dimanche 20 septembre 2020


Monde

(BIOTECHFINANCES N°908 Lundi 20 juillet 2020)  En Suisse, Roche va verser à Blueprint Medicines 675 M$ pour les droits sur le pralsétinib, une thérapie ciblée expérimentale développée par la biotech américaine pour les tumeurs présentant des anomalies dans un gène appelé RET. Par le biais de cet accord – le deuxième entre les deux sociétés depuis 2016 – Roche va acquérir également pour 100 M$ d’actions Blueprint à 96,57 dollars chacune, ce qui représente une prime d’environ 26 % par rapport au cours de clôture lundi. Par la suite, Blueprint pourrait recevoir 927 M$ de paiements supplémentaires liés au développement du pralsétinib ainsi que d’un médicament de 2e génération ciblant les RET.

Quelques mois seulement après une série B+ d’une valeur de 75 M$, la biotech américano-chinoise Harbour BioMed boucle une série C de 103 M$, avec une prochaine introduc.tion en bourse en ligne de mire. Le financement a été mené par un nouvel investisseur Hudson Bay Capital, suivi par OrbiMed, Country Garden VC, GTJA Investment Group, Octagon Capital et Sage Partners, avec des investissements supplémentaires de l’investisseur existant Greater Bay Area Investment Fund. Harbour a besoin d’argent pour financer un pipeline de phase clinique relativement important, au premier plan duquel se trouvent deux produits phares : un anticorps anti-FcRn et un inhibiteur du récepteur du TNF-alpha.

La biotech chinoise BeiGene dispose de plus de 5 Mds $ de liquidité après son IPO de plus de 2 mds$ sur le Nasdaq le week-end dernier.

Amgen qui a pris une participation de 20,5 % dans BeiGene fin 2019, réalise après cette introduction en bourse une plus-value de 421 M$. BeiGene dispose de plus de 25 actifs précoces en développement, et les analystes s’attendent à d’éventuels partenariats étant donné le positionnement stratégique de la biotech sur le marché chinois et la collaboration stratégique avec Amgen. En attendant, grâce à ces liquidités, BeiGene va réaliser des investissements massifs en R&D et CRO accentuant son leadership en matières d’innovations médicales en Chine.

À Dublin, Inflazome société pionnière de biotechnologie inflammasome a obtenu la désignation de médicament orphelin de la Food and Drug Administration (FDA) pour Inzomelid dans le traitement des Syndrome périodique associé à la cryopyrine (CAPS).

Aux Etats-Unis, Paige spécialiste de la pathologie computationnelle, reçoit 15 M$ supplémentaires de la division Merchant Banking de Goldman Sachs qui aura apporté en tout 20 M$. Ce financement porte le capital total de la société à plus de 95 M $. La plate-forme de Paige permet notamment de mieux cartographier le cancer afin d’en comprendre l’origine et le fonctionnement et de détecter avec précision les biomarqueurs de la maladie. Paige a été la première société américaine à décrocher le « label de dispositif révolutionnaire » (Breakthrough Device Designa.tion) auprès de la FDA.

Edwards Lifesciences a accepté de verser à Abbott 368 M$ pour régler un différend relatifs aux brevets concernant les dispositifs de répara.tion des valves transcathéter mitrale et tricuspide. À cela s’ajoute 100 M$ de redevances jusqu’à la mi-2024. Les relations entre les deux géants américains se sont tendues début 2019, lorsque Abbott a allégué que le système de réparation de valve d’Edwards, nommé Pascal, violait ses brevets autour du dispositif MitraClip.

Coté

(BIOTECHFINANCES N°908 Lundi 20 juillet 2020)  OSE Immunotherapeutics (OSE) reçoit 200 K€ de Nantes Métropole pour la mise au point d’un vaccin prophylactique contre le SARS-CoV-2. Cette subvention a été attribuée dans le cadre du Fonds métropolitain d’appui aux innovations en santé liées à la crise sanitaire, et doté de 1 M€. Ce financement va contribuer à l’élaboration du candidat-vaccin pour la biotech nantaise qui espère débuter les phases cliniques en fin d’année.

