mercredi 15 juillet 2020


Monde

En Californie, Imago BioSciences a bouclé un tour B de 40 M$. Cette biotech, qui développe des traitements innovants pour les maladies myéloïdes, a été soutenue par Omega Funds (pilote) et ses partenaires historiques Frazier Healthcare Partners, AmgenVentures et MRL Ventures Fund, ainsi que HighLight Capital, Pharmaron et Greenspring Associates. Dina Chaya, d’Omega, rejoindra le conseil d’administration d’Imago. Ces fonds permettront à Imago d’accélérer le développement de son programme principal, IMG-7289, un inhibiteur de la déméthylase 1 spécifique de la lysine (LSD1 ou KDM1A) qui régule l’expression des cytokines.

En Corée, LegoChem Biosciences (Kosdaq : 141080) a conclu un accord de collaboration de recherche et de licence avec Takeda Pharmaceutical Company Limited pour le développement d’anticorps conjugués en immuno-oncologie. Selon les termes de l’accord, trois cibles maximum (non divulguées) pourront être exploitées. LCB recevra 7,25 M$ sous forme de jalons initiaux. Les paiements ultérieurs pourront atteindre 404 M$ avec, en sus, des redevances sur les ventes des produits lancés.

Flagship Pioneering a sécurisé 824 M$ dans un nouveau fonds de capitalisation, destiné à soutenir la croissance des entreprises en santé humaine et développement durable créées par son unité dédiée Flagship Labs. Special opportunities fund II a été abondé par les investisseurs traditionnels associés à Flagship Pioneering, ainsi que par de nouveaux investisseurs institutionnels et des family offices. Le Special opportunities fund II fait suite à un fonds I de 285 M$, clôturé en 2016. Flagship Labs a permis de lancer plus de 75 nouvelles entreprises porteuses d’innovations de rupture.

Aimmune (AIMT) vient d’annoncer que son produit contre les allergies aux arachides, AR101, a été accepté pour examen par la FDA. La société américaine avait soumis son dossier fin 2018, mais le shutdown avait retardé son étude. La FDA a annoncé le début de l’étude officielle en janvier 2019. Ainsi, l’examen du BLA d’AR101 par l’autorité américaine peut durer jusqu’à janvier 2020. Cette période lui permet de conserver une légère avance sur sa grande rivale DBV, qui a annulé sa demande en décembre dernier et envisage de la soumettre à nouveau au troisième trimestre.

Cold Genesys, sur la côte ouest (Santa Ana), clôture une série C de 22 M$ avec ORI Healthcare Fund, Perseverance Capital et ses investisseurs historiques. Cet argent frais ira au financement du principal programme oncolytique portant sur le CG0070. Ce produit a terminé une étude de phase II (BOND2). La sécurité et l’efficacité cliniques ont été démontrées chez plus de 100 patients pour le traitement du cancer de la vessie invasif non musculaire (NMIBC).

Coté

Innate Pharma (IPH) annonce sa trésorerie, équivalents de trésorerie et actifs financiers à fin 2018, qui s’élèvent à 202,7 M€ (176,6 M€ en 2017). Les produits opérationnels se situent pour leur part à 94 M€. La biotech marseillaise n’aura certes pas de grand rendez-vous clinique cette année et reste encore loin des phases III. Néanmoins, l’accord signé en octobre dernier avec AstraZeneca va transformer Innate Pharma – d’une société de pure R&D – en une société commerciale, avec le lancement de Lumoxiti, un anti-cancéreux approuvé aux États-Unis dans le traitement de la leucémie à tricholeucocytes.

Mauna Kea (MKEA) publie ses résultats annuels 2018, avec une hausse de 1 % de son chiffre d’affaires annuel (6,8 M€) par rapport à l’exercice 2017, et des ventes de consommables en augmentation de 17 %. La trésorerie s’élève à 8,6 M€, ce qui offre à Mauna Kea une courte visibilité financière, jusque fin 2019.

