vendredi 18 septembre 2020


Monde

L’Institut Pasteur a présenté des avancées récentes en matière de développement d’un de ses candidats vaccin, le MV-SARS-CoV-2, utilisant le vecteur rougeole, dans le cadre d’un partenariat renouvelé avec la CEPI. Le développement de MV-SARS-CoV-2 est conduit en partenariat avec la biotech autrichienne Themis qui assure la production des lots précliniques et cliniques. Le rachat cette semaine de Themis par Merck devrait permettre d’accélérer le développement et garantir une production à grande échelle. La priorité est aujourd’hui la mise en œuvre la plus rapide possible des essais cliniques. L’Institut Pasteur a signé un protocole d’accord avec la CEPI et le groupe pharmaceutique américain visant à garantir l’accès mondial au vaccin, quel que soit le niveau de revenu des pays.

C4Diagnostics (tests de diagnostic in vitro pour les maladies infectieuses), Bertin Technologies, filiale du groupe CNIM et Enalees (diagnostic point-of-care moléculaire des maladies infectieuses chez les animaux) ont conclu un partenariat pour développer des tests rapides du SARS-CoV-2. Dans un premier temps, les trois partenaires ont conçu une version visant à détecter en quinze minutes la présence du virus dans l’environnement, à l’extérieur et à l’intérieur. Une première livraison est déjà prévue pour les marins-pompiers de Marseille. Parallèlement, une version destinée à tester les personnes a été soumise pour validation au Centre national de référence des virus des infections respiratoires, dont le retour est attendu d’ici quelques semaines.

Novavax débourse plus de 167 M$ pour racheter le fabricant tchèque Praha Vaccines et mettre ainsi la main sur une usine de 150 000 m2 équipée pour la fabrication de vaccins et de produits biologiques. Cette acquisition financée par une subvention de 384 M$ de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), portera la capacité de fabrication de vaccins de Novavax au-dessus du milliard de doses d’ici 2021. En parallèle, la biotech américaine noue un partenariat avec le Serum Institute of India pour augmenter la production sur le site de Praha.

AstraZeneca a reçu de l’Autorité pour la recherche et le développement avancé dans le domaine biomédical (Barda) une contribution d’1,2 Md$ pour la mise au point et la fabrication à grande échelle d’un vaccin contre COVID-19, développé en collaboration avec l’université d’Oxford.

Generation Bio annonce une IPO sur le Nasdaq de 125 M$ pour développer les thérapies géniques 2.0. La biotech dont le pipeline est au stade préclinique, compte sur cette levée de fonds pour faire avancer ses candidats médicaments dans le traitement des maladies du foie et lancer un essai clinique. L’opération fait suite à une série C de 110 M$ réalisée en  janvier et qui devait servir à financer ses principaux programmes: des thérapies ciblant le foie pour l’hémophilie A et la phénylcétonurie (PCU).

Aux États-Unis, Bayer négocie actuellement des accords verbaux afin de résoudre à l’amiable une partie des 125 000 poursuites judiciaires en cours contre son herbicide Roundup. A base de glyphosate, ce désherbant a été classé comme “cancérogène probable” dès 2015 par l’OMS. Il s’agit du produit phare de Monsanto racheté en 2018 par le groupe allemand pour 63 Mds$. Bayer qui a provisionné 10 Mds$ afin de régler l’ensemble des procès aux États-Unis et dans le reste du monde, pourrait dévoiler en juin une partie des accords conclus avec les plaignants. Bien qu’aucun d’entre eux n’est encore signé, à la Bourse de Francfort le cours de Bayer a rebondi cette semaine de 8%.

 

Coté

Argenx (ARGX) a levé 750 M$ sur le marché. L’opération a pris la forme d’une offre publique aux Etats-Unis et d’un placement privé en Europe. Cotée à la Bourse de Bruxelles et au Nasdaq, la biotech gantoise affiche une capitalisation boursière de plus de 9 Mds$. Son cours a pris 30% en quel- ques jours en raison du succès de la phase 3 de son produit efgartigimod chez des patients atteints de myasthénie grave (gMG). Ce qui a conduit la biotech  à demander l’approbation de la FDA d’ici la fin de l’année. En parallèle, elle étudie l’utilisation d’efgartigimod dans trois indications autres que le gMG et prévoit de divulguer une 5e indication prochainement. Les données de la phase 3 ajoutent des preuves que l’efgartigimod peut jouer un rôle dans les maladies auto-immunes.

