jeudi 29 octobre 2020


L’essentiel de la semaine du 28 septembre au 5 octobre 2020

Par Rédaction , dans Essentiel , le 2 octobre 2020

Monde

(BIOTECHFINANCES n° 915 Lundi 5 octobre 2020)  Aux Etats-Unis, la biotech de thérapies géniques Orgenesis rachète Koligo Therapeutics spécialisée dans la médecine régénérative. Orgenesis va acquerir la totalité des actions de Koligo auprès de ses actionnaires (les fondateurs et le personnel ainsi que le fonds britannique Bergen pour un total de 15 M$. Le paiement se fera en actions Orgenesis auquel s’ajoute une reprise de passif de 1,3 M$. En pointe sur le développement de thérapies cellulaires personnalisées (autologues), Koligo a lancé son premier produit commercial, Kyslecel, et prévoit de commencer une phase 2 de KT-PC-301 pour le SDRA lié à la COVID-19.

À Barcelone, Kymos absorbe la société allemande Prolytic pour devenir un CRO européen de premier plan. En combinant leurs expertises, les deux entreprises pourront offrir une sélection de services pour le développement de petites et grandes molécules innovantes, de génériques, de biosimilaires, d’anticorps, de biomarqueurs, d’anticorps anti-médicaments (ADA – anti-drug antibodies), de conjugués anticorps-médicaments (ADC – antibody-drug conjugates), d’hormones, d’enzymes et d’acides nucléiques. Les entreprises intensifieront également leur activité sur le marché des thérapies innovantes, la demande pour les protéines recombinantes et les thérapies cellulaires et géniques de pointe étant en plein essor.  Avec cette acquisition, Kymos dispose désormais de trois sites en Europe : Barcelone (Espagne), Ancône (Italie) et Francfort (Allemagne).

Coté

(BIOTECHFINANCES n° 915 Lundi 5 octobre 2020) Après l’échec de sa phase 3 cet été, Genfit (GNFT) arrête son programme clinique d’elafibranor dans la NASH, « puisque la probabilité de succès est trop faible par rapport aux investissements nécessaires ». Conséquence : la biotech lilloise réduit ses effectifs en France et aux États-Unis de 40 % et rationnalise sa R&D en stoppant certains programmes non prioritaires. Elle se recentre sur deux axes. L’étude de phase 3 évaluant elafibranor dans la PBC, un marché estimé à 300 M$. Le recrutement des patients a démarré et les résultats sont attendus début 2023. Et la commercialisation de son dispositif NIS4TM pour le diagnostic de la NASH, un test sanguin présenté comme une alternative à la biopsie. L’accord de licence exclusif signé récemment avec Labcorp permet d’envisager un lancement à grande échelle dès l’année prochaine. L’objectif de Genfit à l’horizon 2021, est de séparer ces activités en créant 2 filiales, la première dédiée au développement de médicaments et la seconde consacrée aux solutions aidant à l’identification et au suivi des patients atteints de NASH. Côté financier, la société proposera un « aménagement » aux porteurs de ses titres OCEANEs, d’un montant nominal de 180 M€ et venant à échéance le 16 octobre 2022 « afin de disposer d’une structure de bilan adaptée à sa nouvelle stratégie ». Fin juin, sa trésorerie s’élevait à 226 M€, et Genfit ambitionne de « réduire de plus de 50 % son rythme de consommation » de cash d’ici 2022.

MedinCell (MEDCL) démarre le premier essai clinique de son programme de prévention contre la COVID-19. Cet essai vise à valider l’innocuité de l’Ivermectine, une molécule déjà largement prescrite dans d’autres indications. Il est réalisé auprès de volontaires sains, 3 cohortes successives de 8 volontaires, à qui on administre une prise quotidienne d’Ivermectine ou de placebo par voie orale pendant 4 semaines. En parallèle, un traitement prophylactique injectable actif 1 mois devrait être prêt à entrer en développement réglementaire avant la fin de l’année et la biotech montpelieroise pourrait ensuite déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché dès 2021.

