vendredi 18 septembre 2020


ENTEROME : UNE SÉRIE E ET 4 ESSAIS CLINIQUES DE FRONT

« Inventer une nouvelle pharmacopée », c’est l’ambition d’Enterome depuis sa création en 2012. Pour y parvenir, la biotech parisienne, référence dans le microbiome, vient de collecter 46,3 M€ issus d’une série E et d’une partie du prêt de 40 M€ que lui a accordé la BEI en 2018. De nouveaux investisseurs ont profité de cette opportunité pour entrer au capital comme l’américain SymBiosis, un family office spécialisé dans ce segment thérapeutique, et le laboratoire japonais Takeda, déjà partenaire d’Enterome dans la maladie de Crohn. Ont également participé à ce nouveau tour de table les actionnaires actuels : Seventure, Health for Life Capital, Principia, Omnes Capital et Nestlé Health Science. Ce montant vient s’ajouter aux 66 M€ levés lors de tours précédents et surtout aux 90 M€ de financements obtenus dans le cadre de partenariats et autres collaborations avec de grandes pharmas comme Abbvie Pfizer, Takeda ou BMS. « Nous n’avions pas un besoin urgent de liquidités mais dans un contexte post COVID incertain, ce nouveau financement nous donne une visibilité jus-qu’en 2023 et va nous permettre de mener de front 4 essais sur 2 produits différents dans 3 indications distinctes et variées », indique Pierre Belichard, PDG d’Enterome.

Une base de 20 millions de gènes

La biotech se concentre sur l’axe microbiome-immunoinflammation afin de développer des traitements révolutionnaires contre le cancer, les maladies auto-immunes, inflammatoires et métaboliques. Son modèle repose sur une base de données constituée au fil des ans et comptant désormais plus de vingt millions de gènes. Des algorithmes piochent ensuite dans ces datas et les rapprochent d’autres informations afin de détecter les éléments produits par les bactéries intestinales qui sont capables de réguler des pans entiers de la physiologie humaine dans un contexte de bonne santé mais aussi pathologique. « À titre d’exemple, notre projet  oncomimics nous a permis d’identifier des épitopes bactériens capables de réveiller un pool de cellules T mémoires qui s’avère être un moyen unique de développer une réponse immunitaire très puissante contre des antigènes inducteurs de tumeur normalement peu immu-nogènes », explique le pdg. Reste à fournir des résultats cliniques. Enterome a donc décidé de passer à la vitesse supérieure afin de prouver tout le potentiel de sa découverte scientifique. Un essai de phase ½ dans le glioblastome et les tumeurs surrénales pour son candidat en immuno-oncologie EO2401 devrait débuter dans les prochaines semaines. Les marchés visés pour ces 2 indications s’évaluent respectivement à 1 Md$ et plusieurs centaines de millions. Ensuite, début 2021, EO2463, une nouvelle immunothérapie multipeptides contre le cancer, entrera en clinique pour le traitement des lymphomes et leucémie. Et en parallèle, la biotech poursuit le co-développement avec Takeda de son candidat le plus avancé, EB8018. Pierre Belichard semble très confiant : « Grâce a notre compréhension du lien entre le système immunitaire et le microbiote intestinal nous sommes en passe d’inventer une nouvelle génération d’immunothérapies complémentant largement les inhibiteurs de checkpoint et sans leurs effets secondaires. »

AVOCATS CONSEILS Pour Enterome : Bird & Bird

Les chiffres

2

Les 2 plateformes OncoMimics (immunothérapies) et EndoMimics (produits biologiques pour les maladies inflammatoires) génèrent des candidats médicaments en utilisant le réservoir naturel de protéines effectrices produites par les bactéries intestinales.

>600

Nombre d’épitopes OncoMimics brevetés par Enterome et qui pourraient donner des outils therapeutiques nouveaux pour attaquer différents types de cancers.

60

Effectif de la biotech dont 25 personnes dédiées au centre de recherche.


Auteur


Anne-Laure Julien.