jeudi 12 décembre 2019


Monde

Achilles Therapeutics a annoncé la clôture d’un financement de série B de 100 M£, mené par l’investisseur américain RA Capital Management et suivi par Syncona, Forbion, Invus, Perceptive Advisors et Redmile Group. La biotech britannique développe des immunothérapies personnalisées contre le cancer. Avec sa plateforme bio-informatique PELEUS, Achilles utilise les données de séquençage de l’ADN de chaque patient pour identifier des néoantigènes clonaux qui lui sont spécifiques, puis développer des thérapies personnalisées à base de lymphocytes T ciblant ces néoantigènes. Les programmes d’Achilles devraient entrer en clinique cette année.

Pharma In Silica annonce un financement de démarrage de 1,4 M$, avec quatre investisseurs individuels. La jeune entreprise québécoise met au point un nanovecteur en silice, une technologie développée initialement pour des applications cosmétiques par la société de chimie fine SiliCycle. Ces sphères de silice auront pour objectif de diminuer la toxicité et d’augmenter l’efficacité des médicaments de chimiothérapie. Les études précliniques sont prévues pour fin 2020.

Coté

MedinCell (MEDCL) reçoit une nouvelle subvention de la Fondation Bill & Melinda Gates pour développer un traitement injectable à action prolongée pour la prévention du VIH (PrEP). C’est le deuxième programme de MedinCell à recevoir le soutien de la fondation, le premier concernant la formulation d’un contraceptif injectable actif pendant six mois. La semaine dernière, la biotech a signé un partenariat dédié à la santé animale avec la société américaine Cornerstone Animal Health, portant sur deux produits en phase de formulation, qui pourraient être prêts pour le développement clinique d’ici 2020 (lire Biotech Finances no 866).

Quantum Genomics (ALQGC) reçoit un retour positif de la FDA concernant le plan de développement et les protocoles de phase III du firibastat chez des patients présentant une hypertension artérielle résistante. Au cours de l’étude de phase IIb, le firibastat avait atteint le critère principal et réduit de manière significative la pression artérielle à des niveaux cliniquement pertinents. Cette étude de phase III devrait démarrer avant la fin de l’année 2019, avec des résultats attendus pour le second semestre 2021.

Celyad (CYAD) annonce l’administration de la première dose de CYAD-01, le CAR-T autologue le plus avancé de son pipeline, fabriqué via le procédé de production OptimAb, dans l’étude de phase I DEPLETHINK. Ce nouveau procédé est basé sur un temps de culture cellulaire réduit et incorpore un inhibiteur sélectif PI3K. Ainsi, le produit obtenu est enrichi en cellules T, promesse d’une meilleure activité anti-tumorale que CYAD-01. Les résultats préliminaires de cet essai sont attendus d’ici la fin de l’année.

Stentys (STNT) annonce que le président du Tribunal de commerce de Bobigny a ouvert une procédure pour préparer la liquidation amiable de la medtech parisienne, qui sera proposée prochainement aux actionnaires, et a procédé à la désignation, en qualité de mandataire ad hoc, la SCP Abitbol & Rousselet. En juillet dernier, la société a échoué à nouer un partenariat stratégique pour poursuivre ses activités. Entrée en bourse en 2010, Stentys, qui développe des stents de nouvelle génération auto-apposants et imprégnés, souffre de la baisse générale des prix de vente de stents en même temps que de la hausse de ses coûts de production.

Valbiotis (ALVAL) annonce des résultats complémentaires positifs de l’étude de phase IIa2 menée avec Valedia, avec une efficacité sur de nombreuses anomalies du métabolisme glucidique et lipidique. Ainsi, Valedia réduit significativement le taux de triglycérides sanguins, l’index de stéatose hépatique, l’hypertension artérielle, et le taux sanguin de LDL cholestérol. Ces quatre paramètres figuraient parmi les critères secondaires de l’étude. Auparavant, les premiers résultats avaient démontré une réduction significative de l’hyperglycémie, du poids corporel et du tour de taille versus placebo.

OSE Immunotherapeutics (OSE) publie une trésorerie disponible de 26,5 M€ au 30 juin 2019, s’assurant une visibilité financière jusqu’à fin 2020. Au cours de ce semestre, la biotech nantaise a généré 25 M€ via des paiements d’étapes liés à ses partenariats. 15 M€ proviennent de Boehringer Ingelheim pour l’obtention de l’autorisation de l’essai clinique de phase I avec BI 765063 ; 10 M€ de Servier pour la première option de l’accord de licence mondial concernant OSE-127, un anticorps monoclonal ciblant le récepteur IL-7. OSE annonce ainsi poursuivre sa stratégie de partenariats, permettant de générer des revenus non dilutifs pour financer ses programmes de R&D.

Non coté

LNC Therapeutics annonce une levée de fonds totale de 6,2 M€. La biotech bordelaise a réalisé une augmentation de capital de 4,9 M€ auprès de ses investisseurs historiques, dont Seventure Partners. Dans le même temps, elle a reçu 5 k€ via une subvention de la Région Nouvelle-Aquitaine, et 8 k€ de Bpifrance dans le cadre de son programme Deeptech. LNC Therapeutics développe une souche de la bactérie Christensenella pour le traitement de l’obésité et des maladies métaboliques. La biotech va dorénavant se concentrer sur le dépôt d’une demande d’IND (Investigationnal New Drug) et le lancement de premiers tests sur l’homme en 2020 (lire Biotech Finances no 839).

