dimanche 31 mai 2020


Monde

Pfizer et la biotech allemande BioNTech dévoilent les détails de leur alliance nouée le mois dernier sur un vaccin ARNm contre la pandémie de COVID-19. Leur accord inclut un premier paiement up-front du géant pharmaceutique amé-ricain de 185 M$, accompagné de 563 M$ de milestones. Les deux sociétés prévoient de débuter les essais sur l’homme d’ici quelques jours, tout en accélérant la fabrication pour s’assurer d’avoir plusieurs millions de doses de vaccin prêts à l’emploi d’ici la fin de l’année.

La société allemande Evotec se lance dans les thérapies géniques dans le cadre d’un partenariat avec Takeda. Elle met actuellement en place un site de R&D dédié à ce secteur en Autriche. Les recherches se focaliseront sur 4 domaines thérapeutiques : oncologie, maladies rares, neurosciences et gastro-entérologie. Le site sera géré par une équipe de vingt chercheurs dirigée par Friedrich Scheiflinger, qui a travaillé pour Baxalta, Shire et Takeda.

Sanofi (SAN) va donner 100 millions de doses d’hydroxychloroquine à 50 pays et a commencé à distribuer ce médicament aux autorités qui en ont fait la demande. Face à l’urgence sanitaire mondiale, Sanofi se tient prêt à venir en aide au plus grand nombre de pays possible, à commencer par ceux où son médicament est approuvé, de même que ceux où il n’existe pas de fournisseurs d’hydroxychloroquine ou ayant des situations précaires. Le laboratoire a déjà augmenté sa capacité de production de 50% et prévoit de la renforcer encore dans les prochains mois. Plusieurs études cliniques sont en cours pour évaluer le profil bénéfice-risque de l’hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19. Si elles sont concluantes Sanofi continuera de faire don du médicament aux gouvernements et aux hôpitaux.

 

Coté

Genfit (GNFT) affiche des revenus 2019 de 40,9 M€, l’essentiel provenant du paiement initial de 35 M€ reçu de la part de Terns Pharmaceuticals pour les droits d’exploitation d’elafibranor dans la NASH et la PBC en Chine. Ses dépenses de R&D restent stables à 66 M€. Et fin décembre, la biotech spécialiste des maladies métaboliques disposait d’une trésorerie de 277 M€, grâce notamment à une levée de fonds en bourse. Au niveau du pipeline, l’annonce des résultats intermédiaires de l’essai de Phase 3 RESOLVE-IT est désormais attendue d’ici à la fin du mois de mai. Tous les autres essais cliniques ont été suspendus ou reportés en raison du COVID-19.

Biocorp (ALCOR) réalise un chiffre d’affaires 2019 de 8,4 M€, en progression de 117% en raison du partenariat mondial contracté avec Sanofi en juillet concernant le dispositif Mallya dédié aux stylos à insuline. Son résultat net ressort positif de 960 K€ contre une perte de 5,3 M€ en 2018. Cette profitabilité est atteinte avec un an d’avance par rapport au plan stratégique de la société. À la fin de l’année dernière, la trésorerie disponible s’élevait à 2 M€.

Safe Orthopaedics (ALSAF) maintient son chiffre d’affaires stable au premier trimestre 2020 à 1,1 M€, malgré l’impact de la crise sanitaire en Europe et à l’ajournement des chirurgies non urgentes. Sur la période janvier-février, ses ventes augmentent de 9% mais elles ralentissent à partir de mars. À l’issue du premier trimestre 2020, la trésorerie brute s’établit à 0,54 M€. Depuis juillet 2019, la medtech spécialiste des technologies prêtes à l’emploi pour la chirurgie du dos, a signé un contrat de financement de 12,45 M€. Le solde du financement s’élève aujourd’hui à 8,1 M€.

Inventiva (IVA) fait le point sur ses activités dans le contexte de l’épidémie. Avec une trésorerie qui s’élevait à 35,8 M€ fin 2019, et une augmentation de capital de 15 M€ réalisée en février, la biotech confirme sa visibilité financière jusqu’à la fin du 2e trimestre 2021, au-delà des prochaines étapes cliniques clés attendues. En effet, la publication des résultats de l’étude de phase 2b évaluant son produit phare, lanifibranor, dans le traitement de la NASH, reste en bonne voie pour juin 2020. Toutefois, le recrutement a été suspendu pour l’essai de phase 2 évaluant lanifibranor dans la NAFDL chez des patients atteints de diabète de type 2.

Nicox (COX) prévoit, à la suite d’une réunion avec la FDA, le lancement d’une étude de phase 2b avec le NCX 4251. La suspension ophtalmique de nanocristaux a déjà fait l’objet d’une phase 2, récemment achevée dans la réduction des symptômes de la blépharite et de la sécheresse oculaire, et menée en dose croissante. Ce futur essai clinique sera réalisé avec un dosage à 0,1% une fois par jour de NCX 4251. Nicox aura la possibilité de retenir comme résultat principal d’efficacité soit le critère d’évaluation de la blépharite soit celui de la sécheresse oculaire.

Carmat (ALCAR) a reçu l’accord définitif de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour initier une étude clinique en France, dans le cadre du programme Forfait Innovation. Baptisé EFICAS, cet essai devrait inclure 52 patients implantés avec le cœur artificiel de Carmat en tant que pont à la transplantation. L’objectif principal de l’étude est la survie à 180 jours après l’implantation du dispositif. La medtech va maintenant initier des discussions budgétaires avec le ministère des Solidarités et de la Santé.