Lysogene (LYS) et Novasep fournisseur de services et de technologies pour l’industrie des sciences de la vie, signent un contrat pour le développement et la fabrication de LYS-GM101. Il s’agit d’un candidat médicament de thérapie génique utilisant le AAVrh 10 destiné au traitement de la gangliosidose à GM1, une maladie neurodégénérative de surcharge lysosomale rare. Avec cette collaboration, les deux sociétés consolident leur partenariat de longue date amorcé avec le développement et la fabrication du LYSSAF302, produit de thérapie génique actuellement en phase clinique 2/3 et le plus avancé dans le pipeline de la biotech qui cible les maladies du système nerveux central.

OSE Immunotherapeutics (OSE) obtient un prêt garanti de 7 M€ auprès notamment de Bpifrance, BNP Paribas, CIC, Crédit Mutuel. Ce prêt garanti à hauteur de 90 % par l’État français présente une maturité initiale de 12 mois assortie d’une option d’extension de 5 ans (soit jusqu’à mai 2026).  Ce financement permet à la biotech nantaise spécialiste de l’immuno-oncologie, d’étendre sa visibilité financière du premier au 3e trimestre 2021 et de faire ainsi avancer ses programmes de développement préclinique et clinique.

Oncodesign (ALONC) et HitGen nouent un partenariat stratégique dans le cadre de leur nouvelle offre de service commune de “drug discovery” intégrée (IDDS). Cette alliance entre la société dijonnaise spécialisée dans le domaine du cancer et des maladies inflammatoires, et la biotech chinoise  porte sur l’accès et le développement de nouvelles petites molécules depuis la recherche de hits jusqu’à la préparation du dossier d’autorisation d’essai clinique chez l’homme.

Inventiva (IVA) reçoit l’approbation de la China National Intellectual Property Administration (CNIPA) pour un nouveau brevet en Chine jus-qu’en juin 2035. Il couvre entre autres, l’utilisation de lanifibranor, le candidat médicament le plus avancé de la biotech, pour le traitement de la NASH, la fibrose hépatique, l’insuffisance rénale chronique et le trouble fibrotique pulmonaire. Inventiva dispose actuellement de brevets pour lanifibranor en Asie, aux États-Unis et en Europe.

Mauna Kea Technologies (MKEA) annonce que le comité “technologies et évaluation de la valeur” (TAVAC) de la société américaine des chirurgiens gastro-intestinaux et endoscopiques (SAGES)  recommande Cellvizio, sa plateforme d’endomicroscopie laser confocale par minisonde et par aiguille. Dans son étude il confirme ainsi la sécurité et l’efficacité de l’endomicroscopie laser confocale comme outil de diagnostic pour l’évaluation des pathologies gastro-intestinales.

MedinCell (MEDCL) emprunte 10,9 M€ auprès de la Banque Populaire du Sud et BNP Paribas. Il s’agit d’un Prêt Garanti par l’État avec une maturité initiale de 12 mois au taux de 0,25% et une option d’extension de 5 ans. Ce financement va per- mettre à la biotech montpelliéraine de retrouver un niveau d’activité normal et d’avancer rapidement sur son programme Covid-19, qui vise à développer un traitement de protection contre le virus (prophylaxie).

Onxeo (ONXEO) va démarrer son étude RE-Vocan de phase 1b/2 dans le traitement d’entretien de 2e ligne du cancer de l’ovaire en récidive. Son candidat médicament AsiDNA, un inhibiteur “first-in-class” de la réparation de l’ADN tumoral, va être testé sur la résistance acquise par les patientes au niraparib, un inhibiteur de PARP (PARPi). Cette étude a reçu l’approbation de l’ANSM et du comité de Protection des Personnes (CPP). REVocan débutera dans trois centres français : Gustave Roussy à Paris, promoteur de l’étude dans le cadre d’un accord de recherche clinique conclu avec Onxeo début 2020 ; l’Institut de Cancérologie de l’Ouest à Nantes et les Hospices Civils de Lyon. Les premières patientes pourraient être recrutées dès le 3e trimestre 2020, dans l’objectif d’obtenir des résultats préliminaires en fin d’année 2020 ou tout début 2021.