TreeFrog Therapeutics reçoit 3 M€ de financement non dilutifs, dont 450 k€ liés au concours d’innovation i-Nov, ainsi qu’un financement de 2,4 M€ via le dispositif Instrument PME (désormais EIC Accelerator). Ce financement va permettre d’accélérer la certification BPF (Bonnes pratiques de fabrication) et l’industrialisation de C-Stem, la technologie de la biotech bordelaise pour la production en masse de thérapies cellulaires. TreeFrog prévoit de livrer ses premiers lots en qualité clinique d’ici 2021. Cette opération intervient cinq mois après une série A de 7 M€ (lire Biotech Finances no 856).

Peptinov vient de lever 1 M€ auprès de l’Ircem Prévoyance, quelques mois après avoir obtenu 600 k€ via une campagne de crowdfunding, et 150 k€ issus d’investisseurs privés. Ces fonds serviront à financer l’entrée en phase clinique de son vaccin immuno-modulateur anti IL-6, qui sera initié en 2020 sur une indication d’arthrose du genou à caractère inflammatoire.

Tilak Healthcare annonce la publication des résultats de son étude TIL-001 dans la revue médicale Ophtalmology and Therapy. Cet essai visait à évaluer l’intérêt d’Odysight, un jeu pour téléphone mobile développé par Tilak dans le suivi de la vision à distance, et à le comparer aux tests standards (acuité visuelle, sensibilité aux contrastes, etc.). Les résultats de l’étude démontrent la concordance des modules médicaux d’Odysight avec ces tests standards. Tilak est une société de l’écosystème ibionext. Elle est alliée depuis mai dernier à Novartis pour la promotion de son application dans le domaine des maculopathies.

Discngine annonce que Lundbeck a sélectionné sa plateforme collaborative 3decision, hébergée dans le cloud, pour gérer les connaissances structurelles en matière de structure 3D de protéines et de ligands, et pour aider à la découverte de nouveaux traitements contre les maladies du cerveau. Éditrice de logiciels spécialisés dans la recherche en sciences de la vie, Discngine a été fondée en 2004 et est basée à Paris. Les termes financiers de l’accord n’ont pas été dévoilés.

Robocath lève 5 M€ et nomme un nouveau CEO avec l’arrivée de Lucien Goffart. Ce dernier a notamment occupé le poste de Business unit manager France au sein de Boston Scientific ces quatre dernières années, et a récemment été nommé membre du conseil d’administration d’Electroducer, un fabricant français de dispositifs médicaux vasculaires. La levée de fonds, combinée à son arrivée, doit permettre à Robocath d’accompagner le déploiement commercial en Europe de la première plateforme robotique, R-One, une solution d’assistance destinée aux applications de cardiologie interventionnelle. Ce dispositif avait décroché le marquage CE en mars 2019. La biotech rouennaise abordera le marché américain dans un second temps, à l’horizon 2022 (lire Biotech Finances no 846)

Inotrem a obtenu le statut fast track pour le programme de développement de son produit nangibotide chez les patients atteints de chocs septiques. Il s’agit d’un peptide anti-TREM-1 (triggering receptor expressed on myeloid cells 1) ayant le potentiel de restaurer une réponse inflammatoire et des fonctions vasculaires appropriées. Une étude de phase IIb avec nangibotide vient d’être autorisée par la FDA. Fin 2018, les premiers résultats cliniques obtenus avec ce produit ont démontré sa sécurité (lire Biotech Finances no 827). La biotech est en cours de levée de fonds ; un tour B qu’elle espère boucler avant la fin de l’année.

France Biotech et le réseau C.U.R.I.E. annoncent le lancement d’une nouvelle formation pour les valorisateurs et entrepreneurs sur le transfert de technologies dans le domaine de la santé, avec comme thème : « Comment négocier en confiance pour créer de la valeur ». Cette formation aura lieu les 25 et 26 septembre à Paris.

En vue

Paul Hudson

vient d'être nommé directeur général de Sanofi. Le Britannique succède ainsi à Olivier Brandicourt, qui aura passé quatre ans à la tête du géant pharmaceutique français.


Marc Spiniella

prend le poste de directeur du site français de Johnson & Johnson, basé à Val-de-Reuil (Normandie). Il s'agit d'un centre de production mondial fabriquant près de 70 millions de médicaments par an.


Estelle Haenel

occupe dorénavant la place de directrice médicale chez Kayentis, fournisseur mondial de solutions eCOA (electronic clinical outcome assessment) pour les essais cliniques.


Les chiffres

1,5 M€

Owkin vient de remporter le AI for Health Challenge 2019, d'une valeur d'1,5 M€, organisé par la Région Île-de-France. Lancée en 2016, Owkin avait levé 11 M€ en janvier 2018 (lire Biotech Finances no 796).

40%

Selon deux grandes études parues dans The Lancet, le cancer représente la principale cause de décès dans les pays riches, devant les maladies cardiovasculaires, qui représentent 40 % de tous les décès à l'échelle mondiale. Ainsi, le cancer pourrait devenir la première cause de mortalité dans le monde d'ici quelques décennies.

1,2 M€

Créée il y a à peine plus d'un an, la medtech AZmed vient de lever 1,2 M€ après avoir obtenu en juin dernier la certification CE pour son outil de détection des fractures qui s'intègre dans tous les logiciels de radiologie.