samedi 28 novembre 2020


BF
Lettre n° 921

IPO : QUAND LE NASDAQ FLAMBE, L’EUROPE FREMIT

Par Rédaction , dans Une , le 20 novembre 2020

(BiotechFinances n°921 – lundi 23 novembre 2020)  Jamais vu ! Plus de 70 biotechs se sont introduites au Nasdaq cette année, levant un montant record de 12 Mds€ C’est 2 fois le pic de 2018 Et ça continue puisqu’après leurs IPO ces entreprises valorisées à des niveaux inespérés réalisent des performances boursières incroyables, parfois supérieures à 350 % Conséquence, les start-up européennes ne rêvent que du Nasdaq et le Vieux continent perd ses meilleurs candidats Est-il possible de revenir dans la course ? Olivier Garnier, co-fondateur et managing partner de Bryan Garnier & Co nous éclaire sur la réalité et les enjeux boursiers pour l’eco-système européen

BiotechFinances – Le Nasdaq enregistre une année record d’IPO dans la biotech, quelle est selon vous la clé, voire la force de l’éco-système américain ?

Olivier Garnier : Il y a une énorme différence de profondeur dans les fonds collectés entre l’Europe et les États-Unis dans la santé Les fonds venture américains ont gagné beaucoup d’argent dans le secteur technologique entre 2003 et 2013 puis compte tenu des valorisations dans la Tech, ils ont commencé à regarder du côté de la santé et se sont spécialisés L’acceptation du risque inhérent à la recherche pharmaceutique et à la biotechnologie est infiniment plus grande outre-Atlantique Car culturellement la porosité entre le monde de la finance et celui de la recherche y est très fonctionnelle Les chercheurs travaillent en osmose avec les principaux centres académiques qui travaillent eux-mêmes en osmose avec la plupart des financiers Ce cercle vertueux tiré de la proximité du capital et de la science constitue la clé de ce marché mur versus un marché dans son enfance comme celui que nous avons en Europe

BF – Quels sont nos points critiques ? 

Olivier Garnier : Bien que nous disposions d’une science de premier niveau en Europe, cette osmose avec la finance n’est toujours pas établie Raison pour laquelle en France les laboratoires des grandes écoles d’ingénieurs type Centrale ou Polytechnique préfèrent aller lever de l’argent aux États-Unis Stéphane Bancel par