dimanche 5 avril 2020


Monde

Warren Buffet a annoncé détenir 192 M$ d’actions Biogen en dévoilant le portefeuille de son fonds Berkshire Hathaway pour le 4e trimestre de 2019. Le Sage d’Omaha a indiqué avoir acquis 648 447 actions Biogen, allouant 0,08% de son portefeuille à la biotech américaine. Un secteur dont il est longtemps resté à l’écart, hormis sa participation dans Teva Pharmaceuticals. Biogen tente actuellement de ressusciter deux essais infructueux de son médicament contre la maladie d’Alzheimer, l’aducanumab et se prépare à déposer une demande d’approbation à la FDA. C’est justement le feu vert de l’autorité de santé américaine que joue Warren Buffet. En attendant, l’arrivée du financier au capital de Biogen a fait grimper sa capitalisation boursière à près 60 Mds$.

PharmaMar projette de vendre ses tests pour le coronavirus en Chine dès la mi-mars. La biotech espagnole prévoit de les distribuer via Genomica, sa filiale à Wuhan, et essaie d’obtenir l’approbation accélérée de l’Agence espagnole des médicaments. Genomica doit encore tester le kit de diagnostic sur des échantillons humains mais la procédure sera rapide compte tenu de l’état d’urgence. PharmaMar, dont le produit principal est un traitement contre le cancer développé à partir d’espèces marines, commercialise déjà des kits de diagnostic pour 20 virus différents liés à des maladies respiratoires, y compris les trois types de coronavirus les plus couramment détectés chez l’homme. Le nouveau test pourra analyser simultanément 96 échantillons en moins de 5 heures.

Coté

Cellectis (ALCLS) et le laboratoire Servier vont signer un avenant à leur accord de 2014. En jeu : une licence mondiale exclusive étendue pour développer et commercialiser, soit directement, soit par le biais de son sous-licencié sur le territoire américain Allogene Therapeutics, tous les produits allogéniques de nouvelle génération ciblant l’antigène CD19. Les termes financiers consisteront en un versement initial supplémentaire de 25 M€, ainsi que des paiements d’étapes pouvant aller jusqu’à 370 M€. Par ailleurs Cellectis reprendra le contrôle exclusif des cinq cibles CAR-T allogéniques couvertes par l’accord initial, cibles qui n’ont pas été divulguées.

Pixium Vision (ALPIX) émet des bons obligataires (warrants) pour un montant de 1,25 M€, correspondant à une nouvelle tranche de l’accord de financement conclu avec le fonds ESGO (European Select Growth Opportunities Fund) en novembre 2019. Cet accord prévoit un emprunt obligataire d’un montant de 10 M€ sur une période de 30 mois, dont une première tranche de 1,25 M€ a déjà été tirée en 2019. In fine, l’exercice de tous les warrants nouvellement émis pourrait conduire à l’émission d’obligations pour une valeur de 8,75 M€ et ce, dans le but d’accélérer les programmes cliniques en cours.
Sanofi (SAN) s’associe au ministère américain de la Santé via la Biomedical Advanced Research and Development Authority pour développer un vaccin contre le nouveau coronavirus. Le laboratoire français utilisera sa technologie de recombinaison de l’ADN pour « accélérer la mise au point d’un vaccin potentiel contre le Covid-19 ». David Loew, le vice-président exécutif de Sanofi Pasteur estime pouvoir disposer d’un candidat vaccin « dans moins de six mois » et potentiellement entrer en essai clinique « dans environ un an à un an et demi ».

Tout bleu !
Vous l’aurez remarqué ce n°888 de BiotechFinances est entièrement habillé aux couleurs de HTID, l’événement de FranceBiotech qui aura lieu les 22 et 23 juin prochains à Paris (Hôtel Peninsula) et au cours duquel nous célébrerons nos 20 ans. Rejoignez-nous pour ce moment exceptionnel. Enregistrez-vous sur : http://www.htid-paris.com/

Biocorp (ALCOR) collabore avec l’américaine iSage Rx. Mallya, le dispositif dédié au stylo à insuline de Biocorp qui enregistre les informations relatives aux injections d’insuline, sera intégré à l’application iSage. Cette dernière repose sur une plateforme délivrant des conseils automatisés au patient, sur la manière d’ajuster leur dose d’insuline au fil du temps.

Deinove (ALDEI) confirme la finalisation du développement de son 2e ingrédient cosmétique propriétaire et son lancement officiel au prochain salon In-Cosmetics Global qui se tiendra du 31 mars au 2 avril 2020 à Barcelone. Produit par fermentation et basé sur un caroténoïde inédit, cet actif présente la particularité d’absorber la lumière bleue responsable du vieillissement prématuré de la peau et de l’apparition de taches cutanées. Ses propriétés antioxydantes ont été démontrées in vitro et la biotech montpelliéraine dévoilera les résultats des tests cliniques en cours fin mars.

Sensorion (ALSEN) reçoit l’approbation du Comité de Protection des Personnes (CPP) de Strasbourg pour l’inclusion de nouveaux sites militaires dans son étude de Phase 2 menée avec SENS-401 dans la perte auditive neurosensorielle soudaine (SSNHL). Ces centres vont recruter des militaires souffrant de perte d’audition, après avoir été exposés à des bruits impulsionnels dans le cadre de leurs activités professionnelles. Pour mener à bien ce projet, le consortium PATRIOT (Sensorion, l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées, l’Institut Pasteur et Electronique du Mazet a été lauréat d’un financement de 10,8 M€, en décembre dernier, qui sera étalé sur cinq ans.

