mardi 7 avril 2020


Lettre n° 884

L’essentiel de la semaine du 20 au 26 janvier 2020

Par Rédaction , dans Essentiel , le 26 janvier 2020

Monde

Moderna (MRNA) pourrait mener des essais sur les humains dès avril pour tester un vaccin contre le mystérieux virus récemment apparu en Chine. Le Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a confirmé la collaboration en cours entre son centre de recherche sur les vaccins et la biotech américaine, pionnière des thérapies conçues à partir d’ARN messagers, pour faire face au coronavirus. Moderna compte pas moins de six développements en cours dans le champs des vaccins prophylactiques, dont le plus avancé, ciblant le cytomégalovirus, est entré en phase II.

La FDA rendra son verdict, concernant la demande d’autorisation de mise sur le marché d’OCA, le produit phare d’Intercept (ICPT), dans la NASH (stéatohépatite non-alcoolique), le 26 juin prochain, soit un retard de trois mois par rapport à la date provisoire initialement fixée par l’agence américaine. La biotech américaine avait déjà indiqué mi-décembre que le comité consultatif (AdCom), qui se tient préalablement aux décisions de la FDA, ne se réunirait que le 22 avril. Ce retard n’est donc pas une surprise. De son côté, Genfit prévoit de dévoiler les résultats de l’étude RESOLVE-IT, phase III évaluant son produit phare Elafibranor, dans la NASH, dans le courant du 1er trimestre.

Le groupe anglo-suédois AstraZeneca annonce un investissement pluriannuel de plus de 500 M$ en France. Cet investissement comprendra cinq volets : le développement industriel avec son site de Dunkerque, le renforcement de sa stratégie de R&D en France, l’implantation d’un Hub Européen de l’Innovation à Paris, la mise en place d’un partenariat stratégique avec L’Ascenseur pour l’accès à l’emploi des jeunes, ainsi que la limitation de son empreinte environnementale. Cet investissement s’étendra sur 5 ans et pourrait amener la création de près de 150 emplois.

Heparegenix lève 11 M€ auprès de ses investisseurs historiques, Boehringer Ingelheim Venture Fund GmbH (BIVF), Novo Holdings A/S, le « High- Tech Gruenderfonds », Coparion et Ascenion. Biotech allemande, basée à Tubingen, Heparegenix développe des thérapies regeneratives ciblant les pathologies du foie. Encore en préclinique, ses candidats-médicaments sont des inhibiteurs de la proteine kinase 4 impliquée dans les capacités régé- neratives des hépatocytes. La société avait levé 9 M€ en série A en 2017.

Coté

Gensight (SIGHT) dévoile ses comptes 2019 avec une trésorerie nette de 19,2 M€ à fin décembre qui lui laisse une autonomie financière jusqu’en novembre prochain, selon les dirigeants. La biotech, qui développe une thérapie génique pour le traitement de la neuropathie optique héréditaire de Leber, indique par ailleurs qu’elle compte déposer une demande de mise sur le marché pour son produit phare Lumevoq (GS010) au 3e trimestre 2020 auprès de l’Agence Européenne du Médicament (EMA).

Abivax (ABVX) annonce que la FDA a accédé à sa demande d’IND et peut désormais inclure des patients américains dans l’étude de phase IIb actuellement menée avec son produit phare ABX464 dans la rectocolite hémorragique. Cet essai est déjà en cours de recrutement, en Europe et au Canada. Il devrait être ouvert aux États-Unis dans le courant du 2e trimestre. ABX464 fait l’objet d’une autre phase II dans la polyarthrite rhumatoïde et devait également entrer en phase II prochainement dans la maladie de Crohn.

Noxxon (ALNOX) lève 0,5 M€ dans le cadre d’un placement privé au prix de 0,51 € par action. Cette opération fait suite à un refinancement de 0,5 M€ également annoncé le 14 janvier dernier. Spécialisée en oncologie, avec sa plateforme de spiegelmer, polymères composés d’ARN synthétique simple brin, qui cible le microenvironnement tumoral, Noxxon attend des résultats cliniques avec son produit NOX-A12 dans le glioblastome, au 2e trimestre, ainsi que dans une indication « secrète » avec le soutien d’un partenaire industriel « mystère », avec probablement des résultats et une décision de licence cette année.

Genomic Vision (GV) annonce que sa technologie de peignage moléculaire, outils d’étude des modifications du génome, sera utilisée par le National Institute of Standards and Technology (NIST). Cette agence gouvernementale américaine, attachée au département du Commerce, utilisera les outils de la biotech parisienne, pour caractériser et quantifier les événements d’édition du génome, voulus et non voulus, comme outil de contrôle.