Poxel (POXEL) annonce des résultats positifs pour sa phase 2a dans le traitement de la NASH avec une réduction de la graisse du foie. L’essai randomisé comptait 120 patients. Chez ceux à qui on a administré par voie orale PXL770, un activateur direct de l’AMPK, une diminution relative moyenne de 18% de la teneur en graisse du foie mesurée par MRI-PDFF, après 12 semaines de traitement a été démontrée. Ces résultats « mettent en évidence le potentiel du PXL770 dans la NASH, en particulier pour les populations à risque (patients diabétiques de type 2) ».

Biocorp (ALCOR), noue un partenariat avec le groupe belge Aardex, spécialiste des solutions d’observance des traitements. En combinant leurs technologies clés, les deux entreprises entendent offrir des solutions innovantes pour les essais cliniques et de nombreuses applications commerciales. Si les termes financiers de l’accord n’ont pas été divulgués, la première étape vise l’intégration de la solution connectée Injay de Biocorp pour les seringues pré-remplies au logiciel d’adhérence MEMS d’Aardex. Le ciblage porte sur les médicaments délivrés via PFS avec des applications potentielles dans les domaines de la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, l’ophtalmologie, le psoriasis ou les maladies cardiovasculaires.

Non coté

Owkin collabore avec l’Institut Carnot CALYM, dans la recherche sur le lymphome, afin de faire progresser la recherche clinique et le développement de médicaments. Des chercheurs de l’Institut, dirigés par le Dr Bertrand Nadel, feront équipe avec la start-up française de e-santé pour développer plusieurs modèles d’apprentissage automatique prédictif basés sur des lames d’histologie numérisées issues d’essais cliniques. Cette collaboration se concentrera sur le lymphome diffus à grandes cellules B, le type le plus courant de lymphome non hodgkinien chez l’adulte (30 à 40 %).

Fondée en 2010 LNC Therapeutics change de nom et devient YSOPIA Bioscience.  Depuis 2018, la biotech bordelaise s’est spécialisée dans le développement de médicaments innovants issus du microbiome et utilisant des bactéries à souche unique. Elle cible plus particulièrement un groupe de bactéries essentielles à la santé humaine : christensenella. YSOPIA Bioscience a obtenu début septembre l’approbation de sa demande d’essai clinique pour le lancement d’une phase 1 dans l’obésité et les maladies métaboliques associées.

PathoQuest spécialisée dans le contrôle qualité des biomédicaments via sa technologie de séquençage et son expertise en génomique, a obtenu auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) l’autorisation administrative d’établissement pharmaceutique. Une démarche réglementaire qui lui permet de s’aligner sur les exigences des big pharmas et des autorités de santé.

Vygon signe un contrat de distribution pour la France avec Vascular Graft Solutions (VGS), société israélienne développant des solutions de chirurgie vasculaire et cardiaque. Les trois produits VGS distribués en France sont : VEST, pour les pontages coronariens, FRAME pour les pontages périphériques et FRAME FR pour la réparation des fistules.

Kurma Partners annonce le closing de son fonds Kurma Diagnostics 2 (KDx2) à 50 M€. Ce fonds aura pour objectif le financement et le développement d’une quinzaine de sociétés de Deeptech spécialisées dans le diagnostic moléculaire de pointe, les dispositifs diagnostiques intelligents et connectés ou d’innovations utilisant l’Intelligence Artificielle. Parmi les LP’s on retrouve les actionnaires historiques de Kurma Partners tels que le Fonds européen d’investissement (FEI), le Fonds national d’amorçage 2 (FNA 2) géré par Bpifrance, BNP Paribas, mais également de nouveaux investisseurs comme le Groupe VYV et Bedex & Associés. Il s’agit du deuxième fonds dédié au diagnostic géré par Kurma Partners, le premier qui avait réuni 35 M€ en 2015 a notamment investi dans DNA Script, Stilla Technologies, Cardiologs ou Feetme.

