mardi 25 février 2020


Monde

Moderna Therapeutics boucle une 8e levée de fonds. Trois mois après un tour de table de 500 M$, la biotech, basée à Boston et dirigée par le Français Stéphane Bancel, remet le couvert et lève 125 M$, cette fois exclusivement auprès de Merck&Co. Le groupe pharmaceutique américain, partenaire de Moderna depuis 2016, veut évaluer son checkpoint inhibiteur, Keytruda, en combinaison avec MRNA 5671. Ce produit, développé par Moderna, est un vaccin thérapeutique à ARN messager qui code pour plusieurs mutations clefs du gène KRAS, mutations impliquées dans de nombreux cancers solides.

1,35 Md€ et une prime de 68 % par rapport au cours de clôture du 8 mai ! C’est le montant que déboursera Eli Lilly pour mettre la main sur Armo BioSciences et son produit phare pegilodecakin, actuellement en phase III dans le cancer du pancréas et en phases plus précoces pour d’autres cancers. L’opération devrait être bouclée d’ici la fin du deuxième trimestre 2018.

Servier et Taiho Pharmaceutical ont annoncé que l’essai pivot de phase III (TAGS), évaluant le Lonsurf (trifluridine/tipiracil) et les meilleurs soins de soutien (MSS) versus placebo et MSS chez les patients atteints d’un cancer gastrique métastatique avancé (MGC), a atteint son objectif principal d’améliorer la survie globale (SG). L’essai TAGS a recruté 507 patients dans le monde, ayant reçu au moins deux schémas thérapeutiques antérieurs pour le cancer gastrique métastatique et étant réfractaires ou incapables de tolérer une autre chimiothérapie. Les mesures du critère d’évaluation secondaire comprennent la survie sans progression (SSP), l’innocuité et la tolérabilité, ainsi que la qualité de vie.

Saint-Gobain Performance Plastics a ouvert un nouveau laboratoire de sciences de la vie sur le campus de la faculté de médecine de l’Université du Massachusetts à Worcester. Ce dernier est dédié aux tests d’application des systèmes à usage unique, en particulier sur le marché des thérapies géniques et cellulaires. L’investissement n’a pas été divulgué. Steve Maddox, directeur général de Saint-Gobain Life Sciences, a de son côté indiqué qu’il s’agissait d’un élément essentiel d’une stratégie permettant de tirer plus facilement parti de l’expertise du groupe en science des matériaux pour faire progresser des solutions évolutives et à usage unique dans le domaine des bioprocédés.

BioClin Therapeutics, qui développe actuellement un anticorps monoclonal anti-FGFR3 (récepteur de type 3 des facteurs de croissance fibroblastique) premier de sa catégorie contre le cancer de la vessie métastatique, a annoncé l’expansion de son financement de série B à hauteur de 50 M$. Les nouveaux investisseurs, Sectoral Asset Management et INKEF Capital, ont rejoint les investisseurs existants Sofinnova Ventures, Ysios Capital, HealthCap, les fonds de Tekla Capital Management et Life Sciences Partners (LSP), dans le cadre de ce cycle de financement. Depuis sa création, la société a levé un total de 79 M$. Les produits de ce financement seront utilisés dans le cadre des essais de phase II du B-701, destiné au traitement des patients atteints d’un cancer de la vessie métastatique ou d’un cancer urothélial métastatique (CUm). Les données initiales seront disponibles d’ici la fin de l’année.

Coté

Feu vert pour Genkyotex (GKTX) ! Le comité indépendant de surveillance de la sécurité (Safety Monitoring Board – SMB) a recommandé la poursuite sans modification du protocole de l’étude de phase II du GKT831 (24 semaines, 102 patients) dans le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP). Aucun événement indésirable grave, ni hépatique ou aucune sortie prématurée de l’essai n’ont été signalés à ce jour. Les résultats de l’analyse d’efficacité intérim sont attendus cet automne.

Celyad (CYAD) prévoit de faire entrer une « série d’actifs en clinique en 2019 ». C’est ce qu’a indiqué récemment David Gilham, VP de R&D de Celyad, mentionnant au passage l’intense niveau d’activité de son équipe de R&D. Récemment, l’action a connu un regain de forme après l’annonce de l’injection avec succès des premiers patients de sa thérapie cellulaire CYAD-01 pour le traitement de cancers colorectaux métastatiques dans deux essais en cours : SHRINK et LINK.