Deinove (ALDEI) engage la production d’un nouveau lot industriel de Phyt-N-Resist, son premier ingrédient cosmétique propriétaire. Il s’agit d’un caroténoïde incolore aux propriétés antioxydantes et régénératives cliniquement démontrées. La société qui développe des antibiotiques innovants et des ingrédients actifs biosourcés pour la cosmétique et la nutrition a noué des partenariats pour la distribution de cet actif à base de Phytoène avec Solvay en Amérique du nord, Asie et Amérique latine, et avec Univar en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Bone Therapeutics (BONE) publie une trésorerie nette de 8,6 M€ à fin décembre qui assure son autonomie financière jusqu’au 3e trimestre 2020 selon ses dirigeants. La biotech belge, spécialisée dans les thérapies cellulaires pour le traitement des maladies osseuses, annonce par ailleurs que le recrutement des patients dans l’essai clinique de phase III, évaluant son produit JTA-004, dans le traitement des douleurs du genou provoquées par l’arthrose, devrait démarrer ce trimestre, avec des résultats préliminaires prévus au 2e trimestre 2021. Enfin, Bone espèrer démarrer un essai clinique en Europe avec sa thérapie cellulaire allogénique ALLOB, dans l’indication des fractures du tibia avec retard de consolidation, dans le courant du 2e trimestre 2020.

Non coté

Seekyo a bouclé une première levée de fonds de 800 000 €, auprès de business-angels, ainsi que du Fonds Européen d’Investissement (prêt amorçage) et de Bpifrance, via le frenchtech seed. Ces fonds vont permettre à la startup, spécialisée dans les chimiothérapies de nouvelle génération, d’accélérer le développement de son candidat-médicament phare ciblant les tumeurs solides. Développé à partir d’une plateforme moléculaire, le candidat-médicament est transporté à travers l’organisme sous la forme de vecteurs thérapeutiques qui détectent la tumeur et déclenchent son activité anticancéreuse uniquement dans les tissus malins, réduisant ainsi les effets indésirables.

Inotrem annonce la signature d’un accord de licence mondial avec le groupe Roche pour un test « diagnostic-compagnon » s’appuyant sur une protéine plasmatique soluble (sTREM-1). Inotrem et la Roche Diagnostics développent conjointement depuis 2017 un test in vitro pour mesurer la protéine sTREM-1 dans les échantillons plasmatiques de patients atteints de choc septique.

Advanced Biodesign rejoint le consortium ENHPATHY dédié à la recherche sur les « éléments génétiques cis-régulateurs » (« enhancers » ou « amplificateurs ») d’expression génique et leur rôle dans des pathologies telles que le cancer, les maladies inflammatoires, l’obésité, le diabète et les troubles du développement. Les travaux de ce consortium, qui réunit 27 participants académiques et industriels, débutera en mars et bénéficie d’un financement de 4 M€ sur quatre ans de la part de la part de la Commission Européenne via le programme Actions Marie Sklodowska-Curie.

Luxia Scientific annonce une levée de fonds de 700 K€, collectés en partie sur la plateforme Wiseed et auprès d’investisseurs privés dont Matmut Innovation. La biotech qui commercialise déjà le test de perte de diversité du microbiote intestinale 1test1, compte investir dans de nouveaux programmes de R&D, ciblant notamment la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson.

Pathoquest obtient la certification de conformité aux BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire) délivrée par l’ANSM. Spécialisée dans les prestations de testing génomique pour la bioproduction (thérapies cellulaires et géniques, vaccins et protéines recombinantes, etc.), la biotech parisienne devient la première entreprise en France, à recevoir ce certificat de la part de l’ANSM pour le test de sécurité virale par Next Generation Sequencing (NGS).

ACS Biotech lance une nouvelle campagne de financement participatif après le succès des deux précédentes. La levée de fonds se déroule sur la plateforme Happy Capital avec pour objectif de récolter 600 00 € avant juin. Ses fonds permettront à l’entreprise lyonnaise, spécialisée dans la réparation du cartilage, de poursuivre les développements cliniques pour le traitement de l’arthrose.

En vue

Agnès Firmin Le Bodo

La députée UDI, Seine-Maritime, auteure d’un texte de loi pour l’ouverture du marché du travail aux personnes atteintes de diabète (population ostracisée dans certains métiers) est saluée par la Fédération Française des Diabétiques en raison de son engagement pour leur cause.


David E. Moller

Ce médecin-chercheur en endocrinologie rejoint Poxel au poste de directeur scientifique et contribuera à renforcer la présence aux États-Unis de la biotech lyonnaise. Basé à
Boston, il a notamment travaillé 12 ans chez Ely Lilli, entre autres comme VP business
development.


Antoine Bara

devient directeur général de Supersonic Imagine (SSI) en lieu et place de Michèle Lesieur, partante avec effet immédiat. Antoine Bara, 48 ans, possède une solide expérience dans les secteurs des logiciels et de la santé. Il a rejoint le groupe Hologic en 2018 pour diriger les opérations françaises.


Les chiffres

1,3 Md£

C’est le montant collecté par l’industrie de la biotech britannique en 2019, soit l’une des trois plus belles performances depuis 2012. L’étude a été menée par la Bioindustry Association (BIA), l’équivalent de France Biotech pour la Grande-Bretagne.

26,8 M€

C’est le CA 2019 publié par Supersonic Imagine (SSI) en hausse de 9%. Sur son premier marché, la Chine, la medtech aixoise, spécialisée dans l’imagerie médicale par ultra-sons, a enregistré une croissance de 28%.

33%

C’est la progression du CA de Oncodesign (ALONC) en 2019 à 26,7 M€. Pour 2020, la biotech dijonnaise va mettre en place 3 business units, pour distinguer ses activités de service, de R&D, et d’intelligence artificielle.