Oncodesign (ALONC) franchit une première étape dans son partenariat avec Servier, concernant la recherche de candidats-médicaments potentiels pour le traitement de la maladie de Parkinson via son programme LRRK2. Ainsi, la société pharmaceutique va délivrer un premier paiement d’étape de 1 M€ à la biotech dijonnaise. Par ailleurs, Oncodesign perçoit un financement de ses activités de recherche liées au projet à hauteur de 3 M€ annuels. Le mois dernier

Oncodesign annonçait son chiffre d’affaires pour l’année 2019 à 26,7 M€, en hausse de 33% par rapport à l’exercice 2018 et en a profité pour dévoiler sa stratégie de développement autour de Business Units indépendantes. Retrouvez Philippe Genne, PDG d’Oncodesign, et Jan Hoflack, directeur scientifique, en vidéo sur la chaîne de BiotechFinances.
Lysogene (LYS) publie ses comptes 2019. La trésorerie de la biotech spécialiste de la thérapie génique ciblant le système nerveux central s’éleve à 26,5 M€. Ce montant inclut les versements effectués par Sarepta Therapeutics relatifs au paiement d’étape et au remboursement des frais de développement de l’étude clinique de phase 2/3 (AAVance) évaluant le produit de Lysogène LYS-SAF302 dans la MPS IIIA.

SpineGuard (ALSGD) annonce l’ouverture d’une procédure de sauvegarde en France et aux États-Unis. La medtech qui conçoit et commercialise des dispositifs médicaux destinés à sécuriser le placement d’implants osseux fait face à une problématique d’endettement et doit renégocier les conditions de remboursement de ses crédits dans un cadre juridique, de manière plus sereine.

Erytech (ERYP) signe un partenariat avec le service de don du sang de la Croix-Rouge allemande de Baden-Württemberg-Hessen (GRCBDS), afin d’utiliser les globules rouges issus des dons de sang pour la production de ses candidats-médicaments. Une collaboration existe déjà avec l’Établissement Français du Sang, qui reste la principale source d’approvisionnement pour Erytech. Son produit phare, eryaspase, n’est autre que de l’asparaginase encapsulée au sein de globules rouges. Le produit est actuellement en phase 3, et les résultats intermédiaires sont attendus pour le 3e trimestre 2020.

Transgene (TNG) lance le traitement d’un premier patient dans un nouvel essai clinique de phase 1/2a évaluant TG6002, chez des patients atteints de cancer colorectal avec des métastases au foie. Le produit, administré par voie intra-artérielle hépatique, est un virus oncolytique qui produitun agent de chimiothérapie dans la tumeur (lire “Virus oncolytiques : alliés de choix des checkpoints inhibiteurs ?” dans Biotech Finances n°877). TG6002 est aussi évalué dans un autre essai clinique de Phase 1/2a, dans lequel il est cette fois-ci administré par voie intraveineuse. Les résultats de cet essai sont attendus au 2e trimestre de 2020.

Genfit (GNFT) se donne un délai supplémentaire pour la publication des données de sa phase 3 RESOLVE-IT. Initialement prévu dans le courant du 1er trimestre, la publication sera différée de manière à incorporer les derniers commentaires de la FDA attendus à la fin du mois de mars. Les résultats seront annoncés dans les semaines suivantes. La biotech lilloise précise que ce retard n’est en aucun cas relatif à une question de sécurité ou d’efficacité d’elafibranor, l’essai étant mené en double aveugle.

Non coté

Medtronic sélectionne Invivox dans sa première promotion de son programme d’innovation des sociétés innovantes dans le domaine de la healthtech. Créée en janvier 2017, la plateforme Invivox propose des formations continues pour les professionnels de santé, et met en relation des médecins du monde entier. L’entreprise, qui développe également son activité aux États-Unis, a clôturé une levée de fonds de 2,8 M€ en juin 2018.

En vue

Carolyn Bertozzi

reçoit le Prix Solvay pour l’invention de la chimie bioorthogonale d’une valeur de 300 K€. Professeure de chimie à l’université de Stanford aux États-Unis, Carolyn Bertozzi est une scientifique pionnière, reconnue pour ses recherches dans les domaines de la biologie chimique et de la glycoscience.


Pierre Hainaut

est nommé président du Cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (CLARA). Docteur en Sciences Biologiques, il est directeur de l’IAB de Grenoble depuis 2015 et a débuté sa carrière en 1994 au Centre International de Recherche sur le Cancer en tant que responsable de la de Carcinogénèse Moléculaire.


Troy Cox

ancien PDG de Foundation Medicine (Cambridge), vient d’être élu président du conseil d’administration de Sophia Genetics à la place d’Antoine Duchateau, qui occupait le poste depuis 2013.


Les chiffres

119

Le Royaume-Uni occupe la première place européenne sur ce segment avec 51 sociétés spécialisées et 119 programmes de recherche.

100

La filière française regroupe 36 sociétés développant 100 programmes (71 tests précliniques et 29 études cliniques – Phase 1 à 3).

74

L’Allemagne compte plus d’entreprises que la France, 40 en tout, mais seulement 74 programmes de recherche. Viennent ensuite la Suisse puis la Belgique avec respectivement 37 et 22 programmes.