BioMérieux (BIM) obtient le marquage CE pour son panel respiratoire BIOFIRE 2.1 plus qui teste simultanément 23 pathogènes (19 virus dont le SARS-CoV-2 et 4 bactéries) responsables des infections respiratoires les plus fréquentes. Ce test intègre le virus SARS-CoV-2 avec un temps de rendu de résultat d’environ 45 minutes. Il permet également de tester le coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Eurofins (ERF) lance COVID-19 Sentinel, une gamme de test complètes, incluant les analyses des eaux usées, de surface de l’environnement de travail et celles de masque usé. Ce ensemble de tests fournit ainsi un avertissement précoce de la présence de SARS-CoV-2 parmi de grandes populations sur un site donné (par exemple, une ville, des usines, des établissements d’enseignement, des sites gouvernementaux et de services publics, des maisons de retraite), avant que le virus ne se propage trop largement.

Moderna (MRNA) a présenté les premiers résultats détaillés de la phase 1 menée avec son vaccin ARNm-1273 contre COVID-19. Au jour 43, environ deux semaines après avoir reçu la deuxième dose, tous les patients évalués avaient des niveaux «robustes» d’anticorps neutralisants contre le SRAS-CoV-2, selon l’étude publiée dans The New England Journal of Medicine. La biotech américaine a précisé qu’elle allait rentrer en phase pivot à partir du 27 juillet.

Eurobio Scientific (ALERS) annonce l’acquisition de 100% du capital de TECOmedical, société mère d’un groupe suisse spécialisé dans le développement et la distribution de tests de diagnostic in vitro en Europe, présent en Suisse, Allemagne,Autriche et au Benelux. Son chiffre d’affaires consolidé s’élevait à 7,2 M€ en 2019. L’acquisition, dont les conditions financières ne sont pas communiquées, a été payée en numéraire

Néovacs (ALNEV), en procédure de sauvegarde depuis novembre, relance ses deux programmes de recherche. Dans le traitement du lupus, la biotech vient de reprendre ses discussions avec l’EMA pour un essai de phase 3 avec son produit IFN. kinoïde. L’objectif est de réaliser cette étude clinique grâce à un co-financement avec un partenaire pharmaceutique. Dans le traitement des allergies, Néovacs poursuit le développement de deux autres kinoïdes dans un essai de phase 1/2a. A cela s’ajoute un projet de recherche pour générer des kinoïdes de 3ème génération afin d’étendre leur utilisation à d’autres indications.

Nicox (COX) cède sa participation dans  VISUfarma, une société spécialisée en ophtalmologie pour un montant de 5 M€. La biotech réalise cette cession pour financer le développement de ses deux principaux candidats médicaments. Il s’agit d’une part du NCX 470, qui a débuté une phase 3 le mois dernier dans la réduction de la pression intraoculaire chez des patients atteints de glaucome et le NCX 4251, une formulation brevetée de la fluticasone pour lequel Nicox prévoit le lancement d’une phase 2b dédiée aux épisodes aigus de blépharite.

Mauna Kea Technologies (MKEA) obtient un prêt garanti par l’état (PGE) de 4 M€ auprès de BNP Paribas et Bpifrance. Ce financement intervient une dizaine de jours après que la medtech ait tiré une deuxième ligne de crédit de 6 M€ dans le cadre d’un accord avec la Banque européenne d’investissement.

Inventiva (IVA) s’est introduite au Nasdaq le 10 juillet à un prix de souscription de 14,40 $ par titre. La biotech est parvenue ainsi à lever 107,7 M$, soit plus que les 90 M$ visés initialement. Cette somme sera principalement dédiée au lancement d’un essai clinique de phase 3 du lanifibranor, son traitement expérimental phare, dédié à la stéatohépatite non alcoolique (NASH).

Valbiotis (ALVAL) réalise un placement privé auprès d’Amiral Gestion de 2 M€, au prix de 4,50 € par action, ce qui représente une surcote de 5,4%. Cette augmentation de capital va permettre à la biotech d’avancer ses trois programmes de recherche actuellement dans l’attente d’entrer en phase 2, contre l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle et la stéatose hépatique. Son projet le plus avancé concerne le prédiabète, et fait actuellement l’objet d’une phase 2/3 pilotée par Nestlé Health Science dans le cadre d’un partenariat de 4,7 M€ noué en février. et qui pourrait atteindre 60 M€ via des paiements d’étapes (lire “L’approche de Valbiotis validée par Nestlé” dans Biotech Finances n°886). La biotech a justement reçu cette semaine 2,8 M€ de son partenaire à la suite de la visite médicale initiale du premierpatient. L’étude inclura au total 600 personnes.

