lundi 20 septembre 2021


(BiotechFinances n°953 26/07/2021) Les avancées de la recherche sur le microbiote pourraient métamorphoser le traitement de multiples maladies Plusieurs essais cliniques, y compris en phase 3, sont en train de prouver qu’il existe bel et bien une interaction entre la flore intestinale et les autres organes du corps humains L’Europe et la France recèlent une longueur d’avance dans cette découverte thérapeutique et visent désormais le leadership mondial Retour sur nos points forts

Le microbiome en pleine ébullition ! De nombreux essais sont menés des deux côtés de l’Atlantique sur des pathologies en lien avec le microbiote* comme les maladies inflammatoires (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn…), auto-immunes, neurologiques, métaboliques (NASH), les cancers

D’ores et déjà, deux phases 3 sont terminées aux États-Unis, ouvrant la voie à de prochains lancements commerciaux pour le traitement de Clostridioïdes difficile Il s’agit du SER109 de Seres Therapeutics développé en collaboration avec Nestlé HealthScience et du RBX 2660 de Rebiotix En parallèle, plusieurs phases 2 ont abouti à des résultats positifs La plupart des candidats au stade de développement avancé sont tous issus de donneurs, de bactéries vivantes Et cette recherche dans le microbiome intéresse de plus en plus les Big Pharma, jusqu’alors très réticentes Les données de phase 2 et 3, plus particulièrement dans les maladies infectieuses, ont en réalité changé leur perception Il faut dire que les enjeux sont considérables : la taille du marché, dans le microbiome humain, devrait atteindre 1,3 Md$ d’ici à 2026 et 10 Mds$ en 2030, selon GlobalData Des estimations qui seraient largement sous-estimées selon les experts du secteur

Un écosystème imbriqué et efficient

La genèse remonte au début des années 2010 lorsque Stanislav Dusko Ehrlich et son équipe de recherche, pionniers dans l’analyse métagénomique du microbiote à l’INRAE, parviennent à comprendre la composition précise des bactéries intestinales qui tapissent l’intérieur du tube digestif en analysant leur ADN De leur découverte naîtra le secteur du microbiome, dans laquelle la France ne manque aujourd’hui pas d’atouts « Il s’est alors produit un triple alignement : cette découverte académique, l’implication de Seventure Partners et un cadre réglementaire favorable, ce qui a permis l’émergence de plusieurs entreprises françaises dans ce domaine », se félicite Hervé Affagard, président fondateur de MaaT Pharma

Dans le sillage de l’INRAE, des laboratoires académiques comme l’Institut Pasteur s’engouffrent dans la brèche Mais il faudra attendre mars 2021 pour voir émerger l’Alliance Promotion Microbiote, fédérant 23 acteurs publics et privés engagés (instituts de recherche, entreprises, pôles de compétitivité), en vue de promouvoir l’écosystème français impliqué dans cette science émergente et en faire un leader international « L’Europe, et la France en particulier, sont très bien placées dans le microbiome, avec de vraies expertises », observe Rodolphe Besserve, directeur général d’EureKare, un start-up studio spécialisé dans