mercredi 15 juillet 2020


Monde

(BiotechFinances n°904 – 22/06/2020) Xenothera obtient le soutien de l’État à hauteur de 2,3 M€, via le dispositif French Tech Bridge géré par Bpifrance et en parallèle une subvention de 2,1 M€ de l’Union européenne, via son programme de recherche et d’innovation Horizon 2020. Ces  financements permettent à la biotech nantaise d’accélérer les procédures de son candidat médicament anti-COVID-19 nommé XAV-19 et de préparer son essai clinique de traitement des patients en début d’hospitalisation. Ces montants s’ajoutent à la levée de fonds de 2,8 M€ réalisée auprès de ses actionnaires actuels et à des subventions de 500 000 € déjà réunies. Le traitement XAV-19 s’appuie sur une technologie brevetée de production d’anticorps polyclonaux protecteurs similaires à la réponse naturelle de l’homme.

TheraPanacea collabore avec GE Healthcare, Orange Healthcare et l’AP-HP pour un projet de recherche permettant la création d’une base de données autour de l’imagerie thoracique chez les patients suspectés d’infection COVID-19. TheraPanacea a développé un pilote intégrant l’intelligence artificielle pour quantifier la maladie et établir un pronostic à court terme des patients. Cette étude vise à analyser 10 000 scanners effectués pour suspicion d’infection au coronavirus. Les données récoltées fournissent d’autres informations sur l’état de santé du patient, préexistant à l’infection, permettant d’établir un score de gravité corrélé à l’évolution clinique.

AstraZeneca conclut un accord avec l’Alliance Européenne pour un Vaccin contre COVID-19, afin de fournir 400 millions de doses du produit développé par l’Université d’Oxford, et dont la livraison débutera d’ici à la fin 2020. Cette alliance est dirigée par l’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas. Le géant britannique a récemment conclu des accords similaires avec le Royaume-Uni, les États-Unis, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations et Gavi the Vaccine Alliance,  pour 700 millions de doses. AstraZeneca a également convenu d’une licence avec le Serum Institute of India pour la livraison d’un milliard de doses supplémentaires. Le mois dernier, l’université d’Ox- ford débutait un essai britannique de phase 2/3 avec ce vaccin chez environ 10 000 volontaires adultes.

Archeon a été primée dans la catégorie “traitement des patients atteints du coronavirus” parmi plus de 1400 projets dans le cadre de la lutte contre le coronavirus par le Conseil Européen de l’Innovation (EIC). La société bisontine a développé un dispositif de monitoring de la ventilation manuelle dédié à la réanimation cardiaque, permettant aux services de réanimation de ventiler temporairement davantage de patients. Ce financement va servir à concevoir une nouvelle gamme de produits spécifiquement dédiée au milieu hospitalier.

Aux Etats-Unis, Lassen Therapeutics lève 31 M$ auprès de Frazier Healthcare Partners, Alta Venture et Longwood Fund. L’objectif de la biotech co-fondée par un ancien de Sanofi Genzyme et de Johnson & Johnson est de créer des anticorps pour traiter le cancer et la fibrose. Contrairement au géant Regeneron, qui a dû mettre en place ses propres plateformes de génération d’anticorps, Lassen et son équipe profitent des plates-formes développées par d’autres pour trouver et développer des anticorps contre de nouvelles cibles. Dans son viseur figure l’IL-11, une cytokine qui joue un rôle dans les deux domaines de la maladie. La biotech estime que le blocage de l’IL-11 pourrait être encore plus efficace que celui d’autres cytokines responsables de la fibrose comme le TGF-beta. « Les protéines comme le TGF-bêta et le CTGF alimentent toutes une voie commune, l’IL-11, ce qui en fait un lien attractif de facteurs profibrotiques ».

