jeudi 19 mai 2022


Lettre n° 980

L’essentiel de la semaine du 14 au 18 mars 2022

Par Rédaction , dans Essentiel , le 18 mars 2022

Monde

Aux Etats-Unis, le conseil d’administration de Moderna a approuvé un parachute doré pour son PDG Stéphane Bancel de plus de 926 M$, une récompense liée au vaccin ARNm COVID-19 développé avec succès par la biotech. Grâce à cette manne, les revenus de Moderna sont passés de 803 M$ en 2020 à 18,5 Mds$ en 2021, et les estimations de ventes pour cette année se montent à 22 Mds$.

Aux Pays-Bas, Gilde Healthcare Private Equity IV collecte 517 M€ pour des investissements dans des entreprises du secteur de la santé. Le fonds se concentre sur les entreprises de prestation de soins de santé, de prestataires de services du secteur de la santé et de l’industrie médicale, de fabricants de fournitures médicales et de sociétés pharmaceutiques.

Coté

Sensorion (ALSEN) poursuit l’analyse complémentaire de l’étude de phase 2 évaluant son candidat SENS-401 auprès de 115 patients pour le traitement de la perte auditive neurosensorielle soudaine (SSNHL). Pour rappel, SENS-401 n’a pas atteint le critère principal d’évaluation de 15 dB, considéré comme une amélioration significative par rapport au déficit initial de l’audiométrie tonale pure (PTA) dans l’oreille affectée en comparaison avec le placebo, à l’issue d’un traitement de 4 semaines. Des analyses approfondies montrent plus d’efficacité dans des sous-groupes, notamment une amélioration d’au moins 10 dB par rapport au placebo au 84e jour avec la dose la plus élevée dans la population idiopathique traitée par corticostéroïdes – (soit 70% de la cohorte). A ce stade, la biotech évalue encore les prochaines étapes concernant SENS-401 pour SSNHL et l’ototoxicité induite par le cisplatine (CIO).

OSE Immunotherapeutics (OSE) annonce des résultats immunologiques long terme positifs à 6 mois pour son vaccin anti-COVID multicibles chez des volontaires sains. En outre, les effets secondaires bénins qui avaient entrainé la suspension en juillet de l’essai clinique disparaissent sur le long terme. Il s’agit d’indurations locales liées au mécanisme d’action des cellules T. Après six mois, le bon profil de tolérance du vaccin est ainsi confirmé. Pour autant, la biotech nantaise ne compte pas poursuivre son développement étant donné les alternatives thérapeutiques existantes, mais elle travaille à une version plus industrialisable en cas d’apparition de nouveaux variants.

Après Medical Device Venture le mois dernier (Lire BiotechFinances n°978 du 7 mars 2022 « MEDICAL DEVICES VENTURE ENTRE SPAC ET HOLDING COTÉE »), c’est au tour de Bonyf (MLBON) d’opter pour la cotation sur Euronext sans passer par une offre au public. Le compartiment Access permet cela, il s’agit de l’ancien Marché Libre de la Bourse de Paris. En réalité c’est une première étape avant un transfert des titres sur Euronext Growth. Créée en 1979, Bonyf est une entreprise familiale belge spécialisée dans les produits bucco-dentaires innovants. La R&D est menée dans ses locaux au Liechtenstein tandis que la production se réalise sur son site en Suisse. La première cotation a débuté le 17 mars au cours de 12 € par action, ce qui valorise l’entreprise à environ 7 M€.

Non coté

BforCure reçoit un financement de 8,2 M€. La start-up fondée en 2018, lève ainsi 5 M€ auprès de plusieurs family office du diagnostic médical et obtient 3,2 M€ du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dans le cadre du Plan Innovation Santé 2030. Elle utilisera les fonds pour renforcer ses capacités de production et diversifier sa gamme de tests PCR ultra-rapide. En septembre 2021, BforCure avait levé 2 M€ auprès d’ID Solutions. Dans les mois à venir, après l’obtention des marquages CE IVD, la strat-up envisage de commercialiser une dizaine de nouveaux tests de diagnostics infectieux pour détecter les variants du SARS-CoV-2, les infections sexuellement transmissibles, les maladies respiratoires et gastro-entérologie, les papillomavirus, les antibiorésistances.