Une belle année 2018 en prévision pour Geneuro (GNRO). Jesús Martin-Garcia, Pdg de la biotech suisse, fait valoir plusieurs avancées aux actionnaires qu’il rencontrera le 24 mai prochain en AG. « Dans le diabète de type 1, la présence de la protéine pHERV-W Env a été observée dans plus de la moitié des pancréas de patients atteints par la maladie, et nous poursuivons actuellement une étude clinique de phase IIa pour laquelle le recrutement de 60 patients a été finalisé dans les délais, en janvier 2018, et dont les premiers résultats sont attendus au troisième trimestre 2018. Dans la maladie de Charcot, nous avons conclu en 2017 un accord coopératif de recherche et développement avec le National institute of health des États-Unis, dans le cadre duquel nous attendons des résultats précliniques dans le courant du second semestre 2018. » Et de conclure : « L’année 2018 s’annonce donc riche en actualités et nous avons hâte de transformer l’essai dans la sclérose en plaques et au-delà, pour réaliser le plein potentiel de notre technologie et offrir de nouvelles options thérapeutiques à des millions de patients à travers le monde ».

Non coté

L’organisation Digital Therapeutics Alliance (DTA), confondée par Akili Interactive, Propeller Health, Voluntis et WellDoc, dont l’objet est de militer pour l’intégration de solutions numériques éprouvées et fiables dans les soins de santé, vient d’accueillir neuf nouveaux membres : Bayer, Big  Health, Cognoa, Kaia Health, Merck, Omada Health, Otsuka America Pharmaceutical, Pear Therapeutics et Sanofi.

Akili Interactive, filiale de PureTech Health et membre de la Digital therapeutics alliance (DTA) a, de son côté, clôturé avec succès une levée de 55 M$. Ce tour, piloté par Temasek, a été suivi par Baillie Gifford, Amgen Ventures, M Ventures (fonds CVC de Merck KGaA, Darmstadt, Allemagne), Jazz Venture Partners, Canepa Advanced Healthcare Funds et Brooklands Capital Strategies. Les fonds serviront au développement des jeux vidéo médicaments d’Akili, dont AKL-T01 qui cible le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (ADHD) et d’autres candidats dans la sclérose en plaques (SEP) et la dépression.

À Laval, NÉOMED-LABS rempli ses objectifs. Créée en avril 2015 sur un ancien site de recherche de de GlaxoSmithKline (GSK) avec l’objectif d’y développer une activité de recherche sous contrat de classe mondiale dans le domaine des vaccins infectieux, l’entreprise québécoise de 55 personnes (ex-GSK) a relevé le défi. Elle emploie aujourd’hui plus de 65 personnes. Son carnet de commandes est rempli pour l’année 2018 et NÉOMED-LABS est devenue profitable. Elle s’apprête par ailleurs à poursuivre son partenariat stratégique avec GSK et pourrait signer deux nouveaux accords internationaux d’une ampleur comparable au cours de l’année 2018.

Jean-Pierre Loza, directeur de la recherche chez Aurgalys, était l’invité du Journal des Biotechs coprésenté par Laurent Grassin, directeur des contenus de Boursorama et Pierre-Louis Germain, rédacteur en chef de Biotech Finances.

En vue

Martin T. Rothman

rejoint à titre de membre non exécutif le board de HighLife, medtech axée sur le développement d’un système unique de remplacement de la valve mitrale transcathéter (TMVR). Martin Rothman a pris sa retraite récemment de son poste de vice-président Affaires médicales chez Medtronic).


Soenke Brunswieck

accède à la vice-présidence de la CDMO suisse Celonic, et devra développer les services thérapies cellulaire et génique de l’entreprise. Soenke Brunswieck était auparavant directeur du développement commercial et de la gestion de projets chez PharmaCell. Antérieurement, il occupait les fonctions de directeur du marketing et des ventes chez CellGenix.


Frédéric Chereau

Le CEO francophone de LogicBio Therapeutics (Cambridge, Massachusetts) a annoncé le lancement de son programme de développement LB-001 ciblant l’acidémie méthylmalonique (AMM), une maladie pédiatrique rare et mortelle. LB-001 est conçu pour incorporer une version fonctionnelle du gène MUT défectueux dans le génome des patients MMA.


Les chiffres

1,6 MdCHF

Le montant des investissements collectés par les biotechs suisses en 2017, soit le double de l’année dernière. Les dépenses de recherche s’établissent pour leur part à 1,39 MdCHF.
* Source : Swiss report biotech 2018.

237

237
Le nombre d’entreprises de biotech suisses ciblant la découverte de nouveaux produits thérapeutiques, contre 158 il y a dix ans dans le même domaine.
* Source : Swiss report biotech 2018.

40%

Le poids de la pharma et de la biotech dans les exportations suisses.
* Source : Swiss report biotech 2018.