mercredi 29 janvier 2020


Dynamisme des financements, diversification des expertises et des métiers, mais aussi difficultés de croissance et obstacles administratifs persistants : à l’occasion de l’édition 2018 du Panorama de France Biotech, une enquête à laquelle 365 biotechs et medtechs tricolores ont participé, Maryvonne Hiance, présidente de l’association professionnelle, répond en exclusivité aux questions de Biotech Finances

Biotech Finances : Vous publiez cette année un panorama plus riche et plus dense que l’an passé Quels sont les éléments les plus saillants de ce millésime 2018 ?

Maryvonne Hiance : Ce qui est frappant, c’est la progression du nombre d’entreprises qui ont répondu à notre enquête : 365, soit 63 de plus que l’an passé et près de 200 de plus qu’il y a dix ans Alors que nous nous concentrions presque exclusivement sur les biotechs stricto sensu, le panorama porte désormais sur beaucoup d’autres sous-secteurs de l’innovation médicale – le dispositif médical, le diagnostic, l’e-santé, l’intelligence artificielle – dont les entreprises représentent près de la moitié de notre panel

Derrière cette tendance, il faut voir une évolution vers une médecine de plus en plus ciblée et précise dont le médicament reste, certes, la colonne vertébrale, mais qui a besoin d’identifier les patients répondeurs comme de suivre les réponses au traitement, qui s’appuient sur des biomarqueurs et du « big data », sur de nouveaux outils de délivrance ou encore de prévision Aujourd’hui, toutes ces disciplines sont liées et ne font qu’une !

Enfin, l’écart continue de se creuser sur le front de la productivité de la R&D entre biotechs et grands laboratoires pharmaceutiques En ne retenant que les 147 biotechs de notre panel, nous dénombrons 386 produits en développement, contre 233 en cumulant l’ensemble des projets des pipelines de Sanofi, Servier, Ipsen, Pierre Fabre et LFB, alors que les budgets investis en R&D sont incomparables Les biotechs françaises sont plus nombreuses, c’est vrai, mais elles sont aussi plus professionnalisées, avec des portefeuilles de produits plus étoffés et plus équilibrés

BF : L’écosystème est dynamique mais les sociétés ont peine à grandir…

Maryvonne Hiance : C’est indéniable et ce n’est pas nouveau Nous sommes le pays d’Europe où ont été menées le plus de levées de fonds pour des biotechs et medtechs l’an passé Mais les opérations à