Cardiawave annonce le succès de l’essai clinique testant Valvosoft, sa technologie permettant l’application à distance, de manière précise et focalisée, d’un faisceau d’ultrasons thérapeutiques, afin de restaurer la fonction valvulaire chez des patients atteints de sténose aortique. Selon la medtech, les résultats ont démontré « la sûreté du traitement, un effet réparateur et durable de la valve aortique et une amélioration de la qualité de vie chez les 34 patients traités ». Une deuxième étude de faisabilité et de sécurité sur 10 autres patients est en cours en Serbie. En parallèle, Cardiawave lance cette année un nouvel essai clinique en Europe en vue d’obtenir le marquage CE. Côté financement, une série B, devrait être bouclée au cours du second semestre.

Brenus Pharma boucle un tour d’amorçage de 4 M€ pour le développement de sa plateforme STC d’immunothérapie cellulaire anticancéreuse. Les fonds ont été apportés majoritairement par la holding du fondateur Jacques Gardette avec le soutien de Bpifrance et de la Caisse d’Epargne Auvergne-Limousin. Créée en 2014, par les fondateurs de la medtech clermontoise Biocorp, Brenus Pharma se concentre sur la résistance aux traitements, chimiothérapie et immunothérapie, dans la lutte contre le cancer. « Ce tour d’amorçage nous permet de poursuivre le plan de développement de STC1010, dans le cancer colorectal avec l’objectif d’une première injection chez l’homme dès l’an prochain », a indiqué son directeur général Eric Dessertenne.

Nosopharm noue un partenariat avec le laboratoire DGIMI (UMR INRAE-Université de Montpellier) pour développer de nouveaux anti-infectieux. Cette collaboration associe l’expertise de DGIMI en génomique et en génétique moléculaire des bactéries des genres Photorhabdus et Xenorhabdus à l’expertise de Nosopharm en production de métabolites spécialisés bioactifs de ces mêmes genres. Elle a pour objectif de produire des chimiothèques de molécules bioactives qui alimenteront les criblages anti-infectieux de Nosopharm pour lutter contre la résistance aux antibiotiques. Les partenaires prévoient de monter un laboratoire commun en 2023. Cette collaboration est soutenue financièrement par le plan France Relance.

LinKinVax signe une collaboration avec GTP Bioways pour le développement de son vaccin de seconde génération contre le SARS-CoV-2. L’accord avec GTP Bioways porte sur le développement d’un nouveau vaccin, de la lignée cellulaire à la production d’un lot clinique qui sera testé en essai clinique. La technologie de LinKinVax issue de l’Inserm repose sur un anticorps monoclonal ciblant directement les cellules dendritiques* (« Dendritic Cells » ; DC), des cellules fondamentales du système immunitaire pour la stimulation et la régulation des réponses immunitaires. (Lire Biotech Finances n° 975 du 14 février 2022, « LINKINVAX, UN AMORÇAGE AVANT UN TOUR À 100 M€ »

Archeon lève 5,5 M€ en tour A. Karot Capital, Majycc eSanté Invest sont à la manœuvre soutenus par le Fonds européen de développement régional (FEDER – FSEFranche-Comté et Massif du Jura) et Bpifrance. La medtech commercialise Eolife un mini dispositif bourré d’intelligence artificielle pour les services d’urgences en réanimation cardio-hospitalière en pré-hospitalier et intra-hospitalier. Présente en Europe et en Asie, elle veut s’établir sur le marché américain, renforcer ses équipes et poursuivre le développement de PulmonAIR autre dispositif d’urgence entièrement automatisé pour la prise en charge des détresses respiratoires.

Novasep investit 5,1 M€ sur son site du Mans. La CDMO spécialisée dans la fabrication de molécules innovantes et ciblées pour le traitement du cancer, veut ainsi étendre ses capacités de production d’HPAPIs.

