vendredi 25 septembre 2020


Monde

Revers en cascade concernant Alzheimer : alors qu’AstraZeneca a indiqué ce jour qu’elle cessait tout développement sur labanecestat (en phase III contre Alzheimer), Ixico (IXI), qui déploie des services d’analyse digitale dans les neurosciences, a été informée par un de ses clients pharmaceutiques (non divulgué) de sa décision d’arrêter le dépistage, la randomisation et le dosage dans une étude clinique de phase II/III de la maladie. L’arrêt de ce contrat, d’une valeur de 7,7 M$ jusqu’à la fin de 2024, ne serait pas lié à la performance d’Ixico. Selon les dirigeants, la société reste sur la bonne voie pour générer une croissance à deux chiffres, générant des revenus supérieurs à 4,5 M£ et elle répondra aux attentes du marché pour l’exercice en cours.

Coté

Cellectis (ALCLS) annonce la publication dans le journal Scientific Reports d’une étude décrivant le CubiCAR, une architecture complète du récepteur antigénique chimérique (CAR) intégrant un composant multi-fonctionnel permettant la purification, la détection et l’élimination des cellules CAR-T. Issue de travaux menés avec son partenaire Allogene, cette technologie consiste en l’intégration de ces multiples fonctions dans une seule molécule CAR. Elle améliore notamment la fonction « suicide » des CAR-T, un élément clef pour l’amélioration de la sécurité de ces thérapies anti-cancéreuses.

Cellnovo (CLNV) annonce le lancement commercial de ses cartouches d’insuline, produites par son partenaire industriel Flex en Autriche, sur une nouvelle ligne de production « à grande échelle ». Le processus de validation de la production de ces cartouches avait pris du retard et provoqué une baisse du chiffre d’affaires de la medtech en 2017. Ce lancement devrait impacter positivement les ventes dès le troisième trimestre, selon la société. En bourse, l’action Cellnovo progresse de plus de 20 %.

Deinove (ALDEI) lève 8,5 M€ représentant 25,35 % du capital de la société avant opération sur une base non diluée, soit une dilution de 20,22 %. Cette levée de fonds s’inscrit dans la stratégie de Deinove de développer des antibiotiques innovants capables de répondre à l’urgence sanitaire de l’antibiorésistance.

À retenir ! Le nom d’Eurobio Scientific remplace celui de Diaxonhit (ALEHT). Le changement a été approuvé lors de l’Assemblée générale du 14 juin. Il reflète la nouvelle dimension de l’entreprise et vient valider l’ambition d’Eurobio Scientific : être un acteur incontournable du diagnostic in vitro, en France et à l’international.

Deuxième séance consécutive de hausse pour l’action Genomic Vision (GV). La biotech parisienne a dévoilé hier les résultats détaillés d’une étude comparant, chez 40 patients, l’efficacité de sa technologie (le peignage moléculaire) par rapport à la technologie standard (le transfert d’ADN) dans le diagnostic de la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD), une maladie rare. Ce test, déjà commercialisé, est le produit le plus avancé de Genomic Vision, mais son potentiel commercial est modeste. De plus, la société se focalise à présent sur le marché des outils pour la recherche, plutôt que sur celui des tests de diagnostic in vitro (lire Biotech Finances  no 786).

Gensight (SIGHT) poursuit sa descente aux enfers. L’action de la biotech accuse un recul de 12 % en cumulé sur la semaine écoulée. Le 12 juin, la biotech a publié des données cliniques complémentaires de son étude REVERSE (phase III évaluant sa thérapie génique GS010 dans la neuropathie optique héréditaire de Leber). Si elles confirment la sécurité du produit, son impact sur la neuro-protection et permettent d’écarter l’hypothèse d’un effet placebo (suggéré par les premiers résultats), elles n’ont pas suffi à convaincre les investisseurs. Ces derniers semblent craindre des retards dans les négociations avec les autorités de santé (FDA et EMA) en vue d’une approbation du produit, compte tenu de la non-atteinte du critère principal dans l’étude.

Lysogene (LYS) a intégré trois nouveaux indices de la famille CAC : CAC Small, CAC Mid & Small et CAC All-Tradable, suite à une analyse du titre par Euronext sur la base de la capitalisation boursière flottante. Une opération qui traduit l’intérêt marqué des investisseurs pour la société, dirigée par Karen Aiach.

Noxxon Pharma (ALNOX) lève 380 k€ auprès de ses investisseurs existants, sous la forme d’obligations convertibles assorties d’un taux d’intérêt de 7 %, payable en actions lors de la conversion. Ce montant s’ajoute aux 200 k€ obtenus récemment grâce au financement par voie d’ODIRNANE.

Pharnext (ALPHA) boucle une levée de fonds de 20,5 M€, via l’émission d’obligations souscrites par IFP Partners, un fonds d’investissement suisse spécialisé en sciences de la vie. Elle annonce, dans le même temps, l’obtention auprès des autorités de santé chinoises (CFDA) du statut fast-track pour PXT3003, son candidat-médicament actuellement en phase III de développement clinique dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth (type 1A), en Europe et aux États-Unis. La demande a été déposée par GeneNet, la co-entreprise créée entre Pharnext et le groupe pharmaceutique chinois Tasly.

Safe Orthopaedics (SAFOR) annonce la signature d’un partenariat exclusif de distribution pour le marché japonais, avec la société Kisco (filiale d’Otsuka). La medtech française, qui commercialise des implants et instruments à usage unique pour la chirurgie du rachis, percevra de son partenaire un premier paiement, lors de l’homologation de sa gamme SteriSpine dans le pays, attendu l’an prochain. En parallèle, elle lance une augmentation de capital de 8,4 M€, ouverte au public jusqu’au 27 juin et à laquelle Kisco participe.