Nanobiotix (NANO) publie ses résultats annuels consolidés pour l’année 2018, avec une trésorerie de 36,2 M€. Cette dernière a été renforcée par un paiement de 16 M€ provenant d’un accord de financement non-dilutif qui atteindra in fine 40 M€ avec la Banque européenne d’investissement, sous réserve de l’atteinte d’un certain nombre de critères de performance. L’année a été marquée, pour la biotech, par des résultats positifs de phase II/III avec NBTXR3 chez des patients atteints de sarcomes des tissus mous. Pour 2019, la société a d’ores et déjà annoncé son souhait d’entrer sur le Nasdaq.

Nicox (COX) annonce le lancement d’une étude de phase II avec NCX 4251, une suspension de nanocristaux ayant pour cible la blépharite, une affection caractérisée par une rougeur et un gonflement du bord des paupières, potentiellement accompagnée de desquamation. Il n’existe actuellement aucun médicament approuvé par la FDA spécifique à la blépharite. Néanmoins, les produits prescrits pour cette indication représentent une valeur totale de 500 M$. Cette étude sera réalisée aux États-Unis sur 30 patients, avec des premiers résultats attendus au quatrième trimestre 2019.

SuperSonic Imagine (SSI) annonce l’installation de 11 plateformes échographiques Aixplorer Mach 30, à l’Institut de radiologie de Paris (IRP). Elles remplaceront le parc existant d’échographes Aixplorer en sénologie (affections du sein). L’Aixplorer Mach 30 a obtenu l’été dernier les approbations américaine (510k) et européenne (marquage CE). Pour autant, les ventes de la medtech avaient reculé de 7 % en Europe au dernier trimestre 2018.

Transgene (TNG) fait le bilan de l’année 2018, avec un bénéfice net de 8 M€ grâce à la transaction avec Tasly Biopharmaceuticals, portant sur la vente des droits de TG1050 et TG6002 en Grande Chine. Avec une consommation de 24,5 M€ en 2018, la biotech publie une trésorerie de 16,9 M€ disponible au 31 décembre, néanmoins renforcée ces derniers jours. Transgene a bénéficié de 2,6 M€ de la part de Bpifrance pour la plateforme Myvac, et obtenu une ligne de crédit renouvelable de 20 M€ avec Natixis sur 30 mois. Grâce à cette ligne de financement, la société a ainsi une visibilité financière jusque mi-2020. L’année à venir va être dense, puisque ses deux principaux actifs devraient dévoiler des résultats cliniques : Pexa-Vec dans le cancer du foie et TG4010 dans le cancer du poumon non à petites cellules.

Valbiotis (ALVAL) renforce son conseil de surveillance en nommant Agnès Tixier, actuellement directrice chez CM-CIC Investissement. Elle dispose d’une expérience de 25 ans à la tête de directions financières de sociétés internationales, comme Avenir Telecom, dont elle pilota l’introduction en bourse. Valbiotis a l’ambition de lancer, d’ici deux ans, le premier produit bénéficiant d’une allégation santé relative à la diminution du risque de développer un diabète de type 2.

Voluntis (VTX) annonce la décision de Roche Pharma France de ne pas poursuivre le développement de la solution ZEMY dans le cancer du sein, basée sur la plateforme Theraxium Oncologie. Ainsi, leur collaboration, débutée en octobre 2015, prendra fin au terme de l’étude clinique de faisabilité menée par Roche fin avril 2019. Suite à cette décision, la biotech a mis à jour ses objectifs à moyen terme avec l’atteinte du seuil de rentabilité et un CA cible revu à la baisse, à 40 M€ en 2021 (contre 50 M€ précédemment). Voluntis a également publié sa trésorerie à fin 2018, qui s’établit à 19,8 M€, contre 1,8 M€ en 201, due en grande partie à l’augmentation de capital à l’occasion de l’IPO.

