lundi 1 mars 2021


Lettre n° 930

L’essentiel de la semaine du 1 au 5 février 2021

Par Rédaction , dans Essentiel , le 5 février 2021

Monde

(Biotech Finances n° 930 8 février 2021) Argenx (ARGX) lève 1 Md$ (830 M€) en Bourse. Cotée sur Euronext et au Nasdaq la biotech belge a profité de l’annonce du lancement d’un essai clinique avec son produit-phare, l’efgartigimod dans la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique pour réaliser une augmentation de capital. Au final Argenx a collecté 200 M€ de plus que ce qu’elle visait, et sans décote par rapport à son dernier cours au plus haut historique. Le groupe Baillie Gifford Overseas Limited a manifesté un intérêt en vue d’acquérir des actions à hauteur de 345 M€. Pour rappel, fin décembre, Argenx disposait d’une trésorerie de 2 Mds€ environ.

Aux États-Unis, Horizon Therapeutics rachète à Astrazeneca sa filiale Viela Bio pour 3,05 Mds$, et renforce son pipeline dans les maladies rares et auto-immunes. Horizon s’attend à ce que le portefeuille de Viela génère plus de 3 Mds$ de ventes annuelles, ce qui est bien au-dessus des 960 M$ des revenus actuellement prévus par Astrazeneca à horizon 2026. Le portefeuille de Viela compte Uplizna, qui a obtenu le feu vert de la FDA pour la maladie du spectre de la neuromyélite optique (NMOSD) en juin, mais les autres programmes cliniques semblent encore très éloignés du marché.

La biotech suisse, NLS Pharmaceutics, qui développe des thérapies innovantes pour les patients atteints de troubles rares et complexes du système nerveux central a levé 20 M$ en s’introduisant au Nasdaq. Près de 5 millions de titres ont ainsi été proposés aux investisseurs américains au prix unitaire de 4,15 $, en dessous de la fourchette de prix indicative comprise entre 5 $ à 6 $. Produit candidat phare de la biotech, Quilience est une formulation à libération contrôlée de mazindol pour le traitement de la narcolepsie. Il a reçu la désignation de médicament orphelin en UE et une étude de phase 2 aux États-Unis évaluant le produit chez des sujets adultes atteints de TDAH vient de se terminer.

En Irlande, Jazz Pharmaceuticals rachète pour 6 Mds€ GW Pharmaceuticals, le fabricant britannique de médicament cannabinoïde sur ordonnance. Ce prix représente une prime de 50 % par rapport aux cours de bourse. Le produit principal de GW Pharma, Epidiolex, est une solution orale de cannabidiol dérivée de la plante de cannabis. En 2018, la FDA a approuvé l’utilisation du médicament pour traiter le syndrome de Lennox-Gastaut et le syndrome de Dravet, deux épilepsies sévères à début précoce. Epidiolex a depuis été également autorisé pour le complexe de la sclérose tubéreuse.

MSD France investit 42 M€ supplémentaires dans son fonds MSDAVENIR portant la dotation globale à 117 M€. Le fonds a été lancé en 2015 pour soutenir les innovations dans la santé en France. La première phase d’investissements d’un montant de 75 M€, a permis de soutenir plus de 170 chercheurs à travers 61 projets de recherche dans sept grands domaines : diabète cardio-métabolisme vasculaire, néphrologie, rhumatologie, infectiologie, génétique, oncologie, neurologie, formation et parcours patients. Les nouveaux investissements continueront de laisser aux chercheurs une grande liberté dans leur projet de recherche, propice à faire émerger des innovations de rupture.

Le candidat vaccin COVID-19 de Novavax (NVX-CoV2373) a atteint une efficacité de 89,3 % dans un essai clinique de phase 3 sur des sujets exposés à la variante B.1.1.7 du Royaume-Uni. Le vaccin est moins efficace face au variant B.1.351 d’Afrique du Sud. Testé dans une phase 2b le taux d’efficacité est de 60 %. Le recrutementde 30 000 personnes pour la phase 3 aux États-Unis et au Mexique est en cours. A noter que les essais cliniques menés par Pfizer, Moderna et l’Université d’Oxford en 2020 se sont terminés avant que les variants émergent. Moderna a récemment présenté des données in vitro suggérant que son vaccin est aussi efficace contre B.1.1.7 mais un peu moins face à B.1.351.

