cancer du sein grâce à l’IA. Dans le cadre de cette collaboration, un ensemble de données de lames de biopsie mammaire seront numérisées à l’aide d’un scanner de pathologie numérique et analysées pour la détection du cancer par la solution Ibex’s Galen Breast. Indépendamment, plusieurs pathologistes de l’Institut Curie diagnostiqueront les lames, puis analyseront en aveugle les performances de la solution AI.

En vue

Hedi Ben Brahim

est nommé président directeur général de Transgene. Rejoint la biotech après avoir été directeur opérationnel du pôle immunothérapie au sein de l’Institut Mérieux depuis septembre 2018. A cette date, il présidait le Conseil d’administration d’ABL Inc. (CRO/CMO).


Philippe Archinard

devient directeur général délégué, Innovation Technologique et Partenariats Scientifiques à l’Institut Mérieux. Depuis 2005, il occupait le poste de président directeur général de Transgène dont il est toujours membre du conseil d’administration.


Brian Mullan

rejoint Yposkesi au poste de directeur de l’innovation, du développement analytique et des procédés. Cette arrivée intervient au moment où la CDMO double sa surface de production pour fournir les capacités requises aux entreprises de thérapie génique. Généticien, le docteur Mullan dispose de 20 ans d’expérience au sein de Novartis, Eli Lilly ou Sanofi-Aventis.


Christelle Ratignier-Carbonneil

devient directeur général de l’ANSM. Sa nomination a été proposée par le Président de la République et approuvée par les commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat. À cette occasion et afin « d’assurer un meilleur contrôle parlementaire, la commission des affaires sociales du Sénat demande à nouveau un financement des agences sanitaires par le budget de l’État et non par l’assurance maladie».


Les chiffres

260 Mds€

Le marché mondial du diagnostic du cancer qui avoisinait 122 Mds€ en 2018 pourrait atteindre 260 Mds€ fin 2027. (source research&market).

46 Mds€

A l’horizon 2025 le montant total des appareils de monitoring médical des patients devrait atteindre 46 Mds€ soit 16 Mds€ de plus qu’en 2020. (source research&market).

38,7 Mds€

Le marché mondial des dispositifs ophtalmiques devrait atteindre 38,7 Mds€ d’ici 2026. (Source UnivDatos Market Insights).

10,2 Mds€

Le marché mondial de la surveillance continue du glucose (CGM) à l’horizon 2026 (source : Polaris Market). Celui des dispositifs d’autosurveillance de la glycémie devrait quant à lui atteindre 10 Mds€ en 2027. Il était de 7,1 Mds€ en 2019. (Source Allied Market Research).