vendredi 25 septembre 2020


Monde

Accinov : serait-ce une des options de sortie de crise pour Accinov ? La plateforme mutualisée de bioproduction lyonnaise a été placée sous sauvegarde judiciaire et cherche un candidat repreneur avec une première dead line le 16 mars prochain (voir Biotech finances no 799, 800 et 801). Or cette semaine, Evotec et Sanofi sont entrées en négociation exclusive pour créer à Lyon, sous la direction d’Evotec, une plateforme de R&D d’innovation ouverte notamment aux académiques, aux biotechs et aux pharmas pour les maladies infectieuses. Une description qui partage en grande partie le concept d’Accinov. Si le communiqué de presse émis par Sanofi et Evotec se garde bien de dévoiler la localisation de cette plateforme en mentionnant « dans la région de Lyon », les connexions avec Accinov n’ont pas manqué d’être évoquées. Pour accompagner son projet avec la biotech allemande, Sanofi concèderait à Evotec la majeure partie de son portefeuille de R&D précoce sur les maladies infectieuses. Le groupe français effectuerait par ailleurs un unique paiement initial de 60 M€ à Evotec, qui apporterait d’importants financements sur le long terme pour le développement du portefeuille. L’accord prévoit également qu’Evotec intègre l’unité de recherche maladies infectieuses de Sanofi, qui comprend plus de 100 collaborateurs, et s’engagerait à maintenir son activité sur Lyon pendant cinq ans.

Coté

Addex Therapeutics (SIX : ADXN) est parvenue à sécuriser 40 MCHF d’augmentation de capital. Ses principaux investisseurs US apporteront 30 MCHF et les 10 MCHF restants font l’objet d’une forte demande, selon Tim Dyer, le Pdg d’Addex. Après approbation des actionnaires, grâce à cet afflux de trésorerie, Addex entend pousser son portefeuille de candidats-médicaments modulateurs allostériques oraux pour les troubles neurologiques.

Bone Therapeutics (BOTHE)  a annoncé avoir collecté 19,5 M€ d’engagement dans le cadre du placement privé d’obligations convertibles. L’exercice immédiat d’une partie des BSA par les investisseurs a permis à la biotech belge de lever 6,6 M€. Les warrants restants seront exercés dans les 19 mois à venir. Mi-décembre, la société, spécialisée dans le développement de thérapies cellulaires pour les maladies osseuses, annonçait un placement privé de 8 M€, avec le soutien de Cellthera, filiale du groupe russe Pharmstandard. L’opération fut annulée le lendemain, suite au retrait « inattendu et sans préavis » de Cellthera. Bone était en quête de financement depuis.

Biom’Up (BUP) va construire un second site de production dans la métropole lyonnaise, en plus de celui déjà installé à Saint-Priest. Il devrait être opérationnel début 2020 et générer la création de 150 emplois. La société, qui ne compte que 85 salariés à ce jour, connaît un développement foudroyant. Son produit star, Hemoblast Bellows, une poudre hémostatique innovante pour le traitement des saignements lors des opérations chirurgicales, a obtenu en décembre l’AMM de la FDA, 12 mois après le marquage CE en Europe et avec sept mois d’avance sur les prévision des dirigeants. Après avoir levé 42,5 M€ lors de son introduction en bourse, en novembre dernier, la société a procédé, en février, à un refinancement de 16 M€ qui devrait prochainement être complété à hauteur de 24 M€.

Glenmark Pharmaceuticals (GLENMARK), qui déploie ses activités opérationnelles dans plus de 50 pays, ouvre un nouveau centre de recherche fondamentale et translationelle à Lausanne, au Campus Biopôle. Une belle conquête pour Nasri Nahas, le patron de Biopôle, qui se voit salué comme dirigeant de « l’un des écosystèmes les plus dynamiques dans les sciences de la vie en Europe », selon le Dr Kurt Stoeckli, président et chief scientific officer de Glenmark.

Valbiotis (ALVAL) a démontré, avec sa molécule LpD64, « un effet significatif sur les altérations du microbiote intestinal impliquées dans le développement de l’obésité, dans des modèles murins » avec « une amélioration des paramètres métaboliques ». La biotech rochelaise a présenté hier les résultats de cette étude à l’occasion d’un congrès scientifique au Canada. LpD64, produit destiné à la prévention de l’obésité, est encore en phase préclinique. Le pipeline de Valbiotis compte cinq actifs en développement clinique, tous classés dans la catégorie des « compléments santé » ou des « produits de nutrition médicale ».

Quantum Genomics (ALQGC) annonce la mise en place d’une ligne de financement (equity line) d’un montant maximum de 24 M€ sur trois ans, avec Kepler Cheuvreux. La biotech parisienne mène de front deux importants programmes de développement clinique : une phase IIa dans l’insuffisance cardiaque avec QGC101 (résultats attendus ce semestre) et une phase IIb dans l’hypertension résistante, avec QGC001 (résultats attendus au premier semestre 2019). La société dévoilera son plan stratégique à trois ans le 19 avril prochain.

Nicox (COX) dévoile une trésorerie nette de 41,4 M€, au terme de l’exercice 2017, qui lui assure une autonomie financière jusque mi-2019. La biotech niçoise a également publié un chiffre d’affaires de 2,3 M€, encore modeste, mais qui devrait nettement progresser cette année. En effet, la commercialisation de Vyzulta, médicament dédié au traitement du glaucome et licencié à Bausch&Lomb (Valeant), a démarré aux États-Unis en début d’année. Quant au lancement de Zerviate (prurit oculaire lié aux conjonctivites allergiques), licencié à Eyevance, il est prévu pour l’automne, dans ce même pays.