Non coté

Lactips lève 13 M€ auprès de Bpifrance et “Diamond Edge Venture”, le fonds d’investissement de Mitsubishi Chemical Holdings. La biotech verte est spécialisée dans la production d’un bio-plastique soluble ne laissant aucune trace dans l’environnement. Cette levée de fonds, va lui permettre d’accélérer sa phase d’industrialisation via une nouvelle usine en 2021 et d’accéder à des marchés de masse (alimentaire, construction, plastiques à usage unique, pelliculage…). Avec 20 M€ levés depuis sa création, la biotech basée dans la Loire rassemble autour de ses co-fondateurs des actionnaires institutionnels (Bpifrance, Demeter, BNP Paribas Développement, Crédit Agricole Loire Haute-Loire) et industriels amenés à soutenir son développement commercial (BASF Venture Capital, Mitsubishi Chemical Holdings).

Signia Therapeutics décroche une subvention de 2,38 M€ auprès de la Commission Européenne dans le cadre de l’appel à projets “EIC Accelerator Phase 2 » (Instrument SME), pour le développement de sa plateforme SIGNATURA dédiée au repositionnement de médicaments. Il permettra d’accélérer le la validation de molécules antivirales de nouvelle génération.

GliaPharm lève 1,4 M€ auprès de l’Américain Gliaven LLC. Cette somme s’ajoute à un financement auprès d’investisseurs privés, ce qui porte à 1,9 M€ le montant total collecté par la biotech genevoise spécialisée dans le trouble métabolique génétique rare ciblé. Ce financement ouvre la porte au développement de nouvelles approches thérapeutiques pour des pathologies clés liées à des déficiences du métabolisme cérébral, comme la démence ou la maladie d’Alzheimer. Spin-off de l’EPFL et créée en 2016, la société annonce d’ores et déjà la préparation d’un tour de table plus important.

En vue

Patrice Denèfle

est nommé directeur scientifique de 4P-Pharma. Avant de rejoindre la biotech lilloise il a dirigé et l’Institut Roche et a occupé plusieurs postes à responsabilité chez Sanofi et Ipsen. Il a également été directeur scientifique de Généthon, une biotech à but non lucratif financée par l’association de patients AFM-Téléthon.


Xavier Amores

rejoint l’équipe de Galapagos France, en tant que directeur médical. Après avoir exercé en tant que médecin généraliste pendant quatre ans, il a réalisé toute sa carrière dans l’industrie pharmaceutique en France et à l’international.


Lise Alter

devient directrice de l’évaluation médicale, économique et de santé publique à la HAS. Médecin et titulaire d’un master en gestion des services de santé, elle a notamment passé 4 ans au sein de la division oncologie de Lilly France avant d’intégrer le ministère de la santé en 2018 pour être en charge de l’innovation, la recherche clinique et la télémédecine.


Petra Zalabak

intègre le comité exécutif de Guerbet (GBT), en tant que Directrice des Ressources Humaines Groupe. Avant de rejoindre le spécialiste mondial de l’imagerie médicale en 2018, cette Franco-tchèque avait travaillé au sein de sociétés telles que Bourjois/Chanel, E. Leclerc et plus récemment AstraZeneca.


Les chiffres

20 Mds$

C’est le montant des 6 plus importants deals medtech réalisés en 2019 selon le site Evaluate. Sur l’année, il y a eu au niveau mondial 152 opérations de fusions acquisitions sur ce segment de marché représentant un total de 49,5 Mds$... loin du sommet de
128 Mds$ atteint en 2015.

2

Juste avant la journée du 30 mai dédiée à la sclérose en plaques, la biotech américaine Atara a publié les résultats d’une phase 1 dans cette indication montrant que 2 patients sur 6 ayant reçu son produit l’ATA188 ont vu leur maladie s’inverser.

11,7 Mds$

C’est le prix que Sanofi tirera de la cession sur le marché de sa participation de 20% dans Regeneron. Le prix a été fixé à 515 $ par action, contre un cours d’environ 165 $ en 2013 lors de l’entrée au capital du laboratoire français. De son côté, la biotech américaine rachète près de la moitié du bloc de Sanofi pour 5 Mds$.