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JEIC et JEEI il y a 10 ans dans BIOTECHFINANCES

JEIC et JEEI : les deux fronts de la France innovante

Un peu de nerf et de courage, messieurs de Bercy ! Alternext n’est pas la solution miracle et la mise en place du statut de Jeune Entreprise Innovante Cotée (JEIC) n’a que trop tardé. Ce statut (1), destiné à favoriser le dernier maillon de la chaîne de financement des PME innovantes, doit absolument figurer dans la prochaine loi de finances 2006 pour une mise en application immédiate. L’appel solennel au Premier ministre lancé cette semaine par 14 fonds d’investissement spécialisés dans les hautes technologies, représentant 7 milliards d’euros de capacité d’investissement, est pour le moins explicite, même s’il évite l’attaque frontale. Encore une fois, une idée forte portée par l’une des composantes essentielles des « forces vives de la nation » se trouve aujourd’hui freinée en France par des tergiversations politico-administratives, alors même que la situation appelle une réactivité sans faille.
Depuis son lancement, Alternext – qui reste un produit très intéressant pour des PME de type classique et non capitalistiques – n’a pas apporté un instant la preuve qu’il pouvait être la solution pour les sociétés de biotechnologies. « Compte tenu du profil exceptionnel de ces entreprises, il faut une réglementation qui donne des garanties et qui rassure les investisseurs », nous déclarait, en avril dernier, Denis Lucquin, Managing Partner chez Sofinnova (2). L’analyse reste sans appel. « Les investisseurs suisses, anglais, allemands, américains ou canadiens ne veulent pas entendre parler d’un marché déréglementé sur des entreprises difficiles à analyser puisqu’elles n’ont pas de chiffre d’affaires », renchérit, de son côté, le président de France Biotech, Philippe Pouletty.

Protéger les Jeunes Entreprises Innovantes de France
« Désormais il faut être clair : soit on fait ce qu’il faut pour que la chaîne de financement des PME technologiques, fortes consommatrices de capital, fonctionne et on aura des Google et des Amgen, souligne encore Philippe Pouletty, « soit on ne le fait pas, et en conséquence, il faut dire sans détour que l’on va dilapider l’argent public distribué en amont. » Cette clarification est d’autant plus déterminante que se déroule actuellement une autre bataille sur le front européen concernant le statut des Jeunes Entreprises Européennes Innovantes (JEEI), dont les enjeux sont tout aussi fondamentaux pour la France et pour la chaîne de financement biotechnologique. « Le statut de JEI est une décision importante qui a eu un effet phénoménal en France où plus de 1 000 entreprises l’ont adopté, dont 25 % de start-up de biotech », nous a indiqué Johan Vanhemelrijck, secrétaire général d’Europabio. « Aujourd’hui, nous mettons tout en œuvre pour que la France ne se fasse pas attaquer par d’autres pays et par l’Europe, afin que ce statut spécifique ne soit pas remis en question. Il faut désormais faire en sorte que la Commission accepte une définition de la Jeune Entreprise Européenne Innovante qui pourrait profiter à l’ensemble des pays membres ». Un dossier pour le moins brûlant. Une réunion officielle portant en outre sur ce thème est prévue fin septembre à Bruxelles avec le commissaire Günter Verheugen, chargé du secteur Entreprise et Industrie.

JBT RED CHEFJacques-Bernard TASTE

Éditeur BIOTECHFINANCES

(1) – Lire : « Le statut « JEIC » va booster les bio-Ipo françaises » dans le n° 225 de B&F du 13/12/2004 (2) – Lire : « L’Easdaq tente un retour bio-offensif » dans le n° 241 de B&F du 18/04/2005


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