mardi 4 août 2020


Monde

La valeur des transactions dans le secteur des sciences de la vie a atteint un record historique à 357 Md$ en 2019, selon la dernière étude « M&A Firepower report, » publiée par le cabinet EY. Quatre « méga-opérations » ont contribué à hauteur de 231 Md$ à ce chiffre : le rachat de Celgene par BMS, la fusion entre Abbvie et Allergan, et les opérations de consolidation entre GE Healthcare et Danaher d’une part et entre Upjohn (Pfizer) et Mylan. Le montant des M&A dans le seul secteur biotech a atteint 23 Md$ l’an passé contre 27 Md$ en 2018.

Coté

Ipsen (IPN) a annoncé la suspension de l’essai clinique de phase 3 mené avec Palovarotène, médicament en développement dans la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), une maladie osseuse rare, suite aux résultats de la dernière analyse de futilité. Celle-ci a en effet conclu que le produit n’atteindrait probablement pas son critère principal, la réduction annuelle du volume des nouvelles ossifications hétérotopiques, par rapport à l’histoire naturelle de la maladie. Le recrutement des enfants de moins de 14 ans avait déjà été suspendu en décembre dernier dans cet essai, pour des raisons de sécurité. Ipsen avait déboursé près d’1Md$ en février 2019 pour acquérir la biotech canadienne Clementia Pharmaceuticals, et son principal produit, le palovarotène. La société a perdu près de la moitié de sa capitalisation boursière depuis, soit environ 5 Mds€.

Theranexus (ALTHE) a publié ses comptes annuels et dévoilé une trésorerie de 9,5 M€ à fin décembre. Une situation financière qui assure à la biotech une autonomie de plus de 12 mois, grâce à la réduction prévue des dépenses de R&D en 2020 avec la fin des essais cliniques dans la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. La société devrait se concentrer sur le développement de BBDF101 dans la maladie de Batten. Theranexus attend des résultats de l’essai clinique de phase 2a avec son produit phare THN102 dans la maladie de Parkinson ce trimestre.

Biophytis (ALBPS) a recruté plus de 50% des patients dans l’étude de Phase 2b SARA-INT, éva- luant l’efficacité de Sarconeos, son candidat médicament le plus avancé dans la sarcopénie. Le principal critère d’évaluation est la vitesse de marche sur 400 mètres, qui représente une mesure de la mobilité du participant. Fin octobre, la biotech parisienne a fait une demande d’amendement du protocole de l’étude SARA-INT auprès de la FDA. Cette étude prévoit de recruter 334 patients. Quand l’amendement sera approuvé par la FDA il y aura une réduction de cet échantillon de patients. La société s’appuie sur les résultats d’une étude observa-tionnelle qui révèle que la dégradation de la mobi- lité des patients sarcopéniques serait plus rapide qu’initialement anticipé (lire Biotech Finances n°877).

Deinove (ALDEI) a annoncé l’inclusion du premier patient dans l’essai de phase 2 testant DNV3837, un antibiotique administré par voie intraveineuse, dans les infections gastro-intestinales à clostridioides difficiles (ICD). Ce pathogène est classé prioritaire par l’OMS. Les résultats finaux de cette étude, concentrée aux États-Unis, sont attendus fin 2020.

Mauna Kea Technologies (MKEA) a reçu une nouvelle autorisation 510(k) de la Food and Drug Administration (FDA) pour la commercialisation du Cellvizio avec un marqueur fluorescent. Il s’agit de la 17e autorisation 510(k) reçue de la part de la FDA pour la plateforme multidisciplinaire d’endomicroscopie qui permet une visualisation directe des tissus au niveau cellulaire. Sur le 4e trimestre, les ventes du Cellvisio et des services associés ont reculé de respectivement 55% et 39%, compensées en partie par les ventes de consommables, dans le cadre du programme « pay-per-use » en croissance de 22%. Au final, les revenus de la medtech parisienne ont baissé de 20% à 1,7 M€ sur le dernier trimestre 2019 mais ont progressé de 10% à 7,4 M€ sur l’ensemble de l’exercice.

DBV Technologies (DBV) a annoncé une augmentation de capital de 154M$ (140 M€) par le biais d’une offre publique aux États-Unis, au prix de 10,25 $ par ADS (une action équivaut à deux ADS), et d’un placement privé en Europe, au prix de 18,63 €. La biotech française, qui disposait de 172 M€ à fin décembre, compte, avec cette opération, repousser d’environ six mois son autonomie financière, jusqu’au 1er trimestre 2021. Cotée sur Euronext et sur le Nasdaq, DBV attend pour le 5 août le verdict de la FDA concernant l’approbation et l’enregistrement aux États-Unis de son patch Viaskin Peanut destiné à la désensibilisation aux allergies à l’arachide.

Onxeo (ONXEO) a annoncé la signature d’un accord de recherche clinique avec l’Institut Gustave Roussy, pour mener un essai clinique, baptisé REVOCAN, visant à évaluer l’efficacité d’AsiDNA, le candidat-médicament phare d’Onxeo, dans le traitement du cancer de l’ovaire chez les patientes ayant développé une résistante au niraparib, un médicament de la classe des inhibiteurs de PARP (PARPi), approuvé en seconde ligne et en récidive dans cette indication. L’objectif de l’essai est de démontrer la capacité d’AsiDNA à abroger cette résistance acquise. L’association d’AsiDNA, une molécule qui inhibe les mécanismes de réparation de l’ADN, avec les PARPi, qui agit également sur la réparation de l’ADN tumoral, est un axe stratégique pour la biotech parisienne. AsiDNA est actuellement en phase 1b (étude DRIIV) dans différentes tumeurs solides, avec une nouvelle salve de résultats intermédiaires attendus ce trimestre.

