mercredi 21 avril 2021


Monde

Eli Lilly rachète Loxo Oncology, qui développe des traitements contre le cancer, pour un montant de 8 Md$, soit un prix de 235 $ par action (une prime de 68 % sur le cours de clôture de vendredi). Le géant américain espère finaliser le rachat avant la fin du premier trimestre 2019. Loxo Oncology possède un portefeuille de traitements qui ciblent les cancers provoqués par de rares mutations génétiques. L’an dernier, Loxo a mis sur le marché son premier médicament, le Vitrakvi, qui a montré son efficacité dans le traitement d’une grande variété de tumeurs aux origines génétiques. Ce produit est commercialisé en partenariat avec l’Allemand Bayer. Eli Lilly pense qu’un second produit, LOXO-292, qui cible pour sa part des cancers avec des anomalies du proto-oncogène RET, peut arriver sur le marché en 2020.

Genmab (DK0010272202) va toucher 75 M$ de milestones suite à sa collaboration avec Janssen, filiale de Johnson & Johnson, sur les ventes du Darzalex (daratumumab). Janssen a confirmé que les ventes de ce traitement contre le myélome multiple, avaient atteint 2 Md$ au cours de l’année civile 2018. La biotech danoise avait accordé à Janssen en août 2012 une licence exclusive mondiale pour le développement, la fabrication et la commercialisation de Darzalex.

Le Japonais Takeda a bouclé l’acquisition de son concurrent irlandais Shire, spécialiste des maladies rares, pour 62 Md$ Les revenus combinés des deux sociétés propulsent le Japonais dans le top 10 des entreprises pharmaceutiques mondiales, une première pour une société nipponne. Il ne s’agit pourtant pas de l’accord le plus conséquent de ce début d’année 2019, puisque Bristol-Myers Squibb a acquis Celgene pour 74 Md$, dans l’objectif d’étoffer son pipeline.

Coté

Advicenne (ADVIC) obtient l’autorisation de l’agence de santé belge (FAMHP) d’initier l’étude pivot de phase II/III CORAL avec ADV7103 dans la cystinurie, une maladie héréditaire rare caractérisée par une anomalie du transport des acides aminés et provoquant la formation récurrente de calculs rénaux. Déjà autorisée en France, cette approbation va permettre à la biotech d’étendre la base de recrutement des patients. Médicament phare d’Advicenne, ADV7103 a déjà été testé dans l’ATRd (acidose tubulaire rénale distale) et un dossier d’autorisation de mise sur le marché en Europe est prévu dans les prochains mois, pour une commercialisation à l’horizon 2020. La cystinurie correspond donc à une seconde indication, qui doublerait la taille du marché ciblée par ce candidat-médicament. La biotech a d’ailleurs remporté en octobre 2018 le prix Galien-Medstartup 2018 dans la catégorie Meilleur design novateur d’étude pour ADV7103.

Biom’up (BUP) vient de soumettre un dossier IDE auprès de la FDA pour son produit Hemosnow, une poudre sèche hémostatique ayant pour but la maîtrise des saignements minimaux et légers lors des interventions chirurgicales. La biotech française prévoit désormais de lancer les études cliniques nécessaires à son approbation aux États-Unis en 2020. Hemosnow se distingue du produit phare de Biom’up déjà sur le marché, Hemoblast Bellows, par l’absence de thrombine humaine dans sa composition. Son utilisation s’adapte ainsi à des saignements plus faibles, pour un coût moins élevé. La biotech française en profite pour annoncer le renouvellement de son contrat d’approvisionnement en thrombine humaine pour les sept années à venir.

Global Bioenergies (ALGBE) salue le vote, par les députés, de la loi de finance 2019 qui prévoit l’augmentation du plancher d’incorporation de biocarburants dans les carburants routiers. Ce taux passe de 7,5 % en 2018 à 7,9 % en 2019, puis à 8,2 % en 2020. La feuille de route de la France prévoit un taux d’incorporation de 15 % à horizon 2030. En avril 2018, Global Bioenergies s’était associée avec SkyNRG, premier producteur mondial de carburant aviation durable, pour accélérer la commercialisation de son biocarburant aéronautique dérivé du bio-isobutène.

IntegraGen (ALINT) annonce un chiffre d’affaires en croissance de 11 % pour 2018 (soit 6,9 M€). Pendant l’année, la société a également mis l’accent sur les prestations de séquençage pour le segment R&D, en hausse de 29 %. Pour 2019, IntegraGen devrait solidifier sa visibilité commerciale avec les premiers revenus issus de SeqOIA. Il s’agit de la plateforme de séquençage à haut débit du Groupement de coopération sanitaire (GCS) composé de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), de l’Institut Curie et du centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy, et dont l’exploitation fut confiée à la biotech parisienne en juillet 2018.

Nanobiotix (NANO) annonce une collaboration clinique de grande envergure avec le MD Anderson Cancer Center, portant sur neuf nouveaux essais cliniques de phase I/II avec NBTXR3, et impliquant 340 patients dans six types de cancers différents – de la tête et du cou, pancréatiques, thoraciques, pulmonaires, gastro-intestinaux et génito-urinaires. La majorité des études devrait être lancée en 2019. NBTXR3 sera évalué via une activation par radiothérapie (selon différentes modalités de rayonnement), en association avec des checkpoints inhibiteurs, ou en monothérapie. Suite à cette collaboration, le nombre d’études cliniques impliquant NBTXR3 s’élève à 16, dont une de phase III qui a d’ores et déjà démontré un bénéfice clinique dans les sarcomes des tissus mous (STM) localement avancés.