Tilak Healthcare, bénéficiera avec OdySight sa solution de télésurveillance en ophtalmologie d’un remboursement par la Sécurité Sociale. L’application, disponible uniquement sur prescription d’un ophtalmologiste, est déjà proposée par 400 rétinologues et utilisée par plus de 3500 patients. Le lancement de cette expérience nationale prévoit un forfait couvrant la mise à disposition de l’application, la formation des patients et le suivi de leurs résultats par un médecin. Ce forfait, pris en charge par la sécurité sociale, permettra de distribuer l’application à 8 000 nouveaux patients.

Le fonds Health for Life Capital II de Seventure a clôturé l’année 2021 à 250 M€, bien au-delà de son objectif initial. Il s’agit du deuxième fonds de la société d’investissement, dont l’objectif principal est de financer des entreprises innovantes dans des domaines pionniers tels que le microbiome, la nutrition personnalisée, la foodtech, la santé connectée et digitale et le diagnostic. Créé en 2019, Health for Life Capital II, a déjà investi dans 11 sociétés : Axial Biotherapeutics, Abalos, BCD Bioscience, Citryll, Cytoki, Dermala, Ervaccine, Federation Bio, Galecto, Iome Bio, Polaris.

Les Académies nationales de médecine et de pharmacie dénoncent l’expérimentation en cours, validée par l’ANSM, visant à justifier l’usage thérapeutique du cannabis sur cinq pathologies : les douleurs réfractaires aux thérapies disponibles ; certaines formes d’épilepsie sévères et pharmaco résistantes ; les soins de support en oncologie ; les situations palliatives ; la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. Selon les deux associations, cette expérimentation « déroge aux exigences qui régissent l’évaluation de tout candidat médicament » puisqu’à la suite d’un arrêté du 16 octobre 2020 ceux-ci sont dispensés d’un essai clinique randomisé, « alors qu’on sait qu’il est le seul à même d’évaluer d’une façon satisfaisante la balance bénéfices/risques d’un candidat médicament ». (Lire sur ce thème BiotechFinances n°967 du 6 décembre 2021, « OVERSEED, LE CANNABIS MADE IN FRANCE » et « AELIS, PHASES 2 DANS L’ADDICTION »).

En vue

Laurent Vincens

rejoint Inotrem en tant que directeur de la technologie et de la production. Ingénieur et pharmacien de formation, il apporte 20 ans d’expérience dans le développement et le lancement commercial de produits pharmaceutiques. Par le passé, il a occupé des fonctions similaires chez Stallergenes Greer, UCB Farchim en Suisse et a démarré sa carrière chez Pierre Fabre.


Michael Mourez

arrive chez Deinove (ALDEI), en tant que directeur de l’Innovation. Polytechnicien et docteur en microbiologie passé par l'Institut Pasteur et Harvard, il était précédemment en charge du portefeuille de découverte antibactérienne de Sanofi dans le domaine de maladies infectieuses, puis chez Evotec où il a supervisé des plateformes technologiques ciblant de graves infections, en particulier par des bactéries multi-résistantes.


Les chiffres

569 M€

c’est le montant injecté par Bpifrance dans 553 start-up deeptech, soit une hausse de 80% sur un an.

90%

des start-up deeptech sont financées actuellement par Bpifrance présent - entre autres soutiens - dans 70% des tours de tables.

250

entreprises deeptech ont été créées en 2021 dont 40% de Pharma - Biotech ou Medtech. Si la tendance se poursuit, l’objectif de 500 créations sera atteint fin 2024.

5

licornes (valorisées plus de 1 Md€) dans la deeptech en France dont une dans la santé Owkin. (Lire BiotechFinances n°965 du 22 novembre 2021, « SANOFI FAIT SON SHOPPING TECHNO CHEZ OWKIN »). L'objectif est de compter 10 licornes d'ici 2030

43%

des chercheurs français souhaitent entreprendre.