mardi 7 avril 2020


Engagé dans le programme de transformation de l’Hôtel-Dieu, BioLabs pourrait occuper quelque 10 000 m² au cœur de Paris à l’horizon 2025 Jean-Jacques Yarmoff, en charge de la stratégie internationale au sein du réseau américain de laboratoires partagés, n’a pas attendu pour commencer à évangéliser l’Europe Sa mission : faire découvrir aux bio-entrepreneurs et aux pouvoirs publics les atouts de ces incubateurs nouvelle génération qui ont conquis l’Amérique Et préparer le terrain pour de premiers projets, sur le Vieux Continent, à plus court terme Il répond aux questions de Biotech Finances

BIOTECH FINANCES : Quelle est la vocation originelle des BioLabs ?

Jean-Jacques Yarmoff : Lorsque Johannes Fruehauf a créé le Cambridge Biolabs, il venait de vendre une société, il se préparait à en créer une nouvelle et avait donc besoin d’un laboratoire Il fut confronté, comme beaucoup de bio-entrepreneurs, à un dilemme : louer un petit espace, l’équiper, puis déménager six mois plus tard pour en louer un autre plus grand Ou investir tout de suite dans une surface de travail suffisamment dimensionnée pour accompagner la biotech dans sa croissance sur plusieurs années La première option représente une perte de temps et d’énergie considérable, la seconde un investissement très lourd Disposant de moyens financiers, il décide de « voir grand » tout de suite, mais propose à d’autres bio-entrepreneurs de partager avec lui cet espace Il réalise alors que son offre de paillasses « clés en main » répond à un besoin criant Les start-up, dans le secteur des sciences de la vie, ont besoin d’infrastructures complexes, plus compliquées à trouver en ville que de simples bureaux partagés Mais ces jeunes biotechs n’ont pas forcément, à l’amorçage du moins, plus de capital que les autres pour investir Devant le succès du concept, Johannes Fruehauf a ensuite convaincu Deval Patrick, alors gouverneur du Massachusetts, de subventionner, dans le cadre du vaste plan de soutien au secteur des sciences de la vie qu’il initia en 2008, un laboratoire permettant aux biotechs de louer des paillasses tout équipées pour des durées flexibles Ainsi est née LabCentral en 2013, une organisation à but non lucratif, créée sur le modèle du Cambridge Biolabs et dont Johannes Fruehauf est président On a alors réalisé qu’en répondant à