GenOway (ALGEN) publie un chiffre d’affaires de 4,75 M€ au 1er semestre 2020 en pro.gression de 20 %. Spécialisée dans la conception de modèles de rongeurs génétiquement modifiés pour la recherche préclinique, la société attribue cette performance principalement à ses ventes de modèles catalogues, qui enregistre une croissance de 34 %. En janvier, l’entreprise lyonnaise avait levé 6,2 M€ pour justement donner la priorité à ce type de prestation (lire “GenOway : une levée de fonds pour atteindre les sommets” dans Biotech Finances n°885).

Implanet (ALIMP) étend au Japon la propriété intellectuelle de JAZZ Cap, une innovation qui sécurise et protège la fixation des vis pédiculaires. Cette technologie qui a déjà été brevetée aux Etats-Unis et en Europe, se positionne comme une alternative aux vis fenêtrées utilisant du ciment chirurgical. Le marché potentiel mondial est estimé à 2,5 Mds$, et le Japon représente le troisième territoire le plus important dans le traitement de la colonne vertébrale, derrière les Etats-Unis et la Chine.

SuperSonic Imagine (SSI) enregistre sur les six premiers mois de l’année un repli de 32% de son chiffre d’affaires à 8 M€. Ce recul concerne les trois marchés principaux (Chine, Etats-Unis, France) de la medtech, qui a souffert de la crise sanitaire et des retards de livraison de la part de ses fournisseurs.

 

Non coté

(BIOTECHFINANCES N°908 Lundi 20 juillet 2020)  Fab’entech débute un programme d’immunothérapie contre COVID-19, qui sera indiqué pour les patients nécessitant une assistance respiratoire. Les essais cliniques devraient démarrer début 2021. Le projet est basé sur les anticorps polyclonaux, permettant de reconnaître de manière ciblée un virus ou une toxine et de les neutraliser spécifiquement. La biotech lyonnaise a collecté 8,5 M€ en janvier auprès du fonds Definvest, de l’Institut Mérieux et de ses actionnaires historiques. Ce financement lui a permis de se doter d’une unité industrielle, afin de répondre aux exigences réglementaires de l’EMA et de la FDA.

En vue

Sylvain Charignon (Winch Capital) et Raphaël Wisniewski (BioDiscovery)

Tous deux associés d’Andera Partners, ont été désignés gérants de la société d’investissement, pour une durée de deux ans, et succèdent à Stéphane Bergez et Pierre-Yves Poirier. Ils assureront la levée de Bio Discovery 6. Andera, qui totalise d’ores et déjà plus de 2,5 Mds€ sous gestion et ambitionne d’atteindre les 4 Mds€ d’ici trois à quatre ans.


Claude Bertrand

rejoint le conseil d’administration de MaaT Pharma en tant que membre indépendant. Actuellement vice-président exécutif de la R&D de Servier, il est auparavant passé par Ipsen Pharma, AstraZeneca, Novartis, Roche et Pfizer.


John Weinberg

est nommé directeur médical chez MaaT Pharma. Il a occupé le même poste chez 4D Pharma PLC au Royaume-Uni avec à son actif le lancement de plusieurs études de phase 1/2.


Les chiffres

5,4 Mds$

Une poignée d’énormes financements ont aidé les start-ups du secteur à lever un record de 5,4 Mds$ au 2e trimestre 2020 bien que le nombre de transactions se situe au plus bas de la décennie.

6

Nombre d’opérations supérieures à 200 M$ au 2e trimestre : Sana Biotechnology (700M$), Médicaments Everest (310 M$), Mabwell (279 M$) Atea Pharmaceuticals (215 M$), Erasca (200 M$).

9,7 Mds$

Montant global levé au cours des six premiers de l’année. A ce rythme, 2020 est en passe de battre le record établi en 2018 dans le secteur, une année au cours de laquelle les VC avaient investi 17,9 Mds$.

29

Nombre de tours supérieurs à 100 M$ réalisés durant le premier semestre 2020 contre 36 sur l’ensemble de l’année 2019 et 38 en 2018.