Non coté

Graftys boucle un tour de 4,1 M€ auprès de GO Capital (Rennes), Innovation Fund (Bruxelles), Meusinvest (Liège) et The Club Deal (Bruxelles). Dirigée par Enrico Bastiannelli (ex-Bone Therapeutics), Graftys développe des biomatériaux orthopédiques synthétiques, et ses produits sont commercialisés dans plus de 20 pays, y compris en Europe et aux États-Unis, par le biais de partenariats de distribution. Le tour servira au renforcement commercial et industriel.

L’AFM-Téléthon a reçu le prix Pioneer in Technology Development  pour son action dans la recherche et le développement de thérapies innovantes contre les maladies rares, notamment les maladies du cerveau et de la moelle épinière. Chaque année, la Society for brain mapping and therapeutics récompense des personnalités publiques (médecins, humanitaires, acteurs, chercheurs…) et des entreprises qui ont permis de faire avancer la recherche.

Enterome signe une collaboration de R&D avec l’institut du cancer Dana-Farber (Boston, MA) sur des antigènes issus du microbiote intestinal comme potentielles immunothérapies contre le cancer. Il s’agit d’associer les capacités d’Enterome à identifier des TAAs et TSNAs d’intérêt, puis à générer leurs « onco-mimics » bactériens, avec l’expertise des équipes de l’institut Dana-Farber dirigées par le Dr David Reardon au Centre de neuro-oncologie et celles du Dr Paul Kirschmeier au Centre Belfer pour les sciences appliquées au cancer. Ils poursuivent tous deux l’objectif d’améliorer le taux de guérison des patients atteints de cancers du cerveau ou de la moelle épinière, par l’approche de l’immunothérapie.

Igyxos lève 7,5 M€ pour financer le développement préclinique et clinique de son candidat-médicament dans le traitement de l’infertilité féminine et masculine. Il s’agit d’une série A menée par Bpifrance, via le Fonds accélération biotechnologies santé, aux côtés de GO Capital et de Sofimac Innovation. Igyxos développe un traitement First-in-class, basé sur l’utilisation d’anticorps monoclonaux, capable de potentialiser l’activité des gonadotrophines, hormones en charge de la régulation du cycle reproductif. L’infertilité touche environ 70 millions de femmes et 30 millions d’hommes dans le monde, mais les taux de réussite des traitements actuels sont faibles (seulement 50 % des couples traités ont un enfant après quatre cycles de traitements hormonaux).

En vue

Camille Migdal

La CEO de la jeune biotech Cell&Soft à Grenoble s'attaque au marché de la culture in vitro, avec une offre de supports à fonds mous capables de reproduire la souplesse des tissus humains et animaux. L'entreprise cherche 500 k€ en amorçage.


Sylvie Sauvaigo

À la tête de LXrepair, elle déploie des tests diagnostiques pour personnaliser les traitements anticancéreux basés sur la mesure enzymatique de l'ensemble des systèmes de réparation de l'ADN. L'entreprise entend lever 3 M€, au moins, fin 2019.


Pierre Legault

rejoint Bicycle Therapeutics au poste d'administrateur et président du conseil d'administration, et remplace Stephen J. Hoffman. Pierre Legault est également président du conseil de Poxel, d'Artios et membre du conseil d'administration de Clementia Pharmaceuticals, Urovant Sciences et Syndax Pharmaceuticals.


Les chiffres

7 Md$

Le montant global du marché de la robotique chirurgicale à l'horizon 2025. Ce marché, actuellement de 3 Md$, est porté par la profusion des innovations technologiques d'assistance aux gestes des chirurgiens.

18

Le nombre de pays européens dans lesquels sont désormais disponibles les traitements du diabète de type 2 Invokana (canagliflozine) et Vokanamet (canagliflozine, metformine) développés par Janssen et commercialisés par Mundipharma. Environ 58 millions de personnes en Europe vivent actuellement avec le diabète de type 2, un nombre qui devrait passer à 67 millions d'ici 2045.

388,99 Md$

Le marché mondial des produits biopharmaceutiques à l'horizon 2024. Évalué à 237,25 Md$ en 2018, sa croissance est portée par acceptation de nouveaux produits biopharmaceutiques capables de cibler des maladies jusque-là impossibles à traiter.