AbbVie mise 60 M$ pour obtenir les droits sur ALPN-101, un produit développé par Alpine Immune Sciences, qui va être testé en clinique dans le lupus érythémateux disséminé (LED). Alpine reste en charge de mener une phase 2 dans cette indication, après quoi, si AbbVie choisit l’option, elle dirigera toutes les futures activités de développement clinique, de fabrication et de vente. La big pharma américaine pourrait payer jusqu’à 805 M$ en paiements d’étapes et redevances. ALPN-101 cible CD28 et ICOS, des molécules costimulatrices qui jouent probablement un rôle dans de multiples maladies auto-immunes et inflammatoires.

Coté

(BiotechFinances n°904 – 22/06/2020) Genkyotex (GKTX) communique des données supplémentaires de son essai de phase 2 dans la cholangite biliaire primitive (CBP). Ces derniers résultats montrent que chez les patients présentant une dureté hépatique élevée, son candidat médicament, le setanaxib,  réduit la formation du collagène de type III et induit sa dégradation, ce qui entraîne une réduction nette de l’accumulation du collagène. Des informations supplémentaires sur le mécanisme anti-fibrotique du setanaxib qui expliquent la réduction rapide de la dureté du foie observée il y a un an dans l’étude (-20,9% pour le setanaxib contre +4% pour le placebo). La biotech envisage désormais une phase 3 dans la CBP. En parallèle le setanaxib est évalué dans une étude clinique initiée par des investigateurs dans le diabète de type 1 et la néphropathie diabétique. À cela s’ajoute un essai de phase 2 chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique dont le recrutement est prévu cette année.

Noxxon (ALNOX) réalise une augmentation de capital de 1,3 M€ via un placement privé auprès d’investisseurs européens. L’opération donne lieu à l’émission de 2 245 000 nouvelles actions et représente un taux de dilution de 5,7 % du capital. En parallèle, la biotech spécialisée dans les traitements contre le cancer ciblant le microenvironnement tumoral, basée à Berlin, annonce l’émission des 3e et 4e tranches d’obligations convertibles dans le cadre de l’accord de financement de 14,2 M€ conclu avec l’investisseur, Atlas Special Opportunities le 23 avril 2020.

Guerbet (GBT) obtient une double approbation par la TGA (Therapeutic Goods Administration) australienne. D’abord pour Vectorio, un système de mélange et d’administration pour la cTACE et ensuite pour une nouvelle indication de Lipiodol Ultra-Fluide en tant qu’agent d’imagerie pour la visualisation et la localisation lors de la chimio-embolisation trans-artérielle du carcinome hépatocellulaire (CHC) à un stade intermédiaire chez l’adulte. La medtech spécialiste de l’imagerie médicale, rappelle que le CHC est le cancer primaire du foie le plus fréquent et la 4e cause de décès par cancer dans le monde.

Deinove (ALDEI) émet une 3e tranche d’obliga-tions convertibles en actions nouvelles pour 1,5 M€. Cette opération se réalise dans le cadre de l’accord de financement conclu le 9 juillet 2019 avec le fonds European Select Growth Opportunities Fund  d’un montant global de 15 M€. Un financement qui sert notamment à poursuivre l’essai clinique de phase 2 aux États-Unis testant DNV3837, le candidat antibiotique le plus avancé de la biotech dans le traitement des infections gastro-intestinales sévères causées par Clostridioides difficile.

Valneva (VLA) a signé, via sa filiale suédoise Valneva Sweden AB, une collaboration avec Batavia Biosciences afin d’accélérer la mise à disposition d’un vaccin inactivé peu coûteux contre la poliomyélite (IPV). L’année dernière, la biotech néerlandaise a reçu une subvention de la Fondation Bill & Melinda Gates pour l’utilisation de son procédé de fabrication de vaccins, avec pour objectif de fournir à certains fabricants de pays en voie de développement des lots cliniques contre la poliomyélite pour des études de Phase 1 et 2. Selon les termes de l’accord, Valneva fabriquera, en utilisant le procédé de Batavia, des lots dans ses installations de Solna (Suède). En contrepartie, la biotech nantaise recevra un paiement initial et des paiements mensuels liés aux services fournis.

