mercredi 15 juillet 2020


BF
Lettre n° 905

Collaboration, transparence, éthique : la trithérapie anti COVID-19

Par Rédaction , dans Grand Angle , le 26 juin 2020

Shahin Gharakhanian, médecin-infectiologue et fondateur en 2011 de Shahin Gharakhanian MD Consulting LLC basé à Cambridge (Région de Boston, Massachussetts) est un observateur averti de la crise COVID-19 Co-organisateur du sommet «Boston-Paris Biotechnology Summit», il a aussi une vision comparative éclairée des options choisies aux Etats-Unis versus la France, du débat sur l’hydroxychloroquine et des affres du Big Data

BiotechFinances – Les États-Unis entrés plus tardivement que l’Europe dans la crise COVID-19 ont semblé ne pas maîtriser totalement la déferlante de la pandémie Partagez-vous ce sentiment ?

Shahin Gharakhanian : Permettez-moi tout d’abord d’exprimer mes pensées pour les patients décédés et leurs familles Aussi de saluer l’extraordinaire travail de mes confrères dans les hôpitaux en France Pour vous répondre sur les US, j’évoquerai la grandeur et la servitude du système fédéral américain Les États et les gouverneurs ont certes beaucoup de pouvoir mais lorsqu’ils doivent faire face à des problèmes de santé publique, ils sont très dépendants de l’État fédéral et de ses agences Je pense au Centre de contrôle des maladies, le CDC à l’Agence du médicament, la FDA et au NIH qui est l’équivalent de notre INSERM et qui joue un rôle très important Autrefois, il y avait au sein de la Maison Blanche un office des épidémies Ce dernier a été dissout sous l’administration actuelle De l’avis de mes collègues américains, nous avons pâti de l’absence de collaboration fédérale avec les États pendant cette épidémie Nombre de décisions, celle du confinement notamment, ont été prises très tardivement Ce non-alignement entre le pouvoir fédéral et les autres a pu produire des incohérences et des erreurs communément admises par les experts et les épidémiologistes Il faut reconnaÎtre le leadership médical national du Dr Tony Faucy, patron du NIAID (L’Institut national des allergies et maladies infectieuses), devenu désormais une vraie  “Star” dans les foyers américains !

BF – Cette fracture recèle-t-elle d’autres maux ?

Shahin Garakhanian  : J’ai vécu l’épidémie du VIH en France en tant qu’infectiologue et maintenant aux États-Unis celle du Covid-19 Je constate que du temps du VIH, le CDC avait un rayonnement mondial et donnait le rythme Aujourd’hui, ce même organisme est cantonné à un périmètre de consignes très techniques sans comparaison avec son ancienne mission Je me souviens également à l’époque de fortes rivalités entre la France et les États-Unis Malgré cela les deux pays ont beaucoup travaillé ensemble aussi car il y avait des affinités personnelles entre les experts Cette concertation n’a pas été au rendez-vous pendant l’épisode Covid-19 Bien sûr, la pandémie a un peu éloigné les gens Ceci dit, comparativement au VIH,