La société chinoise Clover Biopharmaceuticals – la première biotech à avoir accepter l’offre de GSK de tester son adjuvant avec des vaccins candidats contre le coronavirus vient entrer en phase 2/ 3 avec un adjuvant de Dynavax à la place en raison de problèmes de fabrication. Pourtant les résultats de la phase 1 publiés juste avant cette annonce montre que l’adjuvant GSK, appelé AS03, a induit des réponses immunitaires et des niveaux d’anticorps élevés, avec peu de différence significative entre adultes jeunes et âgés.

Après ses déboires successifs avec Sanofi et le laboratoire chinois Clover Biopharmaceuticals, GlaxoSmithKline (GSK) s’allie avec la biotech allemande CureVac pour revenir dans la course au vaccin COVID-19. Le montant de l’accord s’élève à 150 M€ avec pour objectif de développer la future génération de vaccins destinée à être efficace contre plusieurs variants. Le duo vise une mise sur le marché en 2022. En attendant GSK, qui détient 8 % du capital de CureVac, va aider la biotech à fabriquer jusqu’à 100 millions de doses de son candidat vaccin de première génération livrable en 2021.

Eurofins (ERF) fait don de 100 000 tests PCR rapides pour détecter les variants B.1.1.7 (Royaume-Uni) et B.1.351 (Afrique du Sud) / B.1.1.248 (Brésil) à des établissements de santé publique qui n’ont pas la capacité de les identifier rapidement. La société propose désormais un test RT-PCR en temps réel pour la détection qualitative du SARS-CoV-2 (disponible en Europe uniquement) et l’identification ultérieure de B.1.1.7 et B.1.351 / B.1.1.248 variantes.

Bristol Myers Squibb a acquis les droits mondiaux sur deux anticorps anti-SRAS-CoV-2 découverts par l’Université Rockefeller. Les anticorps sont entrés en phase 1 le mois dernier, ce qui les place loin derrière des thérapies similaires d’Eli Lilly et Regeneron qui ont déjà reçu des autorisations d’utilisation d’urgence. Bamlanivimab, de Lilly, a généré des ventes de 871 M$ au quatrième trimestre et fait l’objet d’un contrat avec le gouvernement américain. De son côté Bristol Myers prépare le lancement rapide d’un programme d’inscription après l’achèvement de l’étude de phase 1.

Coté

(Biotech Finances n° 930 8 février 2021) L’introduction à la Bourse de Paris de Pherecydes Pharma (ALPHE) a remporté un vif succès auprès des investisseurs. Avec une offre sursouscrite plus de 4 fois la biotech nantaise spécialisée dans la phagothérapie aurait pu lever 28 M€ mais prudente elle s’est limité 8 M€. À l’issue de l’offre, le flottant représente 19,2 % du capital et la capitalisation boursière de Pherecydes s’élève à 34,9 M€.

Onxeo (ALONX) noue un accord de recherche avec l’Institut Curie pour mener une étude de phase 1b/2 destinée à évaluer l’effet d’AsiDNA™, inhibiteur first-in-class de la réponse aux dommages de l’ADN, en combinaison avec la radiothérapie chez les enfants atteints d’un gliome de haut grade (HGG) récurrent et éligibles à une ré-irradiation.

Pharnext (ALPHA), réalise une augmentation de capital de 11 M€ via l’émission d’actions nouvelles (6 M€) souscrites par deux de ses principaux actionnaires CB Lux et Lohas, et l’émission d’obligations convertibles (5 M€) souscrites par Vester Finance et deux autres investisseurs européens. Ces derniers ont, par ailleurs, « exprimé leur fort intérêt » pour participer à un éventuel financement additionnel de 25 M€ sous la forme d’obligations convertibles, dans les trente prochains mois, en fonction des conditions de marchés. Les fonds levés financeront le lancement de l’essai clinique pivot de phase 3 de PXT3003 dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 1A au premier trimestre 2021.

Predilife (ALPRE) élargit son offre de dispositif de prédiction jusqu’ici concentré sur le cancer du sein à celui de la prostate. Son nouveau produit, ProstRisk permet de prédire le risque de cancer de la prostate à partir de l’âge, de l’historique de biopsie, des marqueurs sanguins (PSA total, PSA libre, p2PSA) et le cas échéant du volume de la prostate après échographie. Un score génétique pourra aussi être ajouté pour affiner la prédiction. Ce bilan de risques devrait être lancé dès le printemps.