Bristol Myers Squibb, l’Inserm, à travers le Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (CIML), et l’Institut Carnot CALYM ont signé un partenariat de recherche d’une durée de 4 ans dans le traitement du lymphome. Ce programme de recherche collaborative publique/privee a pour objectif de fournir une première analyse dynamique haute résolution des lymphomes folliculaires et des lymphomes diffus à grandes cellules B, dans leur microenvironnement. Le défi consiste à utiliser des techniques de pointe en matière de caractérisation cellulaire pour décrypter les bases de la physiopathologie de ces cancers.

Les HealthTech Innovation Days (HTID) se tiennent les 5 et 6 octobre à Paris (Hôtel Peninsula) et en ligne. Créées par France Biotech l’an dernier, ces rencontres destinées à favoriser les collaborations au sein de l’écosystème santé accueilleront plus de 500 experts et investisseurs internationaux. La classe politique sera également mobilisée. Le Gouvernement français apporte son soutien à l’événement et le président de la République Emmanuel Macron s’exprimera en ouverture des débats. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’économie et des finances, chargée de l’industrie participera également aux rencontres ainsi que le commissaire européen Thierry Breton et la.présidente de la région Ile-de-France. Valérie Pécresse. L’impact de la COVID-19 sur les systèmes de santé sera bien entendu au cœur des discussions et un espace sera tout particulièrement dédié au domaine des thérapies géniques et cellulaires. Les HTID sont par ailleurs sponsorisées par les laboratoires Amgen, Bristol Myers Squibb, Ipsen, Pfizer, Sanofi, Servier, mais également par des acteurs du monde des affaires comme BDC, Dechert, Financière Arbevel, Invest Securities, Sofinnova Partners et par des institutionnels tels que Bpifrance, Euronext et le LEEM (Les Entreprises du Médicament).

En vue

Philippe Lopes-Fernandes

rejoint Ipsen en qualité de vice-président exécutif, Chief Business Officer (CBO). Basé à Cambridge (États-Unis), il sera responsable du business développement et de la gestion des partenariats et membre du comité exécutif. Il a occupé auparavant des fonctions de responsable au sein de Merck KGaA où il était devenu vice-président senior.


Delphine Joyeux

directrice des affaires réglementaires et assurance qualité chez Inotrem. Elle sera responsable du déploiement des stratégies réglementaires et de la gestion des systèmes qualité de l’entreprise. Avant de rejoindre Inotrem, elle dirigeait les Affaires réglementaires de AB Science et a exercé durant sa carrière au sein de Boehringer-Ingelheim, Servier, Pfizer et Onxeo.


Simon Lambden

directeur médical chez Inotrem, une fonction nouvellement créée. Il sera en charge de la supervision médicale de l’ensemble des activités cliniques. Anesthésiste et chercheur-clinicien en médecine intensive à l’Université de Cambridge il a mené des travaux sur les mécanismes sous-jacents de certaines pathologies graves, récompensés par de nombreux prix.


Les chiffres

Plus de 12 Mds$

Montant estimé du marché du diagnostic compagnon à l’horizon 2027 contre 3,5 Mds$ aujourd’hui.

200 M$

C’est le paiement initial versé par Genentech à la biotech américaine Vaccibody pour la licence sur ses vaccins contre le cancer néo-antigène. Le montant pourrait atteindre 515 M$.

18 Mds$

Selon les experts, le marché des dispositifs de neurostimulation devrait atteindre 18 Md$ d’ici 2030.

84 M$

En 2025, le marché des organes artificiels utilisant technologie de la microfluidique et la culture de cellules vivantes pour reproduire la complexité d’organes humains devrait atteindre 84M$. Il est actuellement de 15,5 M$