GeNeuro (GNRO) présente une situation de trésorerie de 15 M€ pro forma, incluant le produit net de l’augmentation de capital de 17,5 M€ réalisé en janvier 2020. Sur la base des activités prévues, la biotech suisse possède une visibilité financière jusqu’à mi-2022.

GenSight Biologics (SIGHT) indique que les essais cliniques de phase 3 REVERSE et RESCUE, menés avec Lumevoq pour le traitement de la neuropathie optique héréditaire de Leber sont achevés, et les patients ont été inclus dans une étude de suivi à long terme. La biotech parisienne précise qu’en dépit du report de certaines visites, les investigateurs continuent à évaluer l’ensemble des patients à distance. Gensight prévoit donc toujours de déposer le dossier d’enregistrement réglementaire en Europe au 3e trimestre 2020, avec une approbation possible au second semestre 2021. Du côté des États-Unis, le dépôt auprès de la FDA reste planifié au second semestre 2021. Financée jusqu’à la fin 2020, la biotech va privilégier des initiatives de financement non dilutives proposées par le gouvernement français et Bpifrance, en plus de l’engagement existant de Kreos Capital, en vue d’augmenter sa trésorerie.

Oncodesign (ALONC) présente un résultat net positif à 1,6 M€ soit l’atteinte de l’équilibre financier avec un an d’avance sur les objectifs. La société présente une trésorerie sur l’année qui atteint 10,7 M€ au 31 décembre 2019,  hors versement de la subvention de GSK de 7,9 M€ intervenu en janvier 2020. À cette même date, Oncodesign avait annoncé la mise en place de 3 business units indépendantes : biotech, intelligence artificielle, et service. Elle réitère son objectif d’atteindre 50 M€ de revenus pour son activité service en 2023, ainsi que le lancement en clinique de 3 produits pour son segment biotech.

Novacyt (ALNOV) vient de recevoir l’approbation du Centre national de référence des virus des infections respiratoires de l’Institut Pasteur pour son test COVID-19. Ce dispositif, marqué CE, est disponible pour une distribution immédiate sur le marché français. Le test a déjà été approuvé par un certain nombre d’autorités réglementaires mondiales, dont la FDA américaine.

MedinCell (MEDCL) a lancé un projet de recherche pour une formulation injectable à action prolongée d’Ivermectine contre le COVID-19. L’Ivermectine est considéré de longue date comme un médicament efficace pour traiter certaines maladies parasitaires. La biotech mène déjà un programme visant à développer un produit à base d’ivermectine, et à action prolongée sur 3 mois, pour lutter contre le paludisme (lire « Medincell : injection de 6,4 M$ contre le paludisme » dans Biotech Finances n°893)

Non coté

Discngine annonce que Sosei Heptares, un groupe biopharmaceutique japonais spécialisé dans les récepteurs couplés aux protéines G (RCPG), a sélectionné son logiciel 3decision pour le lier à une plateforme de chemogénomique structurelle. Cet outil va permettre de combiner différentes données pour en tirer des informations structurelles uniques sur les RCPG. Ces connaissances bénéficieront directement aux projets de conception de médicaments de Sosei, fondés sur la structure tridimentionnelle des cibles.

En vue

Lara Hashimoto

rejoint la biotech suisse Sophia Genetics, en tant que directrice des affaires. Elle était auparavant directrice commerciale de Roche Sequencing Solutions.


Dominique Rémy-Renou

Dominique Rémy-Renou est nommée présidente du directoire de Genomic Vision (GV) et remplace Aaron Bensimon, fondateur de la société, qui reste membre de l’équipe dirigeante.


Élisabeth Ourliac

De son côté, Élisabeth Ourliac, vice-présidente stratégie d’Airbus et membre du board de GV depuis 2015, devient présidente du conseil de surveillance.
Spécial COVID-19H
Chaque semaine, des personnalités du monde des biotechs interviennent lors de nos conférences COVID-19H, organisées en partenariat avec France Biotech.


Rafaèle Tordjman

Rafaèle Tordjman, directrice de Jeito Capital, qui a levé 200 M€ en janvier 2020, est intervenue lors de notre conférence COVID-19H du mercredi 8 avril 2020. Vous pouvez retrouver son intervention et les réponses aux nombreuses questions qui ont été posées sur la chaîne YouTube de Biotech Finances :
https://www.youtube.com/watch?v=fcs6cmm84uo&


Les chiffres

1,5 Md$

Gilead se lance dans le microbiome, et signe un accord sur quatre ans avec Second Genome pour identifier jusqu’à 5 nouvelles cibles ou candidat-médicaments contre les maladies inflammatoires. Cette collaboration inclut un paiement immédiat de 38 M$,
et des milestones pouvant atteindre 1,5 Md$.

190 M$

Roche a conclu un accord de licence incluant un montant up-front de 190 M$ avec l’Américain Arrakis Therapeutics, portant sur la découverte de petites molécules
ciblées par RNA.

-35%

Selon une enquête d’Evaluate, le nombre d’opérations de fusions-acquisitions a diminué de 35% dans le secteur de la pharma, avec 30 deals au 1er trimestre 2020, contre 46 un an plus tôt. Cette baisse ne serait pourtant pas dû à l’impact de la pandémie, dont les conséquences seront plutôt visibles dans les prochains mois.