Non coté

Généthon démarre un essai clinique de thérapie génique pour la forme tardive de la maladie de Pompe. Un premier patient a été traité dans le cadre de cet essai mené par la biotech SparkTherapeutics. Le produit testé, SPK-3006 intègre des technologies développées à Généthon qui ont permis dans le modèle murin de corriger l’accumulation de glycogène dans les muscles et le système nerveux. Cette étude qui se déroule aux Etats-Unis et se poursuivra en Europe prévoit de traiter une vingtaine de patients. Elle se terminera en octobre 2023.

Le laboratoire américain Merck & co nomme Rafik Allaili à la tête d’Organon France, la filiale française d’Organon & Co. Qui deviendra une structure indépendante de Merck à l’issue du 1er semestre 2021. Organon France regroupera environ 180 collaborateurs et installera son siège à Paris. Son portefeuille se compose notamment de médicaments destinés aux femmes, de biosimilaires en oncologie et immunologie. Plus largement, Organon ambitionne de nouer des partenariats avec des sociétés d’innovation afin de pouvoir répondre aux besoins médicaux non couverts en santé des femmes.

Deux ans après leur entrée au capital, Andera Partners, IDIA Capital Investissement, Amundi Private Equity Funds (PEF) et Socadif Capital Investissement accompagnent la stratégie de croissance externe de Bioclinic en acquérant le groupement de laboratoires de biologie LCV implanté dans le Val-de-Marne. Avec cette cinquième acquisition, Bioclinic poursuit sa stratégie de consolidation en Ile-de-France affichant un chiffre d’affaires supérieur à 100 M€.

En vue

Christian Latrémouille

est nommé directeur des affaires chirurgicales de Carmat. Chirurgien de renom, il était, depuis 2017 chef de service de chirurgie cardiaque de l’Hôpital européen Georges Pompidou à Paris. C’est lui qui a réalisé la première implantation mondiale du cœur artificiel de Carmat chez l’homme le 18 décembre 2013 et a suivi ensuite l’ensemble des essais cliniques.


Philippe Goupit

rejoint Tollys en tant que président du conseil d’administration, succédant ainsi au co-fondateur Jacques-François Martin qui conserve un siège. Philippe Goupit a passé plus de 20 ans chez Sanofi, s’occupant notamment des relations avec les investisseurs et de négociations stratégiques au niveau mondial.


Jose Saro

Prend la présidence du conseil consultatif scientifique de la biotech allemande Noxxon. Le docteur Jose Saro dispose d’une large expérience dans le développement de nouvelles classes d’agents anticancéreux, ayant travaillé au développement de nombreux produits en immuno-oncologie ou ciblant le micro-environnement des tumeurs, mais également sur des thérapies ciblées dans des pharmas comme AstraZeneca, Roche, BMS ou encore Novartis.


Philippe Mourere

devient président et directeur général de Stilla Technologies. Il succède au fondateur de la société de diagnostic, le docteur Remi Dangla qui est nommé directeur de la technologie (CTO) et reste membre du conseil d’administration. Philippe Mourere compte plus de 25 années d’expérience acquises au sein d’entreprises des sciences de la vie comme HalioDx, Ultivue, Cell Signaling Technology, PerkinElmer ou Caliper Life Sciences.


Gust Desmedt

après six années chez Solvay rejoint le producteur belge de chimie fine Minafin en tant que directeur général délégué à la stratégie. En parallèle, Minh Hua est promue directrice de l’information et de l’excellence opérationnelle. Ils seront tous deux membres du comité exécutif.


Les chiffres

17,22 Mds€

Le marché mondial de la thérapie génique devrait atteindre 17,22 Mds€ d’ici 2027. (Source UnivDatos Market).

12,4 Mds€

Montant des ventes attendu cette année par Pfizer pour son vaccin COVID-19 co-développé avec BioNtech. Les ventes du vaccin concurrent de Moderna pourraient s’établir entre 7,8 et 11,3 Mds€ selon les analystes financiers. Quant au vaccin, d’AstraZeneca, les prévisions de ventes s’établissent autour de 1,6 Md€.

600 M€

Montant des dividendes reversés par le fonds de capital-Risque allemand MIG Fonds à ses souscripteurs grâce à sa participation dans BioNTech. MIG Fonds est l’un des investisseurs fondateurs de la biotech allemande, cotée au Nasdaq depuis 2019.

2,4 Mds$

La taille du marché mondial de l’ablation de tumeurs devrait atteindre 2,4 milliards USD d’ici 2028. (source Grand View Research).