dimanche 7 juin 2020


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En Europe, chaque pays a une législation et des systèmes de remboursement différents

Par Rédaction , dans Grand Angle , le 27 septembre 2019

De plus en plus d’actes chirurgicaux sont dorénavant assistés par une machine, pour garantir des gestes plus sûrs Cependant, ce type de technologies ne bénéficie pas de conditions de remboursement spécifiques en France, ce qui constitue un frein à la croissance des entreprises qui innovent dans ce champ Vincent Delaunay, directeur Market Access en Europe de l’Ouest pour Intuitive Surgical, figure de proue sur ce marché, répond à nos questions

BIOTECH FINANCES : Quels sont les avantages de l’utilisation d’un robot comme le Da Vinci, votre robot phare, lors d’une opération ?

Vincent Delaunay : Aujourd’hui, plusieurs patients sont exclus des opérations de chirurgie cœlioscopique (technique mini-invasive consistant à mener l’opération chirurgicale via de petites incisions, Ndlr) Les instruments utilisés sont rigides, et parfois trop courts notamment pour les patients obèses L’utilisation d’un robot, avec des bras beaucoup plus mobiles et maniables, offre une solution à ces patients Aux États-Unis, notre robot est utilisé dans plus de 80 % des opérations de prostatectomie En France, on y arrive doucement (environ 45 % aujourd’hui), puisque les chirurgiens sont demandeurs d’outils robotiques De plus, le Da Vinci est maintenant adapté à différentes indications : urologie, gynécologie, chirurgie colorectale mais également chirurgie cardio-thoracique

BF : Selon les modèles, votre robot est vendu entre 0,5 et 2,5 M$ Quelle stratégie de remboursement avez-vous établie ?

Vincent Delaunay : En Europe, chaque pays a une législation et des systèmes de remboursement différents auxquels nous devons nous adapter Dans les pays nordiques, où 90 % des prostatectomies sont réalisées par chirurgie robotique, les autorités ont reconnu sa valeur et ont incité les équipes de chirurgiens à utiliser ce type d’outils Au Royaume-Uni, le système de soins a également pris en compte les critères médico-économiques, pour en conclure qu’ils sortent gagnants En France, à l’inverse, la HAS se base exclusivement sur des critères cliniques, sans prendre en compte les critères organisationnels, et a conclu qu’il n’y avait pas de bénéfices L’établissement de santé touchera donc le même remboursement, peu importe que le patient soit traité en chirurgie coelioscopique ou assistée d’un robot

BF :