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Comprendre les investissements chinois en Europe.

HEALTHTECH : COMMENT DÉCRYPTER LES INVESTISSEMENTS CHINOIS EN EUROPE ET EN FRANCE (ÉPISODE 1)

Les investissements chinois dans le secteur des biotechnologies se sont multipliés ces dernières années, en particulier en France où l’on peut en recenser une vingtaine depuis 2016. Ces investisseurs cherchent le plus souvent à monter en gamme et à tirer parti de leur maîtrise du secteur de la santé. Cette tendance reflète aussi l’essor d’un écosystème des biotechnologies de plus en plus tourné vers l’innovation. Bénéficiant des réformes du Gouvernement, des perspectives immenses du marché chinois, du retour dans leur pays de dizaines de milliers d’étudiants formés dans les meilleurs hubs académiques mondiaux et, enfin, de l’émergence de champions du numérique, cet écosystème s’internationalise à grande vitesse. De nombreuses opportunités sont ainsi à saisir pour la bio-industrie française, que ce soit pour des levées de fonds, des fusions-acquisitions ou des partenariats stratégiques. Florent Mangin, managing partner chez Adamas Investment en Chine, passe en revue les atouts à exploiter et challenges à relever dans le contexte d’une opération sino-française.

Ces dernières années ont été marquées par l’essor des investissements chinois à l’étranger dans le domaine de la santé. Ainsi en 2018, des transactions majeures ont eu lieu, comme la prise de participation de Shanghai RAAS dans l’Espagnol Grifols Diagnostic Solutions pour 1,9 Md$, ou le rachat de l’Australien Sirtex Medical par China Grand Pharmaceuticals pour 1,4 Md$. La division pharmaceutique du groupe Fosun, qui est surtout connu en France pour son rachat du Club Méditerranée, a multiplié les investissements ces dernières années dans des géographies aussi variées que les États-Unis (Impax, DiaMedica, Astute), la Suède (Breas Medical), Israël (Sisram), l’Inde (Gland Pharma) ou la France (Tridem, EOS). Mais à côté de ces transactions emblématiques, toute une série d’opérations à tous les stades de développement de l’entreprise cible, ont été réalisées, reflétant une tendance de fonds.

Déjà 20 investissements en France

Ainsi en France, ces trois dernières années, on peut compter une vingtaine d’investissements qui reflètent l’internationalisation croissante des entreprises chinoises du secteur de la santé. Certains de ces groupes cherchent à entrer dans l’Hexagone pour y écouler leurs produits. Mindray, qui s’est installé voici quelques années après le rachat de Datascope, s’appuie sur cette implantation afin de construire une offre de matériels pour les blocs opératoires adaptés aux spécificités nationales. Microport, le leader des stimulateurs cardiaques et des défibrillateurs implantables a, de son côté, annoncé un investissement de 350 M€ pour créer un centre de R&D et recruter des talents français. Cette stratégie de pénétration du marché européen reste cependant encore l’exception. Une part essentielle des investissements est d’abord liée à une logique de montée en gamme de l’industrie chinoise. L’exemple de Furui Medical Science, une société créée en 1998 en Mongolie-Intérieure, est significatif. Initialement spécialisée dans la médecine traditionnelle chinoise, l’entreprise s’est transformée en groupe de pointe dans les biotechnologies grâce à une politique déterminée de croissance externe. En 2011, Furui rachète Echosens, une medtech française spécialisée dans les outils et tests de diagnostic des maladies hépatiques. En 2016, l’entreprise entre au capital de Theraclion pour sa plateforme d’ultrasons thérapeutiques, puis à celui de Median Technologies dans l’imagerie médicale la même année. L’autre stratégie clef des investisseurs chinois est liée au bénéfice qu’ils peuvent retirer de la mise sur leur marché d’un produit de santé étranger. Le parcours de Fosun est à cet égard également caractéristique. Fosun était à l’origine une société de consulting travaillant pour les groupes pharmaceutiques étrangers sur leur développement en Chine. Pensant qu’en tant qu’investisseur il retirerait une plus grande partie de la valeur créée localement, Fosun s’est mis à investir dans les entreprises souhaitant accéder au marché chinois plutôt que de simplement les conseiller. Il s’est ensuite diversifié en répliquant cette approche à d’autres secteurs comme l’économie du bien-être, les loisirs, et finalement l’ensemble des activités répondant aux besoins de la classe moyenne chinoise émergente. Cette combinaison entre le marché chinois et la technologie européenne est au cœur de la stratégie des nombreux fonds biotechs et medtechs qui ont vu le jour ces dernières années en Chine. L’investissement financier lui-même est souvent accompagné d’un…

BIOTECHFINANCES N°861 24/06/2019

 

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