Néovacs (ALNEV) reçoit un financement de l’ANR de 702 k€ pour le développement de son projet AllergyVACS. L’objectif est de mettre au point des vaccins kinoïde qui neutralisent les cytokines IL-4 et IL-13, permettant une protection à long terme des maladies allergiques. Néovacs avait apporté en décembre 2018 la preuve de concept préclinique dans un modèle d’asthme induit. Ce financement de l’ANR va permettre d’élaborer les prochaines étapes précliniques du programme AllergyVACS.

Poxel (POXEL) présente de nouvelles données pour le PXL065, le stéréoisomère R de la pioglitazone stabilisée pour le traitement de la NASH. La pioglitazone est un médicament qui a déjà permis la « résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose » dans un essai de phase IV. Toutefois, son emploi a été restreint en raison des effets secondaires des récepteurs PPAR-?, dont la prise de poids, les fractures osseuses et la rétention hydrique. Ces effets secondaires seraient principalement associés au stéréoisomère S de la pioglitazone, actif sur ce récepteur PPAR-?. Dans le cadre du programme de phase I évaluant PXL065, l’étude en cours avec des doses uniques supplémentaires sera suivie d’une étude avec des doses croissantes multiples.

Pixium Vision (PIX) annonce que son implant sous-rétinien PRIMA, pour le traitement de la DMLA sèche, franchit avec succès les objectifs de son étude de faisabilité. La société avait déjà obtenu le mois dernier le prix Galien 2018 dans la catégorie Travaux de Recherche, pour ce même dispositif. Le système de vision bionique est basé sur un implant sous-rétinien miniaturisé, sans fil et photovoltaïque, connecté à des lunettes dotées d’une caméra et à un ordinateur de poche. La biotech prépare maintenant l’étude clinique pivot européenne, en vue du marquage CE.

Non coté

Algosource ouvre son capital aux fonds régionaux Litto Invest, Pays de la Loire participations et Pays de la Loire développement. Cette levée de fonds va permettre au groupe d’accélérer sa croissance et d’accroître ses capacités de production. Algosource développe des produits finis et des procédés d’innovations technologiques à base de microalgues. Sa création en 2012 est le fruit d’un projet commun des sociétés Alpha Biotech et Algosource Technologies.

Genopole lance l’appel à candidatures de la 4e promotion des dispositifs Shaker et Booster, deux dispositifs de soutien pour accélérer le développement de projets innovants en biotechnologie. L’événement est ouvert aux étudiants, post-doctorants, demandeurs d’emploi porteurs d’une innovation biotech, mais également aux dirigeants de jeunes entreprises. Cet appel à candidatures est ouvert jusqu’au 22 février.

Dix-sept nouvelles structures ont adhéré à Lyonbiopôle au cours du second semestre 2018 (biotechs, medtechs, healthechs, académiques, industriels…). Ce chiffre amène la communauté du pôle de compétitivité santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes à 226 membres. Lors de ce semestre, Lyonbiopôle a également pris en charge la coordination du projet S3martMed. Financé par le programme COSME de l’Union européenne sur deux ans, son objectif est de participer à la mise en œuvre de la politique de spécialisation des régions et de soutenir les futurs investissements dans les technologies médicales.

En vue

Karen Aiach

La fondatrice de Lysogene (LYS) en 2009 et directrice général de la société, sort son livre, Maman est là, aux éditions Harper Collins, et disponible en librairie depuis ce vendredi. En octobre 2018, la biotech a trouvé un accord avec Sarepta pour financer la phase III de son médicament phare, LYS-SAF 302, contre le mucopolysaccharidose de type IIIA (MPS IIIA), une maladie pédiatrique de surcharge lysosomale dont est atteinte la fille de Karen Aiach.


Emmanuel Petiot

Le DG de Deinove annonce un nouveau site internet notamment dans la perspective de faire évoluer la présentation des activités. L’objectif pour la société est d’affirmer une double spécialité, dans les anti-infectieux de nouvelle génération et les actifs d’origine naturelle dans la cosmétique et la nutrition.


Bruno Le Maire

Le ministre de l’Économie a finalement accepté de signer le décret d’application d’une mesure de la loi alimentation de novembre 2018 qui suspend l’utilisation du dioxyde de titane (E171). Un revrirement qui intervient à peine quelques jours après avoir refusé cette suspension au motif "qu'il n’y avait pas de consensus scientifique clair sur le caractère cancérigène du composé, malgré “plus de 350 publications scientifiques depuis 2000 sur le dioxyde de titane” selon un toxicologue suisse.


Les chiffres

11

C’est le nombre de start-up françaises d’e-santé qui, après avoir été récompensées en novembre 2018 d’un Innovation Award, ont pu briller cette semaine au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas. Il s’agit de Withings, Team8, Hypno VR, Healsy, Koovea, Ullo, Lifeina, Meersens, UrgoTech, E-Vone et Numii.

85 M$

C’est le montant levé en série B par l’américaine Black Diamond Therapeutics auprès de New Enterprise Associates (lead) et de RA Capital Management. La société, spécialisée dans le ciblage de mutations oncogènes allostériques, veut accélérer le développement de son pipeline. Ce financement lui permettra également d’établir son nouveau siège social à Cambridge, dans le Massachusetts.

74%

Sanofi a publié des résultats positifs pour l’essai HERCULES de phase III du Cablivi dans le traitement du purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) acquis. L’essai présente une réduction de 74 % des décès, ainsi qu’une baisse de 67 % des récurrences de la maladie. Cablivi avait initialement été développé par la société de biotechnologie belge Ablynx, que Sanofi a rachetée l’an dernier pour environ 4 Md€.