samedi 28 novembre 2020


LE MARCHÉ COVID-19 POUR LES TESTS PCR EST ESTIMÉ ENTRE 700 M$ ET 1 MD$

Depuis le début de l’année, Biomérieux affiche +27 % en bourse, Eurobio +247 %, Biosynex +580 %, Novacyt + 2 300 %… Jamais le diagnostic n’avait autant attiré les investisseurs qu’en pleine crise COVID-19, et le secteur est l’un des rares à vraiment échapper à la catastrophe économique. Pour autant, ce domaine qui se décompose en plusieurs marchés devra répondre à la problématique du dépistage de masse lors du déconfinement.

À l’heure actuelle, le diagnostic s’effectue en majorité via une analyse RT-PCR, réalisée dans les laboratoires en ville ou dans les hôpitaux. Elle repose sur la réplication de l’ARN viral avec une détection en 4 à 5 heures en moyenne, même si certains acteurs, comme Biomérieux et AAZ, proposent des versions plus rapides, en 45 minutes. « Le besoin est immédiat et urgent. La rapi-dité de ces dispositifs est un aspect essentiel », précise Pieter Van Der Meer, managing partner chez Gilde Healthcare. Le gestionnaire néerlandais a levé le mois dernier un fonds 416 M€, dont un tiers sera destiné au diagnostic (lire « Gilde Healthcare V : 416 M€ pour des placements courte durée » dans Biotech Finances n°894).

Une production locale à privilégier

« Le marché mondial COVID-19 pour les tests PCR est estimé entre 700M$ et 1 Md$, avec des marges brutes de 80 %. Il semble néanmoins difficile d’imaginer un nouvel acteur sortir du lot sans l’appui de grands groupes, comme Roche ou Thermo Fisher, dont les appareils d’analyse sont déjà installés dans le monde entier », estime le managing partner. Néanmoins, la généralisation des PCR reste limitée. En cause, le manque de réactifs produits en Chine que tous les laboratoires du monde réclament.

Le dépistage de masse devra donc passer par d’autres approches comme les tests sérologiques, qui détectent dans le sang les anticorps spécifiques du virus pour prédire l’immunité des patients. En tête de gondole de cette technologie, la Bretonne NG Biotech qui est la première à avoir obtenu une approbation en France pour commercialiser ce type de test. « Ils seront utilisés d’ici peu en grande quantité pour tester l’immunité de la population. Leur prix sera un facteur clé. Même si le marché s’adresse au plus grand nombre, le coût global sera inférieur à celui des tests moléculaires, et devrait se situer aux alentours de 500M$, avec une marge brute de 65 à 70%», poursuit Pieter Van Der Meer.

Également positionnée sur ce marché, Biosynex a mis au point un test d’une dizaine d’euros. La société va d’abord s’appuyer sur une production chinoise, avant de lancer une unité à Strasbourg, avec un objectif de 100 000 tests par jour qui seront destinés en priorité au marché français. De son côté, NG Biotech prévoit l’ouverture d’un second site de production en Ille-et-Vilaine avec l’objectif d’atteindre les 6 millions de tests dans les six prochains mois. Une production locale qui devrait procurer un avantage non négligeable en pleine crise, face à de grands groupes dont les sites de production sont pour beaucoup délocalisés.

Les chiffres

54 €

En France, le prix des tests de PCR est actuellement fixé à 54 €, pris en charge à 70% par la Sécurité sociale. Pour les tests sérologiques, les modalités restent à définir.

80 Mds$

Selon le cabinet Evaluate, le marché global du diagnostic in vitro va croitre de 6% par an, passant de 52 Mds$ en 2017, à 80 Mds$ en 2024. Roche prévoit de détenir 18% de ce marché.

11,5 Mds$

Début mars, le géant américain Thermo Fisher a renforcé son activité de diagnostic, avec l’acquisition pour 11,5 Mds$ de Qiagen, société allemande spécialisée dans le diagnostic moléculaire.


Auteur


Benjamin Robert.