GeNeuro (GNRO) vient de lever 17,5 M€ via un placement privé réalisé auprès d’investisseurs institutionnels, dont l’Institut Mérieux. Ainsi, la biotech suisse, dont la position de trésorerie s’élevait à 5,9 M€ au 31 décembre 2019, prolonge sa capacité financière jusqu’à mi-2022. Cette nouvelle visibilité va lui permettre de mener à terme l’essai clinique avec temelimab, son produit phare, mené avec le Karolinska Institutet (Stockholm), chez des patients atteints de sclérose en plaques (SEP) et dont le handicap progresse sans crises inflammatoires. Débutée en décembre, cette étude fait suite aux résultats de ANGEL-MS, une extension de phase 2 dans la SEP qui a démontré des résultats positifs après deux ans sur la progression de la maladie. Cette étude fournira des informations sur l’innocuité du temelimab à des doses plus élevées. Les résultats sont attendus au second semestre 2021.

Sequana Medical (SEQUA) lève 19 M€ pour financer la poursuite de l’essai pivot américain mené avec son Alfapump dans le traitement de l’ascite due à la cirrhose du foie, et d’un essai européen chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque qui ont cessé de répondre aux diurétiques. Totalement implantable et sous-cutané, l’Alfapump collecte les ascites réfractaires (accumulation chronique de liquide dans l’abdomen) dues à une cirrhose du foie, et les transporte vers la vessie, où elles sont éliminées naturellement. En 2019, la medtech suisse représente l’unique introduction en bourse du secteur sur Euronext (lire Biotech Finances n°842).

Theraclion (ALTHE) a publié un chiffre d’affaires de 2,78 M€ en 2019, en croissance de 44%. Pour sa première année de vente, la solution Sonovein (traitement des varices) a représenté près de 25% du total. La medtech, spécialisée dans les équipements médicaux pour le traitement par échothérapie, a apporté des précisions sur sa situation de trésorerie à la suite de la chute d’environ 8% de son cours de bourse cette semaine. Sa trésorerie disponible était de 1,4 M€ au 31 décembre 2019. En février 2019, Theraclion a signé un accord de financement de 11,8 M€ sur 3 ans en 3 tranches. La tranche 1 de 4,8 M€ a été levée à la signature de cet accord. Les tranches 2 et 3, s’élevant respectivement à 3 M€ et 4 M€, n’ont pas été exercées à ce jour. Theraclion estime donc que l’exercice de ces 2 tranches lui permettront de couvrir ses besoins de trésorerie jusqu’à fin 2021 et d’atteindre une croissance des ventes de 30% à 50% en 2020.

Non coté

Cynbiose a obtenu un financement de 1,9 M€ dans le cadre du programme d’Investissement d’Avenir (PIA) destiné au lancement de la « filière d’excellence » Cynbiome. CRO spécialisé dans les modèles animaux pour la recherche préclinique se consacrera, dans le cadre de Cynbiome, à la mise au point d’un modèle de primate non-humain dédié à l’étude du microbiome et des maladies infectieuses humaines. L’objectif est plus particulièrement la validation préclinique de l’innocuité des produits biothérapeutiques vivants (PBV) puis les études de l’effet du microbiome comme biomarqueur de l’efficacité des molécules anti-infectieuses. Les sociétés ABL, AMA Research Solutions, Biose, Maat Pharma, Biofortis, Viroscan3D et les institutions de recherche BIOASTER CarMen, CIRI, SFR Biosciences et Virnex sont associés à Cynbiome. Le projet est également labellisé par Lyonbiopôle.

Yposkesi a produit les lots cliniques du vecteur lentiviral G1XCGD, dans le cadre d’un essai clinique académique bénéficiant à des patients souffrant de granulomatose septique chronique liée à l’X, une maladie génétique provoquée par une mutation sur l’un des cinq gènes qui permettent aux lymphocytes d’attaquer et de détruire les bactéries et les champignons grâce à un mécanisme chimique. Cet essai est piloté par l’Université de Californie et bénéficie d’un très grand nombre de soutiens académiques et publics, dont celui de l’AFM-Téléthon. CDMO lié au Généthon, Yposkesi est spécialisé dans la production de vecteurs viraux.

En vue

Delphine Barthes

prend la responsabilité des opérations d’Edelris à Lyon et dirigera deux des unités opérationnelles de la CRO. Avant de rejoindre Edelris, elle était VP senior du marketing stratégique au sein du groupe Solvay.


Richard Malamut

a été nommé au conseil médical de Medincell. Directeur médical de la société Collegium Pharmaceuticals, il a été vice-président senior du développement clinique mondial de Teva Pharmaceuticals, de 2013 à 2016, dans différentes aires thérapeutiques, dont la douleur, l’oncologie et la neuropsychiatrie.


Christophe d'Enfert

est nommé directeur scientifique de l’Institut Pasteur, sur proposition du Pr Stewart Cole, directeur général de l’Institut. Il succède ainsi au Pr Olivier Schwartz à ce poste.


Les chiffres

322 M€

C’est le montant investi dans le capital de 102 sociétés innovantes. L’établissement public a notamment renforcé son investissement dans DNA Script spécialisée dans l’ADN de synthèse, Ynsect fabricant de protéines d’insectes ou BioSerenity.

+48%

C’est la hausse des cessions réalisées en capital innovation pour un montant global de 178 M€. Six opérations concentrent 150M€ de ces produits de cessions dont Therachon rachetée au printemps par Pfizer.

1,3 Md€

C’est le montant d’aides et de prêts à l’innovation à environ 6000 entreprises. C’est 8% de plus qu’en 2018 en raison des dispositifs destinés aux chercheurs et entrepreneurs de la Deeptech.