Genomic Vision (GV) signe un contrat avec le fonds américain Winance en vue de la mise en place d’une ligne de financement de 12 M€ par émission d’obligations convertibles en actions assorties de bons de souscription d’actions (OCABSA). Ce nou- veau financement est destiné à sécuriser les besoins sur les 2 ou 3 prochaines années, en termes d’équipements et/ou d’investissements stratégiques et de croissance (recrutements et besoins en fond de roulement).

MedinCell (MEDCL) réalise une augmentation de capital de 15,6 M€ dans le cadre d’un placement privé. L’opération envisagée initialement s’élevait à 11 M€. Ce soutien financier offre à la biotech montpelliéraine une couverture de ses besoins en fonds de roulement jusqu’au 2nd semestre 2022, date à laquelle elle devrait recevoir des royalties de la vente des premiers produits basés sur sa technologie BEPO.

Non coté

(BiotechFinances n°904 – 22/06/2020) Vertidiag, start-up spécialisée dans les troubles vestibulaires, et CILcare, une CRO spécialisée dans le domaine de l’audition, nouent un partenariat pour développer de nouvelles thérapies contre les troubles de l’oreille interne, comme le vertige, la perte auditive et les acouphènes. Cette collaboration vise à apporter des solutions aux biotechs et medtechs du domaine, grâce à l’extension des tests précliniques menés avec des modèles animaux appropriés à ces indications.

GoLiver Therapeutics obtient un avis scientifique positif de l’EMA sur sa stratégie de développement clinique et de bioproduction dans l’insuffisance hépatique aiguë. Cette réponse corrobore l’avis de l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé britannique (MHRA) sur la démarche de production, l’évaluation pharmaco-toxicologique et le développement clinique. La biotech nantaise qui développe un biomédicament pour traiter les maladies du foie sans greffe grâce à des cellules souches pluripotentes différenciées, travaille actuellement avec l’Hôpital Paul-Brousse sur la mise en place d’essais cliniques de phase 1/2a pour le traitement de l’insuffisance hépatique aiguë.

Le gouvernement français a sélectionné 6 biotechs suite à l’appel à projets lancé fin mars dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir, et doté d’un montant total de 78 M€ pour soutenir les programmes contre COVID-19. Les 6 lauréats sont Abivax, Genoscience, Innate Pharma, Inotrem, Xenothera et Osivax. De plus, un appel à manifestation d’intérêt doté de 120 M€ est lancé pour identifier les projets capables d’accélérer la production de médicaments contre COVID-19.

En vue

Frédéric Collet

président de Novartis France, a été réélu à la tête du Leem pour deux ans. Une fonction qu’il occupe déjà depuis juillet 2019, mais son nouveau mandat débute dans un contexte exceptionnel avec une sortie de crise sanitaire, l’accélération de nouvelles thérapies innovantes et l’échéance présidentielle de 2022 où la santé sera au cœur du débat.


Bassel Amer

président d’Indivior France et directeur général de la région Nord-Ouest de l’Europe, intègre le conseil d’administration du Leem. Il remplace Patrick Carayon.


Hubert de Ruty

directeur général “médecine générale” de Sanofi France, intègre le conseil d’administration du Leem et remplace Guillaume Leroy.


Les chiffres

610 M€

La big pharma française va consacrer 610 M€ à la création en Auvergne-Rhône-Alpes d’un nouveau site de production flexible et digitalisé, et d’un centre de recherche dédié aux vaccins.

200

Le futur site industriel, nommé EVF pour Evolutive Vaccine Facility, devrait créer à terme 200 nouveaux emplois.

3 à 4

L’usine sera conçue autour d’une unité centrale hébergeant plusieurs modules de production qui permettront de produire 3 à 4 vaccins simultanément, contre un seul dans les sites industriels actuels.