Cerenis (CEREN) a obtenu l’autorisation de lancer le second volet de son essai de phase I dans la stéatose hépatique non-alcoolique (NASH). Son candidat-médicament CER-209 sera évalué à doses multiples, pendant 28 jours auprès d’une trentaine de patients ayant un risque élevé de développer une Nash ou une NAFLD (hépatite graisseuse non-alcoolique). Les résultats sont attendus pour le quatrième trimestre 2018. En juin dernier, la biotech toulousaine avait dévoilé les résultats de la première partie de cet essai, portant sur la tolérance du produit administré à dose unique.

Innate Pharma (IPH) a dévoilé ses résultats financiers pour l’exercice 2017, marqués par un creusement de la perte opérationnelle, qui passe de 7,5 à 44 M€ d’une année à l’autre. Ce résultat est lié pour partie aux variations des montants des milestones versés à la biotech marseillaise par ses partenaires (BMS et Astra-Zeneca), mais également par une hausse des dépenses de R&D qui passent de 49 à 67 M€. Innate disposait à fin décembre de 176,6 M€ de trésorerie nette.

Implanet (ALIMP) met en place d’une ligne de financement obligataire permettant une levée de fonds d’un montant de 5 M€ maximum, à la discrétion de la société sous certaines conditions usuelles. Ce nouveau financement, fourni par European Select Growth Opportunities Fund, est destiné à accélérer le développement commercial de JAZZ dans le monde, notamment dans le cadre de la finalisation d’accords de distribution avec la société L&K Biomed avec l’ouverture de nouveaux marchés en Asie (Corée, Japon…). Cette nouvelle ligne obligataire annule et remplace le solde de 1,9 M€ restant au titre du précédent programme de financement conclu en octobre 2015 avec ESGO. Une première tranche de 100 obligations convertibles, représentant un montant nominal d’1 M€, a été souscrite ce jour par ESGO sur exercice de 100 bons d’émission d’OC.

Non coté

Surgivisio est sur le point de boucler un tour de table de série B de 10 à 15 M€, selon une information du site BioWorldMedtech. La société, fondée par l’entrepreneur Stéphane Lavallée, spécialiste de la robotique chirurgicale (lire notre Francophone de la semaine, Biotech Finances no 802), développe un système intégré pour la chirurgie mini-invasive de la colonne vertébrale (vertébroplastie). Le dispositif mis au point par la medtech grenobloise intègre, sur un même appareil, l’imagerie en 3D et le système de navigation chirurgical en temps réel, deux technologies habituellement séparées et qu’il faut « coupler » avant l’acte. Une première opération avec Surgivisio avait été réalisée en décembre dernier.

BioMedPartners a annoncé le closing final de son fonds BioMedInvest III, qui sera doté de 100 MCHF, soit 87 M€. L’investisseur suisse, spécialisé dans le capital-risque en sciences de la vie, prévoit de réaliser avec ce troisième véhicule 12 à 15 investissements dans des biotechs en phase précoce ou intermédiaire de développement, principalement en Europe. Trois financements ont déjà été concrétisés au capital des sociétés suisses Amal et d’Allecra Therapeutics et de l’Allemande Cardior.

En vue

Karen Aiach

La fondatrice et directrice générale de Lysogene (LYS) est dans la dynamique de production de ses lots cliniques après que l’Agence européenne des médicaments (EMA) ait émis un avis positif concernant le Plan d’investigation pédiatrique (PIP) soumis pour son principal produit-candidat, LYS-SAF302, chez des patients atteints de mucopolysaccharidose de type IIIA (MPS IIIA).


Michel Cousineau

Le patron de Signia Therapeutics se prépare à annoncer des accords de partenariats majeurs dans les prochains mois. Signia Therapeutics est une start-up issue du Laboratoire VirPath du Centre international de recherche en infectiologie (Université Claude Bernard Lyon, Inserm, CNRS, ENS Lyon), qui propose une plateforme innovante et polyvalente de criblage et de repositionnement/recyclage de médicaments déjà sur le marché ou de molécules abandonnées pour de nouvelles indications thérapeutiques antimicrobiennes, et notamment de l’influenza.


Marc Delcourt

Le patron de Global Bioenergies (ALGBE) a atteint un jalon clef dans le cadre de son accord industriel avec le constructeur automobile Audi. Plusieurs composants et carburants renouvelables ont été produits et expédiés à Audi.
photo©gilbertcharles


Les chiffres

1

Le nombre de femme présidente d’un biocluster français majeur. Après le remplacement de Murielle Cazaubiel par Franck Grimaud à la tête du pôle de compétitivité Atlanpole Biothérapie, seule Séverine Sigrist reste en piste pour AlsaceBiovalley. Eurobiomed est présidé par Xavier Tabary, LyonBiopôle par Christophe Cizeron, Medicen par Christian Lajoux et Eurasanté par Didier Delmotte.

15

Le nombre d’années qu’il a fallu attendre pour qu’une femme, Maryvonne Hiance, accède à la présidence de France Biotech, créée en 2001. En 2016, Maryvonne Hiance a succédé à ce poste à Philippe Pouletty (président de 2001 à 2009), André Choulika (2009 à 2014) et Pierre-Olivier Goineau (depuis février 2014).

47

Le nombre de biotechs dirigées par une femme sur la BioMap France 2018, qui recense 278 entreprises.