lundi 13 juillet 2020


Monde

Blackstone Life Sciences lance Anthos Therapeutics. Cette société intervient dans le domaine cardiovasculaire. Elle a pu être créée grâce à l’octroi par Novartis d’une licence sur MAA868, un anticorps dirigé contre les facteurs XI et XIa, composants clefs de la voie de coagulation. Novartis conservera une participation minoritaire dans Anthos qui bénéficiera d’un apport de fonds de 250 M$ porté par Blackstone Life Sciences.

Roche fait l’acquisition de Spark Therapeutics pour 4,3 Md$ (114,5 $ par action). Sparck commercialise Luxturna, une thérapie génique destinée au traitement de l’amaurose congénitale de Leber, une maladie rare liée à une mutation du gène RPE65, provoquant une dégénérescence de la rétine et une perte de la vision. Ce traitement est devenu, en 2017, la première thérapie génique approuvée aux États-Unis. Elle l’est également depuis 2018 en Europe, où elle fait l’objet d’un partenariat commercial avec Novartis. Outre ce produit ophtalmique, Spark développe une thérapie génique en phase III contre l’hémophilie B, en partenariat avec Pfizer (SPK-9001), et une autre contre l’hémophilie A qui devrait entrer en phase III cette année (SPK-8011). Cette acquisition vient renforcer Roche dans cette indication, où le géant suisse avait déjà obtenu une AMM l’année dernière avec Hemlibra, un anticorps monoclonal visant les patients atteints d’hémophilie A.

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) a rendu un avis favorable au sujet de la demande d’autorisation de mise sur le marché de sotagliflozine, développé par Sanofi et Lexicon pour le traitement du diabète de type 1 chez l’adulte. Il serait ainsi utilisé en complément d’une insulinothérapie pour améliorer le contrôle de la glycémie chez l’adulte. Ce même comité a également recommandé l’approbation de dupilumab pour le traitement de l’asthme sévère. Pour ces deux indications, la Commission européenne devrait rendre une décision définitive dans les prochains mois

Coté

Genfit (GNFT) annonce le dépôt du document d’enregistrement F1-Form auprès de la Securities and exchange commission (SEC) en vue d’une introduction sur le Nasdaq. En plus d’une émission d’ADS (American depositary shares), Genfit procédera, en parallèle, à un placement privé à destination des investisseurs européens. Ni le calendrier, ni les conditions de l’offre ne sont encore connus, mais la société lèvera des capitaux – jusqu’à 100 M$ – pour ses programmes cliniques, ainsi que ses investissements commerciaux et réglementaires.

Jean-Claude Lumaret, Carbios.

Carbios (ALCRB) est parvenue à produire ses premières bouteilles en PET, composées à 100 % d’acide téréphtalique purifié (rPTA) issu du biorecyclage enzymatique de plastiques usagés. Une première mondiale selon l’entreprise. Le PET est le polyester le plus courant du marché, il est notamment utilisé pour produire près de 500 milliards de bouteilles en plastique chaque année. La société avait reçu, mi-janvier, un financement de 4,1 M€ émanant du PIA (Programme d’investissements d’avenir) destiné à financer l’industrialisation de ce programme.

Safe Orthopaedics (SAFOR) vient d’obtenir le marquage CE pour son nouveau kit, baptisé Essentiel. Il contient tous les éléments à la réalisation d’une chirurgie des fractures vertébrales en percutané. Spécialisée dans la conception d’implants et d’instruments à usage unique, la medtech française avait levé 6,95 M€ en juillet dernier dans le cadre d’une augmentation de capital.

Genkyotex (GKTX) lance le regroupement de ses actions à raison de 10 actions existantes pour une action nouvelle. Les actions anciennes seront radiées de la cote le 27 mars prochain. La biotech présente une trésorerie disponible de 10,3 M€ (12,8 M€ au 30 septembre 2018), et estime en tirer une visibilité financière jusqu’à début 2020 en tenant compte de la conversion de la totalité des obligations convertibles en actions (OCA). Le traitement du dernier patient de l’étude de phase II dans la cholangite biliaire primitive avec le GKT831 devrait s’achever mi-mars 2019, et les résultats finaux restent attendus au printemps 2019, comme prévu.

Bone Therapeutics publie ses résultats annuels 2018, avec un chiffre d’affaires de 5,1 M€, en hausse de 20,5 % par rapport à 2017. La société annonce également une perte d’exploitation de 11,5 M€ en 2018, contre 12,3 M€ pour 2017. Pour l’année à venir, Bone publiera mi-2019 les principales données de son essai de phase IIa avec sa plateforme ALLOB dans la fusion vertébrale. Chez des patients souffrant de fractures avec retard de consolidation, la biotech belge va déposer une demande d’essai clinique au second semestre pour une étude de phase IIb/III. Bone prévoit une consommation nette de trésorerie en 2019 qui devrait s’établir entre 13 et 14 M€.