Theraclion (ALTHE) a souscrit une ligne de financement en fonds propres d’un montant de 3,6 M€ sur un an, auprès de Nice & Green, une société suisse de services financiers. 120 bons de souscription d’actions remboursables seront émis puis souscrits par lot de 10, chaque mois, avec une décote de 7 % par rapport au plus faible des cours moyens pondérés par les volumes des cinq séances de bourse.

Eurofins Scientific (ERF) a lancé un programme de warrants qui devrait lui permettre de collecter environ 4,3 M€. Ce programme concerne 100 cadres de l’entreprise et correspond à environ à 0,7 % du capital.

Non coté

Après une phase I réussie chez le volontaire sain pour son candidat-médicament ACT017, Acticor Biotech confie à Simbec-Orion la réalisation de sa première étude chez le patient, dans l’accident vasculaire cérébral ischémique aigu. Cette étude clinique de phase II, qui va inclure un premier groupe de 100 patients dans huit pays européens, doit permettre d’affirmer la sécurité d’emploi d’ACT017 chez le patient, tout en essayant d’apporter les preuves d’efficacité sur le plan vasculaire et sur l’issue neurologique de l’épisode aigu. Elle sera conduite dans des centres experts susceptibles d’accueillir ce type de patient 24h/24 et 7j/7.

Tilak décroche le marquage CE pour Odysight, son jeu médical mobile destiné aux patients souffrant de maladies oculaires chroniques. Odysight est un puzzle qui permet de suivre l’évolution des paramètres visuels et de déclencher des tests médicaux pour le suivi des patients. Ce jeu, qui a fait l’objet d’un essai clinique en partenariat avec l’hôpital des Quinze-Vingts à Paris, est soumis à prescription médicale. La société, membre du réseau Ibionext, a levé 2,5 M€ début 2017.

Matwin a annoncé son partenariat avec Nanostring Technologies. Leader dans le développement de technologies de recherche translationnelle et de produits de diagnostic moléculaire en santé, la société rejoint ainsi les industriels fédérés par Matwin, plateforme originale d’open-innovation en cancérologie, filiale à 100 % d’Unicancer.

Volta Medical veut faire parler d’elle grâce à un premier logiciel d’intelligence artificielle (IA) en rythmologie interventionnelle, pour guider les rythmologues interventionnels au bloc opératoire dans le traitement de la fibrillation auriculaire (FA). Baptisé AIFib, ce logiciel s’appuie sur plus de 10 années de travaux menés par les cofondateurs médecins et par une équipe d’ingénieurs dirigée par Théophile Mohr Durdez, ingénieur polytechnicien, qui l’a mis au point et dirige l’entreprise. Volta Medical, basée à Marseille et créée en 2017, a levé 500 k€ en amorçage.

Lauréate de la phase II du Concours européen Horizon 2020, Metafora va percevoir une subvention de 3,2 M€ dans le cadre du programme Instrument PME. Elle va lui permettre de poursuivre le développement de MetGlut1. Implantée sur le Genopole d’Évry, cette biotech va lancer, au troisième trimestre, une étude clinique pour son produit, un test test d’aide au diagnostic précoce de la maladie de De Vivo, en France. Les résultats sont attendus en 2021. La société va également initier des démarches règlementaires dans différents pays. Metafora avait levé 1,1 M€ fin 2016 lors d’une campagne de crowdfunding sur la plateforme SmartAngels.

OT4B, start-up créée en janvier 2017 par Maithé Tauber (pédiatre-endocrinologue, spécialiste du syndrome de Prader-Willi), lance une levée de fonds via la plateforme de financement participatif WiSEED. L’entreprise, présidée par François Besnier, veut mettre à disposition des personnes porteuses du syndrome de Prader-Willi le premier traitement ayant le potentiel de modifier le cours de la maladie.

 

En vue

Hugues Contamin

Le patron de la CRO Cynbiose été élu pour trois ans au conseil d’administration de Lyonbiopôle, en tant que représentant du collège PME. Les autres élus dans ce même collège sont Jacky Vonderscher d’Enyo Pharma, Dietrich Wolf d’EyeTechCare et Emmanuel Chereul de Voxcan.


Stéphane Roques

est nommé délégué général de Medicen. Il sera chargé de la mise en œuvre de la stratégie du pôle pour faire de la région Île-de-France un leader mondial dans le domaine des sciences de la vie et de la santé. Diplômé de Neoma et de sociologie, Stéphane Roques a été secrétaire général de l’AFM-Téléthon, directeur général de Médecins sans frontières) et de centres de recherche et développement d'excellence, tels l'Institut de myologie à la Pitié-Salpêtrière ou le Généthon à Évry.


Sébastien Malafoss

Après onze ans passés dans l’analyse financière chez Natixis, Bryan Garnier, puis Oddo depuis 2012, Sébastien Malafosse passe côté banque d’affaires et devient executive director, healthcare, corporate finance chez ODDO BHF.


Les chiffres

1,7 M€

C’est la levée de fonds qu’espère réaliser rapidement la biotech suisse Nagi Bioscience pour poursuivre l’industrialisation de son produit, un dispositif de test utilisant C. elegans, ver dont les gènes ont des équivalents dans le patrimoine génétique humain, et qui permettrait 96 tests simultanés.

1 000

Le nombre de total de PME regroupées sous les bannières des sept pôles de compétitivité français en santé.

5 Md€

Le montant total des projets labellisés par les 77 pôles de compétitivité français en santé depuis 12 ans.