Ipsen (IPN) se porte acquéreur de la totalité des actions de la biotech américaine Clementia Pharmaceuticals, au prix d’achat de 25 $ par action à la clôture, soit 1,04 Md$. La société renforce ainsi son portefeuille dans les maladies rares, avec le palovarotène, un agoniste sélectif du récepteur gamma de l’acide rétinoïque ciblant plusieurs maladies osseuses, dont le traitement épisodique des poussées actives de la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP), pour laquelle le dépôt d’un dossier d’enregistrement devrait être soumis au second semestre 2019.

Global Bioenergies (ALGBE) fait état d’une perte nette de 13,6 M€ sur l’exercice 2018, en légère amélioration par rapport à 2017, et d’une trésorerie brute de 10,3 M€. La société a dorénavant comme principal objectif de réussir à faire émerger sa première usine, une opération menée conjointement avec Cristal Union, une coopérative sucrière. Global Bioenergies a annoncé le mois dernier la réussite d’essais réalisés sur un démonstrateur industriel, visant à produire de l’isobutène cellulosique, non pas à partir de sucre, mais à partir d’hydrolysat de paille de blé.

Mauna Kea Technologies (MKEA) reçoit l’autorisation de la FDA pour l’utilisation de sa minisonde confocale AQ-Flex 19, à travers des aiguilles transbronchiques avec les bronchoscopes, pour le ciblage et l’imagerie des nodules pulmonaires périphériques. Il s’agit de la 16e autorisation accordée par l’organisme de régulation américain à la medtech française, spécialisée en endomicroscopie avec sa plateforme phare, Cellvizio, dont est issue la minisonde.

Non coté

Yukin Therapeutics, biotech accompagnée par Advent France Biotechnology, reçoit de la SATT Sud-Est une licence d’exploitation exclusive pour deux brevets. Le Pr Thierry Passeron et le Dr Rachid Benhida, fondateurs et consultants scientifiques de Yukin Therapeutics, visent une nouvelle cible, la NF-kappa-B-inducing kinase (NIK), dans l’objectif de doper l’efficacité de l’immunothérapie. En modulant l’activité de la kinase NIK, ces composés pourraient induire une réponse anti-tumorale et accentuer les effets des anti-PD-1. La SATT Sud-Est annonce en parallèle son entrée au capital de la start-up.

Minoryx Therapeutics annonce le lancement d’une étude clinique de phase II avec son principal candidat-médicament, MIN-10, un agoniste des PPAR gamma, dans l’ataxie de Friedreich, une maladie génétique rare qui provoque une perte de coordination et de force musculaire. Cet essai, baptisé FRAMES, pour lequel la société a obtenu le feu vert de l’agence espagnole du médicament, sera mené en Espagne et en Belgique. Biotech hispano-belge, Minoryx a levé 21,3 M€ en octobre dernier (lire Biotech Finances no 827).

Une série D de 33,2 M€ pour Hoopika Pharma. Cette biotech autrichienne développe une nouvelle classe d’immunothérapeutiques ciblant les maladies infectieuses et les cancers, sur la base de sa plateforme exclusive Arenavirus. L’investissement a été dirigé par Redmile Group avec la participation de nouveaux investisseurs, Invus et Samsara BioCapital, ainsi que d’un certain nombre d’historiques. HB-201 et HB-202, les principaux produits candidats d’Hookipa en oncologie, ciblent les cancers liés au papillomavirus humain.

En vue

Fanny Mochel

docteur et coordinatrice au sein de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière, intègre le conseil scientifique de Minoryx Therapeutics avec le Dr Massimo Pandolfo, directeur du Laboratoire de neurologie expérimentale de l'Université libre de Bruxelles.


Jean-Jacques Bienaimé

Le CEO de BioMarin Pharmaceutical a dévoilé une croissance de son chiffre d'affaires de près de 16 % pour 2018 (soit 1,47 Md$). Néanmoins, la société continue de générer 77,2 M$ de pertes nettes.


Bruno Privat

Le directeur du Business développement de LXRepair fait le buzz autour de sa plateforme industrielle de kits diagnostiques (Réparation de l'ADN et cancer) lauréate du Concours d'Innovation PIA-BPIFrance


Les chiffres

5%

En France, 3 à 4 millions de personnes, soit environ 5 % de la population, sont concernées par une maladie rare. Elles sont près de 30 millions en Europe.

5 ans

Pour un malade sur deux, il n'existe pas de diagnostic clair, qui met en moyenne cinq ans à être posé après les premiers symptômes.

85%

Parmi les 7000 maladies rares identifiées, 85 % d'entre elles ne disposent pas de